‹ La beauté de l'âme chrétienne, religieuse, sacerdotaleChapitre 23 sur 95 · II.— CONSIDÉRATIONS · texte numérisé non relu

II.— CONSIDÉRATIONS

L — Les sciences mathématiques, il est vrai, sont aussi anciennes que l'esprit humain. Elles ont pour objet la grandeur et la quantité, considérées en dehors des objets naturels.

Les mathématiques pures embrassent l'arithmétique et l'algèbre, le calcul différentiel et intégral, la géométrie dans l'espace et analytique ; appliquées, elles comprennent le calcul des probabilités, la mécanique céleste et moléculaire, la physique mathématique.

Qui n'admire les sévères beautés de la science des nombres .'' Dieu seul peut compter le total des gouttes d'eau des océans, des lacs, des fleuves,des rivières, des

fontaines et les gouttes de pluie qui tombent des nuées, les cristaux de neige qui blanchissent la terre. Lui seul peut les additionner, les multiplier par le carré du quotient. Seul, il peut renouveler l'opération, durant autant de siècles qu'il aura trouvé d'unités dans ce total effarant. *' La nature ne se lassera point de fournir toujours ... Il n'y a que le nombre qui multiplie les êtres qui soit infini ! " — *' Qu'est-ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant : il est également incapable de voir le néant des éléments d'où il est tiré et l'infini où il est englouti ! . . . Que fera-t-il donc, sinon d'apercevoir l'apparence du milieu des choses " dans un désespoir éternel de connaître ni leur principe, ni leur fin ? " (Pascal, Pensées, Art. I.)

Les mêmes agréments de la beauté intellectuelle sont révélées par la science de l'étendue en géométrie, des lois de l'équilibre et du mouvement en mécanique, de la distance des corps célestes et de leurs révolutions en astronomie.

Il est impossible d'appliquer à l'étude de ces sciences les forces mentales de façon approfondie sans ressentir et goûter les charmes de l'admiration la plus enthousiaste, devant ces problèmes résolus par l'observation et les calculs des savants !

IL — Les scieîîces physiques oni: pour objet les êtres non organisés et inanimés. Elles réservent à l'esprit les jouissances les plus étendues et les plus surprenantes.

La géologie ou l'étude de la terre est la science qui a pour but de reconstituer son histoire et sa constitution, depuis l'origine. Elle comprend l'étude des

roches de toute nature qui forment l'écorce terrestre, et les couches diverses qui sont superposées ; les fossiles ou minéraux incrustés, ou animaux pétrifiés. Cette science intervient dans la solution d'une foule de questions pratiques : recherche et exploitation des mines, des nappes souterraines de pétrole ou d'eaux minérales, percement des tunnels et des isthmes, construction des routes ou des voies ferrées...

La minéralogie est l'étude des composés naturels non organiques, de leurs propriétés, de leur forme, de leur origine. Elle enseigne aussi la façon de les reproduire, au moyen de divers agents et procédés. . . L'une de ses parties les plus intéressantes est la formation des cristaux naturels, qui sont l'une des merveilles des êtres inrérieurs dans toute la création.

Qui ne sait que les minéraux sont l'une des beautés et des richesses du sol ? Leur nomenclature est quasi prodigieuse : diamant, or, platine, argent, cuivre, plomb, zinc, nickel, bismuth, cobalt, arsenic, étain et houille, tous à l'état natif. Les associations minérales sont innombrables : la principale est le fer.

La physique est l'étude des phénom.ènes généraux de la nature. Tour à tour, elle expose les lois et les instruments de la pesanteur des corps, même des liquides, les phénomènes de la chaleur et du froid, des météores de l'atmosphère, de la lumière et de l'optique, de l'électricité et de l'aimantation.

Tous ces corps inorganiques ont entre eux d'étroites relations. Mais la beauté résulte surtout des applications utilitaires, comme la télégraphie avec fil ou sans fil, la téléphonie sous les mêmes aspects, les locomotives et locomobiles sur les voies ferrées.

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à bord des navires, dans les usines et les manufactures . . ,

La chimie est l'étude de la composition des corps inertes. Cette science est devenue, depuis un siècle seulement, aussi vaste qu'importante et belle. Elle a recours à deux méthodes différentes : Tanalyse et la synthèse.

L*analyse sépare les éléments des corps : l'air, l'eau, le souffre, l'iode, le mercure ... La synthèse les reconstitue ou les combine en amalgame ou mélange.

Appliquée aux végétaux, elle a conduit aux découvertes les plus étonnantes. Les applications pratiques servent de base à la plupart des remèdes contre les maladies anciennes et nouvelles.

