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LES DIFFÉRENTES PARTIES DU TRONC

La poitrine. — La poitrine est la partie du tronc que limitent en haut les clavicules, en bas le bord inférieur des côtes. Elle est caractérisée chez la femme par les deux éminences qui proviennent du développement des glandes mammaires, par les seins, le plus beau des caractères sexuels secondaires féminins.

L’aspect des seins fournit de précieux renseignements sur la constitution non seulement de la poitrine, mais même du corps tout entier.

La charpente osseuse de la poitrine est le thorax ; nous avons déjà montré les rapports de celui-ci avec les autres parties du squelette.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

Le thorax doit, pour être bien constitué, remplir les conditions suivantes :

i° La région thoracique de la colonne vertébrale, vue de face, est située tout entière dans le même plan que la ligne médiane du corps; vue de profil, elle décrit, à sa partie supérieure, une légère courbe à convexité postérieure.

2° Les côtes décrivent, de chaque côté, des courbes symétriques; elles sont, à leur partie postérieure, à peu près horizontales, sont un peu plus inclinées sur les flancs, sont de nouveau horizontales dans la région située sous le mamelon, puis, de nouveau, s’élèvent insensiblement jusqu’à leur point de jonction avec le sternum.

3° Le sternum est situé un peu en arrière des points les plus saillants des côtes; mais la courbe qu’il décrit est exactement parallèle à la ligne formée par ces points. L’angle formé par la poignée et le corps du sternum, à la hauteur de la deuxième côte, ne doit pas ressortir fortement.

4° La convexité du thorax est tournée en haut, dans sa partie supérieure (jusqu’il la quatrième côte) ; en avant, dans sa partie moyenne (jusqu’à la huitième côte); légèrement en bas, dans sa partie la plus inférieure (jusqu’à la douzième côte). Le thorax doit être uniformément bombé, qu'on le regarde de face ou de profil.

5° Le bord inférieur des côtes forme au creux épigastrique un angle de 9o degrés.

Lorsque toutes ces conditions sont satisfaites il s’ensuit tout naturellement que les clavicules et les omoplates s’appliquent exactement contre le thorax.

Les causes les plus fréquentes de mauvaise conformation sont le rachitisme, la prédisposition à la phtisie, et l’abus du corset.

Le rachitisme provoque des déviations de la colonne vertébrale et par suite un développement asymétrique des côtes, qui, de plus, sont déformées par l’action des muscles et la pression des viscères abdominaux; le sternum fait en avant une forte saillie (poitrine de poulet, thorax en carène) ; à l’union des côtes et du sternum apparaissent de grosses saillies que l’on voit sous la peau ; les côtes se laissent aplatir transversalement par la pression atmosphérique, le

thorax devient plus plat et plus large à sa partie supérieure ; il est rétréci en son milieu, écrasé à sa partie inférieure.

La prédisposition à la phtisie est caractérisée par la longueur et l’étroitesse du thorax. Comparé avec le thorax normal, le thorax d’un phtisicpie présente donc des côtes plus écartées, et plus obliques d’arrière en avant ; par suite, sa région supérieure est moins bombée, et il s’étend trop peu en largeur. En conséquence, les clavicules ont une plus forte courbure, elles sont plus saillantes, de même que les omoplates. Il se forme sous les clavicules des fossettes plus profondes. Le bord inférieur des côtes forme un angle beaucoup plus aigu.

Un corset trop serré a pour effet de rétrécir considérablement le thorax à sa partie inférieure, la convexité diminue ici pour

Fig. 62. — Les muscles de la face antérieure du tronc chez la femme.

s’accuser davantage à

partie moyenne ; de sorte que, à partir de la quatrième côte, la convexité est tournée non plus en avant, mais plutôt en bas. Le bord inférieur des côtes forme

un anode aigri.

Ces trois causes, mais surtout la dernière, ont occasionné les

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déformations très apparentes du thorax représenté à la figure 61 .

