CHAPITRE I Les projets de l'Administration
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Le1Bnirrz.
Nus avons exposé dans les deux sections précédentes le régime actuel de Paris, au point de vue esthétique, régime affligeant et où la beauté de Paris est tous les jours un peu plus compromise. Nous avons indiqué la nature du mal, démontré son importance et dénoncé ses causes. Il importe maintenant, et ce sera notre tâche la plus importante et la plus délicate, de proposer une solution qui mette un terme à une situation aussi désastreuse et donne pour lavenir les garanties
APTE nécessaires. Quel remède? Si, dans bien des cas l’on est impuissant à revenir sur les abominations déjà commises, comment en prévenir le retour? Dans la mesure où c’estæncore possible comment protéger, contre les folies des constructeurs modernes, la beauté de Paris.
Aussi bien, indépendamment de toutes les protestations du monde artistique, cette préoccupation a-t-elle poussé à intervenir, en vue d’une solution pratique, nombre d’esprits clairvoyants et soucieux des intérêts de la capitale, aussi bien à la Chambre qu'au Conseil municipal.
Le 7 novembre 1907, M. Berger, au cours de la discussion du budget des beaux arts, interpellait à ce sujet le gouvernement. |
Le 11 novembre 1908, M. Chastenet interpellait à son tour et à la suite de ses critiques la Chambre votait la résolution suivante :
La Chambre invile le gouvernement à faire respecter les lois, règlements et contrats qui garan issent la beauté de Paris, à exiger la démolition des constructions qui dépassent les hauleurs prévues et d'étudier dans quelle mesure il
y aurail lieu de modifier le décret du 13 août
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Cette résolution n'ayant été suivie d'aucun effet, M. Chastenet, le 24 juin 1909; porta une seconde fois la question à la tribune et par une critique plus serrée et plus véhémente, s’efforça de secouer la force d'inertie du gouvernement.
Son effort ne fut pas complètement stérile. Peu après, en effet, dans un des conseils des ministres, la décision suivante était prise :
« Le Conseil des ministres a décidé qu’il y avait lieu de nommer une comnussion interminislérielle chargée de centraliser l’action des divers services concernant le maintien des perspectives monumenlales de Paris.
« Actuellement, les services dépendent de trois ministères : Intérieur, Finances el Beaux-Arts, et de la Préfecture de la Seine ei agissent isolément, sans concert préalable, les uns au point de vue de la voirie, les autres au point de vue de la propriété du Domaine, les autres au point de vue des monuments historiques.
« En coordonnant l'action de ces services on psurra mieux assurer la conservation de la beauté de la capitale. On confiera à la Commission quiva étre nommée dans ce but le soin d'examiner st l’on ne pourrait pas classer cerlaines rues el certaines places comme on classe des monuments. »
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Le 8 juillet (1) sur la proposition du sous-secrétaire d'État des Beaux-Arts et en vertu d’un arrèté du ministre de l’Instruction publique était « énstituée auprès de l'administration des Beaux-Arts une commission à l'effet de centraliser l'action des divers services chargés de veiller au maintien des perspectives monumentales de la Ville de Paris ».
Cette commission eut pour président le soussecrétaire d'État aux Beaux-Arts et fut composée de parlementaires, de conseillers municipaux, de fonctionnaires de l’État et de la Ville de Paris, d’architectes et d'artistes.
D'autre part, à la suite d’une question posée au Préfet de la Seinele 9 juin 1909, celui-ci, le lendemain même, instituait un Comité, dont l’idée avait déjà été lancée par M. Chassaigne-Goyon, mais dans une pensée beaucoup plus large (2) et dont la mission était d’émeltre un avis, tant au point de