‹ La beauté de la femmeChapitre 25 sur 50 · I JO · texte numérisé non relu

I JO

C’est la un défaut qui rend de bonne heure les seins de l’immense majorité des modèles inutilisables pour l’artiste.

En effet, les modèles de profession, qui appartiennent aux classes pauvres, mangent trop peu de viande, et se développent mal; à l’époque de la puberté, l’abondance du tissu adipeux détermine une certaine plénitude des formes, mais celle-ci est de fort courte durée, étant donnée la laxité de la peau.

La figure 71 montre une de ces beautés éphémères.

Les formes sont ramassées, quoique agréables ; leur rondeur n’est pas déterminée par une forte musculature, mais par l’abondance du tissu adipeux qui se développe au moment de la puberté.

Les seins sont arrondis, pleins et résistants; mais le bord antérieur de l’aisselle n'a point ce relief qui indique le fort développement du muscle pectoral.

La ligne oblique qui part du sternum, se dirige en bas et en dehors et sépare le sein droit de la gouttière sternale, prouve que le poids du sein a déjà tiré la peau vers le bas. Que ce poids augmente le moins du monde, il se formera un pli à la limite inférieure du sein, et c’est ce qui arrive, dès que la plénitude juvénile des formes disparaît par suite de fatigue ou après une grossesse. Le moment où la beauté est à son apogée est atteint, peut-être même dépassé ; de toute manière cette beauté est vouée à un prompt déclin : c'est la beauté du diable.

Cabanel, je crois, raconte une anecdote très amusante et qui en dit fort long. 11 avait engagé comme modèle une très belle jeune fille, pour une grosse somme d’argent, mais à la condition qu elle mènerait la vie la plus réglée.

Un beau jour il la trouva changée et la renvoya.

Le beau modèle s’était justement, la nuit précédente, permis une première infraction à la règle qui lui avait été imposée.

La figure 71 confirme ce que nous disions plus haut : la conformation des seins fournit un des critères les plus sûrs pour déterminer le moment où la beauté d’une femme est à son apogée.

En résumé, l'on peut dire que toute diminution de l’embonpoint

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

exerce sur les formes une influence nuisible, et que les seins sont la partie du corps où le moindre amaigrissement se reconnaît le plus tôt et le plus distinctement.

Avant le moment du plein épanouissement, la rondeur des formes s’accroît constamment ; après ce moment, survient l'amaigrissement ou une plénitude exagérée, accompagnée de tension excessive de la peau.

A l’époque du plein épanouissement, la forme des seins doit donc être telle que la moindre augmentation ou la moindre diminution de leur volume lui porte préjudice.

Dans les deux cas, la partie supérieure des seins s’aplatit, la partie inférieure s’arrondit au contraire davantage, et en même temps l’axe des mamelons se tourne en haut.

On peut conclure de toutes ces observations que le plein épanouissement aura une durée d’autant plus grande que la forme des seins sera due davantage au corps glanduleux et au tissu conjonctif, d’autant plus petite, que la forme des seins sera due au tissu adipeux.

Les seins qui restent beaux le plus longtemps sont les seins petits, plats, hauts, le thorax étant doué cl’une belle convexité et les muscles ayant un développement vigoureux.

L’âge n’a rien à voir avec la beauté des seins: j’ai connu une jeun e fille de quinze ans dont les seins étaient pendants, et une dame de soixante ans, qui, grâce aux bains froids et aux exercices physiques, avait conservé intacte, en dépit de plusieurs grossesses, la beauté parfaite de ses seins.

Le ventre. — Le ventre est limité : en haut par le bord inférieur des côtes ; en bas, par les crêtes des ilions et le pli de l’aine. Sa forme dépend essentiellement de sa paroi musculeuse et de la forme de ses limites osseuses supérieure et inférieure.

Les condititions auxquelles le bord inférieur des côtes doit satisfaire pour la beauté de la poitrine, concernent également la plastique du ventre. Le thorax, à sa limite inférieure, doit présenter une convexité régulière et former sous le sternum un angle presque

i oa

droit, afin d'offrir aux muscles de l’abdomen une large surface d’attache.

Le bassin (CL fig. 35) est caché presque tout entier à l’intérieur du corps ; seules, les crêtes iliaques et la symphyse pubienne se trouvent placées immédiatement sous la peau.

Dans un bassin de femme normalement constituée la plus grande distance entre les crêtes iliaques doit être d’au moins 28 centimètres, et entre les épines iliaques antérieures, d’au moins 26 centimètres.

Si importantes a connaître que soient ces mesures elles-mêmes, elles le sont moins, cependant, que leur différence : celle-ci doit être d’environ 3 centimètres, et en tout cas, ne doit jamais tomber audessous de 2 centimètres.

Enfin, la troisième mesure de largeur, la distance des hanches, mesurée entre les deux trochanters, doit comprendre au moins 3i centimètres, c’est-à-dire 2 ou 3 de plus que la distance des crêtes (Fig. 72).

Le rapport qui existe entre ces trois mesures est significatif pour la conformation du canal pelvien ; sa connaissance est donc extrêmement importante pour l’accoucheur.

Plus les dimensions indiquées sont grandes et plus il y a de différence entre elles, plus la convexité du bassin sera accentuée et plus sa cavité sera spacieuse.

Les mesures normales, établies d’après un grand nombre de mensurations, sont les suivantes : diamètre des épines antérieures 26 centimètres, diamètre des crêtes 29 centimètres, diamètre des hanches 3i cm, 5 (Différence : 3 et 2,0).

La largeur du bassin prouve, au point de vue scientifique, 1 aptitude de la femme à la reproduction, c’est donc le plus important des caractères sexuels secondaires.

Au point de vue artistique, elle constitue une beauté. Voila une nouvelle preuve de ce que le beau et le normal sont soumis à la même loi.

Moins les ilions sont convexes, plus les épines sont saillantes en dehors ; la distance qui les sépare arrive à être égale à la plus grande

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distance des crêtes ; il peut même se produire que la largeur au niveau des épines dépasse la largeur au niveau moyen des crêtes.

L’expérience a montré que, dans ce cas, l’amplitude du bassin est considérablement diminuée, et que ces vices de conformation du bassin relèvent le plus souvent du rachitisme.

Une moindre convexité des ilions s’accompagne nécessairement d’une moindre convexité de la paroi musculeuse de l’abdomen, qui s’attache à eux; la paroi de l’abdomen a, lorsque sa base osseuse présente une moindre surface, un plus grand poids à supporter, elle s’affaisse, le ventre est pendant.

La symphyse pubienne est située sous le pénil, de telle manière que son bord supérieur coïncide à peu près avec la limite supérieure des poils de cette région.

Dans la station droite, son point le plus antérieur est situé à peu près dans le même plan vertical que les épines (Cl. fig. zjo). A partir de ce point jusqu’aux épines, s'étend de chaque côté le ligament iléo-pubien, qui, solidement attaché aux os, forme la limite inférieure du ventre.

La paroi antérieure du ventre est composée uniquement de muscles et de peau.

Parmi ces muscles les plus importants sont les muscles droits de l’abdomen (fig. 62), qui se dirigent de la moitié interne du bord inférieur des côtes vers le pubis. Lorsqu’ils sont bien développés, on aperçoit deux sillons verticaux à leur droite et à leur gauche.

Fig. 72. — - Bassin de femme.

CC, diamètre des crêtes. — SS, diamètre des épines. — TT, Diamètre des hanches (ou des trochanters). — XX, symphyse pubienne.

L’absence de ces sillons est un indice du développement insufïisant des muscles.

Les autres muscles de l’abdomen s’étendent latéralement sur les crêtes et forment les flancs, qui se continuent en arrière par les lombes; ces muscles, eux aussi, doivent être fortement accentués, c’est d’eux que dépend la tension de la paroi antérieure de l’abdomen dans le sens transversal.

La figure 6'a montre la position des muscles qui, lorsqu’ils sont bien développés, déterminent nécessairement sur la surface de l’abdomen autant de saillies arrondies : deux plus longues au milieu et deux plus courtes sur les côtés. La forme du ventre est aussi influencée, dans une certaine mesure, par la répartition du tissu adipeux, qui chez la femme s’amasse surtout dans la région ombilicale et sur le pénil. Comme cette répartition spéciale du tissu adipeux est un caractère sexuel secondaire de la femme, elle doit, normalement, être très accusée.

Ajoutons enfin que le bas ventre (au-dessous de la région ombilicale’ doit être aplati et ramené en arrière, par l’action des muscles qui se détachent de ses limites supérieures et latérales. Nous pouvons dès lors décrire comme il suit la configuration normale du ventre :

Le ventre est légèremen t arrondi ; il est parcouru par trois sillons verticaux, dont l’un suit la ligne médiane et les deux autres, latéraux, s’écartent chacun du premier de la largeur d’une main ; ces sillons se perdent insensiblement dans la région ombilicale, dont la saillie, sans être brusque, est la plus proéminente du ventre ; ils réapparaissent au-dessous de cette saillie. Le nombril est situé dans une fossette assez profonde déterminée par l’amas du tissu adipeux. En dehors des deux sillons latéraux, la convexité des flancs s’accentue. Les transitions des sillons aux saillies doivent être douces.

Le contour du ventre vu de profil doit suivre, entre l’ombilic et le pénil, une ligne légèrement ondulée, qui fait ressortir davantage le mont de Vénus (fig. j3).

Tout ce qui s’écarte de ces règles constitue un défaut, qui peut être causé par une mauvaise alimentation, par le rachitisme, par

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une répartition anormale du tissu adipeux, par le développement insuffisant des caractères sexuels secondaires, ou enfin par l’abus du corset.

