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LA DÉFENSE NATIONALE

On sait comment un concours de circonstances heureuses est venu consolider la révolution de 1830. La France s'afi'ranchit du joug de la théocratie en renversant Charles X, et la dynastie nouvelle dont Louis-Philippe était le chef devint Falliée intime de l'Angleterre qui, elle-même, à partir du jour où elle fut gouvernée par des hommes d'Etat libéraux, se déclara favorable à l'œuvre d'émancipation de la Belgique. Le congrès de Vienne en 1815 avait fondé le royaume des Pays-Bas pour servir de barrière entre la France et l'Allemagne. L'Europe, en 1830, assigna le même rôle à la neutralité belge.

Quand la conférence se réunit à Londres à cette époque, la première question qui se posa fut celle-ci : " Que faut-il faire pour que la Belgique ne devienne pas une cause de guerre générale dans le présent et un élément de discorde dans l'avenir ?" — La diplomatie crut répondre à cette double question en décidant que la Belgique formerait un Etat indépendant et perpétuellement neutre.

La sagesse de cette résolution n'est pas contestable,

et la Bolpiqno, malgré rcxigiiité do son territoire, est iHK^ sorU; (k; L(itn])On sur lequel viennent saniorlir l'ambition et la convoitise des puissances rivales. Mais quel est le véritable caractère de cette neutralité perpétuelle? Suffit-il i)()ur être neutre de ne pas s'occuper des affaires de ses voisins et de s'en rapporter pour le reste au hasard, à la fortune ; de planter, en cas de conflit, un poteau à la frontière et de tracer sur un écriteau ces mots : Chasse défendue, terrain neutre, on ne passe pas ?

Nullement. — En même temps que la conférence voulait que la Belgique fût pays neutre, elle voulut aussi qu'elle fût en état de défendre sa neutralité.

A toutes les époques de crise, l'Europe le comprit de la sorte. Ainsi, en 1840, quand la question d'Orient et la rivalité de l'Angleterre et de la France en Egypte, au temps de Méliémet-Ali , menacèrent l'Europe d'une guerre générale, M. Thiers, alors chef du cabinet des Tuileries, fit avertir le roi Léopold que si la Belgique ne se mettait pas en état de défendre sérieusement sa neutralité, la France se verrait obligée, à son grand regret, d'occuper son territoire pour empêcher la Prusse de l'y devancer.

A une époque beaucoup plus récente, en 1870, à la veille de la formidable lutte entre la France et l'Allemagne , les deux gouvernements nous invitèrent à remplir loyalement nos devoirs de pays neutre. Ils demandaient que l'armée belge fût mise sur un pied respectable, afin de pouvoir au besoin opposer une bar-

rière à ceux qui voudraient violer notre neutralité, soit au midi, soit à l'est. Un ministre a dit à ce propos k la tri])une de la chambre des représentants, en 1873 : " La neutralité de la Belgique a été respectée en quelque sorte conditionnellement. La France nous disait : J'ai l'intention de respecter la neutralité de la Belgique si vous êtes en état de la faire respecter. Nous avons répondu : Nous sommes parfaitement à même de le faire, et nous l'avons fait. « C'est pour cela qu'il faut que la Belgique, bien que pays neutre, ait une armée. Les partisans du désarmement répondent qu'il suflfirait d'invoquer l'autorité et le respect du droit des gens. Ils ont raison en ce sens que cette affirmation devrait suffire. Mais nous ne vivons pas dans l'âge d'or, et par malheur on en est encore à pratiquer la maxime du loup vis-à-vis de l'agneau et à faire prévaloir le droii du plus fort.

