A PESTE FAME ET BELLO LIBERA NOS MABIA PACIS
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En 1767 l'édifice subit une restauration qui lui a enlevé en partie son aspect primitif. Depuis quelques années la Maison du Roi sert de local au Cercle artistique et Uttéraire. C'est dans ce bâtiment qu'Ëgmont et Bornes passèrent leur dernière nuit. Un groupe de marbre, représentant ces martyrs de la liberté, en ornera bientôt le pied.
La Qranét PUiee^ célèbre par les exécutions sanglantes du duc d'Albe, et surtout par la mort tragique des comtes d'Egmont et de Homes (5 juin 1068), occupe une superficie de l>4 ares 78 centiares; long. 178, larg. 80 pas. Lee ^maisons qui l'encadrent ont été rebâties, telles qu'elles sont aujourd'hui, après le bombardement de 1G9Ô; elles appartenaient pour la plupart à des corporations de métier, qui s'étaient fait un point d'honneur de les décorer avec magnificence. Lors de l'invasion fï'ançaise, elles perdirent une grande partie de leurs ornements extérieurs, mais dans les dernières années plusieurs d'entre elles ont été restaurées aveo goût. On remarque surtout à l'E. Yhôid des Brasseurs (p. 56), récemment restauré et dont le pignon est
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surmonté d'une statue équestre du duc Charles de Lorraine (p. 64), exécutée en 1853 par Jacquet; à l'O., la maiBon des bateUera, dont le pignon représente la poupe d'un vaisseau, avec deux canons en saillie; la maison^ de la Louve^ lieu de réunion des archers, ain.si nommée d'après un groupe fifrurant rallaitement de Romulus et Remus; etc. Le grand édifice qui occupe presque tout le côté 8£., était autrefois la Balance communale.
De rhôtel-de-ville, en suivan<t la rue de TEiuve (direction SO.), on arrive à une des curiosités les plus bizarres. C'est une fontaine, formant le coin de la rue de TËtuve et de la rue du Chêne, et connue sous le nom de ^Manneken-Pis fpl. 24) d'après la statuette en bronze (haut. 1 m.J qui la décore ou plutôt qui la constitue, et qui représente un Cupidon se livrant le plus naïvement possible à Faction de fournir de l'eau. Ce Manneken^Pis (il est l'œuvre de Duquesnoy et date de 1619) fut de tout temps l'objet de l'afifection populaire; il a fourni matière à plusieurs légendes, bien que son origine ne soit due qu'à un trait de facétie d'artiste. Ce palladium de la ville^ qualifié du plus ancien bourgeois de Bruxelles^ a été l'objet de diverses tentatives de vol, dont la dernière a eu lieu en 1817 au grand deuil du public. Les grands jours de fête, Tusage veut que Manneken revête un costume; •quand Louis XV eut pris la ville en 1747, il portait une grande cocarde blanche au chapeau; en 1789, il fut affublé des couleurs de la révolution brabançonne; l'empire le ceignit de la tricolore française, le gouvernement de Hollande lui imposa l'orange, les journées de septembre le virent vêtu d'une blouse; sous le règne actuel, aux grands jours, il porte fièrement la tunique de la garde nationale. Du reste, il a de quoi choisir en fait de costumes; il en possède huit. Louis XV lui conféra même, dit-on, la croix de St-Louis. Son valet de chambre, chargé de sa garde-robe et de son entretien, est nommé par l'autorité et touche un traitement de 200 fr. Car Manneken est riche; il a des rentes et, il y a peu d'années encore, une vieille fille lui légua une scnnme de 1000 florins. — Manneken, pendant le dernier siècle et plus anciennement encore, ne fut pas le seul pourvoyeur d'eau de la capitale. Au coin du Marché-aux-Tripes, un peu plus bas que les galeries St-Hubert, à la place de la fontaine actuelle, trois grâces impudiquement accroupies rendaient jadis le même service que Manneken, pour désaltérer le quartier. Aussi cet endroit ^tait-il appelé, à cette époque, la place des Trois-PuceUes. Elles ont succombé depuis longtemps aux atteintes de l'intempérie de l'air et de l'âge.