Les conséquences de ces défauts ne tardent pas à se faire sentir.

Dans le cas d’une mauvaise alimentation, c’est-à-dire, lorsque la nourriture comporte trop peu de viande, la quantité de la nourriture absorbée augmente nécessairement, les intestins se dilatent davantage, le ventre est également plus tendu, sans que les muscles deviennent plus forts ; la paroi abdominale s’amincit, devient saillante en avant, ne présente qu’un faible modelé ; c’est le ventre en pointe.

Lorsque le tissu adipeux trop abondant se répartit également sur toute la surface de l’abdomen, c’est alors le ventre de crapaud qui apparaît, uniformément rond, sans sillons ni saillies, informe. La figure 24 offre un exemple de ce cas.

Dans le cas d’étroitesse du thorax, la paroi de l’abdomen va en s’élargissant vers le bassin ; et ce sont surtout les muscles droits de l’abdomen dont l’action est entravée, en raison du peu d’espace qui leur est laissé. C’est également ce qui a lieu quand la convexité du bassin est insuffisante (comme chez nombre de rachitiques, par exemple), et que les

Fig. 7 3. — Ligne ondulée du tronc vu de profil. (Photographie de Heid, Vienne.)

épines s’avancent trop en

dehors. Le mal est naturellement plus grave encore, quand les deux vices de conformation, celui du thorax et celui du bassin, existent simultanément. Tout le poids des entrailles se porte sur la partie inférieure de la paroi musculeuse qui se trouve déjà dans de mauvaises conditions, et qui forme une saillie dont la convexité, s’accentuant toujours davantage, est tournée en bas ; c'est ce qu’on appelle le ventre pendant.

Le corset contribue, dans une large mesure, à créer ces difformités.

Chez une femme qui se serre, la convexité inférieure du thorax subit un rétrécissement, et la surface d’attache de tous les muscles diminue. Les muscles droits de l’abdomen, dont la forme du ventre dépend surtout, ne peuvent pas se contracter, parce que la pression du corset les en empêche ; leur partie supérieure est condamnée à l’inactivité, tandis que leur partie inférieure porte tout le poids des entrailles refoulées en bas. Sur les flancs également, les muscles comprimés s’atrophient, la couche adipeuse s’affaisse.

Un seul accouchement suffit : tous ces éléments, privés de la lorcc nécessaire pour résister, se transforment à jamais en un sac flasque et pendant, après que l’accouchée elle-même a enduré des soulfrances terribles, auxquelles la nature ne l’avait pas condamnée.

Dans des circonstances absolument normales, les grossesses ne laissent de traces durables que si elles sont fréquentes et se suivent à de courts intervalles. Voici au contraire les phases que traversera un corps comprimé par le corset : taille de guêpe, ventre en pointe, accouchement difficile, ventre pendant, second accouchement, ventre pendant et ridé.

La beauté du ventre décline plus rapidement encore quand on se serre fortement pendant la grossesse ; elle est préservée au contraire, si après l’accouchement, on soutient le ventre à l’aide d une ceinture solide.

Quand les parois abdominales ont une élasticité suffisante, les cicatrices causées par l’accouchement disparaissent complètement ou en grande partie.

La transition du ventre aux cuisses se fait, dans l’aine, suivant

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS 1

des lignes molles; le ventre se continue, en bas et an milieu, par le pénil. Le léger sillon transversal qui marque ici sa limite, forme également la limite supérieure des poils du pénil. C’est un caractère sexuel de l'homme que les poils poussent au delà de cette limite, et par conséquent c’est un défaut chez la femme.

Nous avons déjà dit que le public, mal informé, trompé par les traditions des arts plastiques, a une tendance à trouver laids les poils du pénil. Le médecin, habitué à les voir, les trouve naturels, et ils ne lui paraissent laids que lorsqu’ils sont trop abondants, et nuisent au caractère féminin par ce qu’ils ont de viril ou cl’animal.

Brücke 1 a déjà étudié en détail les sillons qui forment chez la femme la limite du ventre et des cuisses. Il en distingue deux formes principales : tantôt les plis de la cuisse forment un angle aigu, suivent une direction fortement ascendante et se confondent de chaque côté avec la ligne du bassin, qui descend des épines iliaques; tantôt, au contraire, ils forment un angle plus ouvert, suivent une direction moins ascendante et se terminent un peu au-dessous de l’épine iliaque, tandis que la ligne du bassin se termine dans le sillon transversal qui sépare le mont de Vénus de la région ombilicale. Le premier cas résulte de l’inclinaison plus faible du bassin, de la hauteur des ilions et du faible écart des épines; le second cas, de l’inclinaison plus forte du bassin, de la largeur des ilions et de l’écart plus considérable des épines.

Or, comme l’inclinaison et la largeur du bassin caractérisent le type féminin, nous pouvons, sans hésiter, donner la préférence à la seconde forme.

Dans ce cas, c’est-à-dire quand le bassin est plus incliné, la fente du pénil, elle aussi, est ramenée en bas et en arrière; la forme du ventre sera donc d’autant plus belle que, dans la station droite, la fente du pénil sera moins visible.

La figure 67 donne un exemple de la première forme ; le bassin 11’a pas encore atteint ici son complet développement.

La figure 7 4 montre la seconde forme parfaitement réalisée ;

1 Schönheit und Fehler der menschlichen Gestalt, p. iii ss.

d’ailleurs, tout l’ensemble du tronc est d’une beauté absolument irréprochable.

Richer 1 signale un troisième sillon transversal, situé un peu plus haut, entre le pénil et l'ombilic, et qu’il dit caractéristique du sexe féminin.

Je me range à son avis, mais je tiens cette ligne pour un produit artificiel, car je ne l’ai jamais rencontrée qu’accompagnée des autres particularités communes aux femmes qui se serrent la taille 2.

La seconde ligne transversale, située entre le nombril et le pénil, doit, comme Langer 3 le fait justement observer, n’ètre distinctement visible que sur les cotés; au milieu, elle doit prendre l'aspect d’un sillon superficiel. Elle ne s’accentue que chez les personnes très grasses.

Le nombril peut être grand ou petit, superficiel ou profond, haut ou bas.

Or, comme la largeur du nombril est un signe de la fermeture vicieuse de l’anneau ombilical, un petit nombril sera nécessairement plus beau, puisqu’il est la conséquence d'un meilleur développement, D’autre part, l’amas du tissu adipeux autour du nombril, qui est un des caractères sexuels de la femme, ayant pour effet de faire paraître le nombril plus enfoncé, un nombril profond méritera la préférence. Enfin, le nombril, très bas chez l’enfant, remonte dans les deux sexes, au fur et à mesure de la croissance; la hauteur du nombril est donc un signe de développement normal .

En ce qui concerne le nombril de la femme, nous considérerons comme des défauts qu’il soit grand, superficiel et situé bas ; comme des qualités, au contraire, qu’il soit petit, enfoncé et situé haut.

Si le bassin a l’inclinaison convenable, on n’aperçoit, sur le sujet vu de face dans la station droite, que le tiers antérieur des parties natu-

1 Anatomie artistique, p. 1 8 8 .

- Cf. Brücke, ouvr . cite, p. 87.

3 Anatomie der äusseren Formen, p. 20g.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

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relies. Dans le cas cl’un développement normal, les grandes lèvres forment deux bourrelets de consistance ferme, se dirigeant d’avant en arrière, et qui, lors même que les jambes sont légèrement écartées, s’appliquent l’un contre l’autre et recouvrent les parties sous-jacentes. Quand les jambes sont très écartées, on aperçoit les petites lèvres , d’un rouge tendre, et dont la forme est comparable à celle d’une crête de

coq.

C’est un défaut que la fente du pénil soit béante et que les petites lèvres débordent sur les grandes lèvres.

Ce défaut est fréquent, même en Europe : les petites lèvres revêtent alors une couleur brune. Mais il est surtout fréquent et bien caractérisé chez les Hottentotes; on lui donne alors le nom pittoresque de

Fig. 74- — Corps de femme montrant, avec une rare perfection, les lignes de démarcation entre le tronc et les cuisses (Autrichienne).

tablier des Hottentotes

Le dos. — Le dos, ou face postérieure du troue, s’oppose à la fois à la poitrine et au ventre. La beauté de sa conformation dépend en première ligne de la structure normale de sa base osseuse, et nous ne pouvons il ce sujet que rappeler ce qui a été dit plus haut.

La colonne vertébrale, vue par sa face postérieure, doit être absolument verticale. Des déviations, qu’il faut considérer comme autant de défauts, peuvent se produire par suite de rachitisme, d’un genre de vie nuisible, principalement par suite de surmenage pendant la jeunesse (que le sujet soit ou ne soit pas rachitique), par suite enfin d’affections tuberculeuses des vertèbres.

Vue de profil, la colonne vertébrale doit être, à la partie supérieure de sa région thoracique, légèrement convexe, légèrement concave, par contre, dans sa région lombaire; de telle manière que la région des épaules soit légèrement arrondie, que les reins soient creusés au contraire; cette dernière particularité doit être plus accentuée chez la femme, puisqu'elle constitue, avec 1 inclinaison spéciale du bassin, un caractère sexuel secondaire.

C’est un défaut que la région des épaules soit trop arrondie; on le désigne sous le nom de dos rond.

Il ne peut se produire sans que le thorax rentre fortement, que, par suite, la poitrine s’aplatisse et que les épaules soient projetées en avant. On sait 1 que cette conformation est héréditaire dans certaines races, et qu’elle est fréquente en particulier chez les Juifs.

Hoffa admet qu’une attitude aussi relâchée est due surtout au manque de volonté. Un rapide coup d’œil jeté sur la figure 26 nous montre cependant qu’un développement insuffisant des muscles peut exercer la même influence.

