CLASSE X
PAPETERIE ; RELIURES ; MATERIEL DES ARTS, PE LA PEINTURE ET DU DESSIN. '
papeterie, — Il ne semble pas y avoir ou de fabrication de papier en Belgique avant le xvne siècle. Pierre Gauthier, seigneur de Beauvais, obtint du roi Philippe IV des lettres patentes du 13 février 1004, lui octroyant, pour soixante années, le droit de fabriquer, dans tout le Brabant, le papier à écrire, le papier d’impression et de cartes à jouer. Cette papeterie, jouissant ainsi du monopole, était alors située à La Hulpe. Et, chose remarquable, à peu près deux siècles plus tard, en 1830, ce fut encore à La Hulpe que furent employés pour la première fois en Belgique les procédés mécaniques de la papeterie. Les Belges durent l’heureuse introduction de ces procédés à M. Hennossy. La disette des chiffons vint un instant jeter l’alarme dans leur industrie; mais ils
A l’exposition de 1878.
prirent soin de se tenir au courant de tous les progrès réalisés : la plupart des fabricants de papiers se mirent à employer la pâte de paille, et plusieurs usines furent montées en vue d’alimenter les papeteries. Les communes de Willebroeck et de Visé possèdent aujourd’hui d’importants ateliers qui fournissent de grandes quantités de cette pâte. Aussi la fabrication du papier est-elle loin de dégénérer dans le royaume ; non-seulement elle suffit aux besoins de l’intérieur, mais les deux tiers des produits sont réservés à l’exportation, qui se porte surtout vers l’Angleterre. Nivelle, Turnhout et Huy sont les principaux centres de cette industrie dont les plus importantes usines sont celles de MM. Godin frères, établies à
Huy-
Il y a de nombreuses variétés de papiers, depuis le papier à sucre, qui coûte 40 francs les 100 kilogrammes, jusqu’aux papiers photographiques dont le prix est dix fois plus élevé.
Et sous le nom général de papeterie , on ne comprend pas seulement la fabrication de tous ces pifpiers ; on entend aussi le façonnage, la fabrication du registre, les encres, les cires et pains à cacheter, les articles de bureau, plumes, crayons, encriers, buvards, etc.
Reliure. — La reliure peut se diviser en trois catégories distinctes : la reliure d’art qui ne peut se faire que dans les grandes villes ; la reliure de bibliothèque qui se fait partout ; la reliure de
librairie ou de commerce qui ne date guère en Belgique que d’une trentaine d’années, et qui prend chaque jour de nouveaux accroissements.
Matériel des arts, de la 'peinture et du dessin — Ce matériel comprend les substances colorées ; les subjectiles ou surfaces propres aux applications de la peinture ; les huiles fixes et essentielles pour la peinture ; les appareils, instruments, matériel et accessoires à l’usage des peintres, dessinateurs, modeleurs, graveurs, etc. ; les pinceaux et brosses, les crayons, pastels, papiers et articles de dessin, le parquetage, le rentoilage, la restauration des tableaux.
La classe X compte un assez grand nombre d’exposants. Ceux qu’on voit le mieux, en entrant dans la salle, sont MM. Godin frères et Olin, père et fils, qui occupent, au centre, deux tables en forme de pyramides avec leurs papiers en tous genres. Tout autour sont les papiers de MM. de Maeyer Wielmaecker et Iviss, le parchemin végétal en diverses couleurs de la Société anonyme l’Union, les cartes à jouer variées pour divqj-s pays de M. Daveluy-d’Ellioungne, les papiers coloriés de fantaisie de M. Biermans, les vignettes de M. Van Genechten, les cartes pour échantillons de M. Wettstein.
Dans les autres sections de la papeterie se trouvent les presses à copier et fournitures de bureau de M. Nias; les encres de MM. Meur, Planche fils
A l’exposition de 1878.
et Valider Velden; les registres de la maison Gouweloos, médaillée aux expositions de Londres et de Paris; ceux deM. Campenhout, parmi lesquels on remarque un magnifique album pour la peinture à l’aquarelle et le dessin à la mine de plomb.
M. Schavye a exposé des reliures de toute beauté : un manuscrit du xme siècle, imitation des reliures de cette époque ; une imitation d’un coffret à bijoux, en cuir doré, du xvie siècle, et une collection complète représentant les diverses époques de l’art. Non loin de lui, on voit les reliures d’art et de bibliothèque, anciennes et modernes, de M. Bosquet, et les timbrages de luxe de M. Vandamme.
Le matériel des arts, de la peinture et du dessin, est surtout représenté par la collection des objets appartenant à M. Mommem, de Bruxelles.