GAND
Si-'Bavon.
on entre par la porte occidentale. Les chapelles du chœur: 1, 6, 7, 9 et 10 renferment des chefs-d'œuvre d'une rare distinction; celui de la 6® jouit d'une c^Wbrit^ européenne. La plupart des panneaux sont masquas par des rideaux (rétribution au sacristain 1 fr. pour une personne seule, chaque pers. de plus 50 c).
Nef méridionale. 1*"® chap. *C. De Craeyer, la décollation de St-Jean; 2® chap. Paelinck, St®-Colette reçoit du magistrat la permission de fonder un couvent; 3® chap. *De Cauwer^ le bap-terne de Jésus-Christ; 4® chap. Honihorst, Judas Macchabée.
♦Chœur, i*"® chap. *Pourbus. Jésus-Christ parmi les docteurs : le peintre y a introduit plusieurs portraits de personnages contemporains; à g., près du cadre, le duc d'Albe, Charles-Quint, Philippe II et le peintre lui-même; les volets intérieurs représentent le baptême et la circoncision, les volets extérieurs, le Sauveur et le fondateur (ce tableau a été à Paris). 2® chap. De Craeyer^ le martyre de St^-Barbe. En face, un beau mausolée des frères Goethaels, sculpté en marbre par Parmentier en 1846- 3® chap. *Van der Meiren (élève de Van Eyck), Jésus entre les deux larrons, tableau à volets, en face de l'autel. Contre le mur opposé, le monument de l'évêque van Smet (f 1741). 4® chap. van den Heuvely la femme adultère. 5® chap. Rien de remarquable. 6^ chap. **Jean et Hubert van Eycky adoration de l'agneau immaculé, peinte pour le duc Philippe-le-Bon de 1420 à 1432 nprastantiasima tabula qua reprasentatur triumphus agni Deif etsi quidam dicant Adanù et Evœ, opuê sane prasclarum et admirandum." Ouichardin, 1560. (v. p. 2). Plan de cette composition (B signifie Berlin, G Gand, Br Bruxelles):
Les volets étant ouverts. Les volets étant fermés.
La vierge
Dieu
le père
St- Jean.
Br
Br
Adoration de TAgneau.
Oaad
1. Adam (à Bruxelles). 2. Des anges chantant (à Berlin). 8. StC-Cécile. 4. Eve. 5. Les juges justes. 6. Les milices du Christ. 7. Saints ermites. 8. Saints pèlerins. 9. Micba. 10 et il. Sibylles. 12. Zacharie. 13— Ib. L^annonciation. 17. Josse Vyts , le donateur. 18. St- Jean-Baptiste. 19. St-Jean rEvangéliste. 20. Lisbeth Vyts, femme du donateur.
Celte précieuse œuvre des frères Van Eyck ee composait primitiTement de 12 panneaux, qui tons firent emportés à Paris *>ar les Français, maîtres du pays. Après la deuxième prise de
fift-Bovon. G-A.NB. is: BouU. 119
Paris, six de ces volets, aossi remarquables que les tableaux principaux, furent vendus à Mr. van Nieûwenhuys de Bruxelles pour la • somme de 6000 ft. Ce dernier les revendit en 1818 avec quelques autres tableaux à un amateur anglais, Mr. SoUy, pour 100,000 h. Depuis , ils^ furent acquis pour le mus^e de Berlin au prix de 410,000 fr. Un septième volet a disparu ; deux autres, Adam et Eve, longtemps déposas aux archives de. l'église, par moti& de pudeur^ ont été cédés par la fabrique au gouvernement pour la somi^e de 80,000 fr. et placés au musée de Bruxelles. L'Etat en échange a fait don à l'église de six volets copiés d'après le tableau original par Michel Coxcie et actuellement placés dans la même chapelle, à dr. de l'entrée. De sorte que l'on ne voit plus à l'église même que quatre des volets primitifs , trois supérieurs, Dieu le père, la Vierge, St-Jean-Baptiste, et le tableau du centre, l'adoration de l'agneau qui a donné le nom à la composition entière. Les trois figures supérieures sont peintes sur fond d'or.
„Ici on ne trouve plus rien de cette solennelle sévérité de la statue, plus rien de cette rigidité typique à laquelle les peintres avaient si longtemps été fidèles. Les fonds d''or ont di^^paru pour faii'e place à la nature. La forme humaine s^st assouplie, elle est devenue plus vivante, plus vraie. Ce n'est plus au milieu de ee ciel factice, Tor, qu'elle se tient immobile et qu'elle rayonne. Elle se meut et respire au milieu de la création ellemême, au milieu du monde. ** André van ffasselt.
