‹ La beauté de la femmeChapitre 14 sur 50 · INFLUENCE DES VETEMENTS SUE LA FOIÎME DU COUPS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES VETEMENTS SUE LA FOIÎME DU COUPS

Mais que l’homme ne tente pas les dieux; que jamais, jamais il ne désire contempler ce que dans leur clémence ils enveloppent1... Meinert2 et d’autres ont soulevé le voile et démontré qu’un grand

Fig. 29. — Torse de femme sans traces de corset (Viennoise).

nombre de maladies, telles que la chlorose et la constipation, les affections des poumons et du cœur, sont provoquées par une trop forte compression de la partie inférieure de la poitrine.

1 Schiller, Le Plongeur. Traduction Régnier, I, 221.

- Centralblatt fur innere Medicin, 1896, 12 et i3. — Sammlung Klinischer Vorträge , 1895, n“s 1 1 5, i 16.

Mais, en luisant abstraction de ces troubles internes graves, nous avons encore à nous poser ici la question suivante : Atteint-on, en sacrifiant ainsi sa santé et bien des agréments de la vie, atteint-on, oui ou non, le véritable but qu’on s’était proposé, l'embellissement du corps ? Nous répondrons : en apparence, oui, en réalité, non.

La fine taille ainsi obtenue peut en imposer au vulgaire, mais l’observateur expérimenté, choqué de la disproportion entre cette taille mince et les autres parties du corps, reconnaîtra presque toujours les défauts sous les vêtements qui les dissimulent.

Sur un corps nu la déformation saute aux yeux. Sur un corps non déformé par le corset (fig. 29), les contours du thorax ont pour prolongement naturel les lignes de l’abdomen, dont la légère convexité est déterminée par la saillie des muscles, notamment à droite et à gauche de la ligne médiane, au-dessus du nombril. La partie la plus proéminente est la région du nombril, qui est particulièrement riche en tissu adipeux.

La compression par le corset a pour premier résultat un sillon transversal au-dessus du nombril, sillon qui forme une division trop nette et peu naturelle du tronc en deux parties; les parties molles de l’abdomen situées au-dessous de cette ligne sont reloulées vers le bas et en avant : le ventre devient rond et proéminent. La figure 3o nous montre cette déformation sur un corps d’ailleurs bien fait. Dans la suite, le corset étant de plus en plus serré, le ventre devient lui aussi de plus en plus saillant (fig. 3i). Comme la convexité du thorax diminue, les seins retombent toujours davantage. La forte compression des muscles du ventre, particulièrement de ceux qui vont du pubis au sternum, détruit le relief de l’abdomen et en même temps son principal soutien, si bien que le ventre devient flasque et pendant.

Un pareil corps est déformé pour toujours par la première grossesse, par le plus léger embonpoint : le ventre et les seins grossissent, deviennent toujours plus flasques et plus pendants, à la place de la taille il ne reste plus qu’un sillon transversal plissé et ridé et, seul, le corset est encore capable de donner, pendant quelque temps, l’illusion des formes qu’il a lui-même détruites.

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