Ce défaut pourrait donc être corrigé par la contraction des muscles, dans le premier cas, mais non dans le second.

C’est également un défaut que la cambrure exagérée des reins (dos creux) ; il fait saillir fortement le ventre en avant et les fesses en arrière.

Cf. UofTa, Orthopädische Chirurgie , p. 221.

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Il se trouve physiologiquement motivé dans la dernière phase de la grossesse; le ventre, qui proémine considérablement, entraînerait le corps en avant, si l’équilibre ne se trouvait rétabli par la saillie du dos en arrière; le même défaut apparaît encore quand l'inclinaison du bassin est exagérée, ce qui arrive en particulier dans les cas de coxalgie.

Le dos creux résulte d’un trop laible développement des muscles dorsaux.

Nous pouvons considérer comme normale la courbure qui donne un profil pareil à celui de la figure 4».

Sur la ligne médiane du dos, on peut reconnaître par la palpation, ou même voir en partie, les sommets des apophyses épineuses; la septième vertèbre cervicale est particulièrement visible.

Les déviations latérales de la colonne vertébrale ont inévitablement pour conséquence une conformation défectueuse du thorax.

Le thorax doit présenter,

Fig. j5. — Épaule droite trop basse, par suite d'un commencement de déviation de la colonne vertébrale, chez une jeune fille âgée de vingt-trois ans, d’origine anglo-néerlandaise.

à sa face postérieure comme à sa face antérieure, une structure symétrique et une bonne convexité.

Quand la poitrine est plate et que le thorax est trop bombé à sa face postérieure, les omoplates font saillie en arrière et les épaules s’affaissent en avant.

Quand le thorax est long et étroit, comme chez les sujets prédisposés à la phtisie, les épaules s’abaissent et l’angle inférieur des omoplates est mis en relief.

Quand il ne s’est pas uniformément développé, l’une des omoplates est plus élevée, l'un des deux angles est plus écarté de la ligne médiane, le bord inférieur de l’une des omoplates est plus oblique que le bord inférieur de l’autre.

C’est donc à la position des omoplates qu’on reconnaît le plus aisément les moindres défauts de la colonne vertébrale ou du thorax.

Sur la figure on remarquera que, du côté droit, l’omoplate est plus basse, avec un bord inférieur plus saillant : c’est le symptôme d’un commencement de déviation de la colonne vertébrale du côté gauche, à laquelle correspond une augmentation de la convexité du thorax, du côté droit.

La forme du dos ne peut être belle si le bassin est étroit : en effet, le rapport des trois mesures de la largeur (diamètres des épaules, de la taille et des hanches), doit être le même à la face postérieure du tronc qu’à sa face antérieure; dès que le diamètre des hanches diminue, le caractère sexuel féminin disparaît.

Mais il faut surtout reconnaître l’importance du sacrum, beaucoup plus large chez la femme que chez l’homme, et qui contribue d’autant plus au modelé extérieur du dos, qu’il est situé direotement sous la peau; à sa droite et à sa gauche sont les épines iliaques postérieures dont l’écart indique la largeur supérieure du sacrum et doit être d’au moins dix centimètres.

Plus la courbure des crêtes iliaques est régulière, plus sera belle la convexité du dos à la région lombaire ; celle-ci doit correspondre à la convexité postérieure et inférieure des côtes, afin que les muscles qui s’y attachent puissent se contracter également.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

Tandis que les muscles profonds du dos suivent presque tous une direction parallèle à la colonne vertébrale, unissent les différentes parties du squelette, arrondissent les saillies et établissent des transitions planes entre les différentes parties, les muscles superficiels, au contraire, c’est-à-dire précisément ceux qui déterminent le modelé de la surface, se dirigent tous dans la direction de l’épaule (fig. 63).

Pour comprendre les nuances du modelé du dos, il faut posséder des connaissances anatomiques très exactes ; il nous suffira ici d’indiquer que la plupart des muscles se dirigent vers l’omoplate, et de là vers l’épaule; mais le trapèze et le muscle grand dorsal s’étendent par-dessus eux, si bien que, outre leurs mouvements propres, on voit se traduire comme voilés, à leur surface, les mouvements des muscles sous-jacents.

Comme les muscles se dirigent de la ligne médiane vers les côtés, on voit, lorsqu ils sont bien développés, se former entre les masses musculaires une gouttière médiane d’autant plus profonde que les épaules sont plus fortement ramenées en arrière. Cette gouttière s’aplanit aux reins, parce que la peau adhère ici à la charpente osseuse. La peau avec son pannicule adipeux, donne au modelé extérieur du dos son expression définitive.

Nous parlerons plus loin de la répartition du tissu adipeux aux épaules; en ce qui concerne le reste du dos, signalons ce fait important que, chez la femme, il existe une couche adipeuse sous-cutanée plus abondante, qui s’étend à partir des hanches vers le haut, en passant par-dessus les crêtes iliaques; elle s’amasse à droite, à gauche et au-dessus des reins, dans les lombes, qu’elle comble et arrondit uniformément jusqu’aux hanches. Richer a bien mis en relief cette particularité et montré dans un dessin les différences qui existent à cet égard entre les deux sexes (Cf. fig. 64). Chez l’homme la crête iliaque est constamment plus visible.

La peau adhère toujours intimement à la charpente osseuse dans les reins, mais surtout dans la région des épines postérieures, où se forment, quand la couche adipeuse est suffisamment développée, les fossettes lombaires qu’on aperçoit distinctement dans l'éclairage

latéral, et qui sont un signe de belle conformation féminine.

Chez une femme bien conformée, la distance entre les fossettes lombaires ne doit pas être inférieure à io centimètres (largeur du sacrum) ; leur forme ne doit pas être allongée, mais ronde (courbure accentuée de l’os iliaque); enfin les lignes qui les relient à l’extrémité supérieure de la rainure interfessière doivent former un angle droit (sacrum plus court que chez l’homme).

Muakidja, la jeune javanaise de la figure a le dos exactement configuré de cette ma-

nière; on peut être sûr que le corset n’a jamais exercé ici la moindre influence.

Sans doute le corset déforme moins sensiblement et surtout moins vite le dos que la poitrine ou le ventre, mais il exerce une influence funeste, dont reifet se fait lentement sentir, et qui est particulièrement nuisible au développement du muscle grand dorsal.

On en a un témoignage dans les maux de reins, dont se plaignent les femmes habituées à

Fig. 76. — Dos d’une jeune Javanaise, remarquable par la correction du modelé.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

porter le corset, quand elles sont momentanément obligées de s’en passer.

On reconnaît extérieurement l’influence du corset au développe-

Fig. 77. - — Dos d'une Parisienne, aplati par l’usage d’un corset trop serré.

ment plus faible des flancs et à l’aplanissement du sillon médian du dos; plus tard, le dos tout entier devient plat, le relief des muscles s'efface complètement, les omoplates s’écartent et les reins se creusent .

Fig. 78. — Dos d’une jeune lille de Scheveningen. Configuration normale des fossettes lombaires.

La peau n’adhère pas seulement aux reins, mais encore, sur toute la longueur de la colonne vertébrale, aux apophyses épineuses, de sorte qu’ici encore il peut exceptionnellement se former des fossettes plus profondes.

Plus cette adhérence de la peau est égale sur tous les points, plus le sillon médian du dos se dessine nettement ; celui-ci dépend donc d’abord de l’adhérence régulière de la peau, puis du développement puissant des muscles, enfin de la convexité normale du thorax.

La fi sur e 78 montre un dos très beau d’une manière générale ; le sillon médian est rebien

marquablement

dessiné, les fossettes lombaires sont belles et nettement appa-

La figure 77 montre le premier stade de ces transformations ; la rondeur des formes n’a pas encore subi d’atteinte

rentes.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

Dans la figure 81, qui montre de profil la personne que la figure 74 représente de face, le sillon médian du dos est très nettement dessiné.

Constatons enfin, à cette occasion, que la beauté du dos est inséparable de celle de la poitrine et du ventre, puisqu’elle est, en somme, soumise aux mêmes conditions.

Parties qui relient le tronc a la tète et aux membres

Contrairement à l’usage habituel, j’ai fait passer au premier plan de mon exposé la description de la tète et du tronc; j’arrive maintenant au cou, que j’étudierai uniquement comme le trait d’union qui relie ces deux parties.

Si je n’ai pu, par cette méthode, éviter ici et dans le chapitre des épaules, de tomber dans quelques répétitions, je crois du moins être parvenu ainsi à plus de clarté.

Comment, d’ailleurs, isoler complètement les diverses parties, puisque, nous l’avons vu, on ne peut guère leur assigner de limites tout à fait précises ?

Le cou. — - On entend par le cou la partie du corps qui relie le tronc à la tête ; mais souvent aussi on réserve ce 110m à la face antérieure de cette partie, tandis que la face postérieure s’appelle la nuque.

Il règne ici encore une grande confusion dans les idées ; au point de vue anatomique, la nomenclature la plus commode, c’est de désigner la partie tout entière par le cou; sa moitié postérieure, qui va jusqu’à l’omoplate, par la nuque; enfin sa moitié antérieure, que bornent les clavicules, par la gorge.

L’usage courant don'ne aux deux derniers termes une acception beaucoup plus large; la gorge s’étend même parfois jusqu’au nombril, au dire des contempteurs de certaines modes féminines.

La charpente osseuse du cou est constituée par la région cervicale de la colonne vertébrale, qui a, à quelques millimètres près, la même

longueur chez tous les individus. Elle se termine par un arc légèrement convexe en avant.

