FILS ET TISSUS DE COTON
L’industrie du coton semble avoir commencé dans les pays belges vers le xv° siècle, mais elle ne devint réellement importante qu’à la fin du siècle dernier. Ce fut un Gantois, Liévin Beauwens, qui, au risque d’être puni de mort, ravit à l’Angleterre les nouveaux procédés d’exploitation dont elle jouissait, pour en enrichir sa ville natale; après avoir réussi à embaucher quarante ouvriers anglais, il monta, en 1791, dans le local de la Chartreuse, à Gand, un établissement où le coton fut cardé et filé d’après le nouveau système. Les progrès furent rapides, et, lorsque Napoléon Ier visita la ville de Gand, en 1801, le savant Chaptal, son ministre de l’intérieur, put lui montrer les fabriques qui faisaient concurrence à l’Angleterre et lui signaler la cité belge comme la troisième cité manufactu-
rière de tout l’empire à côté de Lyon et de Rouen. D’autres industriels, en effet, avaient appliqué les procédés importés par Beauwens : à la fin de l’empire, on compta à Gand vingt filatures de coton, comprenant environ 85,000 broches. De 1815 à 1826, l'extension de cette industrie fut encore plus grande; le nombre des broches s’éleva à 150,000 dans la même ville, et, en 1830, on put en compter 400,000 en Belgique. Les impressions sur coton étaient alors pratiquées sur une large échelle : il y avait à Gand quinze établissements en activité, presque tous de premier ordre, qui avaient produit en une seigle année 300,000 pièces de toiles imprimées. La fabrication du coton dans son ensemble produisait annuellement plus de 40,000,000 de fr. La fermeture du marché de la Hollande et de ses colonies en 1830, la hausse des matières premières en 1834, les désastres financiers et industriels do 1838 arrêtèrent pour un temps cette prospérité. Cependant, en 1841, il fut contas té par le jury de l’exposition que, si la filaturo de coton n'avait pris aucun accroissement depuis dix ans, le tissage, par contre, avait fait des progrès, les tissus en couleur s’étaient répandus dans de nouvelles localités, la fabrication spéciale des étoffes pour pantalons s’était activement développée. Six ans plus tard, la nouvelle exposition montra que la situation s’était encore améliorée. Depuis, il y eut un progrès presque continu, et, malgré la déplorable crise qu’éprouva l’industrie cotonnière pendant les
luttes sanglantes des États-Unis de l’Amérique du Nord, la Belgique parut avec succès à l’Exposition universelle de 1807. Elle possédait alors 025,000 broches. « Aujourd’hui, dit M. Romberg, elle en possède 800,000, et le nombre des métiers mécaniques a augmenté d’une manière notable. Pour les fils des numéros gros et moyens, ainsi que pour les tissus ordinaires, notre fabrication peut soutenir la concurrence avec celles des pays les plus avancés ; pour les filés des numéros élevés et pour les tissus fins, elle est plus loin du but. »
Dans la section des fils, la classe xxx nous montre les fils en dévidé et en bobines de M. Vander Heyden-Yan Beerlere; les fils retors 2bouts, écrus et jaspés, de M. Hosten; les trames demi-chaînes et chaînes en bobines et en écheveaux de MM. de Vos et ünghena. Dans la catégorie des tissus figurent ceux des Sociétés Lousbergs, La Florida et La Louisiane ; ceux des Cics Heyman et Parmentier ; les tissus mélangés laine et coton de MM. de Vos et Geerinckx ; les tissus mélangés (toile mixte) de M. Vanderhaeghen : la collection de velours de coton de MM. Baertsoen et Buysse.