. X"n fait contemporain prouve à quel point la confiance absolue est une vaine et généreuse illusion. Quand l'armée française se vit acculée à Sedan, ses chefs agitèrent dans un conseil de guerre présidé par Napoléon III la question de savoir s'il ne conviendrait pas de traverser la Belgique pour tâcher de gagner Lille par la province do Namur et le Hainaut. Ce projet fut abandonné parce (jue le général de Wimpfïen s'écria : " Envahir la Belgique, ce serait nous attirer 70,000 ennemis de plus. •' Si la frontière belge avait été dégarnie, nous étions fatalement livrés k l'invasion étrangère. L'armée allemande aurait suivi l'armée française sur notre territoire,

^i ikjus (lc\('iii(>ns de nouveau le cli;iiii|) de ])at;iill(' nii se serait vidée la querelle de deux puissants monarques. Nous dûmes à la défense de notre neutralité l'honneur d'être le refug'e des blessés des deux nations belligél'anies et le bonheur de leui' tendre à toutes fleux une main fraternelle.

C'est pour ces hautes raisons d'Etat que tous les ministères qui se sont succédé depuis 18H0, ont reconnu la nécessité d'une forcc^ défensive qui lut en rapport avec les ressources financières du pays et l'importance numérique de sa population.

Cette force militaire est fixée par la loi organique, votée en 18G8, à 105,000 hommes. Sans doute, avec une telle armée, il serait insensé de prétendre résister à une action combinée de toutes les puissances, mais dès l'instant où le pays se conforme à ses devoirs, il a le droit d"espérer, en cas d'attaque, le secours d'une puissance amie. Envahis par l'Allemagne, nous devenons les alliés de la France; envahis par la France, nous devenons les alliés de l'Allemagne ' .

Ceci m'amène à dire quelques mots des fortifications d'Anvers. Les pouvoirs publics ont fait d'Anvers une forteresse de premier ordre, où le chef de l'Etat et le gouvernement se trouveraient en sûreté, tandis que l'armée, prenant cette place pour base d'opérations, dé-

1. ^'uil■ la reiuar(iuable étude de ^l. Tlionissen, sur lu m-iitraUté hehjv t/aita le .<<i/sti'/iic viiropcin. {Pafria Bch/ica, tome II. page 367.)

fendrait pied k pied le territoire en attendant les secours de nos alliés.

Le général Brialmont, qui a pris une si grande part à la conception et à l'exécution de cet immense travail, en a lui-même raconté le point de départ, caractérisé la portée et donné la description dans un récent écrit'. Je ne saurais trouver pour en parler, un guide plus sur et plus éclairé.

Dès 1848, un comité de défense institué au département de la guerre avait proposé de faire d'AnVers la base et le lieu de refuge de l'armée en campagne et d"y créer, à cet effet, un camp retranché composé de sept fortins et d'une lunette. Ce camp retranché était à peine construit que l'on reconnut la nécessité de changer le système de défense et de créer une grande place de guerre sans nuire au développement de la métropole commerciale. A cet effet, l'on proposa en 1858 d'élargir au nord la vieille enceinte espagnole, en incorporant dans la ville 187 hectares, et de construire six grands forts à 5,000 mètres de la cathédrale. L'exécution de ce projet devait coûter 20 millions. La chambre, sur le rapport du général Goblet, le rejeta par 53 voix contre 39. D'excellents patriotes, parmi lesquels MM. Paul Devaux et Dumortier, avaient proposé de fortifier Bruxelles. Les députés d'Anvers avaient réclamé la démolition complète des remparts existants, et la création d'une enceinte cinq fois plus vaste. Le vote fut

1. Anvers et la défense du 2}('ys, dans la Belgique illuslrie, t. I, p. 201.

accueilli avec ontlioiisiasmo par la population d'Anvors et avec satisfaction par le pays. L'agrandissement partiel laissait la défense incomplète, entravait le dévelnj)pement des établissements maritimes et paraissait un acte de défiance à legai-d de Flùirope, parce qu'il n'él;iit fondé que sur des raisons militaires. L'agrandissement général, qui fut proposé en 1850 et voté par 57 voix contre; •12 à la cliainbri; des représentants, et par 34 voix contre 15 au sénat, avait l'avantage de mettre la ville à l'alji'i d'un honibardement en plaçant les forts détaclK's à7,5(K) mètres du clocher de la cathédrale, de permettre une extension presque illimitée des bassins et des installations commerciales, et de reléguer la question stratégique au second plan en laisant de Tagrandissement d'une grande cité le principal objeclif d'une dépense évaluée dès l'abord à 50 millions.

