‹ La Belgique et la HollandeChapitre 20 sur 73 · i^Sodet^mtddc BamiUim D · texte numérisé non relu

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BRUXELLES. 9. RouU. 57

St«-Gudu]e 16^ Arnold, rue de THôpital 12^ Van Trigt, rue St- Jean 30.— Estampes: Van der Kolk, montagne de la Cour-, Géruzet, rue de TEouyer.

Poste aux lettres Cpl. 3ô), rue de la Montagne 83, près de St^-Gudule; les bureaux sont ouverts de 5 h. du matin jusqu'à 9 h. du soir. Les lettres non affranchies ou munies de timbres-postes peuvent être jetées dans les colonnes-boîtes qui se trouvent établies dans les divers quartiers de la ville, ainsi que dans les boites des stations de chemin de fer.

Voitures de plaoe. Fiacres (voitures à 2 chevaux), II/2 Ar. la course,. 2 fr. la première heure, II/2 fr. chacune des suivantes. Vigilantes (à 1 cheval, pour 1 à 3 pers.), 1 fr. la course, II/2 la première heure, V2 fr. chaque demi heure suivante. Dans les faubourgs, II/2 fr. Entre 11 h. du soir et 6 h. du matin le prix de la course est doublé. Pour les course» dans les environs , il n^ a point de taxe. On fait mieux de prendre pour celles-ci des voitures de remise & 2 chevaux (20 fr. par jour, ainsi que pour Waterloo et Mont-St-Jean) ou à 1 chev. (15 fr.); pour Laeken la voiture à 2 chev. coûte 5 fr. , à 1 cheval 3 fr. , les frais de barrières sont à la charge du voyageur. Le bureau se trouve rue Fossé-aux-Loups 16 , près dela place de la Monnaie.

Commissionnaires, voir p. 8, 5 fr. par jour.

Théâtres. Théâtre royal, place de la Monnaie (opéra) ; représentations tous les jours, sauf le samedi*, vacances du 1^'juin au 1^'sept. Il peut se comparer aux premières scènes de l'Europe quant aux dimensions et à la beauté de la salle , ainsi que pour les décors , le ballet et tout ce qui concerne la mise en scène. La composition de la troupe est variable, mais généralement bonne. Il est subventionné par la ville. Les représentations commencent à 7 h. et durent jusqu'à 11 h. et plus tard. Prix: lr«a loges, balcon, stalles, 5 fr. ; 2eB loges 4 fr. ; stalles de parquet (entre les stalles d'orchestre et le parterre) et loges de rez-de-chaussée , 31/2 fr- i loges de 3® rang, 2 fr. 15 ; loges de 4© rang et parterre 1 fr. 50c. Théâtre St- Hubert (aux galeries St-Hubert), comédies et vaudevilles , prix le dIus élevé, 4fr. j Théâtre du Parc (opérettes, drames, vaudevilles),, l'^ pi. 3, 2^ pL 2 fr. i Théâtre du Cirque, rue du Cirque; puis divers petits théâtres et Cafés-chantants: Th. Molière, chaussée d'Ixelles, Nouveautés, boulevard d'Anvers, Salle Van Dyck, chaussée de Laeken, Paradis des Roses, rue de Cologne, Théâtre Lyrique, rue du Casino ,Châteaudesfleurs, chaussée de Laeken. Théâtres flamands: Sint Jans Toneel., rue de TEglise, faubourg de Flandre; Casino des Qalerie»^ galerie St-Hubert. — Concerts d'été au VauxhaU (50 c); au Jardin zoologique (1 fr.) etc.

Fêtes populaires. La Kermesse, fin juillet , n'a d'attrayant pour l'étranger que la procession de l'église de St^-Oudule et quelques jeux populaires v les fêtes de Septembre ont lieu du 23 au 26 sept, en commémoration des combats de la résolution de 1830.

Service protestant français, dans la chapelle royale près du Musée, le dimanche à midi; dans les églises du boulevard de l'Observatoire et de la rue Belliard, le dim. à 11 et à 6 h., le mercredi à 7 h. du soir; en flamand, rue Blaes et quai au sel, à 8, IOV2 ^^ 6 h. du soir.

A voir de préférence, en cas de hâte: le Parc (p. 59); l'église St^- Gadule, sans sacristain fp. 61); Notre-Dame de la Chapelle (p. 70) à cause des tableaux modernes d'Eyckens; le Musée (p. 65); les grands tableaux historiques du Palais de Justice (p. 69) et du temple des Augustins (p. 75) ; THôtel-de-ville, au dehors (p. 72); Mannekenpis, comme drôlerie (p. 74); le monument de la place des Martyrs (p. 76); la colonne du Congrès (p. 63); les galeries St-Hubert (p. 74), le soir, quand elles sont éclairées; le Marché couvert (p. 75), de bonne heure le matin.

Bruxelles, si^ge du gouyerneroent et des Chambres législatives, résidence du roi. chef-lieu de la province de Brabant (sous rempire, chef-lieu du département de la Dyle), est situé sur la petite rivière de la Senne . sur le versant et au pied d'une colline assez

58 Rout€9. BRUXELLES. Statistique.

^lev^e. La 31 àéc. 1861 cette ville comptait, dans 16,365 maisons, une population de 177,954 hab. (6000 prot.) ; en y comprenant les faubourgs et les communes limitrophes, Tagglomératlon de Bruxelles renfermait alors, dans 28,481 maisons, 281,376 hab. Le nouveau et superbe quartier Léopold (p. 77) est presque exclusivement habité par la haute sociétt^; il y demeure aussi beaucoup d'Anglais.

Le noyau de Bruxelles furent quelques chétives cabanes qui vinrent se grouper vers la fin du 6® siècle autour d'une chapelle fondée par l'apôtre chrétien 8t~Oêry, dans une ile de la Senne, sur un terrain marécageux (broekadCy d'où dérive le mot de Bruxellesy signifie ;,habitation de marécage"). Au 10® siècle la ville devait déjà avoir une certaine importance. En 1044 elle fut considérablement agrandie et entourée de murailles; bientôt elle devint le point principal de la grande route commerciale qui reliait Bruges à Cologne. Depuis le 12® siècle, elle fut le siège des ducs de Brabant. Sous la domination des ducs de Bourgogne, on vit s'y introduire, avec la chevalerie française, la langue et, plus ou moins, les mœurs de ce pays. Cette circonstance a beaucoup influé sur le caractère de la ville. Dans la partie élevée, où résidait la cour et la noblesse, langue et manières françaises; dans la vallée, où se mouvait la bourgeoisie et le commerce, langue et mœurs flamandes.