Sa limite supérieure est, en avant, le maxillaire inférieur, en arrière, la base du crâne, sa limite inférieure est formée en avant par les clavicules et la fourchette sternale, en arrière, par la première vertèbre thoracique avec la première côte, qui s’y attache, et l'omoplate. Comme on pourra facilement s’en rendre compte en comparant les figures 35 et 3y, les limites postérieures sont plus hautes que les limites antérieures, de sorte que, dans l’ensemble, le cou est borné, en haut et en bas, par deux plans obliques ascendants d’avant en arrière.

La longueur de la région cervicale delà colonne vertébrale étant constante chez tous les individus, la longueur apparente du cou dépend de la position des parties qui forment ses limites supérieure et inférieure.

Il paraît court, si le maxillaire inférieur se porte obliquement en bas, ou si les clavicules, le thorax et les épaules, remontent en avant et sur les côtés.

On comprendra clairement la chose en regardant la figure yg.

En ce qui concerne la limite supérieure, nous savons que le maxillaire inférieur doit être chez la femme petit et court; ce caractère sexuel exerce une influence prépondérante sur la conformation du cou, comme nous allons bientôt le voir.

La limite inférieure dépend en première ligne delà conformation du thorax.

Comparé à celui de l’homme, le thorax de la femme est long et étroit; chez elle, par conséquent, le cou se détache moins énergiquement de la poitrine. Mais si, comme c’est le cas pour les phtisiques, les côtes sont, à la face antérieure, obliques et très écartées les unes des autres, non seulement la poitrine sera plus plate, mais encore la limite supérieure du thorax tombera plus bas, et avec elle les extrémités internes des clavicules. En même temps les épaules s’abaisseront et le cou paraîtra long et mince, ce qui est caractéristique de la phtisie et n’est donc pas normal.

Il faut d’ailleurs remarquer que la clavicule de la femme se dis-

DESCIt I PTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

lingue de celle de l’homme, en ce qu’elle est plus fine, plus droite, moins saillante, et en ce que, si le thorax est bien conformé, et qu’elle y adhère étroitement, elle s’abaisse un peu vers l’épaule.

Le défaut de conformation qui fait paraître le cou plus long est donc reconnaissable aux caractères suivants : par suite de l’étroitesse et de l aplatissement du thorax, la courbure des clavicules s’accentue, ce qui les fait saillir davantage, et leurs extrémités internes, au creux sussternal, tombent plus bas.

L’ossification prématurée causée par le rachitisme donne naissance à un thorax lourd, large, quoique plat le plus souvent, écrasé même, et à des clavicules épaisses et incurvées.

Les côtes épaissies et irrégulièrement courbées constituent avec les clavicules fortement saillantes, un ensemble épais et lourd, situé sans doute à la hauteur normale, mais qui fait, par son accroissement de volume paraître le cou plus court et plus gros. En même temps d’ailleurs, la même raison fait saillir davantage les os de l’épaule, ce qui raccourcit encore le cou.

Ce qui précède nous montre que la forme du cou, en ce qui concerne le squelette, dépend uniquement des conditions suivantes : le maxillaire inférieur doit être petit, les clavicules doivent être minces et droites, la poitrine doit être uniformément bombée.

Fig. 79- — Cou et épaule de la femme, vus de profil .

I, II, III, IV, ir0 à 4° côte. — K, sternocléido-mastoïdien. — M, trapèze. — D, deltoïde.

Le cou est long dans les figures 46 et 56, court clans la figure 67.

Nous considérons donc comme des défauts, le fort développement du maxillaire inférieur en hauteur et en largeur; la forte courbure, l’épaisseur et la proéminence des clavicules, l’étroitesse et le manque de convexité, ou la lourdeur et la largeur exagérée du thorax.

Parmi les muscles, ce sont surtout le muscle sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze qui influent sur la forme du cou. On voit nettement la direction qu’ils suivent, sur les figures 79, 62 et 63.

Les muscles sterno-cléido-mastoïdiens s’élèvent des deux côtés à partir de la fourchette sternale et de la moitié interne des clavicules et vont s’attacher derrière l'oreille. La partie antérieure du cou est remplie par le larynx, la trachée-artère, l’œsophage et les petits muscles qui les enveloppent. Les muscles trapèzes s’étendent de chaque côté en forme d’éventail, depuis l’extrémité externe de la clavicule et le bord supérieur de l’omoplate jusqu’il la colonne vertébrale et l’occiput. Ce sont eux qui donnent sa convexité au contour de la nuque. Entre les deux muscles, comme on peut le voir sur la figure 79, la partie moyenne delà clavicule reste libre, et c’est là que se forment, quand la couche adipeuse est insuffisamment développée, les fossettes si redoutées qu’on appelle les salières.

Les autres muscles du cou n’exercent aucune influence sur son modelé extérieur. Dans le cas d’un développement normal, les deux muscles nommés doivent apparaître distinctement dans tous les mouvements de la tète ; cependant, lorsque la tète est droite et regarde en avant, ils doivent s’effacer tout entiers, sauf l’attache antérieure du sterno-cléido-mastoïdien, dans la rondeur uniforme du cou. Le creux sus-sternal doit être bien visible (Cf fig. 29). Son absence est le signe d’un gonflement de la glande thyroïde, par conséquent d’une disposition au goitre ; cette conformation est donc laide.

La peau, mince à la partie antérieure du cou, est, à la nuque, un peu plus épaisse et plus étroitement adhérente aux autres parties molles. La couche adipeuse sous-cutanée arrondit la forme du cou. Elle entoure, à la face antérieure, les organes situés entre les deux sterno-cléido-mastoïdiens, parmi lesquels le plus important est le

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

larvnx. Chez l’homme, celui-ci forme une saillie, la pomme d’Adam ; l’absence de cette saillie est caractéristique pour la femme, nous la considérerons donc comme une qualité.

Nous avons indiqué, en parlant de la tête, que le tissu adipeux s’amasse particulièrement aux joues. Quand le maxillaire inférieur est étroit, le tissu adipeux se continue jusqu’au cou en une couche ininterrompue : nous considérerons donc comme des qualités l’effacement de l’angle de la mâchoire et la transition délicate des joues à la surface antérieure du cou, puisque ces caractères sont, anatomiquement parlant, conformes au type féminin.

Toujours pour la même raison, le profil doit suivre, du menton au cou, une ligne molle, et former un angle extrêmement ouvert, puisque le contraire n’est possible que si la mâchoire est fortement développée, comme chez l’homme.

Nous avons déjà dit que les lossettes claviculaires doivent être garnies de tissu adipeux.

Quand toutes ces conditions sont satisfaites, la partie antérieure du cou présente, à partir des jones, une surface régulièrement arrondie, qui s’élargit progressivement en allant vers le bas, franchit les clavicules et se continue sans interruption par la surface bombée de la poitrine.

Sur le larynx, s’étendent un ou plusieurs sillons horizontaux, qu’on appelle le collier de Vénus ; ils prouvent l’élasticité et la tonicité de la peau et l’abondance suffisante du tissu adipeux ; on les rencontre toujours chez les enfants et les individus jeunes et bien portants. Ils représentent donc aussi une qualité de la beauté féminine.

11 ne faut pas confondre ces lignes, qui ne sont que légèrement dessinées et qui s'étendent sur la gorge, avec les plis transversaux qui se forment sous le double menton chez les personnes trop grasses.

La ligne de la nuque est, nous l’avons vu, déterminée par la convexité supérieure du muscle trapèze, qui s’étale uniformément sur la région postérieure des épaules et sur le dos, et ménage ainsi des transitions insensibles entre la nuque, les épaules et le dos. Le

développement exagéré de ce muscle est un défaut chez la femme, car la nuque présente alors ce relief excessif qu’on voit en particulier chez les lutteurs (cou de taureau). Si le muscle, la peau et la charpente osseuse ont eu un développement uniforme, la nuque descend des deux côtés vers les omoplates suivant une ligne régulièrement convexe, tandis que, sur le milieu, elle s’aplanit audessous de la septième vertèbre cervicale, pour former le sillon médian du dos.

On a voulu considérer la minceur du cou comme l'apanage des vierges, et l’on a prétendu qu’il commençait à grossir sitôt après la première expérience du plaisir sexuel. Je n’ai jamais pu me convaincre personnellement de la vérité de cette assertion.

Brücke 1 réfute cette opinion, que le diamètre du cou et celui du mollet doivent être égaux; il a prouvé, au contraire, à l’aide de mensurations, que, dans le cas d’un développement normal, le mollet est toujours plus gros que le cou.

Les épaules. - — Le tronc est relié aux membres supérieurs par les épaules. Leur forme dépend tout d’abord de la charpente osseuse, dont nous avons déjà parlé en détail.

Normalement, le thorax doit être uniformément bombé, la clavicule, droite et allongée, doit s’appliquer exactement contre la poitrine, et l’omoplate contre la face postérieure du thorax.

Les muscles qui vont de l’omoplate au bras sont tous recouverts par le deltoïde (cf. fig. 79), qui forme presque à lui seul tout le modelé de l’épaule d'un sujet bien conformé. Il s’attache au tiers externe du bord antérieur de la clavicule et à la crête de l’omoplate, et fait donc suite au trapèze par delà cette limite osseuse.

Les figures 62, 63 et jq permettent de reconnaître sa position et son influence sur la forme de l’épaule ; il apparaît très distinctement sur les figures 2 5 et 90.

Il a surtout pour action d’élever le bras et de le maintenir en l’air. Il a, en avant, pour voisin immédiat, le muscle grand pectoral, qui s’attache, comme lui, à l’humérus.

