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MINÉRAUX MÉTALLIFÈRES, INDUSTRIE SIDÉRURGIQUE

Nous savons, d’après les témoignages des historiens, que, déjà au x* siècle, l’exploitation et le traitement du minerai de fer avaient quelque importance en Belgique. Au xrv’ siècle, l’industrie sidérurgique devint plus active, si l’on en juge d’après la promulgation de chartes concernant les minières de Morialmé (lcr mars 1394). Deux siècles plus tard, on construisit les premiers liauts-fourneaux, et la province de Narnur en posséda immédiatement un certain nombre. Cependant les pays belges se laissèrent ensuite devancer par l’Angleterre qui fut la première à remplacer le charbon

LA ÜLLGIOL'E

clc bois par le coke dans la production de la fonte. L’administration autrichienne ne fit rien pour encoul'ager les nouveaux procédés industriels, et ce fut seulement à partir de 1800 que la fabrication du fer commença réellement à se perfectionner : les hautsfourneaux furent alors modifiés et agrandis ; les soufflets en cuir et en bois firent place aux soufflets à piston; le mode d’affinage à la comtoise fut appliqué à la forgerie. De 1820 à 1835, on fonda les grands établissements de Seraing, de Couillet, de Couvin, de Chàtelineau, de Monceau, etc. En 1837, la Belgique possédait 23 hauts-fourneaux au coke avec 06 au charbon de bois et produisait, dans l’année, environ 150,000 fonnes de fonte. Dix ans après, cette production s’éleva à 250,000 tonnes, valant 14,500,000 francs. Une crise, qui dura plusieurs années, arrêta cette progression jusqu’en 1853 ; mais, en 1855, on atteignit, pour la fonte et le fer, la somme de 70,785,919 fr. ; en 1860, celle de 81,073,867 fr. ; en 1870, celle de 149,000,553 fr. ; en 1871, celle de 245,581,099. 11 y avait, en 1873, 54 hauts-fourneaux, 176 fonderies, 53 fabriques de fer et 54 usines à ouvrer le fer. Aujourd’hui, les exploitations libres de minerais s’élèvent à environ 360,000 tonnes ; 700,000 tonnes, en outre, sont importées de l’étranger, et la fabrication du fer, qui occupe plus de 40,000 ouvriers, fournit une production totale d’environ 270,000,000 de francs.

Les minerais de fer que recèle le sol de la Bel-

a l’exposition de 1878.

gique, appartiennent aux trois 1 2 espèces suivantes : l’oligiste ou fer per oxydé, qui fournit un rendement de 35 à 44 p. c. de fonte donnant un fer tendre ; la limonite ou fer hydraté, qui est facile à traiter au haut- fourneau et qui renferme environ 40 p. c. de fer ; et la sidérose ou fer carbonatè , genre lilhoïde, qui n’est exploitée qu’en petites quantités avec la limonite et que les hauts-fourneaux des environs de Liège, qui la traitaient autrefois, ont actuellement abandonnée.

Outre ces minerais de fer, le sol belge renferme d’autres substances métallifères : quelques minerais de plomb, dont le principal est la galène ou plomb sulfuré ; un minerai de cuivre, la malachite ou cuivre carbonatè vert , qui paraît en différents points, mais qui n’est pas assez abondant pour être fructueusement exploité ; et de riches minerais de zinc, dont le plus répandu porte dans l’industrie le nom de calamine - ; il est surtout exploité entre Huy et Chokier et dans la partie orientale de Liège, comme à Ampsin, Corphalie, la Mallieue , Engis, Angleur, Yerviers, Membach, Welkenraet, Moresnet, Rocheux, Oneux, etc.

Ces diverses substances métallifères sont exposées

1 La quatrième espèce de minerai de ter est l’aimant ou fer oxijdulc, qui est principalement exploité en Suède.

2 C’est une association de différents minerais de zinc oxydés, dans laquelle prédomine la smithsnnilc ou :-inn carbonate.

avec la houille, clans la classe xliii. La Société John Cockerill a envoyé toute une collection de minerais du pays ; M. Mortgat, de la province du Luxembourg, des minerais de fer ; la Société anonyme de Bleyberg-Montzen, une collection de minerais de plomb et de minerais de zinc ; MM. Dumon, du plomb en saumons et du zinc en plaques ; la Société anonyme des mines et fonderies de zinc de la Vieille-Montagne, les échantillons de ses précieux minerais avec une carte géologique de ses concessions ; l’Usine à zinc et blanc de zinc d’Ougrée, du zinc brut en plaques.