7® chap. *Honihor8t (Langen Jan)^ descente de croix; sur le mur latéral : *De Craeyer^ le Christ en croix. 8® chap. A g., le . mausolée de l'évêque Ph. E. van der Noot (f 1730); il est représenté couché et réfléchissant sur la flagellation du Sauveur (la statue de Tévêque est d'un sculpteur allemand, Helderenherg) • à dr., le monument de l'évêque Antoine van der Noot (f 1770), agenouillé devant la Vierge, par Verschaffelt. 9® chap. ^Rubens^ St-Bavon quitte la carrière militaire pour embrasser la vie mo7 ïiastique ; on dit que la figure du saint représente l'artiste ; il est représenté agenouillé en pleine armure, et reçu par un prêtre sur le perron d'une église, après avoir distribué tout son bien aux. pauvres. A gauche, on reconnaît les deux femmes de Riibens en costume de l'époque: l'une semble détacher une chaîne de son cou, comme si elle était disposée à suivre l'exemple du saint. Ce tableau avait été emporté à Paris et fut rendu en 1815. En face : Nie. Roose, surnommé Liemackere, la St®-Vierge et les femmes de la Bible. 10® chap. *0. VceniuSf résurrection de Lazare. A côté se trouve le mausolée de l'évêque Damant (f 1609); *Roo8ey mariage mystique de St®-Catherine. 11® chap. Zegers, le martyre de St-Liévin, patron de Oand; Piquée ^ mort de St-Rorh dans une caverne. 12® chap. Copie du martyre de St®-Catherine, par Rubensy dont l'original se trouve dans l'église St®-Catherine k Lille. En face est placé le mausolée de Tévêque Van Eersel (t 1778). 13® chap. Rien de remarquable. 14® chap. Af. Coxcie, les sept œuvres de miséricorde.
120 ÈouUia. GAND. Si^NUiûku.
Le transept septentrioBal renferme les fonts btptis^ maux qui ont servi au baptême de Charles-Quint en lÔOO.
Nef septentrionale. 4® ehap. DeCraeyert assomption de la Vierge. En face on remarque une dalle de marbre avec le» noms des séminaristes qui, en 1813, avaient refusé de se soumettre à l'autorité de l'évêque Lebrun nommé par Napoléon, et durent prendre la fuite ; en tête se trouve le nom de Tévéque de Broglie „8. Rom. Imp. Frinceps" (f 1822). 3® chap. •/)« Croeyer^ St-Macaire priant pour les pestiférés. 2^ chap. Van Huffdf St- Lambert apportant des charbons ardents sur un surplis pour allumer l'encens, l*"^ chap. *Kombùuiêj descente de croix; Jam^ tensy Pieta.
Au-dessous du chœur se trouve une crypte du genre de celles qui étaient d'usage Jusqu'au 13® siècle dans les grandes églises, en souvenir des premiers chrétiens qui s'assemblaient dans les catacombes près des tombeaux des martyrs. Anciennement os y lisait la messe, à certains jours de l'année, la nuit ou de très*> bonne heure le matin. Aujourd'hui elle ne sert plus qu^à l'instruction religieuse des enfants. On prétend que la crypte de St-fiavou a été consacrée dès 941. Une grande partie des piliers^ cependant, paraissent appartenir à un âge plus récent et avoir été ajoutés pour supporter l'édifice supérieur. C'est dans cette crypte qu'auraient été enterrés Hubert van £yck et sa sœur Marguerite.
La tour (446 marches) offre une vue encore plus étendue que le beffroi (2 fr. pour 1 à 4 personnes). A l'Est de l'église s'élève le palais épisoopal, achevé eu 1846, d'un style que l'on fait passer pour gothique.
