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La beauté de l'âme chrétienne, religieuse, sacerdotale

Dieu est le rayonnant foyer de la beauté infinie. Sa beauté, dévoilée aux regards des anges et des élus, constitue leur éternelle félicité. . . Mais, ici-bas, " Dieu, nul ne Ta jamais vu." (Jean 1, 18). Aussi bien, les humains ne recherchent guère la vision de sa beauté. Comme il contient pourtant toutes les perfections, il a daigné par la création entière manifester au monde un reflet de leur éclatante splendeur . . . L'idée de cette beauté a inspiré d'écrire ce livre.

Le Fils de Dieu, incarné Fils de l'homme, est la plus parfaite image visible de son invisible beauté. Sa physionomie extérieure elle-même était dotée des traits et des attraits d'une beauté grave et douce. Toutefois la beauté de son âme reste le chef-d'œuvre des créations de l'Esprit- Saint. En toute sa Personne, la nature divine, unie à la nature humaine, a étalé aux regards du monde des splendeurs inconnues et incomparables . . . Mais Jésus est absent, loin de nos yeux charnels, assis là-haut sur son trône de gloire ! . . . Le faire mieux connaUre et aimer est un second motif inspirateur de ce volume.

Marie immaculée, sa Mère et la nôtre, est assurément " la belle Dame " des apparitions de Lourdes et de Pontmain. Corps et âme, elle est le premier chef-d'œuvre humain de la Trinité. Vierge, mère, épotise, martyre, veuve, elle est bien reine de la terre et des deux, assise sur son trône glorieux. . . Sa beauté sans égale méritait une esquisse dans ce livre, ainsi que celle de son Époux si parfait.

VIII Préface

Autour de Marie et de Joseph, en vertu de la foi au Messie, vient se ranger, daîis la cour céleste, la multitude des saints et des saintes de V Ancien Testament . . . En vertu de la vie, de la mort, de la résurrection de Jésus-Christ, les sacrements de la Nouvelle- Alliance ont purifié, enrichi, embelli des légions innombrables d'âmes de V Église triomphante, souffrante, militante. Depuis dix-neuf siècles, ces triomphe.^ de la grâce dominent l'histoire de la malheureuse humanité restaurée : c'est le seul titre d'honneur et de gloire qui puisse la rehausser aux regards de la sainte Trinité. Tout le reste n'est qu'un vain bruit ou une éphémère vanité dont on a consigné le souvenir devant les générations humaines... Beau spectacle qu'il fallait esquisser dans cet ouvrage.

Hier, aujourd'hui et demain, jusqu'au dernier soir du monde, le regard de Jésus et les yeux de Marie se reposent avec délices dans la contemplation des belles âmes : âmes candides des enfants au berceau, âmes innocentes des adolescerits et des jeunes personnes, des familles chrétiennes, des Institu's religieux et du sacerdoce, âmes ornées de la grâce sanctifiante et des dons de l'Esprit-Saint, des vertus du Cœur de Jésus et des perfections de la Trinité. Ce spectacle de beauté est invisible pour nous : seuls apparaissent quelques rayons qui captivent et séduisent les cœurs. . . . C'est l'une des principales raisons de ce livre.

Peindre à grands traits les ravissantes scènes de la nature, les merveilles des règnes minéral, végétal, animal, la beauté humaine du corps et de l'âme, telh serait la voie royale qui conduit jusqu'à leur Auteur . . . Étudier les charmes des arts et les ressources des sciences, pour les soulever au-dessus des pures impres-

Préface

sions des sens et de la curiosité de V esprit et les porter jusqu'à V Artiste suprême et le Seigneur qui sait touty telle serait la seconde voie de perfectionnement moral et religieux . . . Ce livre en a tracé quelques jalons.

Si la beauté naturelle et artistique passe pour être la reine qui subjugue les cœurs, elle n'est cependant qu'une vaine image, extérieure et fragile. Elle ne saurait s'acheter à prix d'or ou de diamant. Dieu seul l'a prodiguée à la nature et aux êtres humains : il la distribue à qui il veut le faire, comme les autres dons qu'il commet à ses œuvres ou qu'il prête à ses créatures raisonnables.

Ainsi, limiter l'action impressionnante de la beauté aux plaisirs des sens et aux voluptés qu'elle caresse, c'est suivre souvent le chemin du mal, du vice et du crime. Faute de se rappeler leur âme immortelle et sa surnaturelle beauté, son prix et sa destinée d'outretombe, des multitudes de chrétiens la tuent, avec sa vie divine et assassinent l'âme de leurs semblables ! . . . C'est la dernière raison de ce livre.

Que Jésus, Marie, Joseph, daignent bénir ce travail, entrepris en leur honneur et pour le bien des âmes qui leur sont si chères !

Notions préliminaires

L'aveugle de naissance ne saurait percevoir dans la nature la beauté matérielle. La beauté des œuvres d'art lui est inconnue, excepté les beautés de la musique. Il est impuissant, en effet, à se faire une image des couleurs et des formes extérieures : car V image est la fidèle reproduction, au fond de Toeil, d'un objet quelconque coloré par la lumière. Mais il peut s'en faire une idée, par la connaissance analogue d'un objet intellectuel ou moral.

Bien des personnes ressemblent à cet aveugle. Elles ne savent percevoir, avec netteté et précision, ni la beauté répandue dans la nature, ni la splendeur des arcs, ni le rayonnement des êtres invisibles.

Il a donc paru nécessaire de les éclairer et utile de les instruire. Dans ce dessein, il importe d'expliquer, en peu de mots, les diverses sortes de beautés, afin de les faire sentir, rechercher, admirer, aimer, selon leur valeur respective.

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