Les affections des poumons, en particulier l’inflammation de la plèvre chez un sujet jeune, peuvent exercer une profonde influence sur le développement d’une partie du thorax. Il se trouve alors à l’endroit atteint des excavations ou des tubérosités qui détruisent la symétrie.

On ne peut, sur le sujet complet, toucher le thorax qu’a travers les parties molles qui le recouvrent. Mais nous nous rendrons compte de sa bonne ou de sa mauvaise conformation en observant s’il s’élève et s’abaisse uniformément dans les mouvements respiratoires ; nous serons également renseignés par la forme des parties molles, qui dépend de la structure du thorax.

Parmi les parties molles

les plus importantes, ce

, , Fia-. 63. — Muscles de la face postérieure,

sont surtout les muscles

grands pectoraux qui influent sur la forme de la poitrine (fig. 6a).

Ils forment deux larges corps charnus qui recouvrent la face antérieure du thorax; ils s’attachent au bord inférieur des côtes, à la face antérieure du sternum et au bord antérieur de la clavicule, d’une part, à la partie supérieure de l'humérus, d’autre part. Le

bord inférieur du muscle grand pectoral forme la limite antérieure du creux de l’aisselle, qui devient plus profond, par conséquent, à mesure que le bras s’abaisse, moins profond au contraire à mesure que le bras s’élève. Plus le grand pectoral est développé, plus ce

Fig. 64- — Dos d homme et de femme, d’après Richer, indiquant la répartition différente du tissu adipeux, o o o o o amas important de tissu adipeux.

bord de l’aisselle sera saillant, et plus, par conséquent, la transition de la convexité supérieure de la poitrine à l’épaule sera insensible.

Si le muscle n’est pas suffisamment développé, les épaules se portent en avant, et il se produit un creux profond entre l’épaule et la poitrine, au-dessous de la clavicule. (Cf. fig. 26.)

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Les seins reposent sur les muscles grands pectoraux, sur lesquels ils forment une légère saillie; ils sont situés entre la troisième et la sixième côte.

Le thorax et le muscle grand pectoral influeront donc considérablement sur la forme des seins.

Mais avant de nous occuper de ceux-ci, quelques observations au sujet de la peau sont nécessaires.

La peau est particulièrement mince et délicate dans la région des mamelons; elle devient plus épaisse à mesure qu’on se rapproche du sternum, où elle adhère intimement à l’os sous-jacent.

Elle devient écm-

lement plus épaisse dans la direction de l’aisselle, adhère assez étroitement aussi au bord inférieur du

Bohémienne : Torse féminin parfaitement développé.

muscle pectoral ; mais

il existe de ce côté une couche adipeuse plus abondante, qui tapisse le creux de l’aisselle, s'insinue entre le muscle pectoral et

le thorax, et diminue insensiblement jusqu’au bord inférieur du muscle.

Entre la peau et le muscle, à la hauteur de la quatrième côte, se trouve chez l’enlant l'ébauche de la glande mammaire, qui ne se développe pas chez les garçons, chez les filles, au contraire, commence à grossir dès la dixième année et occupe enfin tout l’espace situé entre la troisième et la sixième côte.

La glande mammaire constitue tout d’abord un corps plat en forme de disque : ses canaux excréteurs se dirigent vers le mamelon ; ceux-ci ont leurs axes tournés en dehors. Plus tard, se forment deux éminences hémisphériques, dont la base repose d’abord tout entière sur le muscle grand pectoral. A mesure que les glandes se développent, elles tendent la peau et se glissent entre elle et les parties sous-jacentes. Or comme la peau, sur les sujets bien constitués, adhère intimement ait sternum, c’est surtout la peau plus lâche de la région de l’aisselle qui cède à cet effort, tandis qu’il subsiste un sillon, peu profond, entre les deux seins. En même temps, les axes des mamelons se tournent un peu plus en avant.

