‹ La bataille romantiqueChapitre 100 sur 139 · Conseils à Duranty · texte numérisé non relu

Conseils à Duranty

Ainsi, les artistes ont à se défendre à la fois de l’hostilité défiante des bourgeois et des efforts des partis avancés ou des philosophes sociaux pour les attirer à eux. La littérature industrielle ou la littérature réduite à n'être plus qu'un instrument de propagande : c’est un double péril. |

A la fin de 1831, Pierre Leroux a publié son Adresse aux artistes‘, et les grands romantiques n’ont pas été

insensibles à cet appel. « Qu'est-ce qu'un homme, s’écrie Lamartine, qui, à la fin de sa vie, n'aurait fait que cadencer ses rêves poétiques? ? » Et Vigny : «Je ne

1. À Victor Hugo en particulier : « Ton vers, comme une onde sonore, associe tous les degrés du sentiment, depuis le calme le plus profond jusqu'à la terreur la plus vive, à tous les degrés du son, depuis le souffle le plus léger jusqu’à la plus horrible tempête, par une admirable combinaison d’harmonies que l'art n'avait pas encore su atteindre. Mais quand tu laisses les superstitions du passé, quand tu ne fais plus de la poésie sur l’histoire, quand tu parles en ton nom, tu es comme tous les hommes de ‘ton époque, tu ne sais rien dire sur le berceau ni sur la tombe. Voilà ce qui fait que ta poésie, quand on l’a recueillie dans son cœur, est glaciale... » (Cité par Cassagne, la Théorie de l’art pour l'art en France, p. 47. |

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