De nos jours encore les traces de cette distinction sont sensibles. Dans la ville supérieure, reconstruite après l'incendie de 173 1, se trouvent les palais du roi, des ministères et des Chambres, les rues Royale (depuis la place Royale jusqu'à la porte de Schaerbeck) et de la Loi avec leurs aristocratiques habitations, les principaux hôtels (Place Royale). Ce fut dans une des dernières maisons de la rue Royale, près de la porte de Schaerbeck, que la duchesse de Richmond donna, le 15 juin 1815, ce bal célèbre au duc de Wellington, tandis que les Prussiens livraient des combats acharnés à Ligny.

Dans la ville inférieure et les rues qui y conduisent, se concentrent l'industrie et le commerce. La Grand'Place, avec son admirable hôtel-de-ville, ne se reproduit nulle part ailleurs avec cette richesse d'édifices civils de somptueuse apparence, avec ces souvenirs de grandeur et de puissance communales. Presque toutes les époques de l'histoire du moyen âge y sont représentées, et sur aucun point de la ville le passé de la commune Tie se présente à l'esprit de l'observateur sous un jour plus grave et plus riant à la fois.

On a souvent comparé Bruxelles à Paris: on l'a même qualifié de Petit-Paris. En effet, on ne saurait nier une certaine tendance à l'imitation de la grande ville, et en beaucoup de choses on réussit parfaitement bien. Le Parisien y retrouve son Café des Mille-Colonnes, son jardin des Tuileries (le Parc le

Pwre. BRUXELLES. .9. ReuU. 59

vaut bien), ses Boulevards, ses Champs-Elysées (sous le nom d'AlWe -Verte), ses Gafes-chantants. Quant aux langues parlées à Bruxelles, le flamand prédomine dans les classes ouvrières, le français dans la bonne société. Presque tout le monde parle iréanmoins les deux langues.

Le *Parc, limité par la rue Royale, la rue Ducale, la rue de la Loi et la place du Palais , forme un grand carré oblong (long de 450 mètres, sur 3u0-de large). Trois grandes allées le coupent dans 1q sens de la longueur, deux dans celui de la largeur. Les bosquets d'arbres, les pelouses, les bas-fonds, les statues et surtout le magnifique jet-d'eau en face du palais de la nation, font du parc une promenade toujours très-recherchée par le public. Parmi les statues, deux seules méritent d'être signalées, savoir celles de Diane et de Narcisse, près du grand jet d'eau, l'une et l'autre par Orupello. Dans un des bas-fonds on remarque un petit bassin consacré au souvenir de Pierre-le-Grand (le buste de l'empereur est un don fait à la ville par le prince Demidoff) ; tout près, une Madeleine par Jér. Ihtquesnoy. Dans son dessin actuel le parc est une création de Marie - Thérèse. Les groupes «n pierre qui décorent la porte en face du palais du roi, représentant l'été et le printemps, sont de PotUurt et de Melot. Le parc est le jardin commun de tous ceux qui n'en possèdent pas à titre personnel, et comme tel d'une importance hygiénique trèsgrande pour la capitale. Le dimanche de 1 à 2*/? h., il est le rendez-vous du beau-monde, grâce aux attraits d'une musique militaire qui s'y fait régulièrement entendre (la chaise coûte ô cent.). Tous les soirs, en été, le promeneur peut y jouir sans payer, du moins jusqu'à l'heure de la clôture, des concerts du Vauxhall (v. p. 57). Le parc fut, pendant les sanglantes journées de septembre 1830, le principal théâtre de la lutte; il était occupé par les Hollandais et bien des arbres portent encore les traces du feu qu'ils eurent à essuyer de la part des Belges, qui occupaient la place Royale. — Le parc, ainsi que la promenade de l'Allée verte, le long du canal, hors la porte du Rivage, est fermé en janvier, décembre et pendant la dernière moitié de novembre à ô h. du soir, en- février, octobre et pendant la première moitié de novembre à 6 h., en mars et les 15 derniers jours de septembre à 7 h. ; en avril et les 15 premiers jours de septembre à 8 h.; en mai et août à 9 h.; en juin et juillet à 10 h. Il est interdit d'y fumer, à l'exception du chemin d'asphalte qui traverse le carré dans sa largeur.

L'allée transversale qui est la plus rapprochée de la place des Palais, conduit à un petit renfoncement de la rue Royale, d'où s'ouvre un coup d'œil charmant sur le bas de la ville. Il est orné d'une «statue par QuilX. Geefs (pi. 36), érigée par la nation au général français comte BeUiard (f 1832), qui fut, en 1831 et 1832, ambassadeur fiançais auprès du gouvernement

60 MouU 9. BRUXELLES. Palais de la Nation.

belge, „en reconnaiêsance du dévouement avec lequel le général remplit sa haute mission de premier ministre plénipotentiaire envoyé extraordinaire de France près le roi des Belges^, selon les termes de rinacription.

Parmi les édifices des rues qui forment Tenceinte du parc, nous citons avant tout, comme se faisant mutuellement vis-à-vis et dominant l'alMe centrale, le Palais du Roi, côte du S., et le Palais de la Nation, côte duN. Sur le prolongement de la rue Ducale, à g. de Fangle SE. du parc, s¥lève Tancien Palais du Prince d'Orange.

Le Palais du Boi (pi. 33) n'offre, ni par son architecture ni par son ameublement, rien de très-remarquable. Les deux ailes de la façade, séparées jadis, ont été réunies en 1827 au moyen d'un avant-corps ouvert et formé de six colonnes corinthiennes. Sous l'empire français, l'aile droite était occupée par la préfecture; Napoléon et Joséphine l'habitèrent en 1803. La visite du palais n'est permise qu'avec l'autorisation du maréchal ou du ministre de la maison. L'édifice va être considérablement agrandi par derrière. La principale richesse du palais consiste en tableaux de maîtres anciens et contemporains. Nous citons, outre quelques portraits de Van Dyck et de Rubensj plusieurs beaux Verboeckhoven f' les croisés devant Jérusalem, par Coomans; la citadelle d'Anvers après le siège de 1832 (p. 110), par De BraekeUer; la tentation de St-Antoine, par Oallait; le même sujet par Wappers; plusieurs portraits des frères WinterhaUer et de Lawrence. Le drapeau indique que le roi est à Bruxelles ou à Laeken. Il ne vient qu'une ou deux fois par semaine au palais de Bruxelles; sa résidence habituelle est le château de Laeken. Les princes habitent le palais pendant plusieurs mois de Tannée.

L'ancien palais du prince d'Orange (pi. 32), ordinairement appelé palais ducal, a été achevé en 1829 aux Arais de la nation pour servir de résidence à l'héritier du trône, alors Guillaume, prince d'Orange (depuis, Guillaume II, roi des Pays-Bas, f 1849), aujourd'hui propriété de l'Etat belge. Par une loi de 1853 il fut mis à la disposition du duc de Brabant, qui le refusa. Il fut alors réservé aux expositions des beaux-arts, concerts et autres fêtes de ce genre. Le jardin environnant a été ouvert à la circulation publique. Plusieurs salles du palais ont été abandonnées à la société artistique, fondée en 18G1 , pour ses expositions permanentes. — Les écuries du duc de Brabant touchent à droite au palais.

