LE CHANT NATIONAL
Air de la Brabançonne.
Après tics siècles d'esclavage, Le Belge, sortant du tombeau, A reconquis par son courage Son nom, ses droits et son drapeau.
Et la main souveraine et fière, Peuple désormais indompté, Grava sur ta vieille bannière:
Le Roi, la Loi, la Liberté.
Marche de ton pas énergique, Marche de progrès eu progrès, Dieu, qui protège la Belgique, Sourit à tes mâles succès.
Travaillons : notre labeur donne A nos champs la fécondité, Et la splendeur des arts couronne Le Roi, la Loi, la Liberté.
Ouvrons nos rangs à d'anciens frères, De nous trop longtemps désunis; Belges, Bataves, plus de guerres.
Les peuples libres sont amis.
A jamais resserrons ensemble Les liens de fraternité, Et qu'un même cri nous rassemble :
Le Roi, la Loi, la Liberté.
1)2 LA BELGIQUE KN 1860
0 Belgique, ù mère chérie, A toi nos cœurs, à toi nos bras, A toi notre sang, ô Patrie, Nous le jurons tous, tu vivras !
Tu vivras toujours grande et belle.
Et ton invincible unité Aura pour devise immortelle Le Roi, la Loi, la Liberté.
(lotie nouvelle Brabançonne obtint le plus grand succès. Elle est due à l'inspiration heureuse d'un vieux patriote. — ancien membre du gouvernement provisoire et du congrès national, citoyen et homme d'État éminent qui, depirs trente années, consacre ses efforts à consolider et à illustrer la Belgique indépendante.
L'auteur du chant national a lui-même expliqué le sens politique de son œuvre. « Depuis longtemps, a-t-il dit, la Belgique a compris que les paroles de noire hymne de guerre de 18Ô0 ne répondaient plus au sentiment public ni au caractère tout amical de nos relations avec d'anciens compatriotes auxquels nous unissent et nos traditions historiques et nos intérêts et nos institutions. »
Tel a été le sentiment des représentants des provinces belges, réunis au palais des Beaux-Arts. Leurs applaudissements ont consacré pour jamais cet appel à la concorde :
Ouvrons nos rangs à d'anciens frères, De nous trop longtemps désunis ; Belges, Bataves, plus de guerres, Les peuples libres sont amis
Le Roi à Vit mu»
Les populations wallonnes ont toujours rivalisé de patriotisme avec les populations flamandes. Cette noble émulation se manifesta de nouveau et donna lieu aux épisodes les plus émouvants.
Le 22 juillet, le Roi, accompagné du duc et de la duchesse de Brabanl, se rendit à Namur. Il y fut accueilli avec un enthousiasme qui ne le cédait point aux sentiments si chaleureusement exprimés à Gand et à Bruxelles.
Les couleurs nationales étaient partout arborées. Elles flottaient sur les sommets de la citadelle, elles décoraient les maisons particulières, elles se déployaient sur les bords de la Meuse et les rives de I Sambre.
La marche i\u Roi jusqu'à l'hôtel du gouvernement fut une nouvelle ovation. Les acclamations des citoyens de toutes les classes suivirent ensuite la famille royale au grand festival organisé par la société Godefroid. avec le concours d'autres sociétés particulières de la province.
Le bourgmestre de Namur (M. Dufer) ne s'était pas mépris sur les dispositions de ses compatriotes, lorsque, s'ad cessant au Roi il lui avait dit :
« Entrez, Sire, dans cette bonne ville (te Namur. Les habitants sont impa-
tients do saluer votre présence de leurs acclamations unanimes et pleines d'enthousiasme. Digne et légitime hommage d'un peuple qui confond dans un même culte d'amour et de dévouement son Hoi et la Patrie. »
L'accueil des fidèles Namurois loucha vivement le souverain. Il en témoigna sa satisfaction el sa gratitude en présence île lous les représentants de la province réunis au banque! de l'hôtel île \ille.
M. Dury, président du conseil provincial, avait porté le loasl suivant :
« Au Roi !
