E. J. Delécluze, Souvenirs de soixante années. Paris
M. Lévy, 1862, in-18, p. 289, 294. Comp. Daniel si. th. Met
souvenirs, 2" edit.. Paris. Lévy, 1877. ia-8". p. '-VU.
2. Souvenirs et portraits, t. I. cité par L. Séché, Alfred de Vigny et son temps, p. 20.
3. J. de Rességuier, Tableaux poétiques, Paris, Canel, IS2S, in-8". p. 01.
4. Voir les lettres publiées par Sainte-Beuve, Nouveaux lundis. t. VI.
l.A BAT.U1.LK ROMANTIQUE. '
n'en est-elle pas la personnification, divinement jeune et belle? La Musc française : titre de revue, nom de jeune tille.
Tels sont les éléments, assez divers, qui constituent oe que l'on a nommé improprement lé
premier cénacle1. Avec celle diversité, il serait
difficile d'établir un programme véritable d'action. Les programmes, d'ailleurs, ne viennent guère
qu'après les o-uvres, et jusqu'ici les œuvres décisives sont rares. Ce qui unit les romantiques de
I. Pour être complet, il faut ajouter quelques noms encore : Adolphe Michel, qui donnera en 1826 VOmbre <THellé aux ruines de Missolonghi, Messénienne [la môme année, Elvire ou lu Folle de l,i voilée, dans 1rs Annales romantiques); — F. de Villebois, auteur de la Mère chrétienne, Élégie vendéenne, 2" édit. en 1825;
Le boutonnais Victor Chauvet, un des rédacteurs du Lycée français, que Bes «uccès académiques de IN22 el IS2:i mettent eo Lumière et qui aborde le théâtre le 15 août 1824 avec Irthur, tragédie en cinq actes, a l'Odéon; — le Toulousain Nestor de Lamarque, dont trois élégies figurent au recueil des Jeux floraux de I S24 (Antérieurement; Bpttreà la duchesse de Berry en 1820. Bn 1824, Ode à Talma. VÈre de Charles X, ode, en 1820. ,i la mémoire de Talma, la Liberté el les Novembriseurs en 1X27: vmi, les Annales romantique* de 1829, 1831, 1832, 1833, 1834, I,s:j;;k pgrmi 1rs chroniqueurs ou 1rs critiques, A. J. <:. de Seint-Prosper, auteur de l'observateur du dix-neuvième siècle. — (,. Desjardins est moins connu : - grand el original critique, iiinri presque aussitôt », dit É. Deschamps; deux odes paraisse^ BOUS boû nom BU 1819 : Bolivar au Congrès de Venezuela et Cvmoênt; une troisième en IS22 : les Deux Brutus; il ne semble pas que l'on doive le confondre^ malgré l'homonymie, avec le rédacteur en chef du Tribun du peuple, auteur, eu I S34. de Première Babylone, Sémiramis ta Grande, drame divisé « en cinq coupes d'amertume ». (Sur celui-ci, voir l'Intermédiaire des Chercheurs, i. XXVIII. > Kntin. Gaillard de Muray, membre du Comilé de lecture de L'Qdédn en 1X27.
is^.'i, c'est surtout leur ferveur religieuse ou monarchiste, leur mépris de la foule tapageuse, et, comme dit Sainte-Beuve, de la vulgarité libérale. « La plupari d'éducation distinguée ou d'habitudes choisies, aimant l'art, la poésie, les tableaux flatteurs, la grûce ingénieuse des loisirs, nés royalistes, chrétiens par convenance et vague sentiment », ils ont voulu « se créer un petit monde heureux, abrité et recueilli1... ». Et c'est là, précisément, le contraire d'un cénacle. Leurs idées demeurent vagues; des aspirations plutôt que des idées : un besoin de sincérité littéraire, une grande faculté d'enthousiasme, la haine du médiocre. Ils ne voient pas plus clairement dans l'avenir. Ils sont modestes et prudents. On pourrait s'étonner du mot de Lamartine : « Je reçois quelquefois cette Muée française qui vous amuse tant; elle est en vérité fort amusante. C'est le délire au lieu du génie *. » Ce délire n'a rien d'inquiétant. Mais Lamartine est un isolé volontaire'; l'admiration réciproque que