PRODUITS DE L’EXPLOITATION DES MINES ET DE LA MÉTALLURGIE
Eu égard à son étendue, la Belgique est, en ce qui concerne les minéraux, l’un des pays les plus favorisés du monde : non-seulement on y trouve tous les matériaux dont l’homme a besoin pour les usages de la vie, mais l’extraction de ces substances est facilitée par le mode de gisement des terrains qui les renferment.
Les richesses minérales belges peuvent se diviser en trois grandes sections :
!° La bouille, si nécessaire àTindustrie et au chauffage domestique ;
2° Les minerais de fer, de plomb et de zinc, qui alimentent la métallurgie ;
:i° Les substances pierreuses, terreuses et sableuses, employées par l’agriculture, la verrerie,
LA ISELGIUUE
la fabrication des poteries et des produits réfractaires, la fabrication des produits chimiques et la construction des édifices et des voies de communication.
Nous examinerons l’une après l’autre chacune de ces trois sections.
1° houille.
La légende fait remonter à la fin du xne siècle la découverte de la houille en Belgique. Dès le milieu du xive siècle, Guillaume II, comte de Hainaut, octroya l’exploitation des mines de Frameries et de Quaregnon, et, peu après, l’industrie houillère prit une certaine importance dans le bassin de Mons. Elle eut, à la fin du xvie siècle, une organisation complète dans la province de Liège: les règlements promulgués, en 1593, par Ernest de Bavière en font foi ; mais, àcette époque, le riche bassin de Charleroi était encore inexploré. Un rapport rédigé par l’ordre de Louis XIV, en 1695, montre tout l’intérêt que les gouvernements commençaient à attacher à ces sortes d’exploitations ; les Flandres étaient obligées de s’approvisionner de charbon en Angleterre, et elles allaient bientôt s’efforcer de se suffire à elles-mêmes. L’introduction de machines nouvelles facilita le travail : les premières pompes à feu pour l’épuisement des houillères fonctionnèrent, vers 1730, dans les environs de Liège et de Charleroi, et,
A l’exposition de 1878.
quatre-vingts ans plus tard, les Belges se servirent des machines à rotation et des chemins à ornières en fer au fond des fosses. Depuis lors, l’extraction de la houille, qui atteignait à peine un million de tonnes par an, s’accrut d’une façon continue et dans des proportions considérables. Nous voyons, d’après la série des chiflres officiels publiée par M. Romberg, quelle s’élevait « en 1830, à 2,513,000 tonnes, ainsi réparties : Hainaut , 1,913,000 t. , Liège, 550,000 ; Namur, 50,000; en 1840, à 4,000,000 de t. ; en 1850, à 5,800,000 t. ; en 1800, à 9,600,000 t.; en 1871, à 13,700,000t. ; et en 1873, à 15,778,000 t. ; qui représentaient une valeur de trois cent quarante millions de francs. Le nombre des ouvriers employés était : en 1840, de 37,629 ; en 1850, de 47,949; en 1860, de 78,232 ; en 1871, de 94,286; enl873,de 107,902.» Aujourd’hui, malgré la crise qui paralyse l’industrie houillère dans teus les pays, la Belgique a maintenu à peu près le chiffre 'maximum de sa production : elle fournit annuellement 15,000,000 de tonnes ; l’extraction de la houille, l’aérage et l’épuisement des eaux sont opérés par 1,800 machines à vapeur représentant plus de cent mille chevaux de force.
Toute cette activité s’exerce dans la profonde et vaste vallée, formée par une dépression du calcaire carbonifère, qui traverse la Belgique du sudouest au nord-est en passant par Quiévrain, Mons, Charleroi, Namur, Liège, et s’étend ainsi, près-
Ik BELOIUL’E
que sans interruption, de la frontière française à la frontière allemande.
Les profondeurs de ce bassin liouiller sont trèsvariables. A deux lieues à l’est deNamur, les bancs inférieurs se montrent à la surface, dans l’axe du bassin, à 200 mètres environ au-dessus de la mer ; mais de ce point la vallée s’incline à l’ouest et à l’est pour atteindre son maximum de profondeur au couchant de la ville de Mons et près de Liège. Sous la ville de Mons, le fond du bassin se trouve à 2,270 mètres au-dessous de la mer; à Boussu, il atteint à peu près 2,400 mètres !