J'ai indiqué ailleurs les principales phases de l'agitation locale provoquée par la (juestion des servitudes militaires et de la citadelle du Nord. Je n'ai à m'occuper ici que du côte technique. Le général Brialmont, se fondant sur l'expérience des sièges de Paris, de Metz et de Plevna, estime qu'il faudrait pour bloquer la position d'Anvers une armée de 170,000 hommes. Il ajoute que la durée de la résistance , grâce aux approvisionnements qui viendraient par l'Escaut avant que l'ennemi eiit pu établir le blocus de la zone maritime, serait au minimum d'un an. Il va jusqu'à affirmer que, lorsque la ville sera pourvue de sa ligne de défense éloignée, il faudra pour l'investir une armée de 265,000 hommes.

Les travaux do fortification, adjugés le 80 novembre 1859 à la Co7npagnie des matériels de cJiemin de fer, comprenaient 14 millions de mètres cubes de terrassements et un million de mètres cubes de maçonnerie. Entamés le 3 mars 1860, ils furent terminés en 1864. Pendant quatre ans on y employa 18,000 ouvriers, dont 6,000 soldats d'infanterie, dirigés par 80 officiers de cette arme et du génie. L'enceinte comprend un grand nombre de bâtiments à l'épreuve de la bombe et six casernes défensives, un arsenal de guerre, une m'eunerie et une manutention pour une armée de 100,000 hommes, et un établissement pyrotechnique. La place est aujourd'hui complètement pourvue de canons, de projectiles et de poudre, et deux jours suffiraient pour armer l'enceinte et les forts. On a donné aux liàtiments militaires et aux grandes entrées de l'enceinte un aspect monumental. Tout le monde connaît les belles portes dont l'architecture est l'œuvre de feu Félix Pauwels et dont la partie sculpturale a été confiée à deux statuaires distingués, MM. Cattier et Bouré.

Les fortifications d'Anvers appartiennent au type fiolygonal qui, d'après les hommes compétents, l'emporte notablement sur l'ancien système bastionné. Bien qu'on eût représenté la nouvelle forteresse comme une des plus fortes du monde, on constata bientôt qu'elle était incomplète, et pour compléter la défense, on entreprit, à la fin de 1870, trois grands forts situés l'un sur la rive droite, en avant de Merxem, et les deux autres sur la rive aauche, en avant de Cruvbc'ke

ot (le Zwviuli'cclit. Entre co (Ici'nicr Invi et le fort Sainte-Marie, un a conslniit une digue délensive pour battre rinondation de la rive gauche. En outre, deux, forts à coupole sont en ^oie (rexecution sur les bords de l'Escaut, à la ]>lace des anciens fbi'ts de la Perle et de Saint-Philippe.

Cet ensemble de travaux était terminé ou décrété, quand le siège de Paris vint établir (pi avec la nouvelle arlillei'ie on pninail huinbarder une Aille à la distance; de *.»,5()0 nièires. ( )n en a conclu (pi'il (allait établir une seconde ligne de défense sur la Nèthe et le Rupel. A cet effet, des crédits destinés à la construction des forts de ^\'aelhein et de Lierre, de IvUpelmonde et de Schooten, ont été votés en avril 1878. On a au dans un chapiti'o précédent que hi dépense totale des ouvrages entrepris depuis 1859 s'élève à près de 80 millions. Cependant le général Brialmont est d'avis que la réalisation complète du plan conçu par le génie militaire, exige encore des travaux importants. Il conclut en disant qu'avec Anvers pourvu du personnel nécessaire et une armée mobile de CO à 70,000 hommes tenant la campagne, la Belgique arrivera à une situation telle qu'il sera pour les Allemands comme pour les Français plus utile de respecter sa neutralité que de la violer.

