‹ La Belgique et la HollandeChapitre 26 sur 73 · Gand, flam. Oent · texte numérisé non relu

Gand, flam. Oent

HôteU. •HôteldeVienne, Marché aux grains, ch. 2, boug. 3/4> déj. II/4 d à 1 h. 21/2 fr (sans vin), serv. 8/4 fr. *Hôtel Royal, sur la Place d'armes (Cauter). Hôtel aux armes de Zélande, ch. 1, déj. 1, dîn. à 1 h. 2, s. 1/2 fr-1 bière de Bavière.. Comte d'Egmont. Lion d'or. Hôtel d'Allemagne. Hôtel de Courtraî, Hôtel du duc deWellington, tous deux rue aux draps.

Oaféa. Café - restaurant des Arcades, place d'armes. Café du Théâtre, attenant au théâtre. Café Royal, côté E. du Palais de justice. *Café des Etrangers, rue du Marché aux Oiseaux. Auk armes de Zélande, v. ci-dessus

Yi^antM, 1 fr. la course, IV2 fi"- la première heure, 1 fr. les suivantes. La station du pays de Waes (R 21) est à 20 minutes de celle du chemin de fer de l'Etat Les deux gares sont reliées par des rails.

Théâtre, à côté de la place d'armes, ëdilice somptueux et de bon goût, avec une rotonde ^ loges et stalles 4 fr., parquet (voy. p. 57) 21/2 fr-i pa*"terre 1 fr. On y joue pendant les trois premiers et les trois derniers mois de Tannée, tous les jours, sauf les mardis, les jeudis et les samedis. L'opéra est excellent. Les représentations flamandes se donnent au théâtre (Schouwburg) Minard, rue 6t-Pierre, dim. et lundi.

Fi«ttr> et plantes exotiques Bon choix chez l'horticulteur Van Houtte à Gentbriigge, hors de la ville (entrée des serres, 1 fr.), et chez V erse ha ffelt, rue du Chaume.

Bervie* protMtaat dans l'anc. église des Capucins, actuellement égl. hollandaise réformée, non loin du chemin de fer, alternativement en alleaand, en français et en flamand.

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GAND. hJ. Ro^e. 113

Curiosités principales: St-BaTO», «n compegnie du sacristain <p. 1171) St-Michel, avec le sacristain (p. 121); la façade de Thôtel de ville (p. lliî)', le béguinage (p. 125); la vue du belAroi (p. 115) ou de la tour de St-Bavon (p. 190).

Oftad est situtf sar VEscmd et la Lys, dont les nombreuses T^miftcations se répandent dans toutes les directions de la ville et forment des canaux d'un aspect fort anim^. Le nombre des maisons s'élève à 16,800, celui des habitants à 120,134. Le comt^ d'Artois ayant passé, vers le commencement du 13^ siècle, au pouvoir du roi de France, Gand devint la capitale de la Flandre et la r<^sidence habituelle de ses comtes. De bonne heure, il s'était développa parmi ses habitants, et surtout au sein de la corporation des tisserands, un esprit d'indépendance qui leur fit successivement arracher à leurs souverains ces concessions et ces privilèges qui constituent encxire aujourd'hui le fond des droits communaux et populaires en Europe. Ces dispositions belliqueuses de la bourgeoisie prirent k la longue un tel caractère d'audace et de forcé, que la ville n'eut pas trop de peine à oliasser de ses murs '24,000 Anglais qu'Edouard I*'*' d'Angleterre y avait menés au secours du comte de Flandre, menacé par Philippe-le-Bel (1297), et qu'elle contribua pour une large part k la victoire remportée à Oourtrai sur la chevalerie française, dans la fameuse bataille „des Eperons'' (p. Iô2j. Aussi la souverainet4^ des comtes de Flandre et des durs de Bourgogne finit-elle par ne plus exister que de nom parmi ces fiers bourgeois. Les souverains exigeaient-ils un impôt qui ne rencontrait pas la faveur de leurs sujets, aussitôt le tocsin du beffroi appelait aux armes les bourgeois mécontents, et ceux-ci se débarrassaient lestement des agents chargés de percevoir la nouvelle contribution. Les armes ne leur faisaient jamais défaut: dans ces occasions, un ruban blanc noué autour du bras, un bonnet de même couleur, et d'autres marques de ce genre servaient de signes de ralliement. C'est ainsi que l'histoire de la ville de Oand n'offre au 13^, 14^ et 15^ siècle que le spectacle de commotions intestines et de guerres civiles continuelles.

Quand les choses étaient poussées par trop loin , alors les princes réunissaient leurs troupes et les dirigeaient contre la ville en révolte, pour en tirer une éclatante et impitoyable vengeance. Souvent il arriva que les bourgeois, malgré leur courage et par suite de l'indiscipline qui régnait parmi eux, expièrent par le supplice leur prise d'armes trop hardie; des milliers de rebelles ont ainsi été victimes de leur mutinerie. Les suites de ces défaites ne tardaient jamais à se faire sentir; de lourds impôts venaient frapper les habitants, les plus précieux privilèges étaient abolis, les bourgeois les plus notables, les membres du conseil à la tête, allaient humblement hors des portes, la corde au cou, vêtus d'ime chemise, baiser les pieds de leurs maîtres et en implorer le pardon. Cet indomptable esprit d'insubordination fut U BsBdeker, la Belgique. 3® édition. B

114 Boute 19. GAND. Hiitoire.

principale cause do déclin successif de rsncienne -ptospénté gantoise. Fiers de leurs richesses et de leurs libertés, les citoyens de Gand déclarèrent la guerre à leur souverain, le duc de Bourgogne Philippe-le-Bon , et ce qui rend témoignage de leurs immenses ressources, c'est qu'ils furent en ét^t de prolonger cet état de guerre pendant cinq années consécutives (1448 — 1453). Ils succombèrent enfin, et les conditions fort dures qui leur furent Imposées entravèrent pour longtemps leur commerce et leur industrie.

