La nécessité de la grâce actuelle est
un principe catholique de premier ordre ... La vie surnaturelle est faite de deux éléments : Vêlement
transformateur ou grâce sanctifiante, ajouté à l'âme comme Tincandescence au fer ; Vêlement moteur ou grâce actuelle, imprimé par Dieu à l'âme et à ses facultés pour les faire agir surnaturellement.
Remarquez bien que nul acte, bon ou surnaturel, de la part de l'âme juste ou pécheresse, ne saurait se faire sans le secours de la grâce actuelle. Son impulsion est d'une nécessité ai absolue et si constante qu'elle doit inspirer toute pensée, tout désir, toute action, l'accompagner, le soutenir jusqu'au bout.
L'on comprend ainsi qu'elle est le principe du mérite, du progrès, de l'affermissement dans la vie intérieure. Elle ^aisit l'âme, du matin au soir, sans répit et partout. Tel le courant électrique qui aboutit à une lampe : il est loisible de l'allumer à volonté, en raison de la permanence d'un courant constant.
II. — La coopération de la volonté à la notion de la grâce actuelle est un autre élément nécessaire. C'est l'image du fil qui va éclairer à l'intéiieur de la lampe : fil et électricité se combinent en vue du résultat, sans que l'on puisse les isoler dans leur opération. Point de lumière, point de chaleur, si l'une ne pénètre l'autre.
Ainsi aucune action, ni aucune intention, qui soit méritoire devant Dieu, sans la coopération de l'âme à la grâce qui lui vient d'en-haut. Par malheur, la volonté est libre : elle a le pouvoir de s'y soustraire. Et l'expérience prouve que trop souvent elle abuse de sa liberté de correspondre.
Pourquoi .^ Parce que souvent, il y a des obstacles intérieurs et extérieurs. Les défauts qui paralysent la volonté ralentissent ou interceptent l'action de la grâoe : c'est tantôt l'orgueil, la vanité, l'aigreur, l'af-
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fection humaine passionnée; c'est tantôt les occasions du mal, les fréquentations dangereuses, les habitudes mauvaises.
D'autre part, l'âme est munie d'auxiliaires^ ou de ses qualités, comme la force du caractère, la générosité, l'amour de sa perfection, le zèle des âmes ; ou encore d'un milieu favorable, comme la solitude, le silence, l'entourage du bon exemple, la modestie et le recueillement des sens. — La prière mentale et orale a son rôle à part : c'est la réserve du bon Dieu. Par elle, l'âme la plu^ vicieuse elle-même peut faire face à tout, tout réparer, au moyen des grâces implorées.
Le lôle efficace e»t donc d'apporter, i,ans relâche, à la grâce divine tous ces concours : celui d'une volonté résolue, celui des habitudes vertueuses, celui des conditions favorables, celui de la prière humble, confiante, per&évérante.
m. — La grâce actuelle est la condition requise de la persévérance de l'âme jusqu'à la fin.
La liberté est l'agent des vertus humaines et aussi des vertus surnaturelles : il n'y a pas deux personnes en nous, mais deux vies, l'une temporaire et corporelle, l'autre spirituelle et immortelle. La grâce ne violente point aucune âme.
La persévérance dan.- la grâce ne saurait manquer à toute âme qui l'accueille, lui obéit, y correspond avec attention et générosité. Là est la dignité personnelle, la grandeur et la beauté morale et divine.
La persévérance est fondée également sur le rôle des vertus qui accompagnent la grâce, soit sanctifiante, soit actuelle. Ces vertus infuses, transformant les facultés de l'âme, assurent moralement la croissance de la vie surnaturelle. Celle-ci acquiert.
à la loDgue, une puissante vitalité, qui fortifie la foi en esprit ou habitude de foi, l'espérance en confiance filiale et non craintive, la charité en amour parfait de Dieu.
La persévérance est encore garantie de mille autres façons : fervente réception des sacrements, stricte observance des préceptes, adoption généreuse des conseils, attrait habituel de la présence de Dieu, de la pratique des mortifications, du perfectionnement des moindres actions ordinaires, de l'acceptation des humiliations et des peines du cœur, de la résignation et de l'abandon à Dieu, notre Père si bon et si miséricordieux.
Il est des millions d'âmes qui vivent à l'abri de la crainte et presque de la peur du jugement de Dieu. Les unes semblent avoir conservé leur innocence baptismale ; les autres, revenues à Dieu par le repentir, escomptent aisément son pardon et ses miséricordes.
Il est bien des milliers d'âmes qui vivent dans l'appréhension constante de leur persévérance finale et de leur salut éternel: innocentes ou converties, elles ont la frayeur des fins dernières et de la réprobation.
La persévérance, comme vertu morale, appelle nos efforts généreux, comme toutes les autres vertus». La pcTùévérance, don gratuit, demeure le secret de Dieu et appelle notre confiance en sa bonté envers toute âme '* qui aura fait tout ce qui est en son pouvoir ".