Voir dans la Correspondance la lettre du 22 août
succession, et une note du 7 avril annonce officiellement que, si tous les « émigrants » de la revue défunte ne peuvent se retrouver ici, MM. Hugo, en revanche, donneront leur collaboration effective. Le -21 avril, V. Ilngo publie en elïet son ode de la Fille dO^Taïli et, le 9 juin, son article sur les Jeux floraux. En août, les choses se sont gâtées; des questions d'intérêt ont brouillé le poète avec la direction des Annales1. Pour plus d'un an, il se tient à l'écart des journaux ou revues. Cette année 1822 lui laisse, d'ailleurs, peu de loisirs. La publication des Odes au mois de juin, les démarches de toutes sortes en vue de son mariage : son activité est assez occupée. Dans les derniers mois seulement, et une fois le mariage accompli, il donnera au Moniteur un article sur Saiil (26 novembre) et l'ode sur Louis XVII, lue d'abord à la Société des Bonnes-Lettres (13 décembre).
Mais en iS-23, il faut se remettre à l'active préparation de l'avenir. Au début de février, la publication de Han d'Islande a ranimé l'attention. Des polémiques se sont engagées, assez violentes, qui ne sont pas certes pour l'effrayer, mais qui lui prouveraient, s'il n'en était convaincu déjà, la nécessité d'avoir un organe sur lequel il puisse compter. Le Miroir a pris parti contre lui. En avril, Léon Thiessé, Tissot, Senancour, Latouche ont fondé le Mercure du XIXe siècle, et leur programme est inquiétant. Eux aussi ont les yeux fixés sur l'avenir; ils rêvent d'une littérature nouvelle; mais
l. Lettre à Trébuchet, du 8 octobre. Publ. dans l'Amateur d'autographes du 13 février (902,
cette littérature, ils la veulent animée de « Tenthousiasme libéral1 ». Parmi les adhérente des Bonnes-
Lettres, ils m- voient que courtisans ('hontes, « amateurs de places, de rubans, de pensions... » 2. Le moment n'est-il pas décisif pour Hugo, comme pour Befl amis? N 'est-ce pas une nécessité pour le romantisme catholique et monarchiste dégrouper ses forces, de se révéler une école vraiment constituée, ayant son programme et ses défenseurs, — et, si la Muse française l'ait son apparition trois mois après le Mercure, est-ce coïncidence de hasard ?