I.— TEXTES
" Et Dieu créa V homme à sou image : il créa V homme et la femme. — Il les bénit et dit : Croissez et multipliez-vous, et remplissez la terre, et soumettez-la, et dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui se meuvent sur la terre. — Et Dieu dit: Voilà que je vous ai donné toutes les herbes et tous les arbres, afin quils vous servent d'aliments. — Et Dieu vit que tout ce qui! avait fait était très bon." (Gen. 1.)
La vérité révélée est donc établie dans ces textes : l'homme et la femme, Adam et Eve, sont l'œuvre d'une création propre et personnelle. De l'un et de l'autre est issue leur postérité '* qui a rempli la terre*' : race blanche ou caucasique, race jaune ou mongolique avec une belle variété brune et rouge, race noire ou éthiopienne. C'est l'unité de l'espèce humaine, proclamée à rencontre de tous les systèmes anciens et modernes. Elle ** domine ", comme par droit de royauté, tous les êtres de la nature qu'elle travaille sans répit à " soumettre " à son utilité et à son bon plaisir.
Il — CONSIDÉRATIONS
L — La beauté du corps humain surpasse, par sa structure, les autres œuvres de la main divine . . . Au centre de la structure, le squelette ou charpente solide, qui détermine les formes et les proportions : ossature réfractaire aux altérations et servant à soutenir, de la base au sommet, tout l'édifice composé pourtant de 106 pièces différentes. Il recèle, cet édifice merveilleux, les colonnes, les voûtes, les
arceaux, les bassins, les leviers : partout la symétrie préside à leur distribution et à leur arrangement, avec un art savant.
Les muscles ou la chair viennent recouvrir et envelopper les ossements. En les rattachant entre eux, ils constituent des ressorts à la fois délicats et puissants. En vertu de leur tissu fibreux, résistant et souple, et de leur contraction aisée, le squelette peut garder sa stature droite, ou mouvoir et plier à volonté tous les membres. C'est une étonnante merveille que l'analyse des nombreux muscles de la face humaine, de leur jeu et combinaison, pour exprimer le rire ou les pleurs, les divers sentiments de l'âme.
La peau revêt les muscles comme une tunique naturelle, à la fois molle, souple, élastique, perforée et imperméable. Les nuances de coloration de cette membrane varient à l'infini : c'est la raison des divers types de la beauté extérieure. En même temps, le teint sert de signe pour différencier les races humaines du globe et les multiples variations d'une même race ou d'une peuplade, ou d'une même famille.
II. — La beauté des fonctions est non moins admirable dans les organes et les appareils. A l'intérieur du corps, le moindre espace est occupé. Tout y est en place, tout y fonctionne, ou spontanément ou au gré de la volonté. Seuls l'âge et la maladie viennent rompre l'harmonie des fonctions ou briser les ressorts des appareils.
Les deux principaux appareils sont le cerveau et le cœur, tous deux, instruments de vie de tout l'organisme : l'un, par ses fibres nerveuses, l'autre
par ses canaux artériels et veineux. Le premier est simultanément le transmetteur et le récepteur télégraphique des opérations si complexe de la vie physique, intellectuelle, morale, sociale ; le second, Tirrigateur et le réservoir qui recueille et refoule sans cesse les ondes chaudes, noires ou écarlates, en vue de réparer, de renouveler, d'entretenir toute la constitution organique. Leur action simultanée est nécessaire au corps entier pour sa formation et son développement, ses mouvements et ses sensations, son alimentation et sa reproduction.
Admirez les fonctions des cinq sens, qui ont leur siège dans la tête. Les oreilles, comme deux mystérieux labyrinthes, recueillent l'air ébranlé par les sons : bruit vague ou distinct, mugissement ou musique mélodieuse, voix humaine à peine articulée ou sonore et vibrante . . . Sous les mobiles arcades des sourcils protecteurs et sous les voiles des paupières qui se relèvent ou s'abaissent tour à tour, les yeux, comme deux miroirs transparents, reçoivent de la lumière concentrée l'image des personnes et des objets sur la rétine : l'image ou photographie passe au cerveau qui en conserve le cliché ou souvenir dans la mémoire . . . L'odorat accueille avec délices les senteurs et les parfums ; ou bien il avertit du danger des odeurs asphyxiantes et repoussantes . . . Le goût apprécie le fumet des mets délicats et la fine saveur des breuvages aromatiques ... Le tact, dont la main est l'organe principal, mais que l'épanouissement des nerfs a répandu à la surface de tout le corps, ressent les agréments de la température et tressaille au contact des plaisirs sensibles.
A Textérieur comme à l'intérieur paraît dans le chef-d'œuvre divin les délicates et resplendissantes splendeurs de la beauté.
III. — La beauté de la physionomie est, avec le langage, le privilège incomparable et exclusif de l'homme et de la femme.
Lisez la poétique description que la fiancée du Cantique de Salomon fait de son bien aimé : " Il est blanc et rose. Sa chevelure est bouclée comme l'enveloppe frisée des fruits du palmier, noire comme l'aile du corbeau. Ses yeux sont aussi vifs que ceux des colombes. Ses lèvres ressemblent à des fleurs rouges et parfumées. Ses mains semblent faites au tour. Sa poitrine est blanche comme l'ivoire. Ses jambes sont des colonnes de marbre blanc posées sur des bases d'or. Sa voix est très suave. Son aspect est distingué comme celui des cèdres altiers." (Cant. 5, 10.) (V. Souben, op. cit. p. 224.)
L'attitude droite et fière de l'homme révèle en lui le roi de l'univers. Son front encadré d'une gracieuse chevelure, tantôt s'illumine, tantôt s'assombrit selon l'extension ou le repli des muscles. Ses yeux, grâce à la couleur de l'iris et à la prunelle, projettent des éclairs ou se voilent de larmes. Ses joues qui, dans l'adolescence et la jeunesse, offrent la blancheur des lis ou l'incarnat des roses, animent la figure de traits flexibles, doux ou énergiques à son gré. Ses lèvres et sa bouche, effleurées par le sourire, dilatées par le rire, contractées par l'émotion, s'entr'ouvrent pour laisser éclater ]a joie ou le sanglot.
Et lorsque tels sillons du visage se creusent ou s'effacent, lorsque tous les traits du masque animé
rayonnent au dehors les idées et les passions du dedans, lorsque la musique des sons, que lance la voix et que moule le palais, accompagne le jeu des muscles de la face, lorsque la tête et les bras s'agitent et que le corps entier vibre et chante, comme une harpe touchée par une main invisible, c'est alors que l'homme paraît d'une beauté sans égale dans tout l'univers!... D'instinct, l'on pense à l'Homme- Dieu, parlant, sur la montagne des Béatitudes!
La beauté de la physionomie séduit, fascine, entraîne, enthousiasme. Elle ravit l'âme et exalte ses facultés. " Un beau visage est le plus beau des spectacles, et l'harmonie la plus douce est le son de sa voix." (La Bruyère, Les Caractères, III.)
Mais l'Écriture répond : ''La grâce est trompeuse et vaine la beauté ! " (Prov. 31, 30.)
Mais saint Augustin ajoute : " La beauté est un don excellent de Dieu : nul ne saurait l'acheter à prix d'or. Il échoit aussi bien aux pervers. Et il re-ste un bien temporaire, corporel, inférieur." {Civ. DeU 15.)
Mais le poète latin répond : " La beauté n'emprunte quelque valeur qu'à son union avec la vertu."
Mais la raison de Pascal aflSrme : *' Qui aime une personne à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non ; car la vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus." {Pensées V.)