On comprend, d'après ce qui précède, que le système de défense consiste à opposer une résistance aussi longue (pie possible à l'envahisseur, et dans le cas où la supériorité numéri(pe de ce dernier forcerait l'armée à battre en retraite, à la concentrer derrière les Deux-

Xèthes, pour lamenei' finalement dans le camp retranché d'Anvers. Beaucoup de militaires sont d'avis, toutefois, que dans la nouvelle situation créée par les derniers événements européens, les vallées de la Sambre et de la jMeuse ont acquis une grande importance stratégique, et l'on en peut conclure que les projets si longuement élaborés sont destinés à subir dans un avenir plus ou moins prochain de nouvelles modifications.

Je craindrais d'allonger inutilement ce chapitre en entrant dans de longs détails sur la composition de l'armée. Quelques chiffres suffiront à l'instruction du lecteur. L'armée comprend, outre les états-majors, l'intendance et le service de santé, 19 régiments d'infanterie et 2 compagnies sédentaires, 8 régiments de cavalerie, 7 régiments d'artillerie et 4 compagnies spéciales, un régiment du génie, un corps de gendarmerie composé de o divisions, et 8 compagnies de troupes d'administration.

Cet effectif est soumis à trois commandemenis militaires, dominant neuf commandements provinciaux. L'infanterie comprend 4, la cavalerie 2 divisions, l'artillerie 3 brigades. La loi organique de 1808 suppose un effectif de 100,000 hommes, indépendamment d'une réserve de 30,000 hommes. D'après le dernier Annuaire statistique du royaume, le nombre des hommes présents sous les drapeaux était en 1877, de 3,270 officiers et 104,983 sous-officiers et soldats. La garde civique active comptait au 31 mars 1878, un effectif total de 29,583 hommes, parmi lesquels 1,495 chasseui's-éclai-

leurs et chasseurs belges, 1,500 artilleurs, 361 cavaliers

et 135 sapeurs-pompiers.

J'éprouve quelque hésitation à me prononcer sur le modo (le recrutement de l'armée, qui a donné lieu, surtout depuis la guerre de 1870, à de très vives discussions. Les victoires écrasantes remportées par les troupes allemandes, l'empressement du gouvernement de la France et de divers autres pays à substituer le service personnel à la conscription par le tirage au sort, le désir do composer l'armée des éléments les plus robustes, les plus sains et les plus éclairés de la nation, la difficulté de trouver de bons cadres de sous-ofïiciers l)armi les remplaçants et les volontaires avec prime qui figurent en grand nombre dans les rangs, ont été autant de causes du mouvement qui s'est produit, surtout parmi les généraux, en vue de doter la Belgique du service obligatoire, tempéré par des exemptions en faveur des jeunes gens que le service militaire enlèverait à leurs études. Cette question, depuis longtemps agitée, a fait peu de progrès dans ces derniers temps, et elle divise les meilleurs esprits. Pour la résoudre, il faudra naturellement que Ton tienne compte des mœurs et du tenqjérament du pays. Une opinion individuelle exprimée ici en quelques lignes serait d'un faible poids dans ce débat. Je me borne à signaler le litige en émettant le vœu qu'il se termine par une solution conforme à la fois aux intérêts moraux de la patrie et aux nécessités vraies de la (hMonsc nationale.

Revenant à Forganisation actuelle, je dirai deux mots

dos établissements crinstructicm militaire. Ils comjirennent l'Ecole militaire propi'ement dite, ci'éée en 1838 et destinée à former des officiers pour toutes les armes ; l'Ecole de guerre, instituée en 18G9 en vue d'assurer le recrutement du corps d'état-major; les écoles spéciales de cavalerie et des sous-officiers. Ces diverses écoles réunies devaient, d'après une loi de 1872 qui n'est pas exécutée jusqu'à ce jour, former une Académie militaire établie à Bruxelles dans un local unique.