Le palais de la Nation (avant 1831 on l'appelait palais des Etats-Généraux) (pL 31), en face du palais du Roi, sur le côté N. du parc, fut construit sous Marie-Thérèse pour le conseil de Brabant; il n'a été approprié aux séances des Etats-Généraux qu'en 1817. Le tympan du fronton contient un bas-relief sculpté par Oodeeharles en 1782, et représentant des figures qui symbo-

St'MicheietSt^-GuduU. BRUXELLES. 9. Route. 61

lisent la loi et la justice. Le péristyle, accessible à tout le monde, est om(f de ♦statues en grès, à g. Pépin d'Héristal (f 714), le malfe du palais du royaume d'Austrasie (p. 41), par Simonia; Thierry d'Alsace, comte de Flandre (f 1168, p. 129), par Jehottt ; Baudouin, comte de Flandre, empereur de Constantinople (f l'iOG), par Jos. Oreefs; à dr. Jean, duc de Brabant (f r294, p. 67), par Oeerta; Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne (f 1467), par D. Cuyper; l'empereur Charles-Quint (f 1558), par De Bay. Au milieu, quatre figures allégoriques en plâtre, représentant la liberté de la presse, du culte, de l'enseignement et de l'association. — A l'étage supérieur se trouve une grande toile historique, peinte par Odevaere en 1817, représentant le prince d'Orange blessé à la bataille de Waterloo (p. 85); composition peu remarquable, mais qui vaut cependant la peine d'être vue en passant par ceux qui tiennent à se faire ouvrir les salles du sénat et de la Chambre des représentants. Les séances des chambres législatives sont publiques; l'entrée est sur le derrière de l'édifice, dans la rue de rOrangerie. La session dure habituellement du i^^ mardi de novembre jusqu'au mois de mai, même juin et juillet; les séances commencent en règle générale vers 1 h. et durent jusqu'à 5 h. Le lundi il n'y a pas de séance. La statue du Roi qui surmonte le bureau du président, dans la salle des représentants, est l'œuvre de OuUL. Oeefa.

Non loin de là s'élève l'église collégiale de *8t-Miohel et 8t«-Giidiile Cpl. 10) (fermée de midi à 4 h., l'entrée alors coûte 1 fr. de contribution pour le fonds de construction et 50 cent. A 1 fr. pour le suisse, qui demeure à côté du portail sudj. C'est le plus bel édifice religieux de la capitale, bâti sur le versant d'une colline, d'un aspect à la fois noble et simple. Le chœur et le transept sont du 13^ siècle, les tours Inachevées et la nef du milieu (28 mètres de haut, 11 de large) du 14^, les nefs latérales du 15®; la grande chapelle du St-Sacrement du 16®, celle de N.-D. de la Délivrance (au sud) du 17®. La façade a été restaurée en 1848. Les colonnes de la grande nef, comme celles du chœur, sont cylindriques, à bases et à plinthes rondes, mais les arcs qu'elles portent sont à Ogive en tiers-point. Philippele-Bon de Bourgogne tint ici en 1435, et Charles-Quint en 1510, un chapitre de Tordre de la Toison d'or.

La plupart des tableaux qui décoraient ce temple ont disparu pendant la première révolution française; mais l'église est riche en *vitraux peints de toutes les époques jusqu'aux temps les plus récents. On distingue surtout ceux de la ♦chapelle du St-Sacrement, à dr. du grand chœur, construite „/>eo et ancra memoriœ CaroU V : i^ fenêtre, derrière l'autel, l'empereur Charles-Quint et son épouse, Eléonore-Isabelle-Louise ; 2®, son frère, l'empereur Ferdinand I®*"; 3®, François I®', roi de France, et son épouse Eléonore; 4®, Louis, roi de Hongrie, et son épouse

62 Route 9, BRUXELLES. St- Michel et St^-GuduU.

Marie ; 5®, Jean de Portugal et son épouse Catherine : ces troi* princesses étaient sœurs de Charles-Quint. Dans le transept N., Charles-Quint; dans l'autre, Louis de Hongrie; toutes figures lar-. gement tracées et vigoureusement et brillamment peintes d'après des dessins de Michel Coxcie et de Bernard van Orley. Ces vitraux ont été donnés par les royales personnes mêmes qu'elles représentent, en 1546 et 1547. La même chapelle renferme un vitrail peint en 1848 par Capronnier d'après un dessin de NaueZf et pouvant très-bien soutenir la comparaison avec les meilleurs (les temps anciens et modernes. L'autel , sculpté en bois (par Goyers) et datant de 1849, est d'une excellente exécution.

La chapelle de Notre-Dame (côté S.), construite au 17® siècle, a quelques vitraux peints en 11)5G d'après des dessin» de Théod. van Thulden; ils accusent déjà la décadence de l'art tant sous le rapport du dessin que sous celui du coloris: ils représentent les portraits de l'archiduc Léopold (f IOG'2), de l'archiduc Albert (-|- 1621J et de son épouse, l'infante Isabelle-Claire- Eugénie (f 1633), des empereurs Ferdinand II (f 1658), et Léopold r^ (t 1705).

En face de l'autel, dans la même chapelle, se trouve le •mon um en t exécuté par Ouill. Qeef» à la mémoire du comte Frédéric de Mérode, tué en 1830 au combat de Berchem. Le comte y est représenté en blouse» qui était Tuniforme des volontaires belges» a moitié couché, dans une attitude légère et noble, serrant de la main droite un pistolet, et appuyé sur le bras gauche. L'inscription porte: Fhderico comiti de Merode inter Uheratores Belgii propugnaiori strenue^ qui Catholicœ fidei patriœque jura tuendo percussus cid Berchem Mechliniœ. pie oceubuit A. D. 1830. Les arme» de la famille de Mérode sont accompagnées de cette belle devise „i>/w* d'honneur que d'honneurs*. Au-dessus du monument, on a récemment placé un grand tableau de yavez, Tassomption de la Vierge. — La même chapelle renferme le somptueux mausolée en marbre du général espagnol comte f^nest d" henbourg-Oremau (f 1664), dernier rejeton de cette ancienne famille rhénane.

Les fenêtres supérieures du chœur représentent les portraits de Maximilien d'Autriche et de son épouse Marie de Bourgogne, puis ceux de leur fils Philippe-le-Beau et de son épouse Jeanne de Castille, de leurs fils, les empereurs Charles-Qulnt et Ferdinand, enfin de Philippe II et de sa première épouse Marie Tudor. Les vitraux modernes (1842), par Cafyronnier d'après Navez, manquent de vivacité. Ceux de la chapelle -de la Madeleine, derrière le chœur, ont été fondés par la famille de Mérode. — Dans le chœur on voit le monument du duc Jean II de Brabant (f 1312) et de son épouse, Marguerite d'York; il est en marbre noir et surmonté d'un lion d'airain doré pesant GOGO livres ; en face se trouve le mausolée de l'archiduc Ernest (f 1595), frère de l'empereur Rodolphe II et gouverneur-général des Pays-Bas. Le prince est représenté couché. Ces deux monuments ont été érigés au frais de l'archiduc Albert (p. 20), frère d'Ernest. Une dalle de marbre blanc couvre l'entrée du caveau des ducs de Brabant et des princes de la maison d'Autriche.

