INFLUENCE DES MALADIES SUIS LA CONFORMATION DU CORPS
sur la forme générale du corps, nuer la douceur et nuire au teint de l’épiderme. On n’a qu’à songer aux visages défigurés par les marques de la petite vérole, qui sont heureusement bien moins nombreux aujourd’hui qu’autref’ois.
Les envies peuvent aussi être très laides et, en se plaçant au point de vue médical, on devra également considérer comme anormaux les petits signes noirs appelés grains de beauté.
Il n’y a pour ainsi dire pas de maladies qui s’attaquent exclusivement au tissu adipeux sous-cutané. Lorsque ce dernier se développe dans des proportions exagérées ou fait défaut à un degré anormal, c’est presque toujours la conséquence d’une alimentation défectueuse et d’un genre de
vie mal approprié.
L’obésité s’empare de tout le corps et lé défigure de telle façon qu’on ne peut absolument plus le comparer à la forme normale.
Outre les maladies déjà men-1 données, qui exercent une influence directe sur les os, les muscles et la peau, il existe
mais les cicatrices peuvent dimi-
Fig. a5. — Berlinoise âgée de vingt-six ans, douée d’une remarquable musculature.
encore toute une série d'affections internes qui ont une influence indirecte sur les mêmes parties et par conséquent aussi sur la forme générale du corps.
Pour les énumérer toutes il faudrait écrire un manuel de diagnostic physique. Je renvoie le lecteur qui voudrait étudier complètement la question au manuel bien connu de Vierordt1.
La plus importante et la plus répandue de ces maladies est la phtisie, qui d’après Strümpell cause 1/7 de la mortalité (i5p. 100).
L’habitus phtisique, c’est-à-dire cette conformation particulière du corps qui dénote une prédisposition à la phtisie, est décrit par Strümpell en ces termes 2 : « Voici les caractères de l’habitus phtisique : corps chétif quoique souvent d’assez haute taille, musculature faible, couche de graisse très minime, peau pâle, souvent très délicate, avec des transparences bleuâtres, quelquefois cou long et grêle, poitrine longue et étroite, mains étroites et maigres, etc.
« Le thorax se distingue généralement par sa longueur, mais il est étroit et aplati. Cette longueur du thorax a pour corollaire la largeur des espaces intercostaux et l’angle aigu du creux de l’estomac. Le sternum est également long et étroit, l’angle formé par la poignée et le corps du sternum est parfois très saillant. Les fossettes ■claviculaires supérieures et inférieures, ainsi que le creux sus-sternal, sont très profondes, les omoplates forment une saillie sur le thorax. »
La figure 26 représente une jeune femme atteinte d’un commencement de phtisie et chez qui les phénomènes dont je viens de parler apparaissent assez nettement. Je dois cette photographie à l’amabilité du docteur Roessingh, directeur de l’hôpital municipal de La Haye. Les signes extérieurs de la phtisie sont encore plus sensibles chez la Vénus de Botticelli citée plus haut. Le même type se retrouve dans la figure nue qui représente le Printemps dans la Primavera du même maître. Dans cette œuvre la beauté particulière aux phtisiques exprime à merveille le charme de la floraison printanière vouée à un prompt déclin ; mais le choix d’un
* Vierordt, Diagnostik der inneren Krankheiten , Leipzig, Vogel.
- Strümpell , Specielle Pathologie und Therapie der inneren Krankheiten, 1894,!, p. 363.
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pareil type pour une Vénus me paraît moins heureux.
Une maladie très voisine de la phtisie et dont la cause est probablement aussi un empoisonnement du corps par des bacilles tuberculeux, c’est la scrofule.
Son nom vient de scrofa , porc, parce que le gonflement des amygdales, du nez et de la lèvre supérieure donne au visage une expression qui fait songer à cet animal.
On en distingue deux formes : l’une est caractérisée par la boursouflure du visage, la grosseur du nez, l’épaisseur et la saillie des lèvres (en outre la lèvre supérieure est souvent allongée en
trompe), l’enflure des amygdales, la pâleur blafarde du teint, la pauvreté de la musculature avec un développement relativement considérable du tissu adipeux sous-cutané, ce qui donne au corps une consistance flasque, enfin la grosseur du ventre, la maigreur des membres et l’inflammation fréquente des paupières.
Fig. 26. — Hollandaise âgée de vingt ans, présentant l’habitus phtisique.
La seconde forme de la scrofule est caractérisée par une certaine
rougeur de la peau, par la maigreur des formes et une tendance marquée à la suppuration dans les glandes enflées; l’aspect général rappelle l’habitus phtisique.
Les scrofuleux de cette catégorie ainsi que les phtisiques ont presque tous des yeux d’une profondeur et d’un éclat remarquables avec de longs cils généralement bruns qui contribuent beaucoup à augmenter la beauté mélancolique du corps malade.
La scrofule se déclare surtout vers la fin de l’enfance ; de tous les phénomènes ceux qui persistent le plus longtemps sont le gonflement des amygdales et l’épaississement de la lèvre supérieure.
Une aimable artiste me montrait il y a quelque temps une jeune Psyché qu’elle avait exécutée en reproduisant fidèlement un modèle vivant. Je crus pouvoir conclure de l’épaisseur de la lèvre supérieure, que son modèle était scrofuleux, et l’artiste me confirma dans cette opinion en me disant, qu’en effet, cette personne était fréquemment enrhumée et avait souffert d’une enflure des amygdales avec inflammation des yeux. Ex ungue leonem.
Une autre constitution particulière du corps bien connue des médecins, c’est ce qu’on appelle l’habitus apoplectique et emphysémateux, celui des individus prédisposés à l'apoplexie et à l’astlnne : cou court, stature ramassée, visage bouffi et rouge, thorax en forme de tonneau.
Mais cet extérieur ne se rencontre guère qu’à un âge avancé et en outre plus fréquemment chez les hommes que chez les femmes. Nous n’avons donc pas à nous en occuper davantage ici.
De toutes les maladies citées, le rachitisme et la phtisie sont les plus importantes. Nous avons vu plus haut que, en faisant abstraction des cas bénins, non soumis à un traitement médical, 3o p. ioo au moins de la totalité des êtres humains sont atteints de rachitisme, i5 p. ioo meurent de la phtisie. Cela donne en tout 45 p.. i oo, c’est-à-dire presque la moitié de l’humanité. Il est vrai que souvent le même individu peut avoir les deux maladies à la fois, ce qui augmenterait la proportion des gens sains. Mais, en revanche, on ne tient pas compte d’une part des cas bénins de rachitisme et d’autre