‹ La beauté de la femmeChapitre 43 sur 50 · RÈGLES A SUIVRE POUR CONSERVER ET ACCROITRE LA BEAUTÉ FÉMININE · texte numérisé non relu

RÈGLES A SUIVRE POUR CONSERVER ET ACCROITRE LA BEAUTÉ FÉMININE

On est forcé cPaclmirer, pour peu qu’on la connaisse, la diversité des moyens dont la femme dispose pour feindre des avantages qu elle n’a point, et cacher si bien ses défauts qu’elle les transforme en des qualités. La femme est passée maîtresse en cet art, et il faudrait être bien naïf pour prétendre lui donner des conseils. Ce serait porter de l’eau h la rivière.

Tous les moyens sont bons à celles qui ont des défauts et veulent les cacher; et lorsqu’une femme, jalouse de ressembler à ses sœurs mieux partagées, veut abîmer, en le soumettant à l’esclavage de la mode, un corps déjà défectueux, elle n’a pas besoin pour cela qu’on lui donne des conseils.

Mon intention n’a pas été d’écrire un manuel de la beauté, bourré de recettes comme un livre de cuisine, ni de dresser un catalogue des secrets de toilette qui me sont connus. Non, je veux simplement indiquer comment chaque femme peut conserver et accroître les charmes dont la nature l’a douée; et, comme les influences bonnes ou mauvaises s’exercent surtout pendant l’enfance, c’est principalement aux mères que je m’adresse.

J’ai déjà dit que la beauté revêt toujours un caractère individuel : il n’existe pas une formule unique et, pour ainsi dire, mathématique de la beauté, mais nous la concevons comme le développement harmonieux et complet d’une individualité dans des limites normales absolument immuables.

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Nous ne pouvons donc donner de règles que pour ces limites immuables ; ici encore cependant on aura souvent besoin de recourir aux conseils d’une personne compétente, et je ne craindrai pas de m’attirer le reproche de faire un plaidoyer pro domo, en signalant le rôle important que le médecin est appelé h jouer dans la vie de la femme.

Je ne crois pas ce plaidoyer inutile. Saus doute, c’est depuis longtemps l’usage en Angleterre que toute la famille aille une fois l’an chez le dentiste, et que chacun fasse examiner ses dents, qu elles soient bonnes ou mauvaises.

M ais à part les Anglais, personne ne va chez le dentiste avant que la nécessité ne s’en fasse impérieusement sentir ; et, en ce qui concerne les autres parties du corps, tout le monde, y compris les Anglais, est d’une négligence absolue.

Il y a bien quelques exceptions, et il est certainement arrivé à tous les médecins, comme à moi-même, qu’une mère les priât d’examiner sa fille, non parce qu’elle était malade, mais pour s’assurer qu’elle ne l’était pas.

Combien de malheurs n’éviterait-on pas si cet usage se généralisait, et si, en pareil cas, la mère, aussi bien que le médecin, savait surmonter une sorte de fausse honte qui empêche souvent de pousser l’examen aussi loin que la gravité de la chose l’exigerait.

Il est, en général, beaucoup plus facile de reconnaître une maladie nettement caractérisée, que de découvrir si, oui ou non, telle maladie ou les traces de cette maladie existent sur un corps donné.

Les soins dont il faut entourer le corps féminin doivent précéder la naissance, car la mère en se serrant pendant la grossesse peut porter au corps de l’enfant un préjudice irréparable. Mais c’est surtout dans les années où le corps grandit et se développe, que l’on commet généralement les fautes les plus graves.

Je n’ai pas la naïveté de croire que je ferai beaucoup de prosélytes — voici déjà près de cent ans que le vieux Sümmering est mort, et l’on continue comme devant à porter des corsets — mais n’eussé-je converti que quelques mères, j’estimerais encore ne pas avoir écrit inutilement cet ouvrage.

Nous formulerons ainsi notre première règle : portez avant l’accouchement des vêtements lâches, après l’accouchement des vêtements serrés, dans votre propre intérêt et dans celui de l’enfant.

Toute compression diminue l'espace dont dispose l’enfant et nuit à son développement. La paroi abdominale, déjà fortement tendue pendant cette période, subit du fait de la compression une déformation plus grande encore ; les muscles faiblissent et 11e retrouvent plus jamais leur élasticité primitive.

Dans les derniers mois de la g’rossesse, on ne saurait trop recommander de remplacer le corset par des bandes qui soutiennent et soulèvent le ventre en dessous du nombril, sans le comprimer.

Pour conserver l’élasticité de la peau et, par suite, la beauté des seins et du ventre, il est bon, surtout dans les derniers temps de la grossesse, de laver ces parties, abondamment et souvent, au moins deux fois par jour, avec une solution d’alcool à 3o° aussi froide que possible.

Après l’accouchement il faut, surtout pendant les premières semaines, maintenir la paroi abdominale à l’aide de vêtements serrés, jusqu’à ce qu’elle ait pleinement retrouvé son élasticité. Ce temps dure en général six semaines, et il faut avoir la patience d’aller jusqu’au bout : autant de jours en moins, autant de coups portés à la beauté.

En Angleterre, on joint au trousseau de la jeune mariée une ceinture qui s’adapte exactement à la forme de son corps encore vierge. Sitôt après l’accouchement la jeune femme met cette ceinture, qui, le premier et le second jour, fait un peu mal sans doute, mais produit ensuite l’effet le plus bienfaisant en soutenant le corps, et conserve au ventre sa forme juvénile.

Les femmes indiennes, dont beaucoup de Hollandaises imitent aujourd’hui l’exemple, se serrent fortement le ventre après l’accouchement; elles emploient à cet effet la gurita javanaise (fig. 178).

La gurita est une ceinture qui consiste en deux bandes de toile rectangulaires, cousues l’une à l’autre par leur milieu. La bande extérieure est découpée, de chaque côté, en lanières dont le nombre varie de cinq à dix. La bande intérieure est fortement serrée autour

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