« Sire, des paroles loyales et des accents consacrés par l'élan national peuvent seuls être à la hauteur des sentiments qui remplissent nos cœurs et qui ont à peine été contenus jusqu'ici par une auguste présence.
« Un Roi, grand par son génie, grand par sa sagesse, grand par les bienlaits d'un règne florissant et honoré, a dit à son peuple : « Deux générations de « ma famille sont nées au milieu de vous et ont avec vous une commune « patrie. Mon dévouement pendant un long règne vous est connu; aussi longt temps qu'il plaira à la Providence de me conserver, je resterai fidèle à mes a engagements comme à mon affection pour vous. »
« Le Roi qui a tenu ce langage s'adressait à un peuple digne de l'entendre, par son amour et par son dévouement sans bornes à son souverain. Ce peuple a accueilli avec transport une promesse qui rend indissoluble l'union de ses destinées avec les destinées du trône et de la dynastie dont vous êtes, Sire, le magnanime fondateur.
« Nationalité, trône, dynastie, il jure de les défendre d'un même cœur. Et quand viendra le jour de l'épreuve suprême, il en prend à témoin l'auguste fi Ile de l'héroïque Marie-Thérèse, il saura faire entendre ce cri sublime : Moriamur pro reye nostro! Tout pour la patrie et pour le Roi !
« Vive le Roi ! »
Le Roi répondit :
« Messieurs,
( Je trouverai difficilement des paroles pour remercier l'honorable prési- « dent de votre conseil provincial du discours si patriotique et si affectueux « que vous venez d'entendre.
« Vous connaissez l'attachement, l'affection que je porte au pays. Cette affec- « tion est partagée par mes enfants ; j'espère que pendant de longues années « encore ils pourront vous en donner des preuves.
LE KOI A NAMLR. 6S
Je me trouve ici, messieurs, au milieu de ma famille. Quand je suis venu i pour la première fois dans cette province, j'ai été frappé de son patriotisme
sans réticence, et c'est ce qui m'a suggéré la pensée de m'établir chez vous.
Je me plais à croire que ma présence dans cette province n'a pas été inutile • à sa prospérité; des terrains qui, il y a vingt-trois ans, n'étaient que des
sables, sont devenus fertiles. J'espère, messieurs, que vous conserverez à
mes enfants les sentiments que vous me témoignez et qu'ils pourront toui jouis compter sur votre patriotisme. »
Le lendemain, la ville de Namur loul entière, par ses organes olïiciels, par ses sociétés particulières et ses ateliers, alla porter au Roi l'assurance de son dévouement inébranlable aux institutions nationales.
On remarqua les réponses adressées par le Souverain au président du conseil provincial et au chef du diocèse.
i Je suis profondément ému, dit-il au premier, des paroles chaleureuses que vous venez de prononcer, — que vous avez prononcées hier et chaque fois que j'ai eu le plaisir de vous voir.
( Le patriotisme de la province de Namur m'a toujours touché, et c'est, comme je vous le disais hier, ce qui, sans vouloir exciter la jalousie des autres provinces, m'a déterminé à venir me fixer parmi vous. 11 y a de cela longtemps, messieurs, il y a 23 ans.
» La province de Namur a de grands souvenirs, et ses comtes étaient de
i puissants seigneurs.
• J'attache une extrême importance à ces traditions d'une époque passée.
i Ce sont elles qui unissent le présent au passé, et font la force d'une na-
■ tionalité.
« Après les dangers, et nous pouvons bien le dire, les périls que la Belgi-
< que a traversés, notre nationalité est enfin assise sur les bases les plus solides; elle ne peut être désormais renversée que par vous-mêmes, par vos fautes; et ces dangers-là ne sont certainement pas à craindre chez vous. Je vous remercie aussi, messieurs, au nom de mes enfants qui vous sont
i profondément attachés et qui se consacreront toujours à votre bonheur, i
M. De lïesselle, évêque de Namur, avait dit, au nom du clergé :
( Je suis fier, Sire, de pouvoir vous donner l'assurance que le clergé du diocèse de Namur ne le cède à personne en patriotisme et en dévouement pour son Roi. Leelergé connaît l'intérêt que vous lui portez et n'oublie pas le bien
(ili
que vous lui laites. Aussi formous-nous tics vœux ardents pour que vous présidiez encore longtemps aux destinées de la Belgique, et chaque jour nous demandons au Très-Haut qu'il daigne conserver votre précieuse sauté et vous combler de ses plus abondantes bénédictions. »
La réponse du Roi fut louchante.
