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FILS ET TISSUS DE LIN, DE CHANVRE, ETC

Les tisserands belges jouissaient déjà d’une certaine renommée pendant le moyen Age. Au xv* et

A l’exposition de 1878.

au xvie siècle, la décadence de la draperie contribua à donner une nouvelle impulsion à l’industrie linière. Dans les deux siècles suivants, les ouvriers flamands ne se contentèrent pas de travailler dans leur pays : les encouragements du gouvernement français d’une part, les persécutions religieuses de l’autre firent abandonner la Belgique à un certain nombre d'entre eux, qui allèrent s’établir en France et en Écosse. Cette double émigration ne nuisit en rien à la prospérité de l’industrie belge, et, vers la fin du xvme siècle, l’exportation annuelle des toiles s’éleva environ à 24 millions de mètres. Cependant l’Angleterre faisait à la Belgique une concurrence déjà redoutable, et, en 1810, Napoléon 1er, pour créer un moyen de lutter avec succès contre l’industrie anglaise, institua, comme nous l’avons déjà dit dans notre aperçu historique, un prix d’un million de francs pour l’inventeur de la meilleure machine propre à filer le lin. L’Angleterre n’eut pas moins le monopole des premières machines pendant quatorze années ; elle en posséda dès 1820, tandis que la Belgique, comme la France, n’en établit qu’en 1834. Quoique le filage à la main fut évidemment vaincu, les Belges longtemps incrédules renoncèrent difficilement à leurs habitudes séculaires, la crise s’accentua et l’Angleterre, dès 1837, fournissant à la France plus de 3,000,000 de kilogrammes de fils et de toiles que livrait autrefois la Belgique, celle-ci vit 'son marché tout à fait compromis. Alors des associations se formé-

rent ; le gouvernement créa des ateliers d’apprentissage et de perfectionnement ; on ne négligea rien pour remplacer la quenouille et le rouet par la filature mécanique ; les nouveaux procédés de travail furent adoptés ; l’organisation économique, complètement modifiée. Depuis 20 ans , cette application de la mécanique au tissage du lin est devenue très-importante : on peut estimer aujourd’hui à 220,000 le nombre de broches de filature.

Actuellement la culture du lin et du chanvre occupe, dans les deux Flandres, dans une partie du Brabant et du Hainaut, etc. , de trente à quarante mille hectares d’excellentes terres, et produit un lin magnifique dont elle exporte chaque année pour 60 à 80 millions de francs. Les filatures du pays jouissent d’une grande renommée : les fils de la Lys qu’on recherche partout pour leur qualité supérieure, sont la matière des toiles les plus solides. Coutrai, Iseghem, Roulers, Gand et la banlieue de Bruxelles sont les principaux centres de cotte industrie toilière, et, malgré les droits protecteurs établis par les divers pays d’Europe, l’exportation des toiles écrues et blanches de la Belgique s’élève encore à plus de vingt millions de francs par an.

La classe xxxi compte beaucoup plus d’exposants que la classe précédente.

MM. de Smet, Morel et Vandewynckele, de Gand ; Andries, de Tamise ; Dolbeke et de Brouckere, de

a l’exposition de 1878.

Roulers; Druwé etEliaert-Cools,d’Alost;Declercq- Clément, d’Iseghem ; la Société linière gantoise, la Société athoise, les Sociétés de La Lys et de La Lièvre, de Gand; la Société Saint-Léonard de Liège ont envoyé des fils de lin et d’étoupes, écrus, blanchis et teints depuis les qualités les plus ordinaires jusqu’aux qualités tout à fait supérieures. Cette exposition ne laisse rien à désirer.

Et les tissus ne sont pas moins nombreux que les fils. On y voit les toiles damassées et le linge de table damassé de MM. Rey aîné, Thienpont et de Witte-Lousbergs ; les toiles pour devants de chemises et manchettes, de M. deSmidt Van-Moer ; les toiles batistes pour mouchoirs et les mouchoirs de MM. de Jaegher et Vandenbroucke ; les coutils, fil et mi-fil, pour pantalons, do M. Devos ; les coutils pour meubles et pour literie de MM. Hubers , Lestgaren, Sak-Volders et Vueghs ; les toiles à filtres-presses deM. Schuermans; les toiles servant aux équipements militaires, de M. Baertsoen; les toiles à matelas pour les hôpitaux et les ambulances, de MM. Wyckhuyse : les toiles à voiles et à emballages de M. Govaert. Nous devons encore citer les tissus de MM. Tack.Sadoine, VanDamme, Van-Meldert , Wilford , et ceux de MM. Tant, fils et successeurs de M. Tant-Verlinden, le promoteur on Belgique non-seulement de la fabrication mécanique, mais encore du tissage à la vapeur Power- Looins.

("LASSES XXXII, XXXIII et XXXIV

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