MANIFESTATIONS DANS TOUTE LA BELGIQUE
Mons et Tournai se signalèrent. A Liège, la population tout entière aurait voulu assister au Te Devm. et la vaste basilique de Saint-Paul n'axait pu contenir la foule qui s'y était portée. La revue de la garde civique avait été également marquée par un enthousiasme extraordinaire. Sur tout le front de la garde, le drapeau national avait été salué par les cris mille fois répétés de Vive le Roi! Devant le palais s'étaient groupés plus de ô'OO étudiants, tous ornés de la cocarde nationale et portant le buste du Roi. Lorsque les différents corps de la garde arrivaient devant celte jeunesse ardente et patriotique, les acclamations redoublaient.
Verviers rivalisa avec Liège. La garde civique, après avoir assisté en corps au Te Deum, chanté à l'église de Saint-Remaele, défila sur la place de l'Hôtel de ville où le buste du Roi reposait au milieu des oriflammes, des fleurs et des lauriers. En passant devant ce buste, les gardes élevaient leurs shakos sur la pointe de la baïonnette, et les cris mille fois répétés de : Vive le Roi! poussés par toute la légion et par des milliers de spectateurs, ne cessèrent de retentir durant tout !e défilé.
A Huy, l'antique collégiale de Notre-Dame fut le théâtre d'un épisode également digne d'être rappelé. Pendant le Te Deum, le curé-doyen monta en chaire et adressa aux fidèles celle patriotique allocution :
« Nous avons pour règle immuable de ne pas nous mêler aux luttes des partis. Mais lorsque toute divergence d'opinions disparaît, lorsque le peuple belge se lève, comme un seul homme, pour acclamer sou Roi et pour affirmer fièrement sa volonté inébranlable de sauvegarder ses libertés, le devoir du clergé est de se lever avec lui et de manifester solennellement son dévouement au Roi et son inviolable attachement à la Constitution qui nous régit.
« Il y a vingt-neuf ans que, répondant à nos vieux, Léopold mit le pied sur le sol belge et jura la Constitution que venait de nous octroyer l'immortel Congrès; eh bien , sous l'élan irrésistible de notre patriotisme reconnaissant, aux yeux de l'Europe qui nous regarde, en lace de ces autels, proclamons-le d'une voix unanime, a il a maintenu ses serments, il n'a point effacé de notre « Charte une seule de nos précieuses libertés. Fidèle à ses promesses, il a été « non-seulement le Roi, mais Je Père de son peuple. » Jurons tous, prêtre-, peuple, soldats, fonctionnaires publics, industriels, magistrats, jurons tous
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île consacrer à la défense du trôné, a l'ombre duquel nous vivons libres ri heureux, tout ce que nous avons d'énergie dans le cœur et de sang dans les \ cines; et si jamais il devait y avoir d<-s traîtres envers la patrie, qu'on le sache, c'est en vain qu'on les cherchera parmi nous, (hi, M. le doyen est interrompu par îles applaudissements et par les cris: Bravo', bravo', poussés par rassemblée.)
i Messieurs, la majesté du lieu où nous nous trouvons aurait ilù vous interdire ces manifestations. Du reste, je les renvoie à Celui qui, pour nous bénir, est au milieu de nous (l'orateur montre le tabernacle), à Celui qui s'esl (ait le compagnon et le libérateur du pauvre peuple qui travaille et qui souffre, à Celui qui, pour rendre à jamais odieux tous les despotismes et briser les chaînes de l'esclavage, a voulu mourir esclave, lui-même, sur une croix. C'esl lui qui, descendant dans le cœur de ses prêtres, y suscite et y nourrit ces
vives aspirations vers la liberté Trop souvent, laissez-moi vous le dire,
trop souvent on nous accuse, nous prêtres, de ne pas partager votre amour pour le pays... et de rêver pour lui d'autres destinées; nous repoussons celle accusation de toutes nos forces, nous affirmons, comme vous et aussi haut que vous, notre amour pour la libre Belgique et son Roi bien-aimé.
i 11 ne m'appartient pas de déchirer le voile qui recouvre l'avenir. Mais si, un jour, il fallait défendre le pays, soldats, sachez-le, nous serions à côté de vous, à côté de vous pour défendre notre Roi, et, s'il le fallait, pour mourir avec lui. »
Ces énergiques paroles furent couvertes de nouveaux applaudissements.
Dans les Flandres et dans la province d'Anvers , le patriotisme des habitants de toutes les classes s'était également manifesté avec éclat.
V Garni, toutes les sociétés artistiques et ouvrières se joignirent aux autorités pour assister au Te Deum. A Oslende, les étrangers, Anglais, Allemands, s'associèrent aux démonstrations chaleureuses delà population. Audenarde, Turnhout, Cou rirai se signalèrent également.
V Jloogslraelen , les cultivateurs hollandais de la frontière vinrent se joindre aux habitants pour célébrer la fête de la royauté belge.
Les démonstrations ne furent pas moins vives ni moins loyales dans le Limbourg et le Luxembourg. A Hassell, chef- lieu du Limbourg, le drapeau tricolore était partout arboré avec cette inscription : Au Roi! patrie et liberté .'