‹ La beauté de l'âme chrétienne, religieuse, sacerdotaleChapitre 36 sur 95 · I .— TEXTES · texte numérisé non relu

I .— TEXTES

"Dès lors, Jésus commença à prêcher..." (Matt. 4, 17.) — " Jamais personne n'a parlé comme cet homme." (Jean 7, 46.) — " Les Juifs disaient : Comment connaît-il les lettres, lui qui n'a pas étudié ? Jésus leur répondit : Ma doctrine n'est point de moi, mais de Celui qui m'a envoyé." (Jean 7, 15.) — " Jésus de Nazareth, prophète puissant en parolefs et en œuvres, devant Dieu et tout le peuple." (Luc 24, 19.)

Après l'arrestation de Jean-Baptiste, Jésus se retira en Galilée. Et, ayant quitté la ville de Nazareth, il alla habiter à Capharnaum, ville maritime . . . Dès lors, il inaugure sa mission auprès du peuple. Elle va révéler au monde sa sublime doctrine, ses prophéties, ses miracles, la fondation de son Église, par le choix de ses successeurs et par l'institution des sacrements. Elle se terminera par le magnifique discours de la Cène, par sa Passion et sa mort, par sa résurrection.

II — COXSIDÊRATIOxXS

I. — Doctrine de la Trinité. Sa révélation explicite domine tout l'enseignement de Jésus. Il parle sans cesse de son Père, avec lequel il ne fait qu'un Dieu, lequel l'a envoyé, dont il accomplit la volonté et les œuvres, qui le proclame son Fils bien aimé, objet de toutes ses complaisances . . .

De la sorte, le Fils de l'homme s'affirme aussi le Fils de Dieu, '* le Messie " dit-il à la Samaritaine, " le Verbe fait chair ", celui que les Prophètes ont annoncé et qui accomplit en vérité les prophéties concernant son auguste Personne . . .

Jésus révèle le Saint-Esprit, dont il est comme Dieu inséparable, par de formelles attestations : le souffle qu'il émet sur les apôtres est accompagné de ces mots : " Recevez le Saint-Esprit ! . . . " Ils ont mission de conférer le baptême ''Au nom du Père, et du Fils et du Saiiit-Esprit ". Il leur prédit sa venue, au jour de la Pentecôte. . . (V. J. Lebreton, S. J., Le Dieu vivant.)

II. — Doctrine des sacrements. Jésus les institue, en vertu de £on magistère infaillible, pour ouvrir aux âmes les voies de la régénération spirituelle, de la rémission «les ];échés, de l'indissolubilité matrimoniale, de l'alimentation eucharistique, de la consécration sacerdotale . . .

ÎIÎ. — Doctrine des conseils de perfection. Jésus a proclamé les grandeurs de la pauvreté, de la chasteté, de l'obéissance volontaires. Ainsi la vie religieuse est d'institution divine. Lui, sa Mère et son père, ont tous trois donné préalablement l'exem-

pie, avant de solliciter les âmes à les imiter, en vertu de la vocation et du choix de leur liberté.

IV. — Doctrine de la loi morale. Outre le Décalogue de Moïse, Jésus a insisté vivement, à plusieurs reprises sur " son commandement nouveau ", qui est, dit-il, " le premier et le plus grand, à savoir Vamour de Dieu et du prochain ". Il a insisté sur le pardon des ennemis, la nécessité impérieuse du pardon des offenses . . .

Tous les préceptes sont clairement mis en évidence par l'enseignement de Jésus : la fidélité aux prescriptions de la Loi de Moïse, la soumission à César ou à la loi civile, l'observance des fêtes légales religieuses, la charité envers le prochain comme les devoirs envers les parents, le pardon des injures '* jusqu'à soixante-dix-sept fois sept fois ", l'indissolubilité du mariage . . .

Toutes les vertus individuelles et sociales, il les a recommandées et exaltées, les suscitant même dans l'âme des foules et dans le cœur des apôtres : depuis l'innocence et l'humilité des petits enfants jusqu'au repentir de Madeleine en pleurs et au sincère aveu du Larron agonisant . . .

Tous les vices, il les a condamnés et flétris avec force et autorité : la soif du lucre des marchands du Temple, l'hypocrisie des Pharisiens et des Scribes, l'incrédulité des princes des prêtres, l'ambition de^^ apôtres se disputant le premier rang, la dureté envers le prochain meurtri sur le chemin de Jéricho ; non seulement l'homicide mais le mépris et le dédain d'autrui ; non seulement l'adultère, mais la pensée et la convoitise de l'impureté ; non seulement le parjure, mais le plus léger serment inutile ; non

seulement la vengeance, mais le moindre dessein de la requérir ; non seulement le scandale, mais toute parole inutile et vaine . . .

" Il les enseignait comme revêtu de V autorité. . .** (Matt. 7, 29.) '* Il a parlé puhliquevient au monde.** (Jean 18, 20.)

V. — Motif de ce légitime ravissement. Tout contribuait à rehausser l'éclat de l'autorité de Jésus.

Dans sa personne, la majesté de sa physionomie, l'assurance de sa voix, la fermeté persuasive de son regard, la simplicité et l'onction de son langage.

Dans sa doctrine, la vérité nette des idées, la nouveauté des conceptions, l'élévation des pensées, la beauté des sentiments, la grandeur des considérations. (Fillion, S. Matt. p. 152.)

L'autorité de sa doctrine est empreinte d'une triple beauté : sa puissance d'aflBrmation oii s'infiltre un art admirable et se révèle une connaissance profonde des âmes, des temps et des lieux, en vertu des paraboles d'abord et de sa clarté lumineuse ensuite ; sa puissance de rectitude aussi, par où il sème la vérité à laquelle, dit-il, il est venu rendre témoignage " et par sa parole, et par ses actes, au point qu'il est vrai de dire qu'il a parlé sa vie et vécu sa parole ; sa puissance de communication, non seulement aux auditeurs de sa nation qui l'ont entendu, mais encore au monde entier de l'avenir : donc à vous, à moi, à tous, à chaque âme.

Ineffable splendeur de sa divine doctrine, éternel rayonnement à travers les siècles, les continents et les îles de la terre ! Le séjour sans fin du ciel ne suffira pas aux élus pour chanter avec des flots d'harmonie les paroles tombées des lèvres du Doc-

teur et Maître de rhumanité ! . . . (Monsabré, Carême, 1880.)

Article III. — La Beauté de ses Miracles

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