Deux nouvelles constructions ont, dans ces derniers temps, beaucoup contribué à l'embellissement de la partie de la ville dont nous nous occupons. Ce sont d'abord les *6alerie8 (ou le pasaage) St-Hubert, composées de la galerie du roi, de celle de la reine et de celle des princes. Ce passage, construit en 1847
TempU des Auç/ustins. BBUXELLES. 9. Rouie. 75
„œre privato auspice civitate", est incontestablement un des plus grands et des plus splendides du continent. La galerie vitrée, qui relie le Marché-aux-Herbes à la rue de l'Ecuyer en traversant la rue des Bouchers, a 19 mètres de haut, TVs m. de large et 2032/5 m. de long (la grande galerie vitrée du Palais-Royal de Paris n'a que 96 m. de long et l'2 de large). Des deux côtés elle est bordée d'élégants magasins (nous signalons le magasin de jouets d'enfants de SchueremanSy ancienne maison Fromontj galerie du roi, 12), de cafés et de restaurants (Café des Arts, Café-restaurant de la Renaissance). Les ornements sculptés sont de Jacquet. Entre 1 et 3 heures de la journée, surtout en temps de pluie, le passage est le point de réunion des flâneurs; le soir il abrite en outre des essaims . d'ouvriers, qui s'y délassent à l'éclatante lumière des nombreux becs de gaz. Le public habituel du Casino (café chantant) et du Théâtre 8t-HubeH contribuent pour une grande part à l'encombrement qui règne le soir dans cette galerie et qui en rend la promenade fort peu rafraîchissante pendant les chaleurs de Tété.
• A 200 pas plus haut, dans la rue Madeleine, côté droit, est l'entrée principale (les entrées latérales sont d'un côté dans la rue Duquesnoy, de l'autre dans la rue St-Jean) du ^Marché conyert, construit en fer en 1848 et destiné à la vente de comestibles de toute espèce, surtout de légumes et de fruits. Une galerie supérieure, qui fait le tour du marché, est occupée principalement par les marchands de fleurs et de gibier. Nous recommandons aux étrangers, pour le beau coup d'œil qu'elle offre sur le mouvement du marché, une petite promenade matinale, avant 10 h., à travers les bouquets de fleurs étalés le long de cette galerie.
Le théâtre royal, sur la place de la Monnaie, date quant aux murs extérieurs et au péristyle (8 colonnes ioniques), de 1817; l'intérieur a été construit après l'incendie de 1855. Le bas-relief du fronton, représentant l'harmonie des passions humaines, est un chef-d'œuvre de Simonis (1854). Le bâtiment qui fait face au théâtre est l'hôtel de la Monnaie.
Le temple des AngustinB (pi. 45), rue Fossé-aux-Loups, près de la place de la Monnaie, avait été, sous le gouvernement hollandais, affecté au culte protestant. Depuis 1830 il ne sert plus qu'à des expositions, à deâ concerts et à des solennités scolaires ou académiques. 11 renferme trois belles toiles de l'école moderne: un épisode de la révolution de 1830, par Gust. Wappers, la bataille de Worringen (1288) par De Keyser, et la Belgique couronn^int ses plus illustres enfants, tableau allégorique par J. Decaisne. Sur le premier de ces tableaux, celui de Wappers, on voit un groupe de peuple se presser, devant l'hô tel-de-ville de Bruxelles, autour d'un poteau de lanterne, au pied duquel se tient un ouvrier en manches de chemise, la proclamation du
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24 sept. 1830 à U main. Le tableau de De Keyser représente le moment, où, la bataille terminée, Tarrhevéque de Cologne, SiegMed de "Westerbonrg , fait prisonnier de guerre (la ville de Cologne elle-même avait combattu contre lui dans les rangs des Brabançons), se présente à ses vainqueurs, le duc Jean 1^^ de Brabant et le comte Adolphe de Berg. (Entrée du temple par la rue de la Fiancée, N° 2 ; rétrib. 60 cent).
Non loin de là, dans VEçUêe du Béguinage, on voit une statue colossale de St-Jean-Baptiste par Puyenbroek, et une mise au sépulcre par Othon Vœnius. — A quelques pas de là , on est occupé à bâtir, sur l'emplacement d'un bassin desséché, une nouvelle église dessinée par PœlaBrt; elle remplacera l'église actuelle de Stf'Oatherme, située dans la rue voisine de ce nom.
Sur l'ancienne place St-Michel, appelée aujourd'hui place des Martyrs, s'élève le *monnment dei martyrs, érigé en 1838 en commémoration des patriotes tués pendant les journées de septembre 18H0 en combattant contre les troupes hollandaises. Il se compose d'une espère de crypte entourée d'arcades, sous lesquelles sont disposées des tables de marbre noir où se trouvent écrits en lettres d'or les noms des 445 victimes. Au milieu s'élève un massif de maçonnerie que couronne un piédestal en forme de sarcophage, surmonté de la statue colossale de Clin inscrivant au livre de l'histoire les dates mémorables des 23, 24, 25 et 26 sept. Un lion est couché à ses pieds, ainsi que des chaînes brisées. A chacun des angles du sarcophage est agenouiVlé un génie. Les quatre faces sont ornées de bas-reliefs en marbre; sur celle de devant, la patrie reconnaissante; à dr., le serment prononcé, au début de la lutte, devant l'hôtel-de-ville; à g., le combat du parc (au milieu, on distingue la figure du général Don Juan van Halen) ; sur la face postérieure, la consécration des tombeaux. Les dessins et l'exécution de ce beau monument sont l'œuvre de GuiU. Geefs.
