‹ La beauté de l'âme chrétienne, religieuse, sacerdotaleChapitre 59 sur 95 · II.— CONSIDÉRATIONS · texte numérisé non relu

II.— CONSIDÉRATIONS

I. — La sainteté est dans le monde entier la plus splendide image de Dieu. C'est la plus belle œuvre de ses mains, le plus haut degré de perfection hors de lui. Elle étale à tous les yeux la plus sublime idée, et comme la vision passagère, de sa puissance et de sa sagesse, de sa bonté et de sa beauté, de ses perfections morales.

Voir et approcher une âme juste et sainte, c'est ici-bas contempler un reflet de Dieu.

Dieu est admirable dans toutes ses créatures : on l'a admiré dans les paysages, les étoiles et le soleil, les minéraux et les végétaux, les animaux et l'homme.

Mais il ne se fait en nul être aussi hautement admirer que dans l'âme des justes et dans les vertus qui les ont embellis : car l'âme des pécheurs euxmêmes, devenus semblables aux bêtes (Ps. 48, 13), n'est qu'un vestige repoussant de sa beauté. Mais les saints sont les images et les copies vivantes de sa divinité. Ils ont l'honneur d'être ses amis, ses

enfants adoptifs, ses favoris, ses héritiers et les cher.s objets de ses complaisances.

Non, rien ne publie si avantageusement la grandeur et la gloire de ce grand Dieu que Tâme sainte : sa bonté y fait sa demeure et ses grâces en font un riche vaisseau d'or, orné de perles fines et de pierres précieuses.

Les martyrologes de l'Église catholique n'énumèrent qu'un nombre lestreint de figures de saints et de saintes : leur nombre est prodigieux, selon la vision de saint Jean . . .

II. — Les saints de l'Ancien Testament demeurent, aux yeux de la postérité, comme les magnifiques fleurs parfumées des temps primitifs.

Ce sont nos premiers parents, leur fils l'innocent Abel, martyrisé par son frère, et sans doute d'autres de leurs enfants. D'eux il est écrit : " La sagesse tira le premier homme de son péché " (Sag. 9). Et il persévéra dans le repentir et la pénitence. Les Églises orientales honorent à'iin culte publie Adam et Eve comme les autres saints.

Ce sont les Patriarches antiques, dont saint Paul entretient les Hébreux, dans son épitre : *' Noé, qui construisit l'arche avec crainte pour le salut de sa maison et fut institué héritier delà justice qui vient delà foi " ; *' Abraham, qui obéit et partit ne sachant où il allait, et par la foi il demeura dans la terre promise comme en terre étrangère, habitant sous des tentes " ; " Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph qui, par la foi aussi, annonça à sa mort le départ d'Egypte des enfants d'Israël " (Hébr 11).

Ce sont les Prophètes suscités de Dieu : " Enoch qui fut enlevé, afin qu'il ne vit point la mort et qu'il

eut le témoignage d'avoir plu à Dieu " ; ** Moïse, par la foi, quitta l'Egypte sans craindre la colère du roi " ; " Élie et Elisée, qui donnèrent à leurs mères leurs enfants ressuscites " ; '* Daniel, qui feima la gueule des lions " ; Isaïe et Jérémie, qui furent l'un lapidé, l'autre haché en morceaux ; Samuel le saint du Seigneur . . .

Ce sont les Juges et les Rois qui, *' par la foi, ont vaincu des royaumes, exercé la justice, obtenu l'effet des promesses. Ils sont devenus forts dans la guerre et ont mis en fuite les étrangers : tels Gédéon, Barac, Samson, Jephté, David, Ézéchias ..." (It.

Ce sont les martyrs et le^ héros d'Israël, ** qui ont souffert les moqueries et les coups, les chaînes et les prisons ; ils ont été torturés, n'acceptant pas de racheter leur vie, afin de trouver une meilleure résurrection ". Ainsi périt sous les yeux d'Antiochus le saint vieillard Eléazar et, avec lui, les sept frères Machabées. Pour la défense de leur Temple et de leur patrie, Mathatias et ses fils. Judas, Jonathas, Jean, Simon, valeureux guerriers et héros aussi braves que religieux... "Tous ceux-là, éprouvés par le témoignage de leur foi, n'ont pas reçu la récompense promise, Dieu ménageant au ciel quelque chose de meilleur pour nous, afin qu'ils ne reçussent point sans nous la félicité parfaite." (Ibid.)

** C'est pourquoi, ayant devant nous une si grande nuée de témoins, courons avec patience au combat qui nous est proposé, tournant nos yeux vers Jésus, auteur et consommateur de notre foi." (Ibid. 12.)

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