I. — Marie est toute belle dans les louanges
que lui décernent les éminents Docteurs et les Pères de l'Église. Jamais, plus qu'à la dépeindre, les langues humaines des diverses nations, conquises à l'Évangile, n'employèrent de poésie et de couleurs ravissantes.
Saint Cyrille d'Alexandrie, qui présida le concile d'Éphèse, plaidant en faveur de ses privilèges, s'écria: " Qui a jamais entendu dire qu'un architecte, après s'être bâti une demeure, en a cédé la première place à son ennemi ? "
Saint Jean Damascène l'appelle ** le sanctuaire des dons célestes et la demeure enrichie, ornée de toutes les vertus ".
Saint Bernard, intarissable et éloquent panégyriste, la compare à la colombe de l'arche, au jour limpide, au cristal des ondes, aux astres scintillant au-dessus de la tête du nautonnier et le| guidant sûrement au port.
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Elle est toute belle dans les affirmations solennelles de saint Augustin, rejetant avec horreur Tidée de la malédiction première, jusqu'aux suaves invocations de saint François de Sales et aux oraisons jaculatoires de saint Alphonse de Liguori . . .
II. — Marie est toute belle dans lea défini* tiens des Conciles, où sont déclarés immuables. se& titres et ses privilèges.
Belle au concile d'Êphèse, où les Pères condamnent Nestorius, négateur de sa divine maternité !
Belle à Trente, où les décrets d'un Synode à jamaia immortel, en établissant la déchéance universelle, lui réservent un trône à part dans la région de la pureté et de la lumière !
Belle à Rome, le 8 décembre 1854, quand, aux applaudissements de l'univers catholique, le dogme de son Immaculée-Conception s'épanouit sur les lèvres émues du grand Pontife Pie IX !
III. — Marie est toute belle dans les fêtes liturgiques, solennelles ou secondaires, échelonnées par l'Église le long du cours de l'année ecclésiastique. Il n'est pas un seul de ses privilèges, un de ses titres principaux qui n'ait son culte dans le bréviaire et le missel.
Elle est belle aux regards des âmes chrétiennes, depuis les pieux dessins des catacombes romaines jusqu'à l'efflorescence universelle des mille formes que revêtent, de nos jours, ces dévotions en son honneur.
Belle dans l'office que lui consacra la piété filiale du pape franciscain, Sixte IV ; belle dans les confréries des divers scapulaires et du très saint Rosaire, si recommandé et si enrichi par le grand Pontife
La beauté de marie 207
Léon XIII, si répandu à travers les temps et l'espace ! Belle dans les triomphes de l'Église et des princes chrétiens, à Lépante, sous les murs de Vienne, durant la tempête révolutionnaire !
IV. — Marie est toute b^e dans les Ordres et les Congrégations des personnes des deux sexes que leur nom a mis sous son patronage : Ordres des Carmes, des Religieux de la Merci, des Servites, des Chevaliers de Notre-Dame de T Étoile, ou de l'Annonciation, ou de Calatrava ; Congrégation de Jésus et Marie, des Oblats de Marie Immaculée, des Maristes . . . Les Dames de l'Incarnation, les Religieuses de l'Annonciation, celles de la Visitation, de l'Immaculée Conception, Franciscaines de Marie.
V. — Marie est toute belle dans les discours des orateurs sacrés, dont l'éloquence sème sous ses pieds une jonchée de fleurs. En face de leurs chaires se dressent les autels des archiconfréries et des associations pieuses, écloses sous son regard.
Quelle est belle dans le chant des litanies que des millions de voix redisent sans fatigue et avec un plaisir sans cesse renaissant; belle dans le long défilé des processions et des bannières qui se balancent à la brise des vents ; belle dans les cantiques qui répercutent en toutes langues ses titres de gloire sous toutes les latitudes ; belle entourée des cierges et des lampes qui se consument en silence, la nuit et le jour, devant ses images et ses statues miraculeuses . . .
VI. ^- Marie est toute belle dans les arts, où se sont distingués tant de génies : peinture, sculpture, musique.
Fra Angelico, religieux dominicain, travaillait à genoux les tableaux, si remarquables par l'espression extatique de ses figures de la Vierge.
Murillo, peintre espagnol, s'immortalisa par le magnifique chef-d'œuvre de Y Assomption.
Pergolèse, grand artiste italien, inventa la sublime mélodie du Stabat.
L'histoire se refuse à embrasser d'un seul regard l'immense galerie du poème artistique que le génie humain a chanté en l'honneur de Marie . . .
VII. — Marie est toute belle dans ses sanctuaires, qui portent si haut les vœux de la prière, les chants de l'espérance au cœur endolori et aux yeux baignés de larmes.
Elle est belle dans les cathédrales des grandes villes et dans les oratoires perdus des montagnes.
Belle dans les basiliques majestueuses, dans les églises qui couronnent les coteaux où se presse la foule des pèlerins.
Belle au sommet des monts escarpés et belle sur les blanches grèves des océans.
Elle est belle dans ses multiples Apparitions anciennes et récentes : à la Salette, à Lourdes, à Pontmain.
Toute belle dans la vieille Europe, théâtre de ses victoires contre tant d'erreurs ; dans la France, en proie à ses agitations révolutionnaires, et ne voulant pas mourir, ni dans sa foi, ni dans son honneur, tant qu'elle presse sur son cœur la médaille miraculeuse de sa Mère.
Belle aussi dans nos deux Amériques, depuis le sanctuaire de la Guadeloupe jusqu'aux récentes églises du Canada françaio.
Toute belle dans les archipels océaniens, où des îles entières sortent des ténèbres et des horreurs de la barbarie pour s'éclairer à la lumière de la foi et de son culte.
Belle dans les prairies du Nord-Ouest, dans les steppes glacées du pôle, sur les versants des Rocheuses ou les bords des grands lacs ! . . .