*8t-HicoIas (pi. 5), l'église gothique la plus ancienne de Gand, a beaucoup perdu de son aspect primitif par des changements et djes ajoutes, mais elle n'eu conserve pas moins par son apparence antique un caractère très-pittoresque. Elle est construite sur la place la plus fréquentée de la ville, le marché aux grains. La tour inférieure est entourée de 10 petites tourelles, ce qui a donné lieu au calembburg suivant : L'église a onxe tours et dix sans (cent) cloches. Les iconoclastes, et les troubles religieux ont fait disparaître un grand nombre des anciens trésors artistiques de ce temple ; ils ont été en partie remplacés par des ouvrages modernes, dont voici les plus remarquables. Près du portail principal, à dr., tout-en-haut: De Cautcer, descente de croix. 2® chap. méridionale: * Macs y la Vierge et l'enfant Jésus. 4® chap. QMtUyn, le Christ en croix. Chœur, 2® chap. UoofCy le Samaritain miséricordieux. 4® chap. Junssensy St-.Jérôme; tableau du maître-autel: *Koose, la vocation de St-Nicolas à la dignité épiscopale; c'est la meilleure œuvre de ce peintre. Dans la 3® chap. de la nef septentrionale: Steyaertj St-Antoine préchant pendant un orage. Sih> le pilier qui fait face à ce tableau, on voit, sous une petite image, marquant le tombeau d^ Olivier Min^au et de sa femme.
Sl'Michet. GAND. 13. SouU. 121
une inaerip^n qui éneoee que cer époux „hadden tetanun «en en dertieh kinderen^ (avaieat ememble 31 enfants). - Quand Charles^ Quint lit son entrée à Gand en 1526, Minjau à la tête de se» 21 fila attira l'attention de l'empereur. Peu de temps après, la peste vint enlever toute la famille. Les trois vitraux du chœur, par Cttpronnier et Laroche, datent de 1851. Sur celui du côté sud, un des donateurs s'est fait représenter en manteau moderne et en manchettes, en compagnie de sa femme.
Derrière le côté O. du marché aux Grains, sur le quai aux Herbes, on remarque quelques maisons anciennes, parmi Ies> quelles on distingue la belle maison des bateliers (n^!293, construite en 1531.
*8t-Michel (pi. 6), la plus considérable des églises de Gand après celle de St-Bavon, a été construite dans un style grandiose entre 1445 et 1480. La tour est restée inachevée. Sous la république, l'église fut consacrée au culte de la Saison et dépouillée de ses objets d'art. Ceux-ci furent remplacés dans la suite par des compositions modernes , ce qui donne a cette église une importance toute spéciale pour l'étranger.
Nef méridionale. 3^ chap. Modèle du clocher, tel qu'il devait être exécuté. Bonthotitf conversion de St-Hubert. 4® chap. Van den Heuvel, U Yierge pleurant la mort de son fils. Ô^ chap. Von den Hmivelj fuite en Egypte. Transept méridional: *Françoi8f assomption; *Len8i annonciation , l'un et l'autre sont couvert» de rideaux. Fan Oostf guérison d'un malade par l'intercession de la Tierge. Chœur, 1'® chap. *De Cauwer, une âme délivrée du purgatoire. 2® chap. Van der Ptattsen, le pape exhorte le roi Louis XI à s'abandonner entièrement à la volonté de Dieu, peint en 1838; *i2î6era, dit l'Eipaj/no/ée, St-François. 3® chap. *De Craeyer, assomption de St^-Catherine, une des meilleures compositions de ce maître. 4®chap.PWi. de Champaigney le pape St-Grégoire enseignant le chant k des enfants de chœur (a été à Paris). 5^ chap. Van Nunderj St-Sébastien et St-Charles-Borromée. 6® chap. Derrière le maître-autel : Honthorst, allégorie représentant l'Ancien Testament BOUS la figure de Mo'ise et d'Aaron, le Nouveau sous celle de SWean, de St-Sébastien et du pape. 7® chap. V. Mues (f 1856), Sainte-FamUle. 8® chap. Honthorttj la pénitence de David < Van den Ueuveiy martyre de St®-Barbe. 9® chap. *Zeger8, flagellation de Jésus. 10® chap. Th. van Thulden^ martyre de St-Adrien. 11® diap. De Craeyery l'effusion du Saint-Esprit. — Transept Bord. *Vanl)yckj crucifiement; cette composition célèbre, peinte en 6 semaines peur 800 fl. sur la commande de l'église, est le seul tableau de Yan Dyck que possède la ville de Gand. - Un soldat à cheval présente a» Seigneur une éponge au bout d'une lance; la Vierge, St-Jean et St^-Madeleine se tiennent au pied de la croix; en haut, des anges pleurant la mort du Sauveur. /
122 Boute 13. OAND. JShPierre.
côte de ce tableau: *Pa^kidùf rinventieii de la saUite croix par rimpératrice Hélène, peint à Rome en 1811. ^- NefseptentLionale: 4^ chap. *De Cauwevy Jésus guérit les aveugles. 3^ ohap. O. Veniuâ, résurrection de Lazare. 2^ cbap. De Craeyert St-Bei-nard, St-Joseph et St-George adorant la St^-Trinité. T® cbap. Van Balen, assomption de la Vierge. — La *chaire de ▼ érité est un chef-d'œuvre de goût et d'exécution; eHe a été sculptée par J. Franck en 1846; elle repose sur un tronc de figuier en marbre; le principal groupe représente Jésus guérissant un aveugle.
