‹ La bavoletteChapitre 4 sur 12 · MICHEL LKVY FRÈRES, ÉDITEURS · texte numérisé non relu

MICHEL LKVY FRÈRES, ÉDITEURS

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Peu de temps après la mort du roi Louis XIII, il > avait au village de Sainl-Maudé une pauvre paysanne dont une méchante masure, une vaclie et quelques poules composaient tout le bien. On l'appelait dame Simonne. Au point du jour, elle allait vendre du bil à la porte Saint-Antoine, et revenait travailler jusqu'au soir pour gagner le juste nécessaire. Souvent elle prenait encore sur le temps du sommeil pour sau-

ver à grands coups d'aiguille les débris de son trousseau. A force de courage et d'industrie, elle aurait pu joindre les deux bouts de l'année, si son mari n'eût apporté dans le ménage plus de désordre que de profit. Maître Simon faisait des corbeilles d'osier qu'un marcliand de Paris lui achelait; mais il en allait boire régulièrement le produit, et ne rentrait à la maison que les poches vides et l'estomac plein, pour quereller sa femme ; c'est pourquoi le chagrin et la misère avaient flétri le visage de dame Simonne plutôt que les années. L'unique consolation que le ciel eût donnée à cette paysanne était un enfant frais et charmant, d'un esprit précoce et du meilleur naturel du monde. C'était pour sa fille qu'elle veillait et travaillait assidûment. Dieu seul , qui sait le compte des peines et soucis des mères, pourrait dire à quel prix celle-ci vint à bout d'élever son enfant. Quoi (lu'il en soit, la petite Claudine poussa comme une plante vivace en dépit des privations. Elle atteignit sans accident .sa douzième année, et avant qu'on eût songé ii la remarquer, elle était déjù la plus jolie fille de son village.

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