Le vitrail du portail occidental, le jugement dernier, par

Cotonne-d.L Conatut. BRUXELLES. 9. RouU. 63

François FloriSf e»t remarquable par une abondance de figures qui ne se rencontre guère ailleurs, mais qui n'est pas du tout recommandable pour ce genre de peinture.

Quatre des statues des douze apôtres placées contre les piliers de la nef sont de Duquesnoy (St-Paul, St-Barthélemy, St-Thomas et St-Matthieu). La *c h a 1 r e, en bois de chêne, a été faite en 1699 pour les Jésuites de Louvain par H. Verbruggen d'Anvers. Les sculptures représentent Adam et Eve chassés du paradis par Tarchange Michel. De chaque côté descend un escalier, dont les rampes sont formées de troncs d'arbres, sur lesquels se tiennent toutes sortes d'animaux symboliques: un ours, un chi^i, un chat, un aigle, un vautour, un paon, un hibou, un pigeon, un écureuil, un singe dévorant une pomme ; le rond de la chaire elle-même paraît figurer le fruit défendu; le dais est surmonté d'une statue de la Vierge tenant à la main une croix, avec laquelle elle écrase la tête du serpent. La nef méridionale renferme le monument érigé par le gouvernement à la mémoire du chanoine Triest (f 1846), phiiantrope renommé; il a été exécuté par Simonis. Depuis une longue série d'années la ville et le gouvernement consacrent des sommes considérables à l'entretien et à l'embellissement de l'édifice. Le grand escalier de la façade principale a été achevé en 1861.

A mi-chemin entre l'embouchure de la rue de la Loi dans la rue Royale et l'ancienne porte de Schaerbeck, s'ouvre à g. la petite place du Congrhy sur laquelle se dresse la ^colonne de la Gonstitution. Cette colonne, dont le roi Léopold posa la première pierre en 18o0, et qui fut solennellement inaugurée en 1809, est consacrée au souvenir du Congrès national (assemblée constituante), qui, après la révolution de 1830, établit le pacte fondamental belge et appela au trône le prince Léopold de Saxe-Cobourg. Le fût de la colonne (style corinthien) a 47 m. de hauteur et est surmonté d'une statue en bronze du roi, sculptée par Guill. Oeefs, et haute de 4 m. Le bas est couvert de bas-reliefs par Simonis, symbolisant les neuf provinces du royaume; les noms des 237 membres du Congrès et ceux des membres du gouvernement provisoire sont gravés sur des tables de marbre. Les quatre coins du stylobate sont occupés par quatre grandes figures de femmes assises, coulées en bronze et représentant: la liberté de la presse (par Jos. Oeefs), celle de l'enseignement (par le même), celle de l'association (par Fraikin) et celle des cultes (par Simonis). On arrive à la galerie par un escalier en limaçon de 193 marches; le panorama de la ville et des environs qui se déroule du haut de la colonne, est magnifique (on donne au gardien une petite rétribution). Les deux lions en bronze qui gardent l'entrée, sont l'œuvre de Simonis. Un large escalier conduit de la place du congrès vers le centre de la ville; au pied de cet escalier s'élèvent à dr. et à g. deux édifices destinés à des marchéi eouverii.

M Route 9. BRUXELLES. Palaii de l Inétuitrie.

Revenons sur nos pas en nous dirigeant vers la place Royale, Cette place est dominée par T^glise de St-Jaeques mr Oaudenberg (pi. 11 J, construite de 1776 à 1785 par Ouimard et ornée d'un péristyle avec les statues de David et de Moïse. Les formes simples et antiques de cet édifice font contraste avec l'architecture essentiellement gothique des antres églises de la ville et du pays.

„Sa façade extérieure eat noble et grande , les bas^reliefs du fronton n'ont rien de remarquable, mais la belle arcbitecture corinthienne de l'ensemble réunit à la fois la richesse , la grâce et la simplicité." (Le voyageur George Forsfer^ 1790).

Depuis 1.S52 le fronton est occupé par une fresque sur fond d'or, peinte par PortaeU et représentant la St*- Vierge consolatrice les afnigés. Sous la république française, l'église servit pendant plusieurs années au culte de la Raison.

Devant l'église, sur la place, qui paraît être proportionnellement trop resserrée, se dresse depuis 1848 la ^statue équestre de Oodefroid de BouilUm, le célèbre chef de la première croisade, chef-d'œuvre de M*" Eug. Simonis. L'artiste a représenté Godefroid au moment où il part pour la croisade (1097); il tient en main sa bannière, qu'il lève vers le ciel, et son air inspiré semble prononcer ces mots sacramentels: Dieu U voUl (Dieu le veuti)

L'arcade de gauche conduit au palais de Tlndastrie (pi. 29), construit en 1829 par le 8. P. Q. B, (8enatus popnlusque Bruxellensis) mdustria et artibus , et occupé aujourd'hui par le maiée d'mdnstrie (ouvert au public les mardis, jeudis et samedis de midi à 4 h. et les dimanches de 10 à 3 h.), avec une foule de modèles, et par la bibliothèque royale (v. ci-dessous). Au centre de la cour s'élève la statue en bronze du duc Charles de Lorraine, gouverneur-général des Pays-Bas sons Marie-Thérèse (1741 à 1780), sculptée par Jekotte en 1846.

Au rez-de-chaussée de droite se trouve la section des manuscrits de la Bibliothèque rojale (pi. ô), connue dans le monde •érudit sous le nom de Bibliothèque de Bourgogne et fondée au 15® siècle par Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne. Elle est acr cessible au public tous les jours de 10 à 3 h., sauf le dimanche. Parmi les 20,000 manuscrits dont elle se compose, on remarque surtout quelques somptueux livres d'heures, enrichis de précieuses miniatures, dont plusieurs de l'école des Van £)ck. Le livre d'heures des ducs de Bourgogne, plus tard propriété du roi de Hongrie, Mathias Corvin, et exécuté en 148') par Attavante de Florence, la chronique du Hainaut en 7 volumes in-folio avec des miniatures de la main de MemUng, la Gyropédie de Xénophon ayant appartenu à Charles-le-Téméraire , fixeront particulièrement l'attention des étrangers. Ils sont exposés dans des vitrines, avec beaucoup d'autres curiosités, telles que le „ Pardon accordé par Charles-Quint aux Gantois" (p. 114j^ en li')40, d'anriens manuscrits à partir du 7* siècle, des jeux de cartes con-