*St-Pierre (pi. 7), construite sur un plateau qui domine la plaine où se trouve la station du cbemin de fer, mérite moins l'attention pour son architecture que pour les tableaux qu'elle renferme. L'édifice primitif fut détruit en 1578 par les iconoclastes ; l'église actuelle ne ftit achevée qu'en 1720. Après l797 elle servit de musée de tableaux, et ne fut rendue au culte qu'en 1809. Les tableaux qu'on y trouve sont : A droite 1. *J(m88en8, la pêche de St-Pierre, paysage d'une transparence extraordinaire; l'action est presque effacée par l'intérêt du paysage. 2. ^RoasCj la nativité, composition de beaucoup d'effet; les bergers, types flamands, sont fort bien traités. 3. Er. QueUyn, le triomphe de l'Ëglise. 4. *Iioo8e, St-François-Xavier, l'apôtre des Indiens. — Au-dessus de l'entrée du chœur, pourtour à droite, se trouve un si^et tiré de l'histoire de St-Liévin, par un maître inconnu. Contre le pilier: la couronne d'épines, copie d'après Van Dyck (l'original est au musée d'Anvers). — Pourtour du chœur: Van den Avond^ St®-Famille avec des anges qui dansent. Grand paysage avec deux ermites. — Derrière le maître-autel: Zegers, Jésus guérissant un aveugle. Dans la chapelle, on voit cinq petites toiles en l'honneur de l'image miraculeuse de la Vierge qui est placée sur l'autel et qui date du temps de la domination espagnole, par Van Dourselaer. Au-dessus de la sacristie: *Zeger8j résurrection de Lazare. Le tableau d'autel à g. du pourtour: *De Craeyer, l'écuyer de Totllas, roi des Goths, reconnu par St-Benoit; copie d'un crucifiement de Rubens (roriginal est au musée d'Anvers, p. loi); Van den Heuvel, distribution du chapelet; *JcBn88en9, délivrance de 8t-Pierre. — Nef septentrionale! Th. von Tkuiden, triomphe de l'Ëglise catholique; v. Thulden, le Temps relève la vérité; Luther, Calvin, Wiklef, Huss sont terrassés à ses pieds; Era8me Quellyn, St-François-Xavier prêchant l'évangile; *Ry8chotj paysage, avec la guérison de l'aveugle. Aucun de ces tableaux n'est caché; ils ont été énumérés dans l'ordre où ils se trouvent placés quand on commence du côté droit. L'accompagnement du suisse est inutile.
La place devant l'église s'est formée par suite de la démolition d'une partie de l'ancienne abbaye, dont une autre partie a été convertie en caserne.
Palmaék Justice. OAND. 1^3. RotOe. 123
. Tout ptte de là, au S., se trouve la nouvelle eltadelle, corn- -fnandant le cours de l'Escaut et de la Lys. Elle est située, de tneme que l'église, sur le Mont-Blandin , la seule ^miiience des environs. Les ouvrages de cette forteresse ont été commencëis en 1822 et achevas en 1830. En octobre 1830, la garnison hollaudaise capitula avec les insurgés belges.
Au bout de la rue Basse des Champs, à gauche, baigné de d'eux côtés par la Lys, s'élève le palais de justice (pi. 8), édifice d'un aspect majestueux, orné d'un péristyle d'ordre corinthien et construit en 1844 par Roelandt. Un vaste escalier (à l'O.) conduit à la saUe des Pas perdus (longueur 78 m., hauteur 23 m.), qui- donne entrée aux différents tribunaux et greffes. En face du palais, du même côté, se trouve le thé&tre (pi. 9), achevé en 1848 et construit également par Rœlàndt. Malheureusement il est enfoui dans une rue trop étroite.
