‹ La Belgique contemporaineChapitre 10 sur 47 · LES CHAMBRES. - L'ŒUVRE · texte numérisé non relu

LES CHAMBRES. - L'ŒUVRE

Le Congrès avait proclamé l'indépendance nationale, voté la Constitution, élu un Roi, rédigé la première loi électorale et le décret sur la presse. Son œuvre était terminée, celle des chambres législatives commença.

La première session s'ouvrit le 8 septembre 1831. Il y en a eu 57 depuis cette époque jusqu'en 1880, en y comprenant les sessions extraordinaires, tenues le plus souvent à la suite d'une dissolution générale ou partielle.

Il n'y a eu que six dissolutions. La })remière fut celle de la chambre des représentants en 1833, faite par MM. Rogier et Lebeau ; la seconde, celle des deux chambres en 1848, à la suite de l'abaissement du cens électoral; la troisième, celle du Sénat en 1851, faite à la suite du rejet par cette assemblée du projet de loi sur les successions en ligne directe, présenté par M. Frère- Orban; la quatrième, celle de la chambre, faite en 1857 par les libéraux, à la suite de la crise qu'avait provoquée la loi sur la bienfaisance présentée par MM. De Decker et Alph. Nothomb; la cinquième, celle de la chambre, faite de nouveau par les libéraux en 1864, en vue d'échapper à la situation créée par la retraite des

callioliquos 9.\\r lo Monl Avonlin; la (Icnii^rc, r-cllo dos deux ehambros, laite en 1870 par les catlioli(|ues, à la suite (Viin succès électoral qui leur avait donné le pouvoii' sans leur donner en même temps une majorité suflisnntc ])<»ur a'ouverncr.

De 18:51 à 1870, la royauté n'a donc usé que six fois, et dans des circonstances où elle obéissait à une strict,o nécessité gouvernementale, du droit que lui donne la Constitution de faire un appel au pays.

Ces circonstances criti(|ues s'étant reproduites six fois en quarante-huit ans, on peut assigner une durée moyenne de huit ans à chaque ])hase politique. Il n'est pas sans intérêt de noter ce chifîre, parce qu'en Angletei^re, la Constitution attribue une durée septennale au Parlement. C'est aussi la période à la fin de laquelle expirent en France les pouvoirs présidentiels. Le fait se trouve ainsi d'accord avec la loi de deux grandes nations pour limiter à ce chifîi'e de sept à huit ans les évolutions quasi-régulières de l'esprit })ul)lic.

Ce n'est pas à dire que la marche de la nation dans une môme voie ne puisse s'étendre au-delà de ce terme, car l'administration libérale fondée en 1857 par MM. Rogier et Frère-Orban s'est perpétuée avec quel([ues modifications jusqu'en 1870. Mais la présence des mêmes hommes aux afïaires au-delà d'un terme normal finit par engendrer une certaine lassitude et le gouvernement, lut-il sans reproche, on se fatigue aussi bien en Belgique qu'à Athènes d'entendre appeler Aristide le juste. Pas plus dans la politique que dans les lettres,

il no faut s'étonnor do voir runiformitô provoquer Fonnui.

On a quelquefois comparé la démocratie à ce dieu de la mythologie qui dévorait ses enfants. Il faut cependant reconnaître qu'en Belgi({ue elle n'a pas fait preuve d'un appétit démesuré.

A moins que l'âge, ou la mort, ou des circonstances exceptionnelles ne les aient enlevés aux affaires publiques, on a vu d'une façon presque régulière le s mêmes acteurs jouer les premiers rùles. Les chambres ont été peuplées pendant de longues années d'anciens membres du Congrès national, et beaucoup d'hommes éminents parmi ceux qui occupent aujourd'hui l'attention du public, peuvent dire en parlant des événements d'une moitié de ce siècle : quorum pars magna fui. Si l'on faisait le dénombrement du personnel de nos assemblées politiques, on y compterait parmi ceux qui occupent le premier rang ])lus de vétérans que de conscrits.

Il y a eu depuis 1831 seize ministères, nommés tour à tour par le Régent, par Léopold P^" et par Léopold IL

Nous donnons dans les tableaux qui suivent la composition (les divers cabinets et celle des bureaux des deux chambres législatives.

TAlîLE.Vr 1)C .M()[\l-:.MIv\'l

l''''ministc'ro du Ri'gcnt (20 ftvricr 18:51).

(Los noms des clicfs des divers culiiiicts sont iiiiiirinu's en italiqiu

AITAIllKS i^niiA.NCKinCK. KI.VANCKS. (JUKItr.K.

.S'. ]',iHii, u'iijo-, ■;-. ( h. de isrouckrrc,-;-. (ioiiict, •;-•

'i'' iiiinisU'iv du Ité-^ont

('2:5, 24, 27 mars J. IaI.chk, -'ç .

(11. de l!r(iU(k(rc,-|-. It'lhiMcdc Stccnliu} se, liu\i\icr, -j-. Ile l'ailly, -'ç. j

l''|' ministi'rc

do Loopold I''''

(21 juillet 1831).

T)i .Vii('ciif/nr,'\'. Coi^lieu, ■]•

Do Failly, -f.

Cil. do lîrouekore,-',-.

F.de:Mero(kY/;//.y(,-;- Evain, -j-.

2'' ministère

d(ï li'opold !'''■

(20 octobre 1832).

o*^ ministère

de Léopidd I'''

(-1 août 1834).

4'' ministère

de Léopold I'-''

(18 avril 1840).

,y' miuislère

de Léopold I'^''

(13 avril 1841).

G^' ministère

de Léopold I'''

(30 juillet 184.3).

(.•(Mt fiNli-fim), •;-.

Fèli^ de :\[( rode, f.

De }i[uelenaere, -J- (Le ISjanvier 1837, ce iléparteni. est réuni à celui de lintérieur.)

Puvivior /^//// A "]". Evain, -|-.

Li'k'aii, -[■.

D'IIuart.

Desmaisièrt

^lereier, "j-.

De Muelenaere, -j". De lirioy, -[- De Briey, -'|-. Smits, -[-.

Goblet, -J-. ilereier, f.

Decliamps, -J-. Malou.

Evain, -]■. "W'illmar, "I-.

lîuzen. "'r.

Buzon, -I".

De Liem, -J- Dupont, ■}■.

Duiiont, -f.

ylINISTÉRIEL, DE 1831 A 1880.

On a fait suivre d'une -j- les noms de ceux (jui sont morts.)

INIÉIUBUE. .lUSTICîE. TlîAVAUX PUBLICS. IXSTKUCTION PUBLIQUE.

ielcmans. A. Gendebien, '[-.

e Sauvaiîc, -]-. Barthélémy, ■[-.

c Sauva;j;e, -'ç.

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