1 Ouvr. eile , p. iG.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

Du développement du deltoïde dépend la rondeur vigoureuse de l’épaule, qui se distingue, par la saillie plus forte qu’elle fait sur le reste du bras, d’un autre genre de rondeur, causé par l’amas du tissu adipeux; l’amas du tissu adipeux indique l’approche de l’âge, et devient donc un défaut dès qu'il efface les saillies des muscles sous-jacents.

La beauté du modèle extérieur de l'épaule s’accroît et se conserve quand on exerce les muscles. Brücke1 signale que les Albanaises, habituées à porter leurs fardeaux sur la tète et à tenir leurs bras élevés pour les soutenir, ont les épaules particulièrement belles.

De la bonne conformation de ces muscles (qui a d’ailleurs pour conséquence nécessaire, dans les cas normaux, une conformation également bonne des autres muscles), dépend une particularité de l’épaule féminine, qui est plus ou moins apparente, même à l’état de repos : ce sont une ou même deux lossettes peu profondes, situées à la limite du trapèze et du deltoïde, à l’endroit où la peau adhère plus intimement à la crête de l’omoplate.

Quand le bras est élevé et que le deltoïde devient, par suite, plus gros et plus court, ces fossettes deviennent, à leur tour, plus profondes, et forment un sillon semi-circulaire autour du point d’attache postérieur et supérieur du muscle. (Cf. fig. 65, bras droit. )

Cette particularité est l’indice d’un bon développement musculaire, et, par conséquent, doit être considérée connue une qualité.

La position des épaules est très variable. Chez le même individu, chaque mouvement respiratoire élève et abaisse les épaules, en même temps que le thorax. Chaque mouvement du bras modifie le contour et la position de l’épaule (cf. fig. 62, 63).

Nous devons donc, pour juger la conformation de l’épaule, placer le sujet dans la station droite, symétrique, les bras abaissés ; nous tirerons des mouvements, surtout avec l’éclairage latéral, de précieuses indications sur le développement des muscles.

L’aisselle n’est visible que dans l’élévation des bras. Elle est

Oui’r. cité.

bornée, comme nous l’avons vu, en avant, par le bord inférieur du grand pectoral, en arrière, par le bord externe du grand dorsal. Sa cavité est tapissée d’une couche de tissu adipeux, particulièrement abondante entre le muscle pectoral et le thorax. Sa configuration normale dépendra du bon développement des muscles qui la forment, et de la bonne convexité du thorax.

Conformément à ce qu’exige la mobilité du bras, la peau a beaucoup de jeu dans l’aisselle, tandis qu elle adhère un peu plus intimement aux muscles de l’épaule.

Ce que nous avons dit au sujet des poils des autres parties du corps, est également vrai des poils de l’aisselle. Un léger duvet est l’indice de la puberté, et il est beau, par conséquent ; des poils touffus sont laids chez la femme, parce qu’ils rappellent l’homme ou l’animal.

Les hanches et les fesses. — La charpente osseuse des hanches et des fesses est formée par les ilions, séparés, sur la ligne médiane, par le sacrum, qui s’intercale entre eux deux comme un coin.

Il faut considérer comme caractéristiques du type féminin, les ilions larges, bas et à courbure très accentuée ; le sacrum court, et particulièrement large à sa partie supérieure ; enfin le bassin plus incliné, qui détermine une plus forte cambrure des reins.

Telles sont les conditions que doit remplir un bassin bien conformé; en outre, il doit être symétrique et ne pas porter de marques de rachitisme.

Seul, le bord supérieur de l’ilion , ou crête iliaque, doit être saillant ; c’est à son épine antérieure qu’il doit être le plus facile à reconnaître par la palpation ; il doit former un arc à courbure régulière, ayant son point culminant sur les flancs; son extrémité postérieure est reconnaissable h la fossette que nous avons déjà signalée sur l’épine postérieure.

Nous avons indiqué les mesures dont on se sert pour juger les proportions de cette région.

Les muscles antérieurs de la hanche s’attachent, dans la partie

intérieure du bassin, au fémur, de sorte qu’ils forment, avec les muscles de la cuisse, une masse charnue nettement séparée du ventre par le ligament iléo-pubien.

Dans la flexion de la cuisse, cette ligne de démarcation s’accuse encore davantage.

Le modelé de la partie postérieure de la hanche est surtout formé par les grands fessiers (cf.

fig. 63), qui s’étendent, en une masse charnue volumineuse, depuis la partie postérieure de la crête et le bord externe du sacrum, jusqu’à la face postérieure et externe du fémur. L’attache supérieure de ce muscle fait apparaître plus distinctement le bord du triangle lombaire qui va de la fossette lombaire à l’extrémité supérieure de la rainure interfessière, et forme, en ce point, un angle droit avec le bord

Fig. 80. — Plis de la peau sur la hanche oppose. (droite) dans l’inclinaison du bassin.

A l’intérieur de ce triangle, la peau adhère plus intimement aux parties sous-jacentes, de sorte qu’il ne peut s’y développer qu’une faible couche adipeuse.

Le développement de la couche adipeuse est précisément, ici, d’une grande importance, pour donner aux formes de la femme la rondeur qui les caractérise.

tage

Dans la vue cle face, déjà, la conformation des hanches spéciale à la femme est distinctement caractérisée. Quand le bassin est légèrement incliné de l’autre côté (position hanchée), la ligne de la cuisse se continue en haut, bien au delà du nombril.

Si la couche adipeuse est d’abondance moyenne, et que la peau n’ait pas tout à fait assez d’élasticité, il se forme, à la taille, un ou deux plis transversaux, dès que la base du thorax exerce une légère pression, comme c’est le cas dans la position hanchée (fîg. 80).

Au contraire de ce que l’on constate chez l’homme, la couche adipeuse, plus épaisse, de la femme s’étend de chaque côté, sur les crêtes plus larges et plus plates, et s’élève, sans subir d’interruption, vers la région lombaire (cf. fig. 64) ; cela fait paraître les hanches encore plus larges et plus hautes et accuse davanle caractère sexuel de la femme.

— Protil perdu de la ligure 74.

Beauté des hanches.

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Chez une femme bien conformée, la hanche, vue de profil, doit donc présenter jusqu’à la taille une surface uniformément arrondie ; autour du fémur, au contraire, là où la peau est plus adhérente aux parties sous-jacentes, elle présente un méplat semicirculaire. On trouve cette configuration de la cuisse même chez les sujets maigres (fig. 82).

La transition de la cuisse à la hanche est particulièrement belle sur la .figure 81 .

Au-dessous des muscles grands fessiers, la peau, attachée aux ischions par un tissu conjonctif très résistant, détermine deux liomes

semi-circulaires, dont la réunion constitue la rainure interfessière , et fo rme deux sortes, de poches où sont enfermés les muscles fessiers.

Comme on peut le voir sur la figure 64, les muscles ne remplissent

Fig. 82. — • Rondeur des hanches.

(Autrichienne.)

cependant pas tout l’espace, qui est comblé par une couche adipeuse

très abondante et très ferme. Les muscles et cette couche adipeuse

constituent la saillie arrondie des fesses. Conformément à la structure et h la position du bassin, celles-ci sont, chez la femme normalement conformée, plus larges, plus basses, plus arrondies, et plus saillantes que chez l’homme.

La beauté de leur conformation dépend, à part la bonne structure du bassin, du bon développement des muscles, de la fermeté de la couche adipeuse et de l’élasticité de la peau.

Plus la tonicité de la peau est grande, plus le pli fessier sera tendu, et plus la saillie des fesses sera ferme. Comme, d’autre part, quand la peau est élastique, elle adhère, autour du fémur, plus intimement aux parties sous-jacentes, la couche adipeuse s’étendra dans ce cas davantage vers la

Fig. 83. — Fillette de douze ans. Les formes ligne médiane, et la rai-

féminines commencent à se développer. ■ ,• • .

nure interiessiere sera

plus fermée et plus profonde. Les plis lessiers sont modifiés par

l’attitude. Plus on élève la jambe latéralement, ou plus le bassin

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

s’incline sur le côté, plus le pli fessier moins il se prolonge en dehors.

Cette modification est plus sensible encore dans la flexion de la cuisse en avant (Cf. fig. 77).

Le pli en question est, sur le corps de la jeune fille que représente la figure 83, nettement accusé du côté droit, tandis que du côté gauche, où la jambe est fléchie, il est moins apparent et se trouve plus bas. Quand la flexion de la jambe est plus forte, ce pli s'efface complètement.

L’extrémité externe du pli fessier se perd sensiblement dans la cuisse.

Sous ce pli il s’en trouve souvent un second, un peu moins profond, que l’on peut considérer comme une qualité puisqu’il n’existe que chez les femmes, et seulement chez celles dont la peau est élastique et la couche adipeuse ferme.

Dans la vue de dos, ce pli est facile à reconnaître avec un bon éclairage (fig. 77) ; il donne au profil de cette région son contour spécifiquement féminin : il ménage entre la fesse et la cuisse une transition plus douce, qui se fait par 1111e ligne brisée, tandis que cette transition est beaucoup plus accentuée chez l’homme dont les fesses ont pourtant un moindre volume.

La jeune fille de Samoa représentée à la figure 84 a le dos et les

suit une direction oblique et

Fig. 84. — Jeune fille de Samoa.

Vue de dos. (Album de Godefroy.

fesses très bien conformés.

l'ig. 85. — Premiers indices du déclin de la beauté.

Malgré le faible développement du pannicule adipeux, les formes ont bien ici la rondeur gracieuse qui convient à la femme, grâce à l’élasticité juvénile de la peau. De même les fossettes des reins sont bien dessinées et les angles du quadrilatère lombaire sont évidemment droits (Cf. fig. 76 et 78).