La continuafion de. la rue Basse est la rue des Champs (veldêtraet) ; dans la maison n** 53, appartenant à la famille des comtes d'Hane de iSteenhuyse, Louis XYIII passa en 1815 la plus grande .partie des „cent Jours" (mars, avril et mai). En se rendant de ïh à FAcadémie, on rencontre sur son chemin:
Sur le marclié aux Herbes (grœnselmarkt) , à gauche, la grande boucherie (pi. 10, flam, groot vLeesehhuis)^ bâtie vers la fin du 14® siècle. Le pignon est .décoré d'un lion tenant le fût d'un drapeau; il y a été placé par la corporation des bouchers, ou, selon le langage des Gantois, „des enfants du prince", rejetons de l'empereur Charles-Quint, par suite de ses amours avec tine jolie bouchère, qui avait obtenu de son puissant séducteur, que le privilège d'exercer l'état de boucher serait réservé aux descendants de son fils.- Le fils naturel de l'empereur eut à son tour quatre fils, d'où sont issues les quatre familles dont se composait exclusivement, jusqu'en 1794, la corporation des bouchers à "Gand. En 1855 on découvrit dans la chapelle d'anciennes peintures murales à l'huile, du 15® siècle, fort intéressantes.
En traversant la place .de St®-Pharaïlde, au coin de gauche, pn arrive par une porte au marché aux- poissons (pi. 11). Cette porte à été construite dans le style rococo d'après les dessins du sculpteur Arthus QueUyn en 1689. Elle est couronnée par la statue colossale de Neptune („Neptuno Ganda tropctum") exécutée par Helderenbérg (p. 119); à g. et à dr. on voit les persoiinifîcations de l'Escaut et de la Lys, avec les inscriptions suivantes :
- HannonlK servit Scaldis, Gandamque secando, In mare festinans volvere pergit aquas. — Lysa vehit in>erces quas iiunc Artesia mittit, , Et placido gaudens fluinine pisce acatet.
Dans un coin de la même place, sur le côté opposé et resetré entre des maiâons de construction moderne, on remarque un TieuT bâtiment massif, fort élevé et pourvu de créneaux-
124 MOUU13. GAND. Aeadémit.
c'est le okAtMn d«t Gomtoi (pi. 12)) en flam. à'OrwitnUeen ou g' OravenkasUelj TUlgairement appela aussi le vifux Bourg, OutUbourÇy débris de Tancien château des comtes de Flandre, dans lequel, eu 1424, Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne,- retint cap* dve pendant trois mois la belle comtesse de Hollande, Jacqueline de Bavière. Le château avait été bâti en 868; la porte principale qui en reste, avec les deux tours dont elle est flanquée, ne date que de 1180 Elle sert aujourd'hui d'entrée à une filature de coton. On a découvert récemment sous le Oravenkasieel un^ galerie souterraine qui a une lieue de longueur et qui débouche hors de la ville. Elle servait probablement à introduire des soldats en temps de troubles.
L'Académie des beaux-arts (pi. 13), fréquentée par environ 700 élèves, a été établie en 1804 dans Tancien collège des Au* gustins, considérablement agrandi depuis. (L'église des Augustins, qui se trouve à côté, ne présente, ni au dehors ni au dedans, rien d'intéressant.) Le second étage dp l'édifice renferme un musée de 400 tableaux, provenant en grande partie des abbayes et couvents supprimés à Oand en 1795. Ce musée est visible h toute heure moyennant 50 cent. Il ne faut pas y chercher des chefs-d'œuvre de premier ordre ; néanmoins, la galerie mérite bien une visite. A dr. et à g. de l'entrée , n® 10. JJe Craeyer^ François I®', battu à Pavie (1525), remet son épée au chevalier dé Lannoy; 11. Charles-Quint, lors de son expédition de Tunis, aborde en Afrique. Ces deux tableaux de grande dimension décoraient un arc de triomphe lors de l'entrée de l'infant Ferdinand. ^ Plus loin à g. : 12. Van Votntnij cortège de la Joyeuse Entrée de l'empereur Charles "VI. en sa qualité de comte de Flandre, le 18 oct. 1717. 3. *Adrien van Utrecht, un marchand de poissons. 