Préface de Jocelyn. Voy. ci-dessus, p
sais pourquoi j'écris... Je sens en moi le besoin de dire à la société les idées que j'ai en moi et qui veulent sortir '. »
S'il n’est pas fixé sur la direction à prendre, Hugo n'en est pas moins disposé à élargir son action. Après les Feuilles d'automne, il a renoncé pour toujours à son détachement poétique et l'interdiction du Roi s'amuse ne l’encourage pas à revenir en arrière. En 1834, l'étude sur.Mirabeau, Claude Gueux, les deux volumes : de Littérature et philosophie mélées témoignent de ces préoccupations nouvelles. Préoccupations sociales plus que politiques. De l’un à l’autre de ses recueils, on les voit se préciser, depuis la préface hésitante des Chants du crépuscule (« Ce qui est peut-être exprimé parfois dans ce recueil, c’est cet étrange état crépusculaire de l’âme et de la société dans le siècle où noùs vivons, c'est cette brume au dehors, cette incertitude au dedans... » 1835), jusqu'aux affirmations nettes de 1837 (« La puissance du poète est faite d'indépendance... » Voix intérieures) et aux formules de 1840 : « L'auteur pense que tout poète véritable doit contenir la somme des idées de son temps. » (Les Rayons et les Ombres.)
Ce qui est curieux, c’est que ses disciples les plus enthousiastes — ses disciples de ces années — semblent ignorer tout cela. Ivres de bruit et vides de pensée, leur admiration est plus frénétique qu'intelligente.