Il faut considérer comme vicieuse toute conformation qui s’écarte de celle que nous avons indiquée. Le développement insuffisant du pannicule adipeux a pour conséquence que les fesses sont trop écartées et trop plates ; son développement excessif, qu’elles sont trop saillantes et n’ont pas un contour bien net; l’obliquité exagérée du pli fessier indique l’étroitesse du bassin et la longueur excessive du sacrum.

Insistons encore sur ce fait que le développement exagéré de la couche adi-

peuse va toujours de pair avec une élasticité insuffisante de la peau, de sorte que les formes trop pleines

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sont pendantes et flasques. Cet amas local du tissu adipeux se produit en particulier chez les femmes qui se serrent, car le tissu adipeux de la région lombaire est refoulé en bas par le corset.

Richer 1 signale que l'accumulation anormale de la graisse aux hanches et aux cuisses est assez fréquente chez les femmes européennes. Il me semble, comme je l’ai déjà dit, que l’abus du corset est une des causes principales de cette anomalie.

Quand, après un certain embonpoint, survient un amaigrissement, la disparition de la couche adipeuse détermine dans l’angle interne de la fesse la formation de légers plis transversaux.

La figure 85 présente à la fesse gauche ce défaut, peu marqué d’ailleurs. On reconnaît, sur la même figure, un commencement d’amaigrissement, aux omoplates quelque peu saillantes et aux seins un peu plus arrondis à leur partie inférieure et légèrement pendants.

Ces signes révèlent, comme la chute des premières feuilles mortes, l’approche de l’automne.

Ils apparaissent de bonne heure chez les modèles de profession dont la vie n’est jamais bien longue ; la femme représentée à la figure 85 appartient à cette classe.

Quand l’amaigrissement augmente, les faisceaux émaciés des muscles fessiers se dessinent sous la peau, la rainure est béante et ce qui reste de tissu adipeux pend dans deux sacs flasques formés par la peau.

Richer, dans sa figure la paralysie agitante, a très bien rendu ce caractère de la décrépitude sénile ainsi que tous les autres.

c.) LE MEMBRE SUPÉRIEUR

En ce qui concerne le rapport du membre supérieur au reste du corps, nous savons déjà que, normalement, le poignet doit tomber approximativement à la hauteur des parties génitales et le coude au niveau de la taille, quand le bras est pendant.

1 Anatomie artistique, p. 86.

En outre, la distance qui sépare l’articulation de l’épaule de l'articulation du coude doit être égale à celle qui la sépare du mamelon du côté opposé; la distance de l’articulation du coude au poignet doit être égale à celle du mamelon au nombril.

La longueur de la main (d’après Langer) correspond à la distance du nombril à l’articulation de la hanche et, en outre, représente un neuvième de la hauteur totale.

Si nous voulions, à la suite de Richer, Langer et Brücke, entrer dans le détail de la question, il faudrait supposer chez nos lecteurs des connaissances anatomiques très étendues, auxquelles devrait s’ajouter une connaissance non moins exacte des symptômes pathologiques.

Nous nous contenterons donc de passer en revue les défauts les plus graves, les plus fréquents et les plus apparents.

La forme des membres dépend, comme celle des autres parties, en première ligne de la conformation du squelette.

Le squelette se compose, au bras comme à la cuisse, d'un os long, à l’avant-bras comme à la jambe, de deux os longs.

La déformation de tous ces os longs a le plus souvent son origine dans le rachitisme, èt, dans ce cas, présente toujours le même aspect caractéristique.

Le rachitisme consiste essentiellement, comme nous l’avons dit, en une faiblesse anormale des os, à laquelle succède brusquement l’accumulation en quantité anormale de tissu osseux dur.

On distingue dans les os longs le corps, long et mince (diaphyse) et les extrémités articulaires plus épaisses (épiphyses). L’influence du rachitisme se manifeste sur les os longs de la manière suivante : le corps de l’os ne subit qu’un raccourcissement et un épaisissement peu considérables accompagnés d’ailleurs d’une incurvation plus ou moins prononcée ; aux extrémités articulaires il se produit un gonflement bien plus accentué, ce qui détermine plus ou moins aussi la déviation des surfaces articulaires et par suite influe sur la position relative des deux segments du membre.

Nous ne pouvons pas apercevoir à l’épaule le gonflement de la tète de l’humérus, à cause des muscles qui la recouvrent ;

nous

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pouvons déjà mieux nous rendre compte d’une incurvation du corps de l’os, mais nous' apercevons surtout très bien, au coude, le gonflement de l’extrémité inférieure, surtout à sa face interne.

L’épaississement de l’extrémité articulaire interne, déjà naturellement plus épaisse, a pour effet cpie la surface articulaire est plus fortement inclinée de dedans en dehors. Par suite, dans la supination (Cf. fig. 87), l’axe du bras et celui de l’avantbras, au lieu d’être dans le prolongement l’un de l’autre, forment un angle très obtus ouvert en dehors.

Nous devons donc noter comme des défauts causés par le rachitisme de l’humérus :

l’épaisissement de l’articulation du coude, surtout en largeur et à la face interne ; puis l’angle du bras et de l’avantbras (Cf. fig. 23, bras droit).

Si nous plaçons la main sur l’épaule opposée, nous sentons le long de l’avant-bras une ligne osseuse droite, cpii s’étend du coude à la main, du côté du petit doigt: c’est le bord externe du cubitus. Le rachitisme se manifeste également dans cet os par l’épaississement des articulations.

Fig. 86. — Coude pointu. (Photographie du D1' G. Klein.)

Son extrémité supérieure se termine par un bouton arrondi (olécrane), qui, dans l’extension du bras, pénètre dans l’humérus. 11 se forme normalement une lossette en ce point, où la peau est adhérente à Los ; mais il se forme, au contraire, un ou plusieurs plis quand l’olécrâne est épaissi.

L’extrémité inférieure clu cubitus du côté du petit doigt de la main, s’appelle l’apophyse styloïde, dont l’épaississement sphérique a déjà été signalé cemme un symptôme du rachitisme (Cf. fig. 23).

Le deuxième os de l’avant-bras, ou radius, est recouvert par les muscles à sa partie supérieure ; au poignet, sa large extrémité inférieure s’applique contre l’extrémité inférieure du cubitus et donne au poignet, dans le cas d’épaississement rachitique, une forme lourde et inélégante.

Nous noterons donc, à l’avant-bras, comme des défauts causés parle rachitisme : l’épaississement du poignet et la proéminence arrondie de l’apophyse styloïde; l’épaississement de l’olécrane et la formation de plis de la peau, à la face postérieure du coude, dans l’extension du bras ; la saillie pointue de l’olécràne, dans la flexion du bras.

Le coude pointu (fig. 86, bras gauche) peut résulter d’un épaississement de l’olécrâne dû à une autre cause que le rachitisme, par exemple à un travail musculaire excessif pendant l’enfance ; mais on ne peut, pas plus ici que dans les autres cas du même genre, définir d’une manière très sûre dans quelle mesure c’est la jeunesse, dans quelle mesure c’est le rachitisme qui cause cette faiblesse des os. L’explication la plus simple est sans doute celle-ci, à laquelle Vierordt aussi se rattache : les cas de rachitisme bénin sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le croit d’ordinaire.

Fi

- L’axe du bras en pronation et en supination.

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Pour déterminer si la position relative du bras et de l’avant-bras est normale, on laisse pendre le membre supérieur et on tourne en avant la paume de la main (supination). Dans ce cas, ce prolonge-

Fig. 88. — Bras rond (Munichoise).

ment de la droite qui joint les milieux de l’articulation de l’épaule et de l’articulation du coude, doit passer entre le quatrième et le cinquième doigt (fig. 87, supination).

Brücke, Richer, etc., admettent que, surtout chez l’homme, cette ligne ne touche point le poignet, de sorte qu’ils considèrent

comme normal l’angle ouvert en dehors que forme le bras avec l’avant-bras dans la supination. 11 semble en eilet que chez l’homme, par suite de l'action plus considérable des muscles, ce soit le cas le plus ordinaire. Mais j’ai pu me convaincre que la configuration du membre supérieur que Merkel considère comme normale, se rencontre très fréquemment chez des femmes bien conformées.

Si, dans la même attitude, on tourne en avant le dos de la main (pronation), le cubitus et le radius subissent un mouvement de rotation qui les croise l’un sur l’autre; observons accessoirement que l’extrémité inférieure du radius est alors plus saillante en dedans que celle du cubitus en dehors. Dans cette position, le prolongement de la droite en question passe par le petit doigt (fig. 87, pronation) .

Quand l'olécrane est trop faiblement développé, l’avant-bras se porte, dans l’extension du membre, trop en arrière ; c’est la également un défaut très fréquent (Brücke),

Après les os, ce sont les muscles qui déterminent le modelé extérieur du membre supérieur. Au bras, c’est surtout le deltoïde, qui s’insinue latéralement entre les muscles fléchisseurs de la face antérieure et les muscles extenseurs de la face postérieure.

Les muscles de l’avant-bras forment un corps charnu conique, dont la partie la pins large est située immédiatement au-dessous du coude et qui se termine vers le poignet par de minces tendons.

Quand les muscles sont bien développés on doit par conséquent pouvoir distinguer à 1 épaule une convexité latérale, régulièrement arrondie, au bras, une convexité antérieure et une convexité postérieure ; enfin la forme de l’avant-bras doit être à peu près celle d’un cône tronqué à petite base inférieure.

C’est un défaut chez la femme que les muscles aient un relief exagéré, car cela donne aux formes du bras un caractère viril; mais le trop faible développement des muscles du bras est aussi un défaut, malheureusement très fréquent, en tant qu il indique un développement disharmonieux du corps (Cf. fig. 82).