Les anciens bonlevards ont été convertis, il y a 40 ans, en une promenade qui s'étend tout autour de la ville. Ils sont plantés de quatre rangées d'arbres, dont l'ombrage attire toujours de nombreux promeneurs à pied , à cheval et en voiture pendant les belles soirées d'été. Le fossé qui le^ séparait des faubourgs, ainsi que les portes de la ville, ont disparu en 1860 par suite de la suppression des octrois communaux. Quelques heures disponibles ne peuvent être mieux employées par les étrangers, qu'à une ♦promenade autour de la ville en suivant les boulevards. Il faudra pour cela juste deux heures. Le double caractère de la ville de Bruxelles (p. 58) se fera sentir de nouveau à l'occasion de cette promenade; au N. et à l'E., langue et aspect général rappelant la France'; au S. et à l'O., vie bourgeoise et industrielle, langue et mœurs essentiellement flamandes. Nous prenons pour point de départ l'ancienne porte de Cologne. On voit d'abord à dr. l'bftpital St-Jean (pi. 17), achevé en 1843, édifice
Jardin zooiogique. BRUXELLES. .9. Route. 77
imposant et d'un style simple et sévère. L'organisation intérieure de cet établissement mérite d'être examinée (entrée, de 9 à 5 h., 1 fr. ; plus 50 cent, ou 1 f^. à la personne qui vous conduit). L'hôpital est destiné aux malades de toute espèce et de toute condition (les personnes aisées payent de 4 à 6 fr. par jour et occupent une chambre particulière). Il contient 600 lits.
En face de l'hôpital s'étend le jardin botanique (pi. 23) avec ses magnifiques serres. Il est ouvert les mardis, jeudis et samedis de 10 à 3 h. ; les serres (construites en 1826) peuvent être visitées tous les jours moyennant une rétribution de 30 cent.; l'entrée du jardin aux autres jours que ceux qui viennent d'être indiqués, coûte également 30 cent.
(A l'extrémité N. de la rue Royale (p. 68), bien loin de la porte de Schaerbeck, s'élève la nouvelle et superbe église de St^-Marie, construite par Overstraeten en style roman. Elle forme un octogone dont les coins (de même que la coupole) sont surmontés de sveltes colonnes à jour. Le bout de rue qui conduit à l'église s'appelle rue Royale extérieure; la vue dont on y jouit sur la vallée de la Senne est charmante.)
A quelques pas plus haut, à dr., s'élève une petite chapelle évaiigélique, construite avec des fonds particuliers. La première rue latérale qui suit sur la dr. donne vue sur le monument de l'anatomiste VésiUe (né à Bruxelles en 1514), érigé en 1848 sur la place des Barricades. — En face, au sommet de la hauteur, on voit s'élever l'Observatoire (pi. 28), achevé en 1830. (La première rue sur la dr., après qu'on a traversé la place des Barricades, est la rue de la Batterie; dans cette rue, au n^ 21, un long passage mène à la chapelle des frères de la doctrine chrétienne, élégante construction élevée en 1849 par L. Suys, et ornée de fïresques remarquables par Portaels et Y. Lagye. La rue à gauche, près de l'ancienne porte de Louvain, conduit «n un petit quart-d'heure à l'élégante maison de tir, achevée en 1862.) La partie de la ville qui s'étend entre la porte de Louvain et celle de Namur, à l'E. de Bruxelles, est le nouveau quariier LéopoUL avec ses rues se coupant à angle droit. L'église Si-Joseph (pi. Idj, construite en 1849 en style renaissance, est desservie par des pères de la Rédemption. Le retable du maitre-autel, une Sainte-Famille, est de Wiert%.
A l'extrémité E. du quartier Léopold, à quelques pas de la MtaJUon du ehenùn de fer du Luxembourg (la rue Montoyer, qui débouche à gauche dans les boulevards, y conduit directement), s'étend le *jardin loologiqno (1,141,512 pieds carrés) fondé par une société d'actionnaires en 1851. Ces magnifiques plantations offrent à la fois de l'ombre, un air salubre, des vues charmantes, des rafraîchissements de toute espèce, de l'exc^iente musique plusieurs fois par semaine (p. 57), et, grâce à sa population quadrupède, volatile et autre, des distractions toujours nouvelles.