9. Jordaens, portrait de St-Ambroise. 5. Rubensy St-François, stigmatisé. 16. *De Craeyer, couronnement de St®-Bosalie. 4. De Craeyefj Tobie et l'archange Raphaël. 8. Van Helmont, le Christ en croix. Mur du fond ; 24. Jordaeni, la femme adultère. 74. Rom.' houtSy Thémis rend la Justice, nombreuses figures. 25. *Jordaen8, réconciliation (S. Mathieu V, 23, 24). Mur de droite: 21. M. Coxeit, Jugement dernier. 17. Duchastel, cortèges organisés lors de la Joyeuse Entrée de Charles II, roi d'Espagne, tn sa qualité de comte de Flandre (1666); la scène se passe sur le marché du Vendredi. 6. De Craeyer, le Jugement de Salomon. 18. Verhagenj la présentation au temple. 73. Htmaelaer^ copie du tableau de Rubens à Alost (v. p. 112). — Salle du milieu: 31. *Powr6u«, le prophète Esaîe annonce \ Ezéchie sa guérison et la confirme par un miracle en reculant l'ombre de l'horloge solaire de dix lignes. Sur les volets, un Christ en croix et le donateur, l'abbé Del Rio. — La dernière salle ne renferme que des tableaux modernes, et notamment du premier quart de ce dècle; les médiocrités n'y manquent pas. Voici ceux que noue jugeons dignes
Béguinage. GAND. /5. Route. 125
d'être relevas: h ganche, 133. Paeltnek, S»Û1. 92. Paelinekj Anfhtfe et ses compagnes dans le temple de Diane à Ëphèse. 98. Ph */u^, Héb^. 138. Oeimaerty saisie-exécution. 150. ^Devigne^ forêt. 89. HansekLtfy le sacrifice d'Abel. */>« Kcyter, le massacre des innocents. 145. *jFVincil( (de Francfort), paysage du Tyrol. 153. *WiUeampy le geôlier. 149. Vennemann, des enfants qui Jouenr. 109. QaUaity Jeans et les Pharisiens. 83. Paeimck, le jugement de Paris. 146. Verweer, Katwyck aan Zee près de Leyde (embouchere du Rhin). 144. *Fer6ofdbftoven, paysage avec du bétail et un berger. 137. Hanselaerf St-Sébastien. 118. Van Meldeghemy Charles-Quint au monastère de Yuste. 139. De Noter ^ vue de Oand en hiver.
Le grand ^Béguinage (pi 14) (beggynhof; les uns rattachent ce mot au verbe beggen (anglais to beg) signifiant prier, d'autres à St^'Bhgue^ sœur de Pépin de Landen, d'autres enfin au prêtre liégeois Lambert le Bègue), près de la porte de Bruges, fondé en 1234, est du petit nombre des couvents de religieuses qui furent épargnés par J'>8eph II, et même par la révolution française. Les Béguines, sans se lier par des vœux éternels, s'occupent de pratiques de dévotion et du soin des malades et des pauvres. Il est rare de voir ces pieuses filles, strictement soumises à leur supérieure (grooi ^ufrouvo), rentrer dans le monde. On comptait en 1846 en Belgique 20 béguinages peuplés de 1549 béguines. Le grand béguinage de Oand, le plus important de tous, forme une petite ville à part, ayant ses rues, ses places, ses portes, et entourée de murs et de fbssés, ces derniers traversés de six ponts, n renferme 400 maisonnettes, 18 salles communes, une grande «t une petite église. Aux vêpres, on peut voir réunies à l'église Jusqu'à 700 béguines, parmi lesquelles 11 s'en trouve plusieurs» appartenant à des familles riches et distinguées La réunion de ces filles, toutes vêtues de l'ancienne faiUe flamande noire et Goifrées d'un bonnet blanc, a, surtout k la lueur du soleil couchant, quelquechose de solennel et d'émouvant; cette impression «st encore rehaussée par le cbant de tant de voix féminines, qui produit un effet tout particulier. Les novices se distinguent par leur costume ; celles qui viennent de prendre le voile ont le front ceint dHine couronne. Les sœurs vivent dans de petites maisons isolées, dont les portes sont pourvues du nom d'un saint ou d'une sainte. Les unes sont habitées par une seule religieuse, •d'autres par plusieurs. Leur principale occupation manuelle ron* siste à faire de la dentelle d'une excellente qualité. On peut en acheter au magasin, à des prix beaucoup plus avantageux qu'en ville.