« Nous vous remercions, dit-il, des sentiments si affectueux que vous venez « d'exprimer d'une manière aussi remarquable.— Depuis 29 ans, période asse/ « longue, le clergé de cette province m'a toujours témoigné les mêmes senti- < ments.
« Le clergé belge n'a pas à douter de mon dévouement à sou égard, et de « l'importance que j'attache aux hautes fonctions qui lui ont été confiées.
« Les populations de la province de Namur sont bonnes et religieuses, ce i qui est un grand bonheur; car je ne regarde pas la religion comme un « instrument politique, mais bien comme une condition nécessaire pour tra- « verser l'existence souvent dure, même pour ceux qui semblent être les plus « heureux.
« Je vous remercie, monseigneur et messieurs, des vœux que vous a m'adressez, et je vous prie de continuer de penser à moi dans l'avenir.
« Je vous remercie, vous en particulier, mon cher et bon évéque, des sen- ( timents que vous m'avez toujours témoignés. »
Après la réception des autorités, le Roi se rendit dans la cour de rhô tel au milieu des sociétés particulières et des députations d'ouvriers. Celte scène n'était certainement pas sans grandeur. 11 était beau de voir ce bon peuple se presser autour de son chef et lui donner ilvs preuves non équivoques de sa vénération et de son inaltérable attachement.
Le Roi à Charleroi.
Le retour du Roi s'effectua à travers le riche bassin de Charleroi. \ l'étranger, des écrivains qui ne connaissent point l;i Belgique, avaient cherché à propager des doutes blessants sur le patriotisme des loyales populations de eet important district houiller. (les insinuations, ces doutes mensongers, ces fausses imputations reçurent le plus éclatant démenti. Le voyage du Roi jusqu'à Bruxelles ne fut qu'une ovation. Toutes les stations regorgeaient de lésions d'ouvriers. <le> braves gens avaient abandonné, en costume de travail, le laminoir, l'usine, le haut fourneau, les houillères , pour saluer de leurs puissantes acclamations le chef auguste qu'ils regardent comme le père de la patrie. In seul cri sortait de toutes ces rudes poitrines : Vive le Roi! vive l' Indépendance nationale!
Nous laisserons parler un témoin oculaire :
« Le voyage du Roi à travers le bassin de Charleroi n'a été qu'une ovation non interrompue, et cependant les populations, dans beaucoup d'endroits, n'ont été averties des stationnements du train royal que quelques heures avant qu'il arrivât. Elles n'en sont pas moins accourues eu foule aux abords des stations, ayant laissé là travaux et occupations, ménages et ateliers, forges, fosses el usines, pour venir acclamer le Koi. On ne doit pas le perdre de vue : ces manifestations
m LA BELGIQUE EN I8<>0.
sont bien lentes spontanées. D'après l'itinéraire tracé à Bruxelles, le Roi ne devait s'arrêter que pour les besoins du service du chemin de 1er, niais il a bien fallu céder aux instances des administrations communales, au désir de nos populations, qui, au milieu des inquiétudes qui dominent tous les esprits en Belgique, éprouvent le besoin de revoir le Roi comme un \ieil ami pour lui dire : « Sire, à l'heure du « danger pour vous, votre famille ou le pays, comptez sur nous, comp- « lez sur la population du bassin de Charleroi. »
« Voilà le sens vrai, naturel, réel, constant des démonstrations dont le Roi a été l'objet chez nous. C'est l'industrie et le commerce, le monde des travailleurs enfin, à quelque branche commerciale ou industrielle qu'ils appartinssent, qui ont protesté de leur dévouement sans bornes à nos institutions. C'est le Manchester de la Belgique qui dit à l'Europe : « Je vends une partie de mes produits à l'étranger, c'est « vrai, mais j'entends rester belge malgré tout; malgré tout et quoi « qu'il arrive, je veux rester attaché aux institutions de la Belgique, « el c'est ce que je tiens à faire savoir. »
«La présence des principaux charbonniers de Gilly, accourus spontanément avec le conseil communal, cocarde à la boutonnière, en cortège, précédés d'une musique, el suivis de longues files d'ouvriers, a la même signification. C'est le Newcastle belge qui proteste de son attachement à nos institutions, dans un moment cependant où, remarquons-le, l'avenir de ses charbons est peut-être inquiété par la question des péages sur les voies de navigation de la France. C'est enfin la chambre de commerce, qui s'empresse de venir tenir le même langage patriotique au Roi, au nom de toutes les industries du bassin.
