‹ La beauté de l'âme chrétienne, religieuse, sacerdotaleChapitre 52 sur 95 · II.— CONSIDÉRATIONS · texte numérisé non relu

II.— CONSIDÉRATIONS

L — L'époux virginal de Marie amena d'abord, entre les membres de la parenté, une entrevue, puis une entente qui aboutit au libre consentement des deux parties et à la promesse de s'épouser. Telle était la première démarche en usage.

Le jour des fiançailles, le jeune homme — Joseph n'avait alors que 25 à 30 ans — remettait aux parents

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de la jeune fille ou à leur mandataire un anneau ou un précieux cadeau: cet objet exprimait l'engagement définitif. Telle était la seconde démarche.

La troisième se faisait une année après : Vami de répoux, seul trait-d'union entre les deux fiancés encore séparés, annonçait aux deux la cérémonie de la translation solennelle de la jeune fille chez son époux : c'était le mariage proprement dit.

Vraisemblablement, Marie était orpheline de père et de mère. Et il est plus probable que la maison de Nazareth appartenait à Joseph. Il aurait ainsi vu Marie introduite chez lui et il l'y aurait gardée et établie.

Là, après l'Incarnation et la Visitation, vivaient Marie et Joseph, livrés au travail et à la prière. Quel bel exemple de vie calme, douce, sainte, laissé aux jeunes époux chrétiens !

IL — Les sept douleurs de Joseph sont aussitôt rémunérées par les sept allégresses.

Quelle ne fut pas l'afiliction et l'angoisse de son cœur, dans la perplexité de savoir s'il devait abandonner son épouse sans tache ! — Mais quelle surabondante allégresse, quand l'Ange lui révéla le grand mystère de l'Incarnation !

Sa douleur à Bethléem fut sans bornes, se voyant réduit à chercher asile dans une étable pour Marie sur le point de donner au monde son Sauveur. — Elle se transfigura soudain en une joie céleste au chant des anges et à la vue de l'Enfant-Dieu.

Si les précieuses gouttes du sang rédempteur lui transpercèrent le cœur, — l'appellation du saint nom de Jéaus réjouit son âme tout entière, à la Circoncision.

Si la prophétie de Siméon lui causa une mortelle douleur, sachant les souffrances qui attendaient l'Enfant et sa Mère, — elle le remplit d'un ineffable contentement, puisqu'elle prédisait le salut d'Israël et du monde.

C'est dans la tristesse et l'angoisse qu'il prend l'Enfant et sa Mère pour fuir en Egypte, ignorant de quelles ressources il y entretiendra sa famille ; — mais il jouit sans cesse de la possession d'un Dieu et de l'espoir assuré du retour.

Ce retour fut troublé par la crainte d'Archelalls, tyran de la Judée ; — et rassuré par l'Ange, il alla se fixer à Nazareth, parfumé des premiers souvenirs.

Plongé dans la plus profonde douleur, ainsi que Marie, il cherche durant trois jours l'Enfant perdu sans sa faute ; — la joie inonda son âme, en le retrouvant au milieu des docteurs qui l'avaient interrogé avec stupeur et admiration.

III. — La vie cachée, qui dura tant d'années, associa intimement les cœurs si purs des deux époux.

Depuis l'époque de son union sainte, Joseph a déjà été à Nazareth, à Bethléem, à Jérusalem, en exil, une aide et un soutien. Que fût-elle devenue sans lui ? Il est évidemment son protecteur, son consolateur, sa providence visible. Il est plus, il est la sauvegarde de son honneur, de sa virginité et de sa maternité.

Durant ces longues années, il entoure Marie des marques incessantes de la plus profonde délicatesse, de la tendresse la plus suave : cette affection conjugale est belle d'une blancheur éclatante, de vénération aussi la plus humble, et surtout d'un dévouement total et de chaque instant.

Assurément tendresse, soins, prévenances, tout est réciproque dans cette vie de communauté : leur amour n'embrasse rien de terrestre, et rien ne saurait partager les cœurs, concentrés sur Dieu dans leurs âmes et sur le Fils de Dieu, visible à leurs yeux.

C'est Joseph qui reçoit communication des volontés célestes : Dieu Ta revêtu de l'autorité familiale. Il l'exerce sans cesse, selon les circonstances qui émanent des événements ou de la malice des hommes.

Jamais l'idéal de l'union entre époux d'une même famille ne s'est réalisé comme à Nazareth. Elle s'y épanouit dans la conformité des goûts, des caractères, des intentions, dans le noble et généreux désintéressement, dans une affection mutuelle qui rapproche les vues et cimente tous les actes.

L'amour divin, qui plane dans ces deux âmes, s'exerce sans dessécher les cœurs, sans arrêter les épanchements légitimes, qui se traduisent par les paroles, les regards, les baisers, les étreintes, les sourires, les échanges de démarches réciproques : quels tableaux et quelles scènes ravissantes ! . . .

Article II. — La Beauté du Père

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