‹ La Beauté de Paris et la LoiChapitre 77 sur 96 · PREMIÈRE DÉLIBÉRATION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE DÉLIBÉRATION

Article premier. — Il ne sera plus dorénavant désigné d'emplacement pour l'érection d’une stalue, d’un buste ou d’un monument dans Paris, qu’aprèsunexamen fait sur le lieu même au moyend’une maquelte grandeur nature du monument à élever fournie par le comilé ou la société pélitionnaire.

Art. ?. — En aucun cas une stalue un, buste ou ne pourra être un monument élevé sur une vote publique si un délai de dix ans (1) ne s’est pas écoulé depuis le décès de la personne à glorifier.

DEUXIÈME DÉLIBÉRATION Article premier. — Tout comité formé en vue de l'érection d’un monumentpublic à Paris, groupe

1. Pour notre compte nous porterions ce délai à 30 ans, l’assimilant au délai au delà duquel les œuvres des auteurs décédés tombent dans le domaine public,

ou stalue devra, avant de soumettre au Conseil municipal une demande d'emplacement, présenter à la Commission administrative des Beaux-Arts de la Ville de Paris (1) les plans, croquis el esquisses du monument qu'il se propose de faire exécu-

ler el obtenir un avis favorable de ladite Commission.

Nous ne pouvons qu’applaudir à ces mesures et plus particulièrement à cette dernière qui nous donne enfin la garantie essentielle, à savoir qu’un organe compétent statuera obligatoirement sur des projets dont l'exécution intéresse la beauté de

Paris.

1. Commission instituée par arrêté préfectoral du 10 février 1881. (Recueil des actes administratifs de la préfecture du département de la Seine, année 1881, p. 367.)

Cette commission est chargée de donner son avis sur les commandes de travaux d’art, de désigner au choix de l’administration municipale les artistes auxquels il conviendrait de les confier, de surveiller l'exécution et de procéder à la réception définitive des travaux

A(arts 2):

Elle donne en outre son avis sur toutes les questions qui lui sont soumises par le préfet ou par le Conseil municipal (art. 4),

Elle sera composée de membres permanents; le Préfet de la Seine, président, le président du Conseil municipal, le directeur des travaux de Paris èt de membres temporaires renouvelables par tiers chaque année : 6 conseillers municipaux élus par leurs collègues, et 12 persounalités appartenant au monde artistique nommées par le préfet Sur présentation double faite par la Commission (art. 5 et 6).

Nous devons cependant à la vérité de dire que ces mesures ne sont pas des mesures proprement réglementaires. Les délibérations qui les contiennent n’ont pas en effet été approuvées par arrêté préfectoral. Et ce qu'une délibération a établi, une autre délibération peut le modifier, sans formalités. Toutefois nous sommes en présence de principes nettement posés et d’une volonté concordante chez le. Conseil municipal et l'actuel Préfet de la Seine (c’est sur la proposition du préfet que les délibérations ont été prises) à opposer une digue à l’envahissement de Paris par les statues et monuments divers, de ñature à en compromettre la tenue (1).

Ajoutons encore que la procédure prévue par lesdites délibérations ne s'applique pas à Paris tout entier. Le jardin des Tuileries et celui du Luxembourg ne dépendent point de l'autorité municipale. Le premier est propriété de l’État, le second relève de la questure du Sénat. Ministère des Beaux-Arts etquesture continueront à statuer sur l'érection des

1. C’est ainsi qu'il a été décidé au lendemain de l'érection de la statue d'Alphonse Daudet aux Champs-Élysées qu'il n'y serait plus élevé de monument non plus qu’au cours la Reine. Et le classement de ces deux emplacements devait bientôt à suivre,

statues à venir dans ces jardins sans être retenus par l'avis de commissions quelconques.

Maisilest une mesure parfaitement propre à conjurer un plus grand envahissement de ces jardins par les marbres et les bronzes, c’est le classement, mesure à tous égards désirables, qui leur garanti-

rait pour l'avenir le maintien de leur aspect actuel.

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