‹ La bataille romantiqueChapitre 58 sur 139 · Histoire de ma vie, L. IX, p · texte numérisé non relu

Histoire de ma vie, L. IX, p

5. « Savez-vous ce qu’en province on appelle un hAonnèéle homme? C’est celui qui n’empiéte pas sur le champ de son voisin, qui n’exige pas de ses débiteurs un sou de plus qu’ils ne lui doivent, qui ôte son chapeau à tout individu qui le salue; c'est celui qui ne viole pas les filles sur la voie publique, qui ne met le feu à la grange de personne, qui ne détrousse pas les passants au coin de son parc. Pourvu qu’il respecte religieusement la vie et la bourse de ses concitoyens, on ne lui demande pas compte d'autre chose. Il peut battre sa femme. maltraiter ses gens, ruiner ses enfants, cela ne regarde personne... Telle était la morale de M. Delmare... Il traitait toutes les délicatesses du cœur

« Vous, Indiana, profanée à ce rustre dont la main de fer a courbé votre tête et flétri votre vie‘! » Ces paroles de Raymon, ne les a-t-elle jamais entendues sur les lèvres d’Aurélien de Sèze?...

Le livre pourtant n’a pas été écrit dans une médiocre pensée de vengeance. George Sand est loin de traiter Delmare comme elle traitera son mari cinq ans plus tard, au moment du procès. Il n’est pas question d'ivrognerie, de crapuleuses débauches. L'amertume n’est pas encore devenue de la haine. Même, elle use d'indulgence à son égard; elle reconnaît ses qualités, elle cherche des excuses à ses défauts*.

En somme, elle a obtenu ce qu’elle désirait, le droit de disposer d'elle-même, elle n’en demande pas davantage : un grand souffle d'optimisme a tout emporté. Ce qui l’intéresse, ce n'est plus le passé; c'est l’avenir qui s'ouvre à elle. Elle veut dire ses rêves enthousiastes, proclamer l’amour souverain dans son œuvre comme il le sera dans sa vie.

Indiana est le répertoire où puiseront tous les ro-

de puérilités féminines et de subtilités sentimentales. Homme sans esprit, sans tact et sans éducation... » (P. 103).

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