L’extraction est plus ou moins facile. « Dans les provinces de Liège et de Namur, ainsi que dans la partie occidentale du Hainaut, dit M. Cornet, ingénieur des charbonnages du Levant du Flénu, le terrain liouiller n’est recouvért que par les alluvions de la Meuse et de la Sambre ou par des épaisseurs peu considérable? du terrain crétacé, tertiaire ou quaternaire. Aussi, le creusement des puits de mines ne rencontre pas dans ces localités de sérieuses difficultés avant d’atteindre au terrain houiller... Mais à l’ouest du méridien passant par la ville de Fontaine-l’Évêque, les dépôts de recouvrement de la formation houillère, auxquels les mineurs ont donné le nom de morts-terrains , prennent une épaisseur de plus en plus grande et atteignent 300 à 400 mètres entre la ville de Mons et la frontière française. Pour traverser ces mortsterrains, qui renferment d’inépuisables nappes
\ l’exposition UE 1878.
aquifères et des couches de sables mouvants, on a exécuté dans le Hainaut les plus gigantesques travaux que l’art des mines ait jamais entrepris. » Les couches de houille exploitées dans les diverses parties de la Belgique présentent de très-notables différences dans les propriétés physiques et chimiques de leur combustible. Aussi les a-t-on divisées en quatre classes : la houille Flènu, très-estimée par toutes les industries qui, comme le puddlago du fer, la cuisson de la faïence et la fonte du verre, ont besoin de flammes longues ou d’une grande quantité de chaleur pouvant être produite rapidement à un moment donné ; la houille demi-grasse, qui brûle moins rapidement avec une flamme assez longue, et qui est employée pour le chauffage des chaudières à vapeur, les usages domestiques, la fabrication du gaz d’éclairage et celle du coke de métallurgie; la houille grasse ou houille maréchale , dont la flamme est moins longue et l’aspect tout à fait gras, et que recherchent les fours à coke, les foyers domestiques et les foyers de forgerons; la houille maigre ou houille sèche à courte flamme, dont les gros morceaux sont vendus pour le chauffage domestique, mais qui s’enflamme difficilement et brûle très-lentement, et dont le menu est utilisé pour la cuisson des briques, la réduction des mine rais de zinc et la fabrication des charbons agglomérés. Entre ces quatre classes principales, dont la transition, dans les couches, est presque insensible, le commerce a naturellement établi de
classes intermédiaires ; tel est, pour n’en citer qu'au exemple, le Flènu gras, ainsi appelé parce que, placé entre les charbons Flénu et les demi-gras proprement dits, il participe des propriétés de ces deux classes.
Toutes ces espèces différentes sont exposées dans la classe xliii.
L’union des Charbonnages de la province de Liège (Président, M. Braconier de Macar) est représentée par les Charbonnages du Horloz, la Société anonyme dos Charbonnages de Bonne-Espérance et Batterie, la Société anonyme des Charbonnages de La Haye, la Société civile des Charbonnages du Hasard, la Société anonyme des Charbonnages du Val- Benoît, et la Société anonyme de Marihaye.
L’association charbonnière de Charleroi et de la Vallée de la Sambre (Président, M. de Bal) a quatre exposants : le Charbonnage du Poirier , la Société anonyme des Charbonnages de Monceau-Fontaine et de Martinet, la Société anonyme du Charbonnage de Sacré Madame , la Société anonyme de Marcinelle et Couillet.
L’association du Bassin de Namur (Président, M. Cavenaile) montre les échantillons de charbons de la Société des Houillères-Unies de Charleroi.
L’association du Centre (Président, M. Bourg) présente ceux de la Société du Charbonnage du Bois de La Haye.
Enfin l’association du couchant de Mons (Prési-
a l’exposition de 1878.
dent, M. Hardy) complète cette collection par le concours de la Compagnie de Charbonnages belges, de la Société anonyme des Charbonnages du Levant du Flénu, et de la Société charbonnière de Belle-et-Bonne à Flénu.
A côté de tous ces produits bruts de l’industrie houillère de la Belgique, nous devons encore citer quelques produits ouvrés, tels que la houille artificielle de M. Castin, les briquettes de M. F. Dehaynin, les agglomérés fabriqués au brai sec par MM. Camille, Albert Dehaynin, par la Société anonyme des Houillères-Unies du bassin deCharleroi, et par la Société anonyme des agglomérés de houille de Châtelincau.