II.— CONSIDÉRATIONS
I. — Les infidèles, idolâtres ou non, ne participent point à la vie si belle de l'âme régénérée. Cependant Jésus les a tous embrassés dans le désir de les avoir à lui. Du haut de sa Croix, il les a tous appelés ; de son sang, il les a tous rachetés ; il
avait soif du salut de leurs âmes. Il tint ses bras ouverts pour eux tous. Du ciel, il nous crie sans cesse : " Donnez-les moi ! "
Il s'est bien réservé sans doute quelque voie mystérieuse pour atteindre, sans notre action directe, une multitude de ces âmes bien disposées : toute» belles, elles sont entrées dans la gloire !
Mais quand il a dit : *' AlleZy instruisez, baptisez ", il a investi son Église d'un rôle qui fait sa gloire, d'une mission qui engage sa responsabilité. C'est donc à elle et à nous, ses enfants, que revient le ministère ordinaire de la conversion du monde, païen et infidèle. Que de millions d'âmes sauvées par les missionnaires !
Si vous ne pouvez agir, pourquoi ne pas prier, souffrir, mériter, prêtant à Jésus l'aide dont il a voulu solliciter le concours indirect! Songez donc à la beauté de tant d'âmes ! . . .
II. — Les hérétiques sont aussi de la conquête et du royaume de Jésus-Christ.
Les uns, grâce au baptême, sont en état de grâce sanctifiante. Leur âme est belle de la splendeur de la vie divine. Aussi, ils appartiennent à l'âme invisible de l'Église. Ils ne sont point membres de son corps visible, il est vrai : en cela leur bonne foi les excuse. Jésus les a faits siens; il est en eux comme il est en nous, catholiques. Il les aime autant, et peut-être plus encore que nous, pauvres enfants qu'il n'avoue pas ouvertement... Des milliers de conversions n'ont-elles pas manifesté au monde la beauté éclatante des âmes rentrées au bercail ? . . . Hélas ! leur groupe est restreint en comparaison de l'immense multitude de notre Église.
LA BEAUTÉ DE l'ÊGLISE 251
Les autres, soit qu'ils s'obstinent dans l'erreur une fois reconnue, soit qu'ils aient perdu la grâce en se rendant coupables de fautes graves, sont semblables aux catholiques prévaricateurs. Néanmoins, ils sont plus dignes de compassion, parce qu'ils sont plus éloignés des sources de rédemption et de régénération chrétiennes : privés des sacrements, ils n'ont d'autre voie de salut que l'acte de contrition parfaite. Dieu sans doute leur accorde cette grande faveur, selon leurs dispositions ou leur» mérites.
III. — Les martyrs non catholiques sont-ils de vrais martyrs, à qui Dieu accorde une auréole qui, par son éclat, l'emporte sur celle des vierges et des docteurs de notre Eglise ?
Durant la grande guerre, des Arméniens schismatiques — orthodoxes, comme ils s'appellent, — ont déclaré, à côté de leurs frères catholiques, que jamais ils ne consentiraient à professer la religion de Mahomet. Ces déclarations leur ont valu la peine capitale qu'ils ont subie, en répétant ce nom béni : Christ, Christ, Christ !
Est-il loisible de croire que ces schismatiques sont martyrs à l'égal de leurs compagnons .^ Assurément, ce semble ! En raison même de leur bonne foi, en vertu de leur qualité de baptisés appartenant à l'âme de l'Église catholique, ils méritent l'auréole, bien que disciples d'une secte étrangère et hostile à notre Église. (V. P. Janvier, Conf. 2. 1920.)
Hors de Vâme de l'Église, point de salut !
Article II. — La Beauté des Ames catholiques
I — TEXTES
" Heureux le peuple qui a Dieu pour maître.'' (Ps. 143, 15.) — 7/ nest pas de pouruir qui ne rienne de Dieu.'' (Rom. 13, 1.) — " Evfantê, obéissez à ros parents dans le Seigneur." (Eph. 2, 1.) — " Et tous, pères, élevez vos enfants dans la discipline." (It. 4.) — " Serviteurs, obéissez à vos maîtres avec crainte et respect." (It. 5.) — " Et vous, maîtres, faites de même avec eux, sachant que leur Seigneur et U vôtre est dans le ciel." (It. 9.)
La beauté de T Église est constituée par la beauté même de la famille chrétienne. L'épanouissement, dans la société, des vertus prescrites aux époux et aux épouses, aux enfants et aux parents, aux serviteurs et aux maîtres ; la culture de ces vertus par la vie chrétienne, alimentée par la grâce des sacrements, des mœurs pures, des prières et des bonnes œuvres, tel est l'idéal domestique et social, voulu de Dieu. En un mot, l'imitation de la Sainte Famille de Nazareth offre au ciel et à la terre le plus beau spectacle, qui plaise à Dieu et attire ses bénédictions sur les âmes catholiques.