Il existe dans tous les corps des écoles régimeniaires en vue de l'instruction des sous-officiers et des soldats; puis une école d'enfants de troupe, établie à Alost depuis 1817. A ces établissements d'instruction, il faut ajouter le camp de Beverloo, où tous les ans, sur un espace de 4,000 hectares, une partie de l'armée est amenée pour de grandes manœuvres et des applications de tactique combinée.

La Belgique possède encore en fait d'établissements spéciaux : à Liège, la fonderie de canons et la manufacture d'armes ; à Anvers, l'arsenal de construction et l'école de pyrotechnie ; à Brasschaet, l'école de tir ' et le polygone destiné aux exercices spéciaux de l'artillerie-.

Une loi récente a mis à la charae de l'Etat le caser-

1 . Le fusil (le l'armée belge est du système Albini, rayé et se chargeant par la fulasse.

2. Les canons belges sont du système 'Walu-cndorfi' et se chargent par lu culasse.

iK'inoiit (les troupes, ijui ('tait i)r(''c<Ml('niiii('ni une nhligation (les communos, et (riiiiportants crédits ont été votés par les chambres en vue de satisfaire à l'un des besoins les plus urgents, (jui consiste à loger la troupe dans de bonnes conditions de salubrit(''.

En dehors de Tordi'e de Lf'opold, institiK^ par la loi du 11 juillet 1832 pour r(''('ompenser les services rendus à la patrie', et de la décoration civique créée en 185(j, pour ceux qui avaient honorablement servi le pays pendant vingt-cinq ans. Vn arrêté noyai de 1873 a établi une décoration militaire destinée aux sous-ofllciers et aux soldats. — Le dernier acte du gouvernement en

1. L'urdiX' du Léopold fut institué sur l;i proposition de il. le comte F. de Mérode, qui voulait l'intituler l'ordre de i' Union, il. Dumortier, rai»porteur de la section centrale, proposa de lui donner le nom qu'il porte aujourd'hui, et la devise rnnionfait la force. Il ne fut (luostion à l'origine de le conférer que pour des services militaii-es. La création de l'ordre ne fut votée a la chambre qu'il deux voix de majorité, par 37 voix contre 3ô. M. Gendebien déclara à cette occasion que jamais un morceau de ruban ne salirait sa boutonnière. Au sénat le projet fut voté le 9 juillet 1832, par 32 voix contre 2. En 1838, sur la proposition de M. de Theux, fut institué le grade de grand-oihcier, qui prit place entre ceux de commandeur et de grand-cordon.

Le 23 septembre 1833, sur la proposition de M. Kogier, la cliambrc des représentants vota l'institution de la Croix de fer. Elle fut décernée aux citoyens qui, avant l'inauguration du Koi, avaient été blessés et avaient fait preuve d'une bravoure éclatante, dans les combats soutenus pour l'indépendance nationale ou qui avaient rendu des services signalés au pays. Sur la proposition de B. Dumortier, la croix de fer fut déceniée par acclamation aux membres du gouvernement provisoii-e. La liste des citoyens décorés de la croix de fer figure au Moniteur des 30 septembre 1834 et IG avril 183-3.

faveur de l'armée a été laugmenTation du taux des pensions militaires. En additionnant toutes les contributions qu'impose au budget le soin de la défense nationale, on arrive à constater que la Belgique consacre à ses dépenses militaires à peu près 20 pour cent, soit le cinquième de ses ressources annuelles. Ce chiffre peut paraître élevé, bien qu'il soit inférieur à celui que paient les autres nations de l'Europe. Mais il importe de ne point perdre de vue que cette contribution est une prime d'assurance et que les charges de notre établissement militaire — en le supposant efficace — ne sont rien à côté de ce que cotiteraient à la nation quelques jours d'occupation étrangère ou d'anarchie.

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