RÈGLES A SUIVRE POUR CONSERVER LA BEAUTE FEMININE
clu corps, et, si c’est nécessaire, on place même encore dessous, pour augmenter la compression, un linge plié ; puis, on attache
solidement sur le devant les extrémités des lanières de la bande extérieure. On peut alors, sans ôter la gurita, serrer ou desserrer chaque nœud suivant le besoin. La gurita soutient encore mieux, quand elle descend jusqu’au milieu de la cuisse.
Rien de plus fréquent, au contraire, que le ventre pendant, en Allemagne, en France, et dans les autres pays civilisés, où l’on néglige, après la délivrance, de comprimer l’abdomen, et où beaucoup de médecins condamnent même sottement cette pratique.
Si les vêtements étroits conviennent à la mère, ce qui convient à l’enfant nouveau-né, ce sont des vêtements larges. Plus on le laisse libre dans ses mouvements, mieux les membres et le thorax peuvent s’étendre et se développer.
Nous énoncerons donc ainsi notre seconde règle : mettez à l’enfant des vêtements larges et laissez-le libre dans ses mouvements. Cette règle ne s’applique pas seulement au nourrisson, mais doit être observée pendant toute la période de croissance.
Pour si naturelle que paraisse cette façon d’agir, on s’y conforme cependant assez rarement. On ne comprend pas que les enfants doivent pouvoir exercer librement leurs membres.
Les jeux auxquels ils se livrent naturellement sont bien plus favorables à leur développement que la gymnastique systématique, où l’on impose à tous les mêmes exercices, sans les proportionner à la vigueur individuelle de chacun d’eux.
On a tort de vouloir faire marcher trop tôt les enfants. Dès qu’ils ont la force nécessaire ils courent tout seuls. Si on les y oblige prématurément, leurs jambes trop faibles se déforment.
Les enfants paresseux sont souvent des enfants faibles. Un enfant qui grandit a besoin de plus de repos qu’un adulte. 11 est bon d exhorter les enfants à se tenir droits sur leur chaise ; mais quand on les fait asseoir sur un tabouret pour les forcer à se tenir droits, sans soutien, on commet un crime que l’enfant devenu homme devra expier par un dos contrefait.
Voici maintenant notre troisième règle : Donnez aux enfants une
nourriture substantielle, faites-leur respirer un air pur et laissezles dormir leur soûl. Les intestins, les poumons et les nerfs y gagneront ce que les os et les muscles gagnent aux vêtements larges et à la liberté des mouvements. Mais, comme toutes les parties du corps sont en relation étroite, on ne peut se dispenser de veiller également sur toutes.
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Notre quatrième règle s’énonce : Prenez soin de la peau. C’est ici le lieu de faire observer que l’eau et le savon employés chaque jour abondamment, constituent une ressource de la cosmétique féminine à laquelle on est loin aujourd’hui encore d’attacher tout son prix.
Des enfants malpropres peuvent être beaux, je le sais : mais cela prouve uniquement le caractère inaltérable de la nature humaine, et n’est pas un argument qui doive prévaloir contre le conseil d’augmenter l’activité de la peau et, par suite, la beauté du corps, grâce à des soins minutieux de propreté.
Qui sait combien les petits Bohémiens de Murillo seraient plus beaux, s’ils s’étaient lavés régulièrement ?
Quand la jeune fille approche de la puberté, elle devient la victime du corset, surtout si la malheureuse n’a pas ce que l’on est convenu d’appeler « une jolie taille ».
Brücke 1 a déjà signalé que ce sont précisément les jeunes lilles aux formes ramassées dans l’âge ingrat, qui, une lois la croissance achevée, donnent les plus beaux corps de femmes.
Plus tôt l’on commence à porter le corset, plus ses effets sont nuisibles, plus il constitue un obstacle à l’entier développement des formes. J’ai déjà signalé les conséquences funestes du corset. Mais je voudrais répéter encore une fois que je ne condamne nullement le corset en lui-même, mais seulement l’abus qu’on en fait.
Le corset est excellent, en ce qu’il soutient le poids des vêtements qui recouvrent la partie inférieure du corps et sert à répartir sur une plus grande surface la pression qu’ils exercent.
