‹ La Belgique Devant La Crise: La Dévaluation A-T-Elle Été Une Solution?Chapitre 73 sur 82 · EXPANSION ECONOMIQUE · texte numérisé non relu

EXPANSION ECONOMIQUE

Toute notre politique sera orientée dans le sens de l'expansion économique, seule et véritable méthode permettant d'assurer la résorption du chômage.

La reprise des affaires dépend de la restauration de la marge de profit des entreprises.

En ce qui concerne les prix, nous estimons que la baisse doit être enrayée parce qu’elle a dépassé, à coup sûr, dans tous les domaines, le point d'équilibre économique. Les prix de gros hausseront d’une façon certaine et rapide à la suite des mesures prises en matière monétaire. Ainsi, se trouvera réduite la disparité anormale qui persiste malgré tous nos efforts entre les prix de gros et les prix de détail.

Quant à ceux-ci, une hausse modérée et lente nous paraît désirable en l’état actuel des choses. Nous voyons dans ces mouvements les moyens d’alléger la situation si critique des classes moyennes, en particulier de ceux qui exercent le commerce de détail.

L'idéal en cette matière serait à coup sûr la stabilité parfaite. Nous veillerons à freiner toute hausse rapide. Sans abandonner la légitime protection de nos intérêts agricoles, nous nous attacherons à ce que le régime des contingents et des licences n’intervienne pas comme une cause de hausse supplémentaire.

Mais c’est surtout par une action énergique et continue sur ea divers éléments du coût de production que nous pourrons rendre aux affaires la marge de bénéfice qui leur est indispensable pour poursuivre leur activité. Dans cet esprit, nous nous attacherons particulièrement à alléger les charges financières et les charges fiscales qui pèsent sur les entreprises. Nous poursuivrons une politique déterminée de crédits abondants et à bon marché.

Nous proposerons de créer en outre divers organismes nouveaux pour répondre à des besoins insatisfaits, soit temporaires, soit permanents. Nous établirons entre autres un office de réescompte et de garantie.

Cet organisme disposera d’un capital privé souscrit par les banques appelées à en bénéficier.

La bonne fin de ses opérations sera garantie à concurrence de dix fois son montant par l'Etat.

Nous demanderons sans doute à la Banque Nationale d'assumer la gestion de cette institution.

D'autre part, nous créerons un institut central hypothécaire.

Nous aurons soin de nous inspirer à cet égard, et notamment dans la réorganisation du marché de l'argent à court terme, des exemples que nous donnent certains grands pays voisins dont le succès a été complet dans ce domaine.

Quant aux charges fiscales, notre conviction est que le poids total du budget est actuellement disproportionné aux facultés contributives du pays.

Nous décréterons immédiatement des dégrèvements fiscaux importants.

Nous les ferons porter tout d’abord sur l’impôt foncier et ensuite sur toutes les taxes qui pèsent particulièrement sur l'industrie et l’agriculture, et alourdissent le coût de production.

Nous persistons à croire que le rétablissement d'un équilibre budgétaire réaliste est nécessaire et nous espérons y arriver bientôt, d’une Part, par une diminution sérieuse de dépenses rendue possible par La conversion volontaire de la rente et par la réduction du chômage, résultant de l’ensemble de notre action, et, d'autre part, parce que la reprise économique, que nous Provoquerons, assurera au bout d'un certain nombre de mois une augmentation de recettes par rapport aux dépenses.

Ces perspectives ne nous dispenseront pas de continuer, en matière administrative, la politique de stricte économie. Pour atteindre le rendement maximum, nous entreprendrons la réforme administrative qui s'impose.

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