Voir Recueil Bouvard
parure du jardin a été enlevée sous Louis-Philippe malgré les protestations éloquentes de Victor Hugo et remplacée par une grille en fonte de la plus déplorable banalité (1) ».
Les particuliers de leur côté se sont laissés aller à des négligences, à des dérogations de détail qui ne portent pas davantage atteinte aux lignes géné” rales de l’architecture de la place, mais n’en nuisent pas moins à sa tenue et à sa richesse.
« Au lieu des briques et des pierres de taille prescrites par les lettres patentes, la plupart des façades n'ont plus qu'un revêtement de plâtre peinten rouge, à filets blancs. Les vases de plomb qui décoraient les faîtes ont presque tous disparu. « Des balcons ont été ajoutés aux façades. Les combles sont transformés pour la commodité de l'habitation. La belle tenue des hautes toitures d’ardoise est gâtée par l'élargissement des lucarnes ou fenêtres dont les bords se garnissent de cages ou de vases de fleurs (2). » |
Il est urgent d'entreprendre, conclut M. Paul Léon, une revision sévère des servitudes. Le droit
.de la Villeestincontestable. Ilest affirmé par l'Édit de 1605, confirmé par l’ordonnance du 26 mars
1. Paul Léon. La Beauté de Paris, Revue de Paris, 15 novembre 1909.
2, Paul Léon, op. cit.
Tout dernièrement du reste la Ville de Paris a fait preuve d’une heureuse initiative en vue d’assurer le respect des charges imposées aux riverains de la place. Le propriétaire de lPimmeuble n° 22 avait coupé la corniche de son toit « afin de faire descendre plus bas le toit des mansardes, il en résultait que sur ce point, la ligne symétrique des entablements faisant le {our de la place sans solution de continuité, se trouvait rompue. »
Le précédent était dangereux et la Commission du Vieux Paris attira d’une manière toute particulière l'attention de l'Administration sur ce point.
Le 20 décembre 1905, l’architecte-voyer du IV® arrondissement dressait procès-verbal au propriétaire de l’immeuble en question, pour constater que, sans autorisation, des modifications avaient été apportées aux lucarnes et aux œils-debœuf de l'étage mansardé.
La Ville de Paris, représentée par le Préfet de la Seine, assigna le propriétaire afin de l’obliger à rétablir la façade dans son état primitif et conformément aux lettres patentes de 1605.
« Le jugement du Tribunal civil de la Seine en date du 10 mars 1910 (1) confirma l'existence de la servitude et condamna le propriétaire à démolir les travaux par lui irréqulièrement faits à la façade et.
1. Bulletin municipal officiel, 24 juin 1910, p. 2255 et 2256.
de rétablir ladite façade dans son étalprimitif (1). »
Grâce à la vigilance de l'administration, trop rare dans la plupart des cas pourque nous ne nous fassions pas un plaisir de la signaler dans celuici, la place des Vosges a dû de conserver son aspect original.