La msisoa d« fsroe de Oand (pi. 15), devant la porte de .Bruges, Jouit d'une réputation européenne. Le b&timent, dont les plans ont servi de modèle dans d'autres pays, forme un octogone immense. Par cette construction, il se divise en huit par- -ties; chacune d'elles a la fornie d'un triangle renversé dont le
126 Route 13. OAND. Caim(K
iH)mmet, occupa par une grunde cour, aboatii à une e«tir eentnle; Toute la prison (120O détenus) n'est proprement qu'une' viàtè mMiofacture, où se file, jse tisse et se confectionne le linge de l'armée. Les étages inférieurs* sont affectés aux cfiminels eondam-' nés aux travaux forcés à perpétuité. Un quartier spécial, contient l'iiôpital, la pharmacie, les chamlnres de bains, ia cuisine des malades et autres accessoires. Partout règne l'ordre . et I« propreté, et la discipline est admirablement observée. .' Les détenus ' ont une part dans le produit des travaux; elle leur est conserv)ée et* placée à ii^térêt Jusqu'à leur sortie,- et il n'est pas difficile pour un détenu laborieux de se créer, en cinq années de temps, un petit capital de plus de 100 francs. Afin d'empêcher la eormption^ la monnaie de zinc a seule cours dans l'établissement; il est défendu . d'y conserver de l'or ou de l'argent. Le bàtimept (il peut con^ tenir 2600 prisonniers) fut commencé en 1772 sous Marie-llié- ' lèse , mais achevé seulement en 182Ô. Le célèbre philanthrope anglais Howard le recommandait à tous les gouvernements conmie un modèle. (Les détenus du sexe féminin ont été transférés à Namur, depuis l'achèvement du pénitentiaire de cette ville.) Les demandes tendantes à obtenir la permission de visiter l'établissement s'étant multipliées dans une mesure trop préjudiciable aux. intérêts de l'administration , la permission ii'est plus accordée' par le gouvernement provincial de Oand qu'aux médecins, aux jugé» et aux professeurs; toute autre personne doit s'adresser au mi-^ nistre de la justice à Bruxelles. La prison eelkUmre (pour 368 détenus) devant la porte de Bruges mérite également une visite.
Presque en face, sur la rive droite de la Coupure, canal achevé en 1758 et reliant la Lys avec le grand canal de Brugee fp. 128), s'élève le somptueux édifice du Casino (pi. 16), bâti en 1836. C'est là que se font les expositions semestrielles et pu-^ bliques de la société royale d'horticulture. On sait, que >a ville de Gand, „la reine des fleurs^, comme on se plaît à la nommer, se livre à un commerce, de fleurs très-important; des chargements entiers de camélias^ d'azaléas, d'orangers et autres plantes de iserre chaude ou tempérée y sont expédiés en Hollande, en Allemagne^ en France, en Italie, et même jusqu'au fond de la Russie. La ville compte 62 jardiniers fleuristes et 400 serres (p. 11%).
Rentrons en ville et rendons-nous au marelié du Vendredi^ grande place carrée, entourée dé maisons antiques, dont plusieurs se rattachent à l'histoire de la 'fille. C'est sur cette place que les redoutables corps de métiers de Gand , dans leors luttes -avec le pouvoir, venaient planter leurs étendards, quand leurs privilèges^ leur semblaient violés; c^est là aussi que se- célébraient avec une pompe dont nous pouvons à peine nous faire une idée aujourd'hui, les inaugurations ou Joyeuses entrées'^ des comtes de Flandre,, après qu-ils avaient préalablement juré „ d'observer et de faife observer toutes les lois, privilèges, libertés et coutumes du comté
Marché du Vendredi, QXSO. 13. Boute. 127
et de la ville ^. C'eftt là que s'accomplissaient les grands ^v^aements de la cité, que se réunissaient, pour veiller à leurs droits, „ces têtes dures de Flandre", comme Gharles-Quint appelait ses fiers compatriotes. Philippe van Artevelde reçut ici le serment de ses concitoyens en 1381, q>iand il fut appelé à les conduire contre leur souverain, le comte Louis de Flandre, surnommé „van Maele". Lorsque, 40 ans auparavant, le pouvoir de la cité -se trouvait entre les mains du père de Philippe, Jacques van Arte-' velde, le „ brasseur de Gand" *), le plus vigoureux des démagogues de son temps, qui gouverna les Flandres pendant plusieurs années et qui négocia les plus importants traités militaires et commerciaux avec Edouard 111 d'Angleterre, ce fut encore sur cette place qu'en 1345 Gérard Denys, qui fut plus tard l'assassin d'Artevelde (24 juillet 1345), attaqua, k la tête des tisserands ses partisans, le parti opposé des foulons avec une telle fureur, que m^me la présence de l'hostie ne fut point capable de séparer les combattants, et que 500 citoyens furent impitoyablement massacrés. Ce Jour néfaste fut inscrit dans les annales de la ville sous le nom du mauvaU lundi. Sous le gouvernement du duc d'Albe, ce fut sur cette même place que s'exécutaient les cruelles sentences du conseil de sang, dont le résultat funeste fut l'expatriation de plusieurs milliers d'industrieux citoyens. Une colonne, surmontée de la. statue de Charles-Quint, érigée au milieu de la place en 1660, fut abattue pendant les troubles révolutionnaires de 1796. La statue d'Arèevelde^ sculptée par Devigne Quyo, a été érigée sur cette place en septembre 1863.