Musée, BRUXELLES. 9. Route. 65

feotionn^s à Ulm en 1594, des autographes de Français I^^, Henri IV, Philippe II, du duc d'Albe, de Luther, Voltaire, Rubens, etc. Les volumes provenant de Tancien fonds des ducs de Bourgogne sont généralement reliés en maroquin rouge ; les principaux ont été emportés deux fois à Paris comme butin de guerre et restitués après la conclusion de la paix. La salle principale renferme une série de portraits des souverains du pays jusqu'à Marie-Thérèse et Joseph II. — La section des imprimés (environ 200,000 volumes) est logée dans l'aile gauche du bâtiment. Le fonds de cette bibliothèque fut constitué en 1837 par Tachât de la collection d'un bibliophile renommé, M^ van Hulthem, qui fut acquise par le gouvernement au prix de 300,000 fr. Depuis, il a été doublé par l'incorporation de lancienne bibliothèque de la ville et des accroissements successifs. La dotation annuelle, accordée par le budget de l'Etat pour la bibliothèque, est de 60,000 à 65,000 fr. Le cabinet des estampes mérite particulièrement l'attention des amateurs; on y voit la plus ancienne gravure sur bois avec date (1418).

Les bâtiments formant angle droit avec le palais de rindustrie constituent ce que l'on nomme généralement ranoienne cour. Depuis 1731, après que le feu eut consumé l'ancien palais de la place Royale, ils servirent de résidence aux gouverneurs-généraux . En dernier lieu on y a établi des collections scientifiques et artistiques (le cabinet d'histoire naturelle et le musée des peintures et des sculptures), ainsi que l'académie royale des sciences, lettres et beaux-arts. La chapelle, à dr. de l'entrée, dont le prince Charles de Lorraine posa la première pierre en 1760, est affectée depuis 1803 au culte protestant.

Le *]Casée (pi. 26) possède plus de 700 tableaux, tous de maîtres anciens. Parmi ces tableaux il y en a une douzaine de Rubens, mais d'une valeur bien inférieure à ceux d'Anvers, comme en général la collection de Bruxelles est loin d'égaler le musée d'Anvers. Le musée est ouvert les dimanches et jeudis de 10 à 3 h.; l'entrée est par la porte de gauche au fond de la cour; les autres jours on paie une petite rétribution (1 fr.) et entre par le vestibule, en montant un escalier au bas duquel se trouvre un Hercule qui passe pour le chef-d'œuvre du sculpteur Delvaux.

Dans les lignes suivantes nous énumèrerons les toiles les plus remarquables du musée, en distinguant par un astérisque celles qui sont réputées les meilleures et en suivant l'ordre dans lequel elles se présentent quand on entre par l'entrée habituelle au fond de la cour. Les personnes qui entrent du côté opposé et qui veulent tirer profit de notre livre, traverseront toutes les salles, pour ne commencer leur examen qu'à la dernière, qui est celle où pendent les grands tableaux de Rubens.

A l'entrée: ♦239. (numéro du catalogue) O. Venins y le Baedeker, la Helgique. 3*^ édition. O

66 Route 9. BRUXELLES. Mwée.

Christ au jardin des Oliviers et le Christ porte au tombeau, tableau à volets. Salle L, à droite, sept grandes compositions de BubenSy attestant tout autant la prodigieuse productivité de ce maître que ses défauts: 162. le couronnement de la Vierge; 164. le Christ au tombeau, pleuré par les siens; 166. Tassomption de la Vierge; 161. le martyre de Saint-Liévin (ce tableau fait frissonner); 160. le Seigneur voulant foudroyer le globe terrestre, que protège St-François; 163. le chemin de la croix. *2b. Ph. de Champaigney présentation au temple; 16.'). Rubensj adoration des Mages (le guerrier qui oppose son bouclier à la foule, est lepeintre lui-mémej; 118. Jordaensj St-Martin guérissant un possédé. — Salle IL, à gauche: 92. Fr. FLorU (de Vriendtjj le jugement dernier, grand tableau à volets; le peintre s'est peint lui-même sortant d'un tombeau dont le Temps relève la pierre; 217. Van Dycky Silène ivre. Salle III.: 156. Reykart, un chimiste dans son laboratoire; 177. SchaUcen, un jeune homme fait fondre de la cire, une jeune fille, derrière lui, le regarde faire; 134. P. Meert, portraits de magistrats de Bruxelles de 1600; 702. AfacM, vieillard lisant; 625. TenierSj banquet; Teniers^ buveurs; 145. P. Neefs, intérieur de la cathédrale d'Anvers ; •55. de Craeyerj la pêche de St-Pierre; 109. iîui/sdaci, paysage; *87. G. Dote?, le peintre luimême dessinant à la lueur d'une lampe un cupidon (cette toile coûta, dit-on, 25,000 fr.). — Salle IV : 269. Marattij Apollon et Daphné; 278. 279. le Titienj portraits d'un jeune homme et d'un vieillard; 267. U Guide, la fuite en Egypte; 284. Paul Vérontse^ adoration de l'enfant Jésus par St®-Catherine ; 265. OioUo, le Calvaire. Les trois salles suivantes renferment peu de choses remarquables; nous citons une dixaine de tableaux de Phil. de Champaigne se rattachant à la vie de St-Benoît, parmi lesquels le n°. 26, St-Benoît dans la grotte, passe pour le meilleur. 45. 46. DoWf deux portraits. 12. F. Bol, tête de vieillard. qui étudie.

En face de la porte d'entrée mentionnée p. 65, à droite de l'escalier, on trouve dans trois salles une série de tableaux des plus anciens maîtres de l'école flamande; entre autres dans la ir S aile: *van Eyck, Adam et Eve, deux volets de la célèbre adoration de l'^agneau à Gand (p. 118), vendus à l'Etat comme peu convenables pour une église. L'Etat donna en échange à l'égli^-e les cinq copies mentionnées p. 119. — III® Salle: 634. J. van Eyck, adoration des Mages (sous verre). *358. B. van Orley, Jésus-Christ mort, pleuré par les siens, tableau à volets, avec les portraits du donateur et de sa famille; H29. Jean de Maubeuge, le Christ dans la maison de Simon le Pharisien.

Les tableaux modernes et les sculptures ont naguère été transférés au palais ducal où ils ne sont point encore visibles. — Qui veut juger des progrès de l'école de peinture belge, et en voir les ouvrages les plus modernes , se procurera facilement la

Université libre, BRUXELLES. 9. Route. 67

permission de visiter la galerie de M'. G. Couteaux (Foss^aux-Loups 64).

Le eabinet d'histoire naturelle, h l'étage inférieur (on entre par la cour), est le plus complet du pays. La section zoologique renferme plusieurs pièces provenant des Indes hollandaises. Nous signalons surtout à l'attention un hippopotame d'une grandeur extraordinaire. La section minéralogique a été enrichie par une collection considérable de minéraux russes offerts par le prince d'Orange. Elle renferme aussi une collection complète de prwluits volcaniques du Vésuve et de fossiles provenant des excavations de Maestricht (p. 44). Le cabinet est ouvert au public les mêmes jours que le musée (p. 65).

