Delécluze, Sosvemrt, p
jours expressifs, sans aucune de ces scènes de liaison ou de préparation, vides <>t mornes, chères à l'art classique. Pour lui aussi, la valeur d'un dr.i me es! dan- la fréquence de ces « instants d'illusion parfaite » doni parlait Stendhal. Le reste n'esl qm' bavardage inutile, effort perdit;
Surtout, il se téfië de la rhétorique. Au lieu de s'étaler au premier plan, discoureur élégant ou analyste content de sa pénétration, l'auteur doit S'effacer* Ce qu'il veut donner au théâtre, ce sont,
des oeuvres puremenl pbjectivesoù les personnages
parlent leur langue et ignorent le public, où les milieux soient évoqués avec une précision stricte, où l'auditeur subisse directement l'impression des faits.... Libre, capricieux, pittoresque, impatient de toute contrainte, dépouillé de tendresse;, indifférent, et d'autant plus émouvant, le Théâtre de Clara Gazul est la première oeuvre de ce théâtre réaliste que réclame, sous le nom de romantisme, le cénacle stendhalien.
« Je vous recommande, en l'ait de publications nouvelles, écrit le baron de Maresteà X. de Maistre, le Théâtre de Clara Gazul, prétendue traduction de l'espagnol; c'est l'œuvre du jeune Mérimée,... et le premier essai dans le genre romantique qui ait été fait à Paris '. » Tous les journaux qui mènent, en
l. Lettre du 13 juin 1823 (citée par M. Chambon, Notes sur l>. Mérimée, Paris, Dorbon, 1903, p. 5).— Stendhal conservera
u ne prédilection pour cette oeuvre de déltut : <• Je crois ojue voua seriez plus grand mais un peu inoins connu, si vous n'aviez pas publié la Jacquerie et la Guzla fort inférieures à Clara Gazul ». (Lettre du 26 déc. 1829.) — Sur la Jacquerie, Ch. de Rémusat aussi fera des réserves : .Mérimée commence à se jeter « dans le bizarre et l'odieux ». (Article du Globe du 28 juin 1828.)
t";i\t'ur du romantisme libéral et contre le romantisme monarchiste, le même combat, sont unanimes siircc point. « Pendant longtemps, s'écrie le Mercure du XIXe siècle, on a cru que le romantique n'était autre chose que ce genre mystique et vaporeux, né dans les brouillards de la Germanie et importé en France par M. Chateaubriand et Mme de Staël, et ce que cette école a produit depuis dix ans était assurément bien fait pour nous en dégoûter. » Mais voici enfin qu'an esprit original el indépendant vient, en face de la tragédie idéale donner la vie à la tragédie réelle. « Là, rien de convenu, rien de travaillé, rien qui sente le métier.... Chacun parle le langage qui lui convient, la passion se révèle, comme dans la nature, par des mots vifs et spontanés et non par de froides ana- - de sentiments; tout s'enchaîne, tout marche vers un même but.... » Et pour conclure : « C'est ainsi que Part dramatique pourra se régénérer en France, et que la querelle des classiques et des romantiques se terminera1 ».
Quant au Globe, qui est. en quelque sorte, l'organe officiel de ce romantisme nouveau, il ne peut qu'être enthousiaste. Dans un premier article, Ampère a marqué la nouveauté de l'œuvre, mais il a semblé se défier de l'amitié qui l'unit à l'auteur; pour être impartial, il s'est efforcé d'être froid.... Quelques jours plus tard, un abonné relève l'insuffisance de cet éloge mesuré et traduit le sentiment de tous : « Je ne crains pas d'avancer que l'auteur est, avec W. Scott, l'écrivain moderne le plus émi-