Pendant la première jeunesse de la femme, la glande s’élève légèrement au-dessus de la face externe du muscle pectoral (fig. 62), de sorte que la mamelle, de forme hémisphérique, se détache du bord antérieur de l’aisselle, avec lequel elle forme un angle très ouvert. (Fig. 66. Cf. aussi fig. 5.)

Le tissu adipeux se développe autour de la glande à mesure que celle-ci grossit, arrondissant sa forme et ménageant des transitions plus douces entre elle et les parties adjacentes. Plus la glande est développée, plus le sein est ferme et rebondi ; plus, au contraire, c’est la couche adipeuse qui est développée, plus le sein est, gros et peu consistant.

Plus le tissu conjonctif sous-cutané est serré, plus la graisse a de peine à s’amasser, c’est pourquoi une mamelle constituée surtout de tissu glanduleux va généralement de pair avec une peau ferme et élastique; pour la même raison encore elle adhère bien plus étroitement à la peau et au muscle sous-jacent. Grâce il 1 élasticité

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et à l’adhérence étroite de la peau, la mamelle ne s’affaisse point en se développant, mais prend une forme qui varie de celle du disque

Fig. 66. — Autrichienne âgée de quatorze ans : l'angle formé par la ligne du sein avec le bord antérieur de l’aisselle est très visible à droite.

à celle d’un demi-globe, et se détache doucement de toutes les parties adjacentes.

En général, au contraire, chez les sujets enclins à l’obésité, le tissu conjonctif est moins développé et la peau est moins élastique. Par conséquent, les seins constitués surtout de tissu adipeux sont moins fermes, s’affaissent et sont situés plus bas ; la peau forme

un pli à leur bord inférieur.

Or, au point de vue scientifique, la qualité de la mamelle dépend du développement de la glande mammaire ; nous pourrons donc, h ce point de vue, exiger que la mamelle soit dure, et pas trop grosse ; que sa forme varie entre celle du disque et celle d’un demiglobe; qu’elle adhère intimement aux parties sous-jacentes et à la peau ; qu'elle soit située entre la troisième et la sixième côte, que le mamelon ne tombe pas plus bas que la quatrième côte ; enfin que la peau ne forme pas de pli sous elle.

En outre, le mamelon doit être régulièrement développé et proéminer légèrement au-dessus de l’aréole.

Une mesure qu’il est toujours possible de prendre, c’est la distance des mamelons. Elle ne doit jamais, dans une poitrine normalement développée, être inférieure à 20 centimètres.

L’art, et l’art grec avant tous les autres, a adopté le même point de vue : normal et beau sont donc ici encore des termes identiques.

Fig. 67. — Allemande du Mord, âgée de seize ans : seins hauts.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS I/jO

Comme des seins situés bas éveillent immédiatement l’idée de seins pendants, nous trouverons beaux des seins hauts. Les figures 67 et 68, qui représentent deux jeunes filles de seize ans, peuvent

Fig. 68. — Munichoise âgée de seize ans : seins bas.

servir d'exemples ; d’ailleurs, la première est très développée pour son âge. Les seins sont chez elle tout particulièrement hauts ; chez la seconde ils sont extraordinairement bas, malgré leur faible volume.

Au point de vue scientifique, la position haute des seins est belle, parce que les côtes d une poitrine normalement convexe sont plus rapprochées les unes des autres et plus horizontales : par suite, la partie supérieure du thorax offre à la base des seins une plus large surface, qu'une musculature convenablement développée

étend et arrondit davantage encore. 11 existe donc un rapport nécessaire entre la hauteur des seins et le bon développement du thorax et des muscles.