La Galerie historiquej au-dessus du cabinet d'histoire naturelle, au second, se compose de tableaux et de bustes relatifs à l'histoire de Belgique. Entrée tous les jours de 10 à 3 h., excepté le lundi et le jeudi.

L'univerBité libre est établie dans l'ancien hôtel du cardinal de . Granvelle, rue des Sols (pi. 46). Fondée en 1834 par les chefs du parti libéral, en opposition à l'université catholique (pp. 35 et 51) établie vers la même époque à Malines, elle se divise en quatre facultés : philosophie et lettres, sciences, droit et médecine, et une école spéciale de pharmacie. Le nombre des élèves était en 1862 de 415, celui des professeurs ordinaires de 40, celui des professeurs extraordinaires et agrégés de 3.

La jolie Chapelle de l'expiation^ à quelques pas de l'université, dans la même rue, construction en fer, a été récemment fondée en expiation du vol de l'hostie commis au moyen âge dans l'église de St*-Gudule.

En revenant vers la place Royale et prenant à droite par la rue de la Régence, on arrive à Hotre-Dame des VictoireB {^Eglise dî» 8(tblon, pi. 12). Elle a été bâtie en commémoration de la victoire remportée à la bataille de Worringen (1288) par le duc Jean I*^' de Brabant sur le comte de Gueldre et l'archevêque de Cologne. A l'exception peut-être du porche du transept nord (du 14® siècle), l'édifice entier remonte au 15® et 16® siècle. Le transept méridional renferme une dalle de marbre noir qui porte qu'en 1842 les restes du poète Jean-Baptiste Rousseau, mort dans l'exil près de Bruxelles en 1741, ont été transférés ici de l'ancienne église des Petits-Carmes (p. 68). Dans la première chapelle méridionale se trouve le tombeau d'un secrétaire du duc de Parme, Flaminio Oamier: six bas-reliefs en albâtre représentant des sujets tirés de la vie de la St®-Vierge. Dans la 3® chapelle méridionale on a placé en 1856 le monument de „Aug. de Porso, marquis de Voghera, commandant général des troupes dans les Pays-Bas autrichiens j général de cavalerie^ (f 1781). Le mausolée de la famille princière de Tour et Taxis, dans le transept septentrional, en marbre blanc et noir, est orné de sculptures

68 Route 9. BRUXELLES. PeUU'Carmea.

dépourvues de mérite artistique ; mieux vaut la St^-Ursule, sculptée par Duqueânoy, qui décore Tau tel. Le dôme de la chapelle est orné de nombreuses armoiries de la famille. Les tableaux de l'église ont peu de valeur ; nous mentionnons un dernier jugement de Franc. Floris. Dans la sacristie, quelques tableaux de. l'ancienne école flamande.

Sur la place du Petit-Sablon, en face de l'église, s'élève le palais du duc d'Aremberg (pi. 2ij, construit en 1548, restauré en 1753, l'aile droite moderne. Jadis la demeure du célèbre comte d'Ëgmont; il renferme une petite, mais précieuse collection de tableaux (environ 140), dans laquelle chacun des principaux maîtres de l'école néerlandaise se trouve représenté. Le palais est accessible à tout le monde en l'absence du duc, de 10 à 4 h. (rétribution 1 fr.J; quand le duc y est, il faut en demander par écrit la permission à S. A. elle-même, qui ne la refuse jamais. Dans la cage de l'escalier, une copie en plâtre des célèbres portes de bronze, exécutées par Lorento Ohiberti pour le baptistère de Florence, et représentant des scènes de la création. I<es tableaux sont tous dans un parfait état de conservation; les noms des artistes sont indiqués sur les cadres. Parmi ceux-ci on remarque Rubensj Jordaeru (le concert de famille), Schalkenf MierU, Wouvermann, Durer (portrait de MaximUien I^"") , Van Orley^ O. VaniuSj Van der Velde^ Van I)yck, Schotel, Martin Schœn, PoUer, Van der HeUtj Rembrandt (la guérison de TobieJ , Jan^ Steen (noces de GanaJ, etc. Dans les autres salles, on trouve de magni- Àques meubles anciens et modernes; des vases étrusques, des statuettes antiques, des bustes en marbre etc.; la bibliothèque renferme une copie en plâtre (l'original est depuis quelques années dans une des propriétés du duc) de la fameuse tête de Laocoon, trouvée il y a lô ans sous un pont à Florence. Elle fut achetée par un prince d'Aremberg, et l'on prétend que le roi Louis de Bavière en avait vainement offert le prix de 180,0U0 fr. Pour la comparaison, on y a joint une copie de la tête de Laocoou qui se trouve à Rouie. Le manège peut être converti en salle de fête et sert en hiver de serre chaude. Les jardins ont une grande réputation parmi lés amateurs d'horticulture (1 fr. de pourboire).

Un peu, plus haut que le palais d'Aremberg se trouve la prison des Petiti-Oarmes (pi. 34), construite sur l'emplacement d'un couvent de Carmes déchaussés détruit en Itill, et considérablement agrandie dans les derniers temps. Une de ses ajoutes, celle qui longe la rue et qui est consacrée à la prison cellulaire, a été bâtie en 1847 dans le style ogival anglais par Dumont (t 1859). A quelques pas de là se trouvait l'hôtel du comte de Cuylembourg, célèbre comme lieu de réunion des gentilshommes qui donnèrent le signal du soulèvement des Pays-Bas sous Philippe II. C'est dans l'hôtel Cuylembourg que fut signée le 5 avril

Pakûê de Justice. BRUXELLES. ». Route. 69

1566 la fameuse requête, adressée à Marguerite de Parme (fîUe naturelle de ChArles-Quint et gouvemante-g^n^rale des Pays-Bas), et tendant à obtenir l'abolition de l'inquisition et la convocation des ^tats-g^n^raux. Les 300 conf(?d^rft se rendirent en cortège au palais de la duchesse: an moment où la pétition lui fut remise, plusieurs des nobles entendirent un de ses courtisans, le comte Berlaimont, prononcer, pour rassurer Mar^erite qui paraissait effrayée, ces mémorables paroles: ,, Madame, ce n'est gii'une troupe de gueux" y faisant allusion à IVtat délabré de leurs finances. Au repas que Cùylembourg donna le soir de cette audience, le comte de Brederode, ayant rapporté ces paroles, proposa le mot de gueux comme nom de ralliement du parti, et rassemblée, échauffée par le vin, Tadopta d'enthousiasme. Aussitôt après le repas, plusieurs des confédérés se présentèrent sur le balcon de rhôtel Ouylembourg, une besace à la ceinture et tenant une jatte de bois k la main, dans laquelle ils burent à la santé des gueux. Chaque associé de la ligue planta un clou dans la jatte comme signe de son affiliation. Ce fut là l'étincelle qui alluma l'incendie de la révolution, et qui amena, quelques années plus tard, la séparation des provinces septentrionales. L'hôtel Cùylembourg fut démoli par ordre du duc d'Albe: il l'avait habité lui-même pendant quelque temps après son entrée à Bruxelles, et ce fut même là qu'il fît arrêter les comtes d'Egmont et de Hornes.

