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Nous avons été tout récemment précédé dans cette voie et l’on peut même à première vue se demander quelle œuvre originale aura bien pu produire en 1912 l’auteur d’un livre intitulé : La Beauté de Paris et la Loi, alors qu’en 1911.en a paru un avec ce titre: Des moyens juridiques de sauvegarder les aspects esthétiques de Paris. L'idée de ce travail était déjà arrêtée dans notre esprit depuis de longs mois lorsque nous avons eu connaissance de la thèse de M. Charles Magny. Aussi n'avons-nous pu réprimer un sentiment de contrariété lorsque, à ne juger des choses que d’après des couvertures de livres, elle nous parut avoir été éventée par un autre que par nous. Etait-ce bien la peine de répéter ce qui n’avait pu manquer d’être déjà dit. Mais à peine eûmes-nous feuilleté
les pages consacrées par M. Magny à l'étude de notre sujet commun que nous fûmes aussitôt rassuré. M. Magny avait fait avant tout œuvre d'historien et documentaire, nous avions à cœur de faire œuvre de critique et lorsque par hasard M. Magny s'était aventuré sur ce terrain de la critique il n’avait pas porté ses pas assez loin pour qu’un champ immense, et non exploité, de critiques et de théories ne s’ouvrîitencore devantnous.M.Magny était somme toute un apologiste, nous étions un casseur de vitres. Les pages de M. Magny étaient empreintes de sérénité et d’optimisme, des nôtres devait s’exhaler un sentiment d’amertume et d’indignation. Pour tout dire le livre de M. Magny ne touchait pas le fond de la question, notre tâche nous était laissée, intacte.
Ceci dit, nous devons à la vérité de reconnaître que les recherches historiques et autres de M. Magny nous ont considérablement déblayé le terrain, que ses indications nous ont souvent été fort précieuses, n’aurait-ce été qu’en nous évitant bien des recherches et en nous signalant plusieurs des aspects de notre question. Nous ne dissimulons pas que dans certains de nos chapitres nous avons fait à son travail, quitte à en prolonger les lignes età en approfondir les données, de larges emprunts. Mais, pour ce qui est de la pensée, s’il serait bien téméraire de prétendre avoir été vraiment origi-
nal, et s’il est indéniable que sur quelques points M. Magny a pu nous suggérer des idées intéressantes, nous n’estimons pas moins dans l’ensemble, que son travail n’a point enlevé au nôtre sa raison d’être.
Ce livre est un réquisitoire en même temps qu'un plaidoyer. C'était fatal. Nous n'avons pas pu, à mesure que nous constations les atteintes portées à la beauté de Paris, ne pas rechercher les responsabilités et ne pas dénoncer les fautes — et quelles fautes ! — ni épargner nos critiques, parfois sévères mais, 1l nous a paru, justifiées, à ceux qui ont forfait à leur devoir sacré de veiller sur elle.
Notre travail est avant tout un travail juridique, incidemment historique et documentaire. Nous avons analysé une situation de droit, nous l’avons critiquée et nous avons proposé pour y remédier des moyens réglementaires et légaux. Nous n'avons cependant pas fait seulement du: droit dans les pages qui suivent. Nous étions amené, pour jusüfier tout d’abord le choix de notre sujet, ensuite nos critiques, enfin les mesures par nous préconisées, à faire intervenir des considérations étran-
En re
gères au droit. Aussi bien un tel sujet entraînait-1l à d’inévitables digressions. Nos développements strictement juridiques sont entremêlés de considérations -sur l’Architecture, l'Art et la Beauté. Il s'agissait, en effet, pour nous moins d'exposer un droit nouveau que, de le fonder. Et ce nous était un devoir pour donner à notre argumentation toute la portée et à nos solutions juridiques toute la valeur nécessaires de les asseoir fortement sur le culte scrupuleux du'Beau!
* Sue ‘
Nous adressons nos meilleurs remerciements aux personnes qui ont bien voulu nous prêter, dans l'élaboration de cet ouvrage, le concours de leurs compétences juridique et artistique :
À M. André Hallays, critique d’art au Journal des Débaïs. |
À M. Emile Massard, conseiller municipal, directeur de /a Pairie et de la Presse.
À M. Louis Bonnier, directeur des services d'architecture à la Préfecture de la Seine.
À M. Paul Léon, chef de division au Ministère des Beaux-Arts.
À M. Gallier, architecte.
À M. Laurence, inspecteur du service des Beaux- Arts à la Préfecture de la Seine.
dus
À M. Massat, chef de bureau à la direction des alignements, promenades et plantations à la Préfecture de la Seine.
À MM. Fockenberge et Fuche, de la Préfecture de la Seine.
Nous devrions aussi une mention aux personnes dont l’ignorance, le mauvais goût et la sottise, l'esprit anarchique et paradoxal et les aberrations diverses nous ont souvent, par voie de réaction, découvert Les vrais principes,et aux propos irréfléchis et insensés desquels nous avons dû d’être rejetés avec d’autant plus de conviction vers les idées saines et les justes notions. Mais par égard pour leur modestie, qui s’effaroucherait d’une mention, nous nous bornerons à cette allusion reconnaissante à leur part contributive dans ce
ravilat.