Les seins sont situés plus bas sur le thorax d’un sujet phtisique,

Fig. 69. — Poitrine bien conformée.

puisque toutes les côtes, et en particulier la quatrième, à laquelle correspond le mamelon, sont obliques et qu’elles sont écartées les unes des autres. En outre, les seins cèdent d’autant plus facilement à leur propre poids, que le thorax est plus abrupt et que les tissus sont plus lâches. La peau forme également ici un pli sous les seins. (Cf. la Vénus de Botticelli, fig. 6.)

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La figure 6y montre une poitrine bien conformée.

Le thorax est normalement et uniformément convexe, les clavicules ne sont point saillantes; au-dessous d’elles, la surface de la poitrine est large, uniformément arrondie, 011 n’aperçoit point les côtes.

Outre la convexité régulière, le relief de la ligne axillaire antérieure, qui se perd dans le bras, témoigne encore cl’une musculature bien développée. Les seins sont hémisphériques, hauts, reposent, pour la plus grande partie, sur le muscle pectoral, ne déterminent aucun pli de la peau. Au sein droit qui remonte , par suite de l’élévation du muscle pectoral correspondant,

011 peut reconnaître l’union étroite de ces deux éléments. Le bord inférieur des côtes forme, au creux épigastrique, un angle droit.

La figure 65 montre

une conformation analo- Fig. 70. — Poitrine mal conformée,

gue, avec cette différence

que les seins sont plus petits, la musculature un peu moins forte et le tissu adipeux plus abondant.

Sur la figure 70, 011 voit un exemple de poitrine mal conformée, présentant le type phtisique.

Le tliorax est étroit, à peine bombé ; les clavicules et les épaules sont très saillantes. L’éclairage latéral permet d’apercevoir distinctement la seconde côte et l’extrémité antérieure de la troisième. Le muscle pectoral est faiblement développé, de sorte que le bord antérieur de l'aisselle a peu de relief. Les seins sont affaissés et ont tiré vers le bas la peau qui recouvre la poitrine ; il en résulte une ligne oblique qui se dirige du sternum en dehors et se termine sous le sein en un sillon. Le mamelon est situé entre la cinquième et la sixième côte. On ne peut nier cependant que la figure possède un certain charme juvénile ; je rappelle seulement h ce sujet ce que j’ai dit de la Vénus de Botticelli, qui présente le même type. Ce qui esl malade peut aussi avoir son charme, mais n’est jamais beau .

Nous avons montré que la conformation des seins dépend non seulement de la glande mammaire, mais encore de la forme du thorax, de la force des muscles et de l’élasticité de la peau, et qu’un défaut de l’un ou l’autre de ces éléments porte nécessairement préjudice à la forme des seins.

Le thorax et les muscles ont été déjà étudiés ; mais nous n’avons presque rien dit de la peau, si ce n'est qu’une faible élasticité de la peau va généralement de pair avec la tendance à l’embonpoint.

Mais, en outre, une diminution de l’élasticité de la peau peut entraîner la déformation passagère ou permanente de seins primitivement beaux. Cette diminution intervient lorsque la peau se relâche après avoir été fortement tendue, ou lorsqu’elle subit une distension exagérée. Le premier cas s’observe lors d’un fort amaigrissement ou après une grossesse, le second sur les sujets enclins à l’embonpoint.

Un amaigrissement, même considérable, survenant à la suite de maladies aiguës ou de surmenage, se laisse facilement réparer par du repos et un régime fortifiant ; de même, le gonflement passager des mamelles, occasionné par la grossesse, peut disparaître sans laisser de déformation permanente; c’est même, lorsqu’on applique les soins voulus, ce qui se produit beaucoup plus souvent qu’on ne le croit. Une de mes clientes, qui avait été mère six fois.

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ne présentait, ni aux seins, ni sur le reste du corps, la moindre trace de ces grossesses.

Fig. 7 1. — Poilrinc complètement développée d'une beauté du diable.

(Bohémienne.)

Au contraire, la tendance à l’embonpoint porte généralement à la forme des seins un préjudice durable, surtout chez les personnes dont l'alimentation est mauvaise.

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