Voir E. Dupuy, Uv. cit., t. I, p
l'unité ROMANTIQUE et LE CENACLE. 217
La première l'ois que Barbier se trouve chez Hugo en présence d'Alfred de Vigny, il est frappé de son attitude réservée, Un peu dédaigneuse1. Mais Vigny n'est pas homme à se plaindre. Sainte- Beuve gronde et proteste : « En vérité, à voir ce qui arrive depuis longtemps, votre vie à jamais en proie à tous, votre loisir perdu, les redoublements de la haine, les vieilles et nobles amitiés qui s'en vont, les sots ou les fous qui les remplacent, à voir vos rides et vos nuages au front qui ne viennent pas seulement du travail des grandes pensées, je ne puis que m'affliger, regretter le passé, vous saluer du geste et m'aller cacher je ne sais où; Bonaparte consul m'était bien plus sympathique que Napoléon empereur. Il m'est impossible maintenant de penser cinq minutes à Hernani, sans que toutes ces tristes idées ne s'élèvent en foule dans mon esprit; sans penser à cette voie de luttes et de concessions éternelles où vous vous engagez ; à votre chasteté lyrique compromise, à la tactique obligée qui va présider à toutes vos démarches, aux sales gens que vous devrez voir, auxquels il vous faudra serrer la main -.... »
Désormais, le foyer du poète est un « foyer dévasté ». Avec les Hernanistes, le cabotinage atout envahi. Ajoutez ces préoccupations d'ordre matériel qui passent au premier plan, depuis que le romantisme a conçu des ambitions dramatiques : au théâtre, le produit d'une œuvre est la mesure de son succès; à l'émulation de jadis succèdent