Voir le Mercure du XIXe s., t. IV, p
3. Lettre citée par M. Michel Salomon, Revue de Paris, octobre 1906, p. 633.
4. A. Jay, la Conversion d'un romantique, manuscrit de Jacques Delorme, suivi de deux lettres sur la littérature du siècle, Paris,
l'unité romantiqi i: et LE CÉNACLE. 215
l'ironie de <".. Farcy1 ou de L. Castel*, les colères d'A. Duval3. Si quelque danger la menace encore, elle devrait l'attendre d'elle-même et de sa victoire. L'heure du succès es! toujours une heure critique pour lés écoles littéraires. Elles ont coutume d'oublier alors ce qui était leur raison d'être. Le romantisme avait, un instant, représenté toutes les tendances les plus généreuses d'une époque : ce iin de liberté, de sincérité, cette aspiration vers une vie plus large, ce culte désintéressé- et enthousiaste de la poésie et de l'art. Et les préjugés tombaient devant lui!... Il devient une école, ou, ce qui est pire, un cénacle. Il n'est plus la chose de tous, il est la chose de quelques-uns, la chose d'un seul.... « Où en est cependant la nouvelle école? interroge la Revue française. Après avoir admis ce principe d'impartialité et de liberté, après l'avoir
Moutardier, 1830, in-8°. — Voir dans les Explications préliminaires, de violentes attaques contre Hcrnani.
1. C. Farcy, Lettre à V . Hugo suivie d'un projet de Charte romantique, Paris. Landois et Bigot, 1830, in-8°. La brochure ne manque ni d'esprit, ni de justesse. C. Farcy s'en prend surtout au libéralisme romantique et à l;i camaraderie. — Quant à la Charte romantique ou Code de la petite propriété littéraire, la plaisanterie n'est pas absolument nouvelle. Voir dans le Sain Jaune du 20 ilée. 1814, un amusant projet de Confédération roman tique.
2. L. Castel, Nebulos ou les Donquichottes romantiques, poème héroï-comique en quatre chants. Paris. Denain. 1830, in-12. C'est eue. ire aux Camarades que s'adresse L. Castel. — Le voyage de Nébulos et de Nieodéine rappelle aussi le Voyage du docteur Syntaxe d'A. Gandais (1821).
:\. Bd 1828, Alexandre Duval a fait précéder son Charles II d'une Notice sur l'état actuel des théâtres et de l'art dramatique en France. Mais c'est surluut eu 1832 qu'il se jettera dans la bataille1 : le Misanthrope du Marais ou la Jeune Bretonne, historiette des temps modernes. (Imitation du pamphlet d'A. Jay.) — En 1833, Lettre à M. Victor Hugo par M. A. Duval, Paris, Dul'ey, in-8". (Anal, par M. T. Legay, /il», cit.)
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plis pour devise el se l'être, en quelque sorte, approprié, la voilà qui s'en écarte H qui L'abandonne. Elle a une doctrine, des préceptes, des règles; elle devient exclusive, Intolérante el absolue comme l'école classique.... Elle ne dit pas comme autrefois : affranchissez-vous de tous les systèmes; mais elle dit, ou, du moins, elle semble dire : renonce/, à voire système et suive/, le mien, lu esprit de prosélytisme étroit s'est emparé d'elle : au
lieu de s'associer au mouvement des esprits et de marcher eu a\ anl . comme elle pouvait le faire, elle
s'est isolée, elle es! entrée dans le désert où quelques adeptes ardents l'ont suivie, mais où la foule ne la suivra point '. » A part la prédiction qui le termine, l'article ne manque pas de clairvoyance; i.e cénacle, c'est l'attestation du triomphe; c'est aussi, pour l'école — je ne dis pas pour ses chefs, — le commencement d'une déchéance.
Le groupe de 1829 doit se dissoudre, comme s'est dispersé celui de la Musc, mais d'une façon plus brutale, et en laissant après lui plus de rancœurs. Bientôt les événements politiques, en se précipitant, vont déterminer une classification nouvelle des partis. Mais déjà les enthousiasmes bruyants qui se déchaînent autour de Hugo ont inspiré bien des inquiétudes. Une horde a envahi le salon de la rue Notre-Dame-des-Champs ; parmi ces Jeunes France barbus, chevelus, à la voix tonnante, aux gestes excessifs, les amis anciens ne peuvent se sentir à Taise. Et tous les sourires du maître sont pour ces nouveaux venus 2 ! . . .