Mais il faut, pour atteindre ce but, qu’il satisfasse à trois conditions.
Il doit reposer sur les hanches, pour ne pas trop comprimer les parties molles.
Il ne doit pas être serré, afin de ne pas gêner les mouvements du corps, ni comprimer les organes sous-jacents, c’est-à-dire l’estomac, le foie et les intestins.
Ouvr. cité, p. 71.
Il ne doit pas monter trop haut, afin de ne pas gêner la respiration et ne pas nuire au mouvement et au développement des muscles du dos.
Ajoutons enfin qu’il faut réduire le plus possible le poids des vêtements de dessous ; moins on en porte et plus ils sont légers, plus on facilite la tâche du corset.
De toutes les formes que je connaisse, les meilleures et les plus conformes à la nature sont le corset ceinture, et un modèle recommandé par Mrae Gache-Sarraute, docteur en médecine (Paris) et qui convient également aux personnes obèses.
Pas plus qu’on ne peut fixer d’une manière générale le moment du plein épanouissement, on ne peut dire, d’une manière générale, quel est l’âge où il faut adopter le corset.
Le corset est nuisible avant ce moment, il est recommandable au contraire pendant et après. Mais comme le plein épanouissement, ainsi que je l’ai expliqué plus haut, survient tantôt dès la quinzième année, tantôt seulement à la trentième ou plus tard encore, il n’est possible de donner une réponse sûre que dans chaque cas particulier.
En tout cas, on peut affirmer qu’il ne faut pas adopter le corset avant que les hanches aient atteint une largeur suffisante pour offrir un appui, sans qu'il soit nécessaire de serrer.
Et maintenant, mesdames, allez-vous supprimer le corset ? Il n’est pas probable. Du moins, je vous en prie, ayez pitié de vos filles, et empèchez-les de déformer leur corps de trop bonne heure. Elles auront le temps de le faire plus tard, mais vous n’aurez alors aucun reproche à vous adresser.
La seconde erreur capitale de notre vêtement moderne, c’est la chaussure. Mme Paczka m’assurait n’avoir jamais vu un joli pied de femme. J’ai été plus heureux qu elle, mais rarement. Les pieds eux aussi sont presque toujours abîmés de très bonne heure, ailleurs même que dans l’Empire du Milieu.
Innombrables sont les sœurs de Cendrillon qui ne reculeraient devant aucun sacrifice pour faire entrer de force leur pied dans un soulier trop petit. Cet abus ne prendrait fin que le jour où l’on se
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remettrait h marcher pieds mis ou avec des sandales. Mais il n’y a pas de danger que la chose arrive : les innombrables personnes du beau sexe, qui n'ont plus le droit de montrer leurs pieds, sauraient bien s’y opposer. Peu de femmes sont assez courageuses pour renoncer aux petits souliers afin d’avoir un joli pied.
On trouve aujourd’hui plus aisément qu’il y a quelques années des jarretières bien comprises ; mais il y aurait ici encore bien des perfectionnements h apporter.
Pour les enfants et les très jeunes filles, le mieux serait de ne pas porter de bas, mais seulement des chaussettes, grâce auxquelles on évite toute compression de la jambe l.
Oserai-je donner un dernier conseil ? 11 faut permettre au médecin d’étouffer dans son germe, par une intervention en temps utile, mainte maladie qu’on tient la plupart du temps soigneusement cachée. Je crois maintenant avoir indiqué à grands traits tous les soins dont il laut entourer le corps de la femme pendant son développement.
L’avenir dira si j’ai prêché dans le désert. Ce qui est certain, c'est que la beauté du corps féminin n’est pas autre chose que l’expression de la santé la plus parfaite.
Et la beauté de l’âme, qu’est-elle ? Heureux celui qui a pu connaître dans ses replis les plus intimes une belle âme féminine. Mais il ne faut point vouloir exprimer par des mots ce qui ne peut qu’être senti au plus profond du cœur.
' On trouve dans le Handbuch der angewandten Anatomie , de L. Pfeiffer (1899. Spanier, Leipzig), une dissertation très intéressante et très détaillée, surtout en ce qui concerne la contection des vêtements, traitée dans un esprit scientifique et cependant accessible à tous.