« Les démonstrations patriotiques qui ont spontanément éclaté sur le passage du Roi à travers le bassin de Charleroi ont donc évidemment une signification el une portée qu'elles n'auraient pu avoir ailleurs. Si jamais on a pu en douter, l'étranger et la Belgique entière savent aujourd'hui ce qui se passe dans le cœur de notre brave et nombreuse armée de travailleurs. Le bassin de Charleroi est un des foyers du plus ardent et du plus généreux patriotisme. Aussi comprenons-nous l'émotion vive et visible du Roi partout où il s'est arrêté. Dans les questions politiques qui préoccupent les esprits, Charleroi
LE ROI A GHARtEROL 69
)>oui' plus d'un motif est une tète de pont. Elle est en bonnes mains, (|iioi qu'il arrive. Nos rudes travailleurs, bronzés au feu, rompus à la fatigue, valent une armée régulière et sont là qui veillent, avec leurs maîtres, prêts à tous les sacrifices, pour défendre la patrie et le Roi. C'est cette pensée sans doute qui répandit à Chàlelineau, sur le regard cl dans les traits de Léopold , une émotion de bonheur intime qu'il ne put cacher »
Plus de six mille ouvriers se trouvaient à la station de Chàlelineau pour protester de leur dévouement au Roi. Et après que les conseils communaux de Chàlelet, de Farciennes et de Chàlelineau eurent complimenté, dans les termes les plus patriotiques, le souverain qui a lant fait pour le bonheur des Belges, le peuple ouvrier, par ses acclamations réitérées, prouva que ses représentants avaient bien traduit ses sentiments de loyauté. On n'entendait de nouveau que les cris de : Vive le Roi! vive notre Indépendance!
A Couillel, le train dut de nouveau s'arrêter au milieu des innombrables ouvriers qui l'attendaient sur la voie ferrée. L'adresse suivante fut présentée au Roi :
« Sire,
« Les employés et tes ouvriers de la Société île Couillel viennent avec respect vous exprimer les sentiments d'inaltérable dévouement qui les animent envers la dynastie.
« Heureux sous le règne de Votre Majesté qui sait aimer, encourager, honorer le travail, celte source si pure de toute véritable grandeur, ils sont prêts à transformer leurs outils pacifiques en instruments de guerre et à verser la dernière goutte de leur sang pour détendre notre nationalité, nos institutions et nos libertés, si jamais elles venaient à être menacées.
» Ils savent, Sire, que le progrès et les améliorations sociales ne naissent jamais au milieu des luttes sanglantes où le peuple est toujours oublié, et ils vous remercient des trente années de paix et de prospérité qu'ils doivent à votre sagesse.
< Que Dieu, Sire, de qui tout émane, écoute nos vœux, qu'il perpétue dans le cœur de nos enfants notre amour pour le Roi et rende notre patrie inviolable. »
Le train royal arrive enfin au chef-lieu de l'arrondissement. L'immense gare de Charleroi est trop petite pour contenir la foule qui en-
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loure l'estrade ou le roi e>t monté. M. ('.. Lebeau, bourgmestre de Charleroi, se rend l'interprète du district tout entier lorsque, dans un discours remarquable, il proteste que la population industrieuse don) il est l'organe saura toujours placer les intérêts sacrés de la patrie au-dessus de toute autre préoccupation; que, dans tontes les circonstances, el, (|uoi qu'il arrive, elle montrera toujours un inébranlable attachement au Roi et aux institutions de la Belgique.