La peau du membre supérieur est, surtout au bras, plus mince

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Fig. 89. — Bonne conformation du bras et de l’épaule (Souabe).

chez la femme que chez l’homme; la couche adipeuse est plus abondante, de sorte que la forme est plus arrondie.

Mais comme l’accumulation de la graisse, surtout au bras et à

l’épaule, indique l’approche de l’âge, un bras rond n’est beau que si les saillies des muscles sont visibles sous la peau.

Au coude et un peu au-dessous, la peau adhère plus intimement aux os sous-jacents : il se forme donc à l’avant-bras une légère dépression et au coude une fossette qui devient plus profonde dans l’extension du membre. Le bras gauche delà figure 88 présente un beau modelé.

La figure 89 montre un exemple de configuration parfaite du bras; malgré la vigueur des muscles, les formes gardent un contour gracieux et bien féminin.

Une petite main passe pour belle. En nous plaçant au point de vue anatomique, nous 11e pouvons exiger qu’une chose, c’est que la longueur de la main corresponde au neuvième de la hauteur totale. La main sera donc chez la femme plus petite que chez l’homme.

Nous considérerons comme des défauts les mains larges et épaisses, les doigts gros, courts et crochus, les doigts noueux, les poignets saillants.

Tous ces défauts peuvent se ramener h des déformations rachititiques, et je serais volontiers disposé, dans l’immense majorité des cas, à les considérer comme tels.

Plus les extrémités sont larges, plus les ongles eux aussi seront larges, courts et plats.

Les muscles de la main n’ont guère de relief; mais une certaine rondeur des formes de la main, due à la présence plus abondante de tissu adipeux, constitue un des caractères sexuels secondaires de la femme les plus connus; lorsque la peau est suffisamment élastique il se forme en outre des fossettes sur les articulations.

On pourra donc considérer comme des qualités : l’étroitesse et la forme légèrement arrondie de la main, et les fossettes sur les surfaces articulaires; des doigts longs et effilés, des ongles bombés et plus longs que larges.

La jeune Viennoise de la figure 90 montre des bras vigoureux, et pourtant d’une rondeur féminine. On distingue sur les articulations des doigts de la main gauche de très jolies fossettes; la jonction du bras et de l’épaule est absolument parfaite.

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La question de savoir si l’index doit être plus long que l’annulaire a été l’objet de vives discussions parmi les savants. Comme ■chez le singe le second doigt est toujours plus ■court que le quatrième, on peut admettre que la longueur du second

doigt est le signe d’une évolution plus avancée.

Casanova, Mantegazza, etc., se prévalent fort <les découvertes qu’ils ont faites à ce sujet et considèrent la longueur plus grande du second doigt comme une qualité rare.

Mantegazza, dans sa Physiologie de la Femme 1, adopte le même point de vue.

Il semble ignorer que,

■selon la démonstration faite par Braune 2 dès 1874 et étayée par de nombreuses mensurations, le raccourcissement du second doigt est dû à ce que sa base d’articulation sur le métacarpe est oblique, et que chez 70 p. 100 des sujets mensurés, le second doigt est en réalité plus long que le quatrième.

Fig. 90. — - Conformation robuste, quoique féminine, du bras et de l’épaule (Viennoise).

' Traduite en allemand, 1894.

2 Festgabe für Carl Ludwig. Leipzig, Vogel, 1874.

La main de la Viennoise représentée à la figure 91, et dont nous aurons l’occasion de reparler, réunit toutes les qualités énumérées.

Ce qui est certain, c’est que ce « signe d’une évolution plus avancée » se rencontre beaucoup plus fréquemment chez la femme que chez l’homme.

d.) LE MEMBRE INFÉRIEUR

On commet fréquemment la faute de ne pas considérer le membre inférieur dans toute sa longueur, lorsqu’on apprécie son rapport avec la longueur du tronc.

Nous avons montré que le tronc descend plus bas sur la ligne médiane, tandis que, latéralement, les cuisses le coupent dans un plan oblique.

Si l’on évalue avec Richer la hauteur totale à 7 tètes et demie, la longueur du tronc et de la tète réunis, mesurée sur la ligne médiane, doit être égale à 4 tètes; de même, la longueur du membre inférieur, jusqu’à l’articulation de la hanche, doit être égale à 4 tètes. Le membre inférieur s’élève donc d’un quart de tète audessus du milieu du corps.

Ce qui précède s’applique à l’homme comme à la femme. Notons cependant une différence, qui provient de la forme du bassin particulière à l’un et l’autre sexe. Le bassin masculin est long et étroit; la région médiane du tronc, qui s’intercale entre les membres inférieurs, descend plus bas et forme un angle plus aigu, de sorte que le centre du corps semble tomber en un point inférieur du tronc. Au contraire, le bassin féminin est large et court, la région médiane du tronc qui s’intercale entre les membres inférieurs descend moins bas et forme un angle plus ouvert : le centre du corps semble par suite tomber en un point plus élevé du tronc.

Une autre raison contribue à faire paraître le membre inférieur plus long chez l’homme : c’est que, les liions étant plus hauts et plus plats, les hanches sont plus longues et plus étroites, de manière que la ligne de la cuisse se prolonge dans celle de la hanche.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

D’après Richer, la longueur du membre inférieur peut être évaluée à 4 tètes, d’après Fritsch et Schmidt, la longueur de la

Fig. 91. — Viennoise. Beauté parfaite des mains.

(Photographie de O. Schmidt, Vienne.)

cuisse est égale à la distance de l’articulation de la hanche au mamelon du côté opposé, et la longueur de la jambe est égale à la distance de l’articulation de la hanche au mamelon du même côté.

La longueur de la cuisse est à peu près égale h la longueur de la jambe plus la hauteur du pied.

On admettait autrefois que le col du fémur avait chez la femme une position plus horizontale que chez l’homme. Langer 1 a démontré l’inexactitude de cette assertion : la position plus ou moins horizontale du col du fémur n’a rien à voir avec le sexe. Il est très vraisemblable au contraire que cette configuration du fémur, et le raccourcissement qui en est la conséquence, résultent, dans la plupart des cas, chez l’homme comme chez la femme, de la pression exercée par le poids du corps et sont, par suite, des symptômes du rachitisme.

Ce que nous avons dit du squelette du membre supérieur s’applique, dans l’ensemble, également au squelette du membre inférieur.

Nous avons il signaler comme des défauts causés par le rachitisme : l’épaississement de l’extrémité articulaire inférieure du fémur, surtout à la face interne, par conséquent l’épaississement de l’articulation du genou et la direction oblique de la jambe par rapport à celle de la cuisse; l’épaississement du tibia et du péroné au genou et à la cheville : par suite le cou-de-pied est lourd et épais, la malléole interne est plus massive et plus basse, d’où résulte une déviation du pied.

Ajoutons que l’incurvation des os longs est plus forte dans le membre inférieur par suite de la pression qu'exerce sur eux le poids du corps. Au total, toutes ces modifications pathologiques ont pour effet de raccourcir le membre inférieur 2.

Selon la mesure dans laquelle se sont exercées les diverses inlluences possibles (occupations journalières, profession, transport

1 Ouvr. cite , p. 229.

ä E. Dubois (Arch. für Anthropologie, XXV, 4e livraison) communique une observation très instructive à cet égard. 11 a trouvé que le poids du cerveau est dans un rapport constant avec la longueur du tronc et de la tète réunis, mais non pas avec la hauteur totale du corps. 11 est facile de conclure de là que la disproportion existant dans le dernier cas n’est pas déterminée par des troubles survenus au cours de l’évolution organique, mais par un raccourcissement du membre inférieur dû à des causes pathologiques et en première ligne au rachitisme, et que ce défaut est très fréquent.

DESCRIPTION DES 1) IEEE RENTE S PARTIES DU CORPS

iq3

de fardeaux plus ou moins lourds, etc.), nous rencontrons les différentes conformations pathologiques du membre inférieur : jambes en X, jambes en O, jambes arquées, etc., et le pied plat plus ou moins caractérisé.

Il est facile de distinguer ces défauts quand ils sont très prononcés. Mais il s’agit pour nous de pouvoir distinguer ces anomalies même lorsqu’elles n’apparaissent qu’à un faible degré.

Nous avons déjà dit qu’on peut s’assurer si le membre inférieur est bien droit, en observant si, dans la position indiquée à la figure 33, les jambes se touchent en quatre points qui sont : le tiers supérieur delà cuisse, le genou, le mollet et la malléole interne. Chez les femmes, les cuisses, plus pleines, peuvent se toucher sur toute leur longueur sans qu’il y ait là un défaut.

Il existe encore un autre procédé préconisé par Mikulicz : il consiste à s’assurer par la mensuration, que le deuxième orteil, le milieu du cou-de-pied, le milieu du genou et le milieu de l’articulation de la hanche sont en ligne droite (fig. 92).

Comme il est souvent difficile de déterminer sur le sujet vivant la position de l’articulation de la hanche, on peut prendre à la place le milieu du pli de l’aine.

Si la rotule n’est pas située sur cette ligne, mais plus en dedans, on a affaire aux jambes en X : cette configuration est très fréquente chez les femmes, mais lorsqu’elle n’est pas exagérée, certains auteurs la déclarent normale, au même titre que la direction oblique du bras par rapport à l’avant-bras, en raison même de sa fréquence.

Il arrive, dans la flexion, que la rotule se tourne en dedans, comme on peut le voir sur la figure 1. Mais il ne faudrait pas confondre ce cas avec celui des jambes en X. On reconnaît au membre inférieur droit, complètement étendu, qu'il n’est affecté d’aucune déviation.

