‹ La Belgique et l'Exposition de 1878Chapitre 9 sur 107 · DOMINATION ROMAINE J INVASIONS GERMAINES · texte numérisé non relu

DOMINATION ROMAINE J INVASIONS GERMAINES

Les Belges ne tardèrent pas à s’enrôler dans les armées de César, et ce ne fut sans doute pas sans un sentiment de consolation qu’ils aidèrent leur vainqueur à détruire la république qui les avait ruinés eux-mêmes. Ils combattirent sous ses ordres à Pharsale, et le suivirent en Afrique. Il leur en témoigna sa reconnaissance en se montrant dès lors aussi doux, aussi bienveillant envers eux, qu’il avait été dur et cruel auparavant. Mais, après lui, Auguste jugea qu’il était opportun d’organiser le pays, récemment conquis, sur le même pied que les autres fractions de l’Empire.

Agrippa, qui fut chargé de ce soin, permit à la nation des Ubiens de s’établir sur la rive gauche du Rhin, partie sur le territoire des Trévires, partie sur celui des Ménapes. Il concéda aux Tungres, autre tribu germanique, les terres rendues désertes par l’anéantissement des Eburons. Il fut le fondateur du système continué et développé plus tard, qui consistait à peupler les pays belges de Germains chassés par les bouleversements de leur pays ou faits prisonniers dans les guerres. Le gou- * vernement romain, créait ainsi, sur le point le plus vulnérable de la frontière de l’empire, une population belliqueuse, ennemie des autres Germains,

non moins ennemie de la race gauloise, avec laquelle elle ne se confondait point. Il avait d’ailleurs pris la précaution d’établir aussi sur la rive gauche du Rhin huit légions romaines, formées en deux camps.

La nouvelle organisation modifia la dénomination du pays. Il y eut une Belgique lr* et une Belgique 2e ; puis, une bande de terrain, le long du fleuve, fut distraite de l’ancienne Belgique romaine et érigée en province particulière sous le nom de Germanie. Deux subdivisions y furent établies : la Germanie supérieure , siège de l’armée du haut Rhin, s’étendit de l’Aar à la Moselle ; la Germanie inférieure , siège de l’armée du bas Rhin, depuis la Moselle jusqu’à l’Océan. De ce département des armées ressortirent les tribus germaniques admises ou transplantées, telles que les Ubiens, les Triboques, les Némètes, les Yangions, les Gugernes, les Bataves.

Il résulta de cette modification que les contrées qui forment aujourd’hui la Belgique, se trouvèrent en réalité comprises en grande partie dans ce que les Romains appelèrent la Germanie inférieure; ce serait donc une grave erreur d’appliquer à notre pays belge ce que nous trouvons dans les livres anciens sur la Belgique romaine. Celle-ci représentait la partie septentrionale de la France actuelle : elle vit ses mœurs, ses lois, son langage profondément transformés par les institutions latines qui n’eurent, au contraire, qu’une influence

très-médiocre et ne développèrent aucun germedurable sur le territoire de notre Belgique.

En effet, si l’on en juge par les découvertes opérées jusqu’à nos jours, les Romains, durant trois siècles, introduisirent dans le pays peu d’éléments de civilisation.il s’y manifesta bien quelques essais d’agriculture, de commerce et d’industrie ; la marne des Belges fut recherchée des pays voisins; les Ménapes commencèrent un trafic de viandes salées ; les Morins nourrirent des oies, qui pullulaient en assez grande abondance pour qu’ils fissent métier d’en conduire des bandes tout entières jusqu’en Italie ; ils fabriquèrent aussi quelques tissus ; ils se mirent même à rechercher les richesses que cachait leur sol, et à exploiter plusieurs carrières de pierre et de marbre. Mais leurs progrès se firent lentement, et ils les durent moins à l’administration romaine qu’au voisinage des Gaulois, qui se montrèrent de bonne heure très-industrieux et à qui les Romains euxmèmes empruntèrent, dans le même temps, beaucoup de produits et de procédés de fabrication.

Les Belges ne durent au gouvernement impérial qu’une seule amélioration : ce furent les routes militaires qui, partant de Lyon, rayonnaient de là jusqu’aux extrémités de l’empire. De loin en loin, sur ces immenses voies, qui n’étaient pour les gouvernants qu’un moyen stratégique d’assurer plus rapidement et plus sûrement leur action despotique, furent tracées des stations devant servir à la fois do relais de poste et de camps fortifiés.

DE L’HISTOIRE DES BELGES

Quelques-unes de ces stations virent s’élever autour d’elles des groupes d’habitations encore grossières ; et ainsi se formèrent les villes de Tongres et de Tournai, les seules d’ailleurs dont l’existence remonte en réalité à l'époque de la domination romaine.

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