Odelettes
toutes les polémiques ; une certaine réserve s’imposait. En revanche, à la Sihouetle, où il débute en 18/5, et plus tard au Corsaire, Banville peut s’en donner à cœur joie’. Il prélude aux Odes funambulesques ; ses triolets aux rythmes bondissants et joyeux poursuivent tour à tour les filles d'opéra, les prétendus philosophes, les bourgeois et leur épais bon sens, tous les adversaires de la libre poésie : Hippolyte Rolle qui s’'acharne à faire revivre les grâces désuètes de la Pandore, Albert Aubert aux élégances normaliennes, Old Nick et sa gravité britannique, Limayrac, le nain sans qui Buloz ne saurait vivre :
J'ai perdu mon Limayrac,
Ce coup-là me bouleverse,
Je vais me vêtir d’un sac.
Mon Limayrac sur Balzac Savait seul pleuvoir à verse ?.…
le haineux Jacquot, dit Eugène de Mirecourt (« As-tu déjeuné, Jacquot?: ») et Véron, indolent et ventru, et Ducuing, cet admirateur de Ponsard, tout glorieux d’avoir « dit son fait à Shakespeare » :
Ils étaient, avec le hussard Ducuing, sept amis de Ponsard.
1. Voy. Max Fuchs, Théodore de Banville, Paris, Cornély, 19r2.
2. Odes funambulesques (Villanelle de Buloz, octobre 1845. Parue dans la Silhouette).