On est involontairement disposé à se montrer plus indulgent pour le défaut des jambes en X, parce que cette conformation rappelle une attitude justement aimée : celle qui traduit cl’une si jolie façon le sentiment de la pudeur féminine.

Mais, précisément pour la même raison, on trouve le défaut des jambes en O d’autant plus choquant chez la femme.

Quand la jambe proprement dite est arquée (convexe en dehors),.

les jambes en X peuvent cependant paraître normales, si on les juge à l’aide de la ligne de Mikulicz. C’est ce que montre la ligure a3. La déviation du genou en dedans est compensée par la déviation d’abord en dehors, puis en dedans, de la jambe ; si bien que l’articulation du pied, le genou et l’articulation de la hanche sont à peu près en ligne droite.

Quand la conformation du membre inférieur est bonne à la face antérieure, elle l’est nécessairement aussi à la face postérieure. Mais la lace latérale peut encore présenter une déviation, causée soit par l’incurvation rachitique, soit par un défaut des ligaments du genou (Brücke), et que l’on peut contrôler, d’après Brücke, à l’aide d’une ligne menée du trochanter à la malléole externe (fig. 93).

Cette ligne coupe le genou à la moitié de sa largeur, quand l’extension de la jambe est normale.

Elle le coupe en avant de ce point, dans le cas où le ligament du genou est trop long, ce qui permet au membre une extension exagérée; quand elle le coupe en arrière de ce point,.

c’est que le genou décrit en avant une courbe Fia;, q-2. — Détermi- r

nation de la recti- troP ,orte‘

tude du membre Puisque les muscles ont un moindre déve- Mikulicz ’ d ap"s loppement chez la femme que chez l’homme, et que, d’autre part, la grosseur de la cuisse est, même chez la jeune fille non adulte, l’un des caractères sexuels secondaires les plus importants, il est manifeste que c’est 1 abondance du tissu adipeux qui détermine cette configuration : les-

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

igo

muscles de la cuisse devront donc être moins saillants chez la femme que chez l’homme.

Par conséquent aussi, l’aplatissement latéral de la cuisse, qui résulte du développement plus puissant des muscles à la face antérieure et à la face postérieure, est particulier à l’homme; la cuisse de la femme doit être ronde.

Les muscles n’interviennent dans le modelé extérieur de la cuisse féminine qu’à un seul égard : le diamètre de la cuisse est plus large dans son tiers supérieur, et cette augmentation est due uniquement au muscle.

C’est donc un défaut que la couche adipeuse ait une épaisseur telle, que le contour de la cuisse, depuis la hanche jusqu’au genou, suive une ligne droite ou surtout une ligne convexe en dedans.

Le contour du genou, également, doit être adouci, chez la femme, par une épaisse couche adipeuse; le genou doit cependant être mince, pour ne pas rappeler la conformation rachitique.

Ce que nous avons dit de la cuisse est également vrai du mollet : tandis qu’on doit pouvoir distinguer les muscles du mollet de l’homme, une couche adipeuse

plus abondante les recouvre chez la Fig. g3. Ligne de Brücke.

femme, et donne au mollet une forme

arrondie; cependant, les faisceaux musculaires profonds augmentent la largeur de son tiers supérieur (fig. g4).

Les jarretières, comme nous l’avons dit, portent préjudice à la forme du mollet.

La finesse de la cheville est une qualité précieuse : due à une

structure plus délicate de la charpente osseuse, elle constitue un caractère sexuel secondaire de la femme; d’autre part, elle est un des indices les plus sûrs qui permettent d’exclure tout rachitisme antérieur.

I/étroitesse du poignet et de la cheville est le signe par excel-

Fig. 94. — Bonne conformation du mollet et du pied. (Photographie de Heid, Vienne.)

lence auquel se reconnaît la qualité de la race, tout comme chez le cheval l’étroitesse des jointures.

Le pied est, avec la taille, la partie du corps qui subit, pour l’amour de la mode, les pires déformations.

E11 ce qui concerne la longueur, ce qui a été dit de la main s'applique également au pied. La longueur du pied doit être proportionnée à la hauteur totale, dans laquelle, selon Quetelet, elle doit être comprise six ou, tout au plus, sept fois.

Le pied est donc plus long que la tête; selon une antique règle, la longueur du pied est égale à la circonférence du poing.

Parmi tous les défauts que peut présenter le pied, considéré dans son ensemble, le plus fréquent est le pied plat, causé, le plus souvent, par le rachitisme.

Normalement, la voûte plantaire doit être assez élevée pour qu’un petit oiseau, quand ce ne serait même qu’un tout petit oiseau, s’y

Fig. g5. — Empreintes d’un pied normal ( a ) et de pieds plats (]>, c, d), d’après Volkmann.

puisse loger; au contraire, dans le pied plat, la voûte s’affaisse et la surface par laquelle la plante du pied touche le sol est d’autant plus grande. On peut s’assurer de l’existence d’un assez faible degré de pied plat en relevant, sur le sol, l’empreinte du pied, mouillé au préalable (fig. g5).

A une voûte plantaire normale correspond un cou-de-pied élevé.

Les qualités requises pour la beauté du pied sont donc l’excavation suffisante de la voûte plantaire et la hauteur du cou-de-pied.

Les pieds de la figure 94 satisfont à cette double exigence; on peut les considérer comme le modèle de pieds normalement conformés, sinon particulièrement mignons et féminins.

Le squelette du pied étant, comme celui de la main, beaucoup moins recouvert de parties molles que le reste de la charpente

osseuse, sa structure exerce une influence prépondérante sur le modelé extérieur.

C’est un défaut que le squelette du pied soit robuste, grand, d’apparence masculine; ou qu’il soit épaissi et déformé par le rachitisme; au contraire, un pied étroit et mignon, pourvu de doigts longs et minces, est une des grâces du sexe féminin.

Le plus long des orteils est le second. Braune 1 a démontré que, déjà chez l’embryon, le second orteil est le plus long, et qu’il l’est également chez 70 p. 100 des personnes adultes.

Si le gros orteil paraît plus long, c’est qu’il reste droit dans la bottine, tandis que tous les autres se recroquevillent.

A part ce recroquevillement des orteils, la pression permanente exercée par le soulier a pour effet de tourner en dedans le gros orteil, de sorte que la saillie de son articulation métatarsienne ressort davantage.

Ce défaut, fort ordinaire, est particulièrement visible à la figure 26.

Les cors ne sont pas, à proprement parler, un défaut, mais seulement un avertissement de la nature, le plus souvent inutile d’ailleurs, à ceux qui se chaussent mal. Quand ils n’atteignent pas de trop grandes dimensions, ils ne peuvent altérer qu’insensiblement la forme du pied.

La nature paraît prendre en pitié notre pauvre humanité : Pfitzner 2 a établi, à la suite de nombreuses observations, que, chez beaucoup d’individus, le petit orteil, siège de prédilection des cors, ne se compose que de deux os au lieu de trois, d’où il conclut que le petit orteil de l’homme est en voie de régression, et qu’avec le cours des siècles, il finira par disparaître complètement.

Ici encore, les femmes semblent être plus avancées que les hommes dans la voie de l’évolution : en effet, Pfitzner a trouvé que le petit orteil n’a que deux phalanges chez 41 femmes sur 100, tandis que la proportion n’est du côté des hommes que de 3i p. 100.

Le même auteur a encore établi que le gros orteil est proportion-

1 Festgabe von Carl Ludwig.

2 Cité par Havelock Eli ï s dans Mann und Weib.

nellemcnt beaucoup plus court chez la femme que chez l’homme.

Nous pouvons retenir, comme signes distinctils de la bonne configuration des orteils chez la femme : la longueur du second ■orteil, la brièveté du premier et l’extrême brièveté du cinquième.

Tels sont les principaux points de repère dont on peut se servir pour juger la beauté des membres inférieurs de la femme; il nous reste encore h mentionner que l’on peut facilement reconnaître leur bonne conformation, aussi bien que leurs défauts, à la démarche, surtout dans la vue de dos.

Walker, au vingt et unième chapitre de son External beaulij , décrit d’amusante façon, bien qu’avec un sérieux indubitable, les « External indications; or Art of determining the précisé figure, the degree of beauty, the mind, the habits and the âge of woman, notwithstanding the aids and disguisses of clress ».

Je recommande à tous ceux que la question intéresse la lecture de ce naïf ouvrage.

TABLEAU D’ENSEMBLE DES CONDITIONS REQUISES POUR LA CONFORMATION NORMALE DU CORPS

.l’espère avoir réussi à convaincre les lecteurs qui m’auront suivi jusqu’ici de ce que la conception de la beauté féminine ne repose pas exclusivement sur les préférences du goût individuel, mais qu’elle est aussi déterminée par tout un ensemble de faits matériels incontestables.

Lavoie où je me suis engagé n’est point frayée; bien des points restent encore dans l’ombre; mais je suis convaincu qu’on peut encore découvrir un plus grand nombre de lois, dont il serait possible de tirer une définition plus précise encore de la beauté.

J’ai évité d’accumuler les détails anatomiques, de manière à ne pas compromettre la clarté de l’ensemble.

Si nous jetons un coup d’œil sur les faits que nous avons cités jusqu’ici, nous constatons, en première ligne, que nous possédons un certain nombre de mesures, dont la grandeur et le rapport sont prescrits par la nature d’une manière absolument immuable. Un corps qui possède les mesures exigées est normal, tout ce qui s’en écarte constitue un défaut.

Les variations dans 1 intervalle des limites normales déterminent l’individualité.

Les mesures les plus importantes que nous ayons à déterminer pour juger de la structure normale du corps sont les suivantes :

i . — -La hauteur totale du corps.

■i. — La moitié de la hauteur totale, pour déterminer le centre du corps.

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