Après les minerais viennent tous les fers spéciaux : fers bandages, fers cavaliers, feuillards, fers à platiner, fers câbles, fers profilés, rails, etc., les tôles de chaudières, de bateaux, de ponts, longerons pour locomotives ; les échantillons de fontes d’affinage et de moulage. Dans cette partie, l’exposition collective de l’association des maîtres de forges de Charleroi mérite une mention toute particulière : elle est représentée par MM. Blondiaux, Gambier, Gillain, Goffin, Mineur, Piérart et Riche, par les Sociétés anonymes de la fabrique de fer de Charleroi, des Forges d’Acoz, des Forges de Zone, des Forges et Laminoirs du Lion-Belge, des Forges et Laminoirs de Marchienne-au-Pont, des Hauts-Fourneaux de Monceau, des Laminoirs du Centre, des Laminoirs du Châtelet, des Laminoirs de la Concorde, des Usines de la Providence, par la Société de Marcinelle et Couillet, et la

A l’exposition de 1878.

Société des Usines métallurgiques de Marcinelle. En dehors de cette vaste association, il faut encore citer, dans la même section, les rails, les pièces forgées et moulées en acier Bessemer de la Société des Aciéries d’Angleur ; les fontes de M. Bellefroid ; les boulons et rivets de MM. Nicaise et Nyst; les tôles de MM. de Lechy, Delloye, Delrée ; celles de la Société des Forges et Laminoirs de Régissa ctde la Société métallurgique d’Espérance-Longdoz ; les pièces estampées en fer et en acier de MM. Vignoul et Orban ; la fabrication spéciale d’acier puddlé, au moyen de fours à gaz, de la Société de la fabrique de fer d’Ougrée; et surtout la belle et complète exposition de la Société John Cockerill. Cette riche société n'a rien négligé : elle a envoyé des pièces de ses fonderies, de ses forges, de sa chaudronnerie, de sa boulonnerie, avec les produits de ses aciéries et de son usine de fer. On sait que la fondation dos établissements Cockerill, à Seraing, remonte à 1817 ; le capital social est actuellement de 15 millions; la superficie des usines est de 79 hectares, dont plus d’un tiers est couvert par les constructions; le chiffre du personnel varie de 8,800 à 10,000 employés et ouvriers ; les salaires annuels s’élèvent à dix millions de francs ; la force motrice totale, obtenue de 252 machines, est de 9,000 chevaux, et la production annuelle n’est pas inférieure à quarante millions de francs.

D’autres industries encore, moins importantes, il est vrai, mais intéressantes pourtant, se rattachent

à la Sidérurgie. Telles sont la fabrication des limes représentée par MM. de Lambert et Lanal ; la tréfilerie, qui ne date en Belgique que d’une quarantaine d’années et dont les fils de fer au coke pour télégraphes et ressorts rivalisent avec les produits similaires de l’Angleterre ; la fabrication des ustensiles de ménage en fonte émaillée ou étamée et en tôle, soit emboutie, soit émaillée ou étamée, comme ceux de MM. Aubry, Englebin, Glibert, Moll, Puissant et Trémouroux; la clouterie enfin, dans laquelle excellent les fabriques belges depuis de longues années, et dont les spécimens variés (clous forgés et pointes dites de Paris) ont été envoyés par MM. Ancion, Domanet, Fix, Lourtie, par la Société des clouteries mécaniques de Fontaine-l’Évêque et par la Société des c.orderies et clouteries de Châtelet.

Quant aux produits ouvrés de plomb et de zinc, la classe xliii n’en renferme pas beaucoup. Après avoir cité les tuyaux en plomb de M. Richald, les feuilles de zinc à satiner de M. Dacier, les lucarnes et les formes géométriques en zinc de M. Bister, nous appellerons l’attention sur la curieuse exposition de la Société anonyme des Mines et Fonderies de zinc de la Vieille-Montagne : le portique d’entrée est en zinc estampé, peint en imitation de marbre au moyen de la peinture au silicate, et l’intérieur repi’ésente les applications multiples du zinc dans une collection variée d’objets et de modèles.

A l'exposition de 1878.

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