III. — Les sciences naturelles ont pour objet l'étude des corps organisés ou doués d'organes. Ce sont les êtres vivants, végétaux et animaux, qui révèlent aux savants des trésors de joie et d'attraits illimités.

La botanique est la science des plantes en général, de la classification des fleurs et des herbes, des arbustes et des grands arbres. Spéciale, elle intéresse par l'analyse de leur forme extérieure, la structure intérieure si délicate et si ténue de leurs organes, la variété et la coloration des feuilles et des fleurs, le développement et la constitution des troncs et des branches, la bonté et la beauté des fruits, la fécondité merveilleuse des graines.

Ces qualités sont rehaussées par le plaisir que donne leur culture attentive, leur croisement entre elles, selon les genres et les espèces, l'utilité des plantes comestibles ei des céréales, de la vigne

surtout et des crus, d^ loiites les sortes de bois de construction ou d'ameublement.

Admirable science ! Ls vie du végétsl utilise les éléments inertes ou minéraux. Les cellules, la, sève, les tissus, les racines, le tronc, l'écorce, les branches, les feuilles, les fleurs, les fruits présentent un ensemble d'actions et de réactions harmonieuses. La plante emprunte, dans son évolution, au milieu extérieur, la chaleur, la lumière, l'ékctricité, le mouvement, les atomes nouveaux, pour respirer, se nourrir, grandir et se reproduire. Elle respecte ces éléments, sans les détruire ni les diminuer. Elle ?noblit ainsi le minéral, l'assc^cie à sa vie, le fait vivre, en le dominant et en l'asservissant à sa fin . . .

La zoologie ou étude des animaux ajoute encore au sentiment de curiosité et de plaisir. Cette science s'applique à l'analyse des genres, à la classification des espèces et à la nomenclature des individus. Elle étudie la série des organes et des appareils, leur fonctionnement régulier . . . Elle sert de base à l'art de guérir les désordres et les maladies, qui jettent le trouble dans les uns et les autres.

La vie de l'animal se superpose à la vie végétative. Elle sait l'utiliser, pour fabriquer son organisme pièce à pièce, cellule par cellule ; et aussi, pour s'en servir, sentir, se mouvoir. Elle la respecte, ne lui enlève rien, y ajoute même. Elle l'anoblit, en l'associant à ses desseins et à sa propre fin. (V. Eymieu, S.J., La Loi de la Vie.)

La physiologie est l'étude des organes et des fonctions du corps humain.

Comme il y a des propriétés du végétal dans Tanimal, il y a les propriétés de l'animal dans l'homme.

Il y trouve l'utilité. Composé de corps et d'âme, l'homme puise dans les sensations les matériaux de ses pensées immatérielles ; et sa volonté transmet et exécute ses ordres par ses mouvements musculaires.

La vie humaine respecte l'intégrité de l'animal en elle, sans le détruire, l'amoindrir, le déformer. Elle y ajoute, en l'anoblissant, la réflexion, la science, la morale, les arts, la religion : ainsi que toutes les merveilles de l'industrie, de la vertu, du dévouement, de l'héroïsm.e ! . . .

La seule condition de toutes ces beautés est la prééminence de la vie raisonnable sur la vie animale.

IV. — Les sciences morales, qui ont pour objet l'homme, être intelligent et libre, viennent rehausser les charmes des investigations précédentes.

Si vous l'envisagez isolément, vous pouvez interroger son âme et ses facultés, soit dans les phénomènes de conscience qui les manifestent, soit dans leurs tendances vers la vérité, la bonté, la beauté.

Si vous l'envisagez dans la famille^ la nature humaine crée aussitôt de nouvelles et fortes inclinations: l'amour conjugal, l'amour paternel et maternel, l'amour filial et fraternel. Les moindres traces de ces affections chez l'animal éveillent la surprise et l'intérêt. Au foyer, elles sont bien plus touchantes, en raison de leur valeur morale et des effets de leur rayonnement sur les âmes et les cœurs.

La famille prédispose l'homme à l'esjjrit de société ou de vie commune. Les sciences sociales ou politiques le présentent sous les aspects les plus attrayants : en raison de la science du langage ou des moyens de s'exprimer ; en raison de la science de la

richesse par la finance et l'économie jjolitiquc, de la science des lois qui régissent les rapports des citoyens entre eux, des relations entre gouvernants et gouvernés; en raison du droit des gens ou des rapports internationaux, de l'histoire des événements passés et des principes qui en ressortent.

La religion est le couronnement de ce splendide et majestueux édifice. Rien ne distingue mieux l'homme de l'animal. L'étude de l'âme invisible et de Dieu, qui est esprit, domine la création entière et toutes ses beautés. Reconnaître, adorer, aimer, servir son Créateur, c'est tout le bonheur, la gloire, la beauté des âmes.

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