Sur le Orand'Sabloriy la plus grande place de Bruxelles, qui fut sous le duc d'Albe le théâtre de nombreuses exécutions capitales, on voit une fontaine de peu le mérite artistique. C'est un témoignage de reconnaissance offert en 1751 à la ville de Bruxelles, qui lui avait donné l'hospitalité pendant son eiiil, par lord Bruce, comte d'Aylesbury. Le groupe qui surmonte cette fontaine, représente Minerve tenant les médaillons de François 1®^ et de Marie-Thérèse; à droite, la déesse de la gloire, à gauche l'Escaut; plus bas les armoiries du donateur.

Du côte N., cette place est contiguë au palais de Jnitiee (pi. SO), édifice malpropre et mal distribué, ancien couvent de Jésuites. L'entrée principale est dans la rue de Ruysbroek. Le péristyle, qui est placé du côté opposé au Grand-Sablon, a été construit en 1823; c'est une assez mauvaise copie du temple d'Agrippa à Rome. Au fond de la cour principale on a construit en 1843 un bâtiment isolé pour la cour de cassation. On y remarque deux beaux tableaux historiques de l'école moderne belge ; r*abdication de Charles-Quint (p. 73) par L. GaUaity chef-d'œuvre comme composition, dessin, coloris, et le ♦compromis des nobles par E de Bievfe^ excellent dans quelques figures, moin> remarquable par l'ordonnance et l'accord des couleurs; celui qui signe, est le comte de Homes; le personnage assis dans le fauteuil est Egmont, celui qui est contre la table revêtu de son armure, est Philippe de Mamix; au premier-plan, vêtu de bleu, Guillaum"^

70 Route 9. BRUXELLES. N.-D. de la Chapelle.

d'Orange; à côté de lui le duc d'Aremberg; le personnage qui, placé sous le portique à gauche, engage à signer, est le comte de Brederode. Sur la toile de Gallait, Charles-Quint est sous le dais, appuyé de la main gauche sur le prince Guillaume d'Oiange; devant lui, à genoux, son fils Philippe II, à droite sa sœur Marie de Hongrie assise dans un fauteuil, à gauche le cardinal Granvelle. — Les séaiices publiques de la cour de cassation ont lieu les jeudis, vendredis et samedis de 10 à 2 h. Les autres jours et à d'autres heures, ainsi que pendant les vacances (15 août au 15 oct.), il faut s'adresser, pour voir les tableaux, au concierge (rétribution 50 cent.).

Tout près du palais de Justice, dans la rue Haute, est située l'église de Notre-Bame de la Chapelle (pi. 7), basilique gothique fondée en 1134 par Godefroid le Barbu. La façade de derrière est du 12® siècle , celle de devant du 15®. A droite de l'entrée de la rue Haute est la chapelle de la Trinité, ornée depuis 1852 de magnifiques ♦peintures murales ^ar J. B.van Eycken (f 1853 J; à g. une représentation de la parole du Seigneur: ^Yenez à moi vous tous qui êtes affligés et chargés." Dans les voûtes on voit les huit béatitudes. A dr. trois portraits de femme, figure entière, sur fond d'or; au milieu la reine Louise Marie (f 18ô0), à g. la duchesse Jeanne de Brabant (f 1406J, à dr. l'infante Isabelle (f 1633), toutes trois renommées par leur charité. En face on voit un grand tableau à l'huile du même peintre, la religion chrétienne affranchissant les esclaves. Une *série de scènes de la passion (stations), exécutées par Van Eycken y orne les autres chapelles et atteste à la fois le goût artistique et le dévouement à l'art chrétien qui régnent dans la Belgique actuelle. La deuxième chapelle méridionale renferme le tombeau du peintre Pierre Breughety ainsi qu'un tableau de ce maître (le Christ remettant les clefs du ciel à St-Pierre) ; dans la 4® chapelle, *I)e Craeyer, Jésus apparaissant à Marie-Madeleine. A côté de la porte d'entrée occidentale, le tombeau du peintre Lens „régénérateur de Ut pein' iure en Belgique et parfait chrétien" (f 1822), exécuté par Oode- Charles. Dans la nef septentrionale, 1 ® chapelle, le tombeau du peintre J. Sturrrij mort à Rome en 1844, avec le médaillon du défunt. Au N. du transept nous signalons un tableau de Van Eycken, représentant la délivrance d'un possédé. Dans la chapelle septentrionale du chœur, le monument de la famille de SpinoUi; contre le pilier, un monument avec buste, à la mémoire du duc Charles Alexandre de Croy (f 16'24) ; de l'autre côté du pilier, une table en marbre noir porte l'inscription suivante: „Sub hoc tumulo in pace quiescit Franciscus Anneessens BruxellensiSy nationis Sti. Nicolai syndicvbSy qui juramentis fideliter servatis et jurejurandis privilegiisque opificiorum corporum urbis hujus religiose defensiSy ad extremum ductus fuit suppliciumy quod cum firma fiducia in Christum, upremum judicum judicemy inturbabili animo syhivit spreta nece.

PorU de Hal. BRUXELLES. 9. RouU. 71

Merfendo vir flie pro defensione jurium au? ordinis non frangendœ fidei in^ipne dédit exemplar; occisua est anno œtatis 70, 19 sept. 1719. Memoriœ Anneessens comités de Merode- Westerloo et Amadeus de Beaufort hune posuere lapidem. 1S34." C'est, comme on voit, un hommage rendu à François Agneessens ou Anneessens, syndic de la nation de St-Nicolas et doyen des métiers de Bruxelles, décapité le 19 sept. 1719 sur la Grand'Place de cette ville pour avoir défendu avec énergie les franchises de la ville et des métiers contre les empiétements du gouverneur autrichien, le marquis de Prié. — Tableau du maître-autel: Van Eycken, miracle de St-Boniface ; autel latéral du N. : De Craeyer , intercession pour les âmes du purgatoire ; autel latéral du S. : J)e Craeyerj St-Charles- Borromée administrant la communion aux pestiférés.

