Voy. Albert Le Roy, George Sand et ses amis, chap. xvr
Il n’a pas eu de peine à la convertir aux doctrines démocratiques, il lui a inspiré l'amour de ces Jacobins en qui elle reconnaît les fils directs de son « aïeul Rousseau ». Mais ses idées, à cette école, ne deviennent pas beaucoup plus claires. Elle essaye de les préciser à M”° d’Agoult dans une lettre du 10 juillet 1836 : « Se jeter dans le sein de mère Nature; la prendre réellement pour r»ère, et pour sœur ; retrancher stoïquement et religieusement de sa vie tout ce qui est vanité satisfaite ; résister opiniàätrement aux orgueilleux et aux méchants; se faire humble et petit avec les infortunés ; pleurer avec la misère du peupleet ne pas vouloir d'autre consolation que la chute du riche; ne pas croire à d'autre Dieu que celui qui ordonne aux hommes la justice, l'égalité... » Ces formules ne manquent pas de générosité, mais quel principe d'action précise ?... Ailleurs, pour effaroucher les tiédeurs Saint-Simoniennes, elle rêve de violences révolutionnaires, — éternel recours des âmes sensibles : « Les éléments de l'avenir seraient une race de prolétaires farouches, orgueilleux, prêts à reprendre par la force tous les droits de l’homme...» Et aussitôt : « Mais où est cette race? Pauvre peuple! ! »
En fait, elle ignore où elle va, en attendant celui qui pourra «calmer ses doutes et ses inquiétudes? ». Elle mul-