Au coin d^itô rue, à l'O. du Marché du Vendredi, se trouve sur un socle de pierre un énorme eaaoa de fer forgé, peut-être le plus colossal qui existe ; il a près de 6 mètres de longueur et ;iO centimètres de circonférence; au^essus de la lumière on voit le croix renversée de Bourgogne et les armes de Philippe-le-Bon, d'où il faut conclure qu'il a été forgé entre 1419 et 1467. On suppose qu'on s'en est servi en 1452 lors du siège d'Audenarde. Cette pièce, ,,la merveille de Gand'', est aussi appelée vulgairement de duUe Oriete (Marguerite l'enragée). Dans les arsenaux de Bàle et de Soleure on trouve, comme provenant du butin fait sur le duc de Bourgogne, des bombardes de forme et de composition semblables.
Derrière le côté £. du marché du Vendredi, s'élève l'église de St-Jaeqnes (pi. 17), que Ton prétend avoir été fondée en 1100. L'édifice actuel date de la fin du 15® ou du commencement du 10^ siècle; les tours, toutefois, paraissent être plus an* ciennes. Sauf un excellent tableau de Jan Maes, les adieux an jeune Tobie, peut-être le meilleur de cet artiste gantois, et deux
1) Jacques van Artevelde, né vers 1290, quoique gentilhomme, s'était fait inscrire, selon la coutume de l'époque, sur le registre des brasseurs, et fut proclamé chef- doyen par les 51 autres métiers.
128 BouU 13. QAND. Jardin botanique.
tableaux d'apôtrea par Van Huffel^ Ttfirlise ne renferme rien de trè6*remar^uable«
Le jardin botMii^iie (pi. 18) (planiea/bjdn) est tout près de U; c'est le plus ri<^e du pays, et l'on prétend qu'il ne le cède sous ce rapport qu'au jardin des plantes de Parts. Il a 4tê <$tabli en 1797, et on l'appelle ordinairement Bauddeohof, C'est dans l'ancien couvent de Baudeloo que se trouTe la bibliothèque de l'université et de la ville (80,000 volumes et 686 manuscrits^ dont plusieurs fort précieux).
La place la plus régulière de la ville est le Cautw, dénomination flanunde qui veut dire champ ou plaine, ou place d'armea. Les dimanches et les jeudis, la musique de la garnison s'y fait ordinairement entendre. Le dimanobe, pendant la matinée, on y tient le marché aux fleurs, qui présente un eoup d*œil charmant et mériterait à ce titre seul d'être signalé à Tattentioii des étrangers. Un marché aux fleurs à Gand, du reste, doit ofrtr un attrait tout particulier aux amateurs d'horticulture.
La maison fort simple formant le coin de la Place d'Armes (côté £.) et du Marché aux Oiseaux (le Café des Arcades actu^) fut jadis habitée par les frères Jean et Hubert van Eyck; c'est là quils exécutèrent leur chef--d'œuvre (p. 118), et que mourut Hubert en 1426. Tout près, sur la gaudie, place de la Oalandre n*' 16, se trouve la maison qu'avait halriitée Jeuiquea van Arievelde (p. 127). Elle a été décx)rée en 1845 du buste d*ArtBvelde et d'une inscription française, en souvenir du grand „ruwaerd** (dictateur) de la Flandre.
Gand, suivant l'exemple d'Anvers et de Bruxelles, a également organisé un jardin BOoldgiq[iie (p. 107) tout près de la station du chemin de fer de l'Etat (entrée 1 fr.).
La vUle de Qand est reliée à la mer par un grand eanml débouchant dans l'Escaut au-dessous de TemeuMink. Il procure à la ville tous les avantages d'un port de mer ; les bassins peuvent recevoir des navires tirant près de 6 mètres d'eau. Au 8aê de Qand {8at signifîe écluse), environ à 4 lieues N., il y a des écluses qui peuvent mettre sous l'eau toute la «outrée. Un second canal relie la Lys au canal de Bruges à Ostende.