NOTIONS PRÉLIMINAIRES XV
il ira jusqu'à sentir Vimpression du beau intellectuel. Lisez devant lui une oraison funèbre de Bossuet ou une conférence de Lacordaire, il tressaille d'enthousiasme et admire cette éloquence majestueuse ou vibrante.
IV. — La BEAUTÉ MORALE est une idée et un sentiment qui saisissent l'âme tout entière, cœur et volonté, excitent son adm^iration, remuent ses fibres les plus secrètes, lui causent une jouissance pure et profonde.
L'histoire est tissée d'actions de tout genre, empreintes de beautés morales à tous les degrés. Telle, la constance de la mère des sept frères Machabées. Tel, le martyre de Marie, mère de Jésus, assistant à son agonie et à son dernier soupir. Tel, l'héroïsme de la mère de saint Symphorien, exhortant son fils unique à subir le martyre . . .
Ce genre de beauté fait tressaillir l'âme et monter du cœur aux yeux les plus douces larmes. Remuée dans ses profondeurs, elle y décèle une joie, très supérieure aux émotions sensibles qui naissent du beau naturel et du beau artistique.
V. — La BEAUTÉ SURNATURELLE cst l'état de l'âme embellie de la grâce sanctifiante, qui la transforme dans sa substance, comme les dons et les vertus infuses, qui l'accompagnent, transforment ses facultés, la rendant ainsi pleinement agréable à Dieu.
Comme l'âme est la vie du corps qu'elle anime, ainsi la grâce habituelle est la vie surnaturelle de l'âme. Mais cette vie est invisible: germe obscur, principe caché, réel cependant.