I.— TEXTES
" Si vous voulez être parfait, allez et vendez ce que vous avez. . . et venez, suivez-moi." (Matt. 19, 21.) — " Tous ne comprennent point cette parole — concernant la virginité — que celui qui V entend la mette à profit." (It. 11.) — " Quiconque veut venir à ma suite, quil se renonce." (It. 16, 24.) — " La grâce est donnée à chacun selon la mesure du don du Christ." (Eph. 4, 7.)
D'après ces textes, l'état religieux est institué par Jésus lui-même : il en a posé les fondements dans l'Évangile. Ainsi il invite les âmes à la pratique des conseils généraux et particuliers. On sait que les âmes chrétiennes du monde doivent suivre la voie de la perfection commune par la fidélité aux préceptes:
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elles y ajoutent l'adoption des conseils, selon leurs intentions. Il y a évidemment une foule de belles âmes dans le monde. Les âmes religieuses contractent Vobligation de la perfection plus parfaite: ainsi, leur genre de vie est, de sa nature, la terre de la saintetéy où la morale évangélique obtient son plein épanouissement, les vertus atteignent l'héroïcité, les conseils rhéroïsme.
Il — CONSIDÉRATIONS
I. — La vie religieuse est belle en vertu de son institution divine.
Cette beauté ressort de la vocation ou de l'appel de Dieu. Jésus disait aux Apôtres : " C'est moi qui vous ai choisis ". (Jean 15, 16.) Il a seul ce droit à travers les siècles. " Une âme sera appelée, une autre sera laissée.'* (Matt. 24, 40.) La vocation est un don, une faveur, une grâce privilégiée. D'ordinaire, l'âme la sent, la goûte, en suit l'attrait et les exigences. Sur ce sujet, le monde se fait illusion et se trompe, lorsqu'il se permet de s'ériger en juge et en directeur des vocations : ce n'est ni de sa compétence, ni de son domaine.
Cette beauté ressort de la formation religieuse. Le séjour au noviciat, s'il comporte parfois des heures d'épreuves et de rudes combats, ménage à l'âme d'ordinaire d'ineffables consolations, d'exquises suavités intimes, qui l'attendrissent jusqu'aux larmes de joie et de bonheur. L'un des beaux spectacles en religion est le groupement des novices au pied des autels : Jésus leur distribue le centuple d'avoir tout quitté pour lui ! . . .
Cette beauté ressort de la consécration religieuse^ qui renferme le don plus généreux et plus complet de soi et suppose une plus parfaite charité. Se donner à Dieu, c'est sacrifier le présent à l'avenir, le temps à l'éternité. Et l'âme se donne totalement avec la liberté et la volonté : elle consacre à Dieu le corps, comme un vase sacré livré au culte, avec ses sens et ses droits extérieurs, avec les biens matériels et les jouissances qu'ils assurent.
Cette beauté ressort aussi de la profession religieusey contrat mutuel passé entre râm.e et son Institut, dans une cérémonie publique et devant témoins. D'une part, donation de sa personne entière ; de l'autre, acceptation pour la vie avec charge et obligation de subvenir à tous les besoins et de traiter comme un membre de la Famille, jusqu'à la mort et même au-delà du tombeau . . . Est-il, ici-bas, un seul pacte aussi enviable et aussi consolant ?
Cette beauté ressort enfin de la vie commune et de ses agréments : douceur incomparable de la cohabitation sous le même toit, participation à la même table, port du même vê^ement, désignation sous le même nom. . . Et ce qui est plus souhaitable: contact parfumé avec de belles âmes, compatissantes, charitables, vertueuses ; joies et douleurs commîmes, édification et aide mutuelles. La vie se consume entièrement sous le regard de Jésus, avec la présence de Dieu, l'accroissement des vertus et des mérites, la certitude d'une bonne mort.
II. — La vie religieuse est belle, en raison de sa fin et des moyens de perfectionnement qu'elle impose.
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La fin de l'âme, au service de Dieu, est Vunion intime avec lui. Elle est ausùi la fin que doit viser l'âme chrétienne du monde. C'est la charité ou la grâce sanctifiante, en vertu de la donation. L'amour a fait à Dieu don du parterre des fleurs et du verger des fruits ... La beauté s'allie au mérite.
La fin comporte aussi la charité agissante : tout est amour en l'âme qui agit par amour. Ce qui donne à la vie vraiment religieuse une inconcevable beauté . . .
Les moyens de léaliser l'union intime, sanctifiante et agissante ou actuelle, aont mis à la portée de chaque âme en religion. On en peut énumérer six principaux qui embrassent les autres :
Les trois vœux, solennels ou simples, perpétuels ou temporaires, forment les trois clous qui attachent la victime sur la croix : quelle grandeur dans ce seul trait de ressemblance avec Jésus !
Les deux sacrements de Pénitence et d'Eucharistie sont les sources d'alimentation de la vie et de l'union divine : la vie chrétienne du monde ne participe pas à leur usage aussi fréquent.
Les exercices religieux, déterminés à heure fixe, le long du jour ou de la nuit, sont des fontaines rafraîchissantes qui désaltèrent et refont les forces, chaque semaine, mois, année.
Les prescriptions régulières des Constitutions appellent une exacte observance, dans les lignes générales de l'administration, comme dans les détails particuliers de la vie quotidienne. Quelle force d'âme requiert la minutieuse fidélité qui revient sans cesse !
Les devoirs d'état sont les fonctions assignées à chaque personne, en vertu des pouvoirs de l'autorité
supérieure ou locale : de leur perfectionnement résultent le progrès intérieur, le bon exemple, le salut des âmes . . .
Les vertus religieuses constituent comme un diadème de diamants, de pierres précieuses, de perles, qui forment la couronne si belle et la riche parure des personnes consacrées au service de Dieu . . .
III. — La vie religieuse est belle par les œuvres qu'elle a créées et la multitude d'âmes qu'elle a sanctifiées et sauvées.
L'histoire de la vie érémitique, monastique, cénobitique remonte à l'origine même du christianisme. Longue et incomparablement belle, avec ses légions de saints et de saintes, qui ont vécu sous la Règle de saint Basile, ou de saint Augustin, ou de saint Benoît.
Au moyen âge, les œuvres et les monastères ont fleuri, tissant le plus bel ornement de l'Église d'Occident : avec les fondations de saint Odilon et de saint Bernard, de saint Bruno et de saint Norbert, de .^aint François et de saint Dominique, de saint Ignace et de sainte Térèse . . . Que de merveilles de grâce, de salut, de sainteté et de science surnaturelle opérées dans les âmes de choix ! L'Église bénit et honore leur mémoire ! Elle a béatifié et canonisé un grand nombre de personnes des deux sexes, qui ont rempli des parfums de leurs vertus des centaines de monastères, épars sur la surface de l'Europe et dans les missions lointaines des quatre autres parties du monde ! . . .
L'époque moderne et contemporaine a suivi ces saintes traditions : c'est partout l'efflorescence des Instituts et des Congrégations diverses, dans les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle, en
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faveur de Tenfance, de radolescence, de la jeunesse, de l'âge mûr et avancé, sous leur multiple dénominations : Refuges, orphelinats, crèches, ouvroirs, pensionnats ! . . .
Les belles âmes sauvent ainsi les âmes des familles et de la société. Quelle fécondité catholique ! . . . Quelle stérilité protestante ! . . .
Article IV. — La Beauté des Âmes sacerdotales