• Sire, dit-il, le conseil communal de Charleroi saisit avec empressement l'occasion de renouveler à Voire Majesté l'expression de son respectueux attachement.
Les acclamations chaleureuses qui ont salué dans la capitale le vingt-neuvième anniversaire de votre règne ont retenti, Sire, dans le cœur de nos populations. Elles trouveront de l'écho dans tout le pays, parce qu'en Belgique, la tète du Roi, c'est la fête du peuple ; parce que les aspirations généreuses des Belges sont comprises par le souverain, parce qu'enfin, Sire, votre dynastie s'identifie tellement avec la nation qu'elle forme avec elle une grande famille dont vous êtes le père vénéré.
« Sire, chaque règne a >on jour de gloire. Celui de Votre Majesté, fonde sur la liberté, la justice et la paix, n'a rien a envier à l'étranger. Il réalise pour nous la satisfaction de tous les intérêts, le respect de tous les droits. Placés au centre d'une contrée éminemment industrielle, nous apprécions mieux que tout autre, Sire, les bienfaits d'un règne pacifique où chaque jour est un nouveau pas dans la voie du progrès, une nouvelle conquête de l'intelligence et «lu travail. Cette industrie, Sire, qui fait notre richesse et notre gloire, a déjà traversé plus d'une crise : nous ignorons quelles sont les épreuves que l'avenir peut lui réserver encore, mais quelles que soient les souffrances qu'elle ait a endurer, jamais elle ne cherchera de remède que dans ses propres forces et dans la protection éclairée de votre gouvernement.
[lien ne pourra jamais ébranler le patriotisme de ces phalanges d'industriels et de travailleurs, à quelque degré de l'échelle sociale que la fortune les ait placés. C'est en nous serrant autour de ce trône illustré pur tant de sagesse, d'abnégation et de dévouement, consolidé par l'estime et la vénération de tout ce <p<i porte le nom de iielge, que nous traverserons les jours calamiteux.
Sire, que Dieu vou> garde à notre affection, pour que Votre Majesté puisse recueillir longtemps encore les chaleureux témoignages de notre respect et de notre inébranlable attachement. •
Inutile de dire que les acclamations de la foule ratifièrent de nouveau la loyale assurance du bourgmestre de Charleroi.
LE KOI A CHARLEROI.
Il en fut de même à Gosselies, à Lu tire et à Braine-le-Comte. Rien de plus admirable que toutes ces démonstrations, inspirées par le sentiment le plus généreux et le plus viril. Depuis Namur jusqu'à Bruxelles, partout les ouvriers et les paysans s'étaient portés à la rencontre du Roi populaire pour lui dire : Comptez sur nous. Sire; Wallons et Flamands, nous saurons faire notre devoir.
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Manifestations dans tonte la Belgique.
En effet, loules les villes et lous les villages de la Belgique avaient célébré le même jour le glorieux anniversaire de l'inauguration du Moi des Belges; sur tous les points du pays, depuis les Ardennes jusqu'aux côtes de la mer du Nord, sur les bords de l'Escaut et dans la vallée de la Haine comme sur les rives de la Meuse et de la Sambre, dans les bruyères de la Campine comme dans les riches plaines de la Hesbaye, dans le voisinage de la France comme sur les frontières de l'est et du nord, partout les populations avaient manifesté leurs sentiments de gratitude envers le roi Léopold et leur ferme attachement à l'indépendance du pays.
Des adresses innombrables étaient adressées au Roi. Elles ne contenaient point des félicitations banales : elles avaient un caractère plus élevé et plus significatif. Administrations communales, tribunaux, sociétés particulières, gildes, associations d'ouvriers, toutes les autorités, toutes les professions, le clergé, les universités, les écoles, le grand Orient, enfin la Belgique tout entière s'engageait à soutenir vaillamment le trône populaire élevé en 1831.
Des manifestations publiques avaient lieu en même temps sur tous les points du territoire. L'enthousiasme était général; mais il éclatait avec plus de force encore, si c'était possible, dans les cités wallonnes.