La rue Haute aboutit à la porte de Hal (pi. 27), seul reste des anciennes fortifications. Elle fut commencée en 1381 et servit deux siècles plus tard de bastille au duc d'Albe. Depuis la démotiton des remparts et le nivellement des fossés, la porte de Hal se trouve isolée sur une petite place. Après avoir servi pendant longtemps de prison, l'Etat, qui en est devenu le propriétaire en 1842, la fît approprier pour recevoir (1847) le *mu8ée d'antiquités, d'armures et d'artillerie. Ce musée est ouvert au public le dimanche de 11 à 4 h.j les autres jours, en payant une rétribution de 1 fr. et en produisant son passeport. Le premier étage renferme des armes et armures de toute espèce et de tous les temps. Immédiatement à g. de l'entrée on voit les chevaux empailles sur lesquels le gouverneurgénéral archiduc Albert d'Autriche (p. 2U) et son épouse Isabelle firent leur entrée a Bruxelles. A l'étage supérieur on voit la copie d'un obélisque égyptien dont l'original se trouve à Londres; la grande robe de gala écarlate du roi Charles II d'Angleterre; de grands portraits de Napoléon et de l'impératrice Joséphine en relief, provenant de quelque monument de Bruxelles; le tombeau le Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne; le manteau et Tare de Montézuma, empereur du Mexique; une ancienne plaque de cuivre gravée en commémoration de la fondation d'une messe dans l'église de Nivelles; le berceau de Charles- Quint; un buste de Juste-Lipse; des sculptures d'autel en bois datant du 14® et du 15^' siècle ; le harnais rouge et doré qui servit lors de l'entrée de Marie-Thérèse à Bruxelles; à dr., près de l'entrée, la chaise à porteurs du duc Charles de Lorraine (p. 64) ; vis-à-vis de l'entrée, le modèle de la Bastille de Paris; dans le renfoncement du milieu, toutes sortes d'objets ethnographiques, costumes chinois, etc. Devant le bâtiment on a placé un certain nombre de bouches à feu, anciennes et modernes, entre autres un mortier-monstrej coulé à Liège en 1834.

A quelques pas de la porte de Hal, en descendant le boulevard, on rencontre sur la dr. une gracieuse construction avec de^

72 RouU9. BRUXELLES. Bêtelrd&^ilie.

mQTailles à l'antique et un clocher semi-gothique ; c'est l'h o s p i c e des aveugles, iond^ il y a quelques années par la Société de philanthropie et bâti par Gluysenaer.

L'*hôtel-de-vUle (pi. 20), sur la OrandTlaee, dans le bas de la ville, est sans contredit l'édifice le plus remarquable de Bruxelles et un des plus grands et des plus beaux de ces palais communaux que l'on trouve dans presque chaque ville des Pays- Bas. Il présente un trapèze isolé d'environ 80 mètres de long sur 16 mètres de large, non compris les constructions modernes ajoutées au côté postérieur. I<a façade postérieure date du commencement du 18® siècle, celle de devant et la tour, de la pre-r mière moitié du 15^ siècle. Les ornements sculptés qui décoraient autrefois la façade, notamment les statues des ducs de Brabant, avaient été mutilés en 1792 par les sans-culottes et enlevés. Ils ont été restaurés par le sculpteur Jacquet en 1853. Au-dessus de la porte voûtée qui débouche dans la cour centrale, s'élance à une hauteur de 113 mètres 76 centimètres une tour admirable, découpée à jour, chef-d'œuvre d'élégance, de hardiesse et de légèreté, achevée en 1450. Malheureusement, par l'abandon du plan primitif, elle ne se trouve pas placée exactement an milieu de la façade. Le premier arc voûté est orné de la statue du constructeur de la tour, Jan van Ruyshroek (f après 1482); au sommet de la flèche s'élève, posée sur un globe en cuivre doré et tournant au moindre vent, la statue colossale, également en cuivre doré, de l'archange Saint-Michel, patron de la ville de Bruxelles, haute de 5 mètres 2 centim. On peut, en s'adressant au concierge, qui demeure sous le portail de derrière, faire l'ascension de la tour (le mieux vers 4 h. du soir), dont la pointe a été fortement endommagée par un coup de foudre en septembre 1863. La vue y est magnifique et s'étend jusqu'au lion de Waterloo (p. 88) au delà de la forêt de Soignes (p. 86).

La visite de l'intérieur (1 fi-, au concierge) se fait le plus commodément le soir après la clôture des bureaux. Dans le vestibule de l'entrée occidentale on a placé en 1854 un grand tableau historique de Stallaertj représentant les derniers moments de T'Serclaes, échevin de Bruxelles (1388); dans le vestibule du premier étage, la défaite d'Attila près de Ghâlons (451), tableau peint par Coomana en 1848. On trouve en outre dans les corridors une série de portraits en pied et de grandeur naturelle, représentant des souverains du pays : Marie-Thérèse, François II, Joseph II, Charles VI, Charles II d'Espagne, etc., puis l'empereur Charles- Quint, Philippe III d'Espagne, Philippe IV, l'archiduc Albert et son épouse l'infante Isabelle, Charles II d'Espagne et Philippe II, ce dernier en grand costume de l'ordre de la Toison d'or. C'est dans la grande salle gothique, destinée aux mariages et aux solennités communales, que les comtes d'Egmont et de Homes furent ■ondamnés "k mort (1568). Quelques historiens prétendent que

Maison du Roi. BRUXELLES. 9. UwUe. 73

ce fut dans la même salle qu'eut lieu rabdicàtion de Charles- Quint (1ÔÔ6) ; c'est une erreur ; cette abdication s'est faite dans l'ancien palais ducal de la place Royale, qui fut incendia en 1731. La salle du conseil communal, ancienne salle des états du Brabant, est garnie de magnifiques tapisseries, représentant: l'abdication de Gharles-Qulnt (au premier plan, l'empereur, à côté de lui sa sœur Marie de Hongrie, devant lui Philippe II, dans le fond le duc d'Albe en manteau rouge), l'inauguration de Charles VI comme empereur d'Allemagne à Aix-la-Chapelle, et la fjoyeuse entrée^ de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, c. à d. la conclusion du contrat constitutionnel entre le souverain, le clergé, la noblesse et le peuple. Sur une table est déposé un plateau en argent doré avec la clef de la ville, qu'on avait coutume d'offrir aux souverains quand ils faisaient leur entrée. Le plafond, scènes mythologiques par Ja/nssensj passe pour un chef-d'œuvre. Dans la cour centrale on remarque deux fontaines dont chacune est ornée d'une statue de marbre blanc représentant un fleuve couché au milieu de roseaux et .appuyé sur une urne.

En face de l'hôtel de ville se trouve la Maison du Boi. C'est à l'installation de diverses cours souveraines qui y siégèrent jusqu'à la réunion de la Belgique à la France, qu'elle est redevable de sa dénomination. L'édifice actuel a été reconstruit en style ogival tertiaire en 1025 en remplacement d'un autre qui avait servi de halle au pain, d'oi) provient le nom de broodhuys qu'on lui donne encore souvent. L'infante Isabelle le fît restaurer et embellir en 1624; ce fut alors qu'on y plaça la statue de la Vierge ainsi que les inscriptions de la façade:

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