En 1400, au dire des historiens, la ville de Gand renfermait 80,000 hommes capables de porter les armes; les tisserands à eux seuls, au nombre de 40,000, pouvaient mettre sur pied 18,000 combattants. Trois fois par jour le tintement d'une cloche appelait les tisserands au travail ou aux repas: pendant que la cloche sonnait, il était défendu de leter les ponts-levis des canaux pour livrer passage aux bateaux; tout le monde se tenait chez soi, de peur d'être entraîné par le flot d'ouvriers qui, à ced heures, inondait les rues; les enfants surtout étaient soigneusement gardés, de peur qu'ils ne fussent étouffés ou écrasés dans la cohue. Les temps sont bien changés depuis, mais la sonnerie dont nous parlons subsiste encore toujours.

C'est à Gand que furent célébrées en 1477 les noces de l'ar- (•hiduc Maximilien avec Marie de Bourgogne, l'unique héritière de Charles-le-Téméraire, qui fit passer sous la domination de la maison de Habsbourg les riches provinces belges (p. 132); c'est là que vit le jour, le 24 fév. 1500, le plus puissant prince de son temps, l'empereur Charles-Quint; il naquit dans la cour des princes, ancien château des comtes de Flandre ^ qui a disparu depuis longtemps, mais dont le nom est resté à une rue. située près de la porte de Bruges. Sous le règne de Charles, Gand était peut-être la plus grande et la plus populeuse cité de l'Europe; elle comptait 35,000 maisons et 175,000 hab. Aussi Charles-Quint disait-il un jour en plaisantant à François 1^', roi de France, „Je mettrai votre Paris dans mon Qund.^ Le caractère turbulent des Gantois, qui, à plusieurs reprises, avait fait explosion même contre ce puissant monarque (p. 64), détermina celui-ci en 1540 à construire, près de la porte d'Anvers, une citadelle, „l' ancienne eitaddle'*y démolie depuis, que les Gantois de l'époque nommèrenf à juste titre ^fàet graf hunner voorrefften en van atads welvaren" (le tombeau de leurs privilèges et du bienêtre de la ville)» Les comtes d'Egmont et de Homes passèrent plusieurs mois de leur captivité dans le castel, avant d'être exécutés sur la grand' place de Bruxelles (1568, p. 73). Dans son enceinte se trouvait l'ancienne abbaye de St-Bavon, parmi les abbés de laquelle on cite le nom d'Eginhard, annaliste et gendre de Charlemagne (p. 24), ainsi que la chapelle de St-Macaire, construite en forme octogone au 12^ siècle, et dont les mines offrent encore de l'intérêt aux archéologues et aux archi-

Beffroi GAND 13. Boute. 115

tetiJBs. Lee foss^ de Taneienne citadelle ont été récemment comblés, et les remparts déblayés, pour faire place h de nouvelles rues.

Pour embrasser d'un seul 'coup d'œll tout l'ensemble des maisons de Gand, dont l'enceinte se développe sur une étendue de 3 lieues, le meilleur moyen est de faire l'ascension de la tour carrée du *Befiroi (pi. 1) , qui est située à peu près au centre de la ville. Le Beffroi (flam. Belfrood), cet antique monument des anciennes libertés flamandes, aurait été commencé, d'après l'inscription écrite au dos du plan original que l'on conserve aux archives de la ville, dès l'année 1183; mais les archéologues contestent cette date et l'avancent d'un siècle. On cessa les travaux vers 1 '<39, sans les a^oir achevés; le couronnement de l'œuvre fut réservé aux siècles postérieurs. On n'est pas d'accord sur l'origine du mot beffroi; les uns le font dériver de l'allemand bergfried (projpugnaculum)y d'autres le décomposent en beU, cloche, et friedj paix; le mot désignerait ainsi l'autorité communale. On sait que parmi les principaux privilèges réclamés de leurs princes par les cités flamandes, figurait celui d'établir un beflroi pour convoquer les bourgeois au son de la cloche (banklokke) et pour découvrir au loin l'approche de l'ennemi {„olim armatis eoUeçiîs aaptus quam daasicum sonuerunt/^ Guichardin). Une inscription toute moderne porte: „Het belfroot, gedenkUeken der gemeentevryheden Dan Oent^ is ontworpen in den jare 1183; 1853 begint men de yteren kap te stellen.^ (Le beffroi, souvenir des libertés communales de Gand, a été projeté en 1183; en 185'3, on commence à y placer le campanile en fer.)

Le concierge, qui demeure tout près, mais que l'on trouve rarement chez lui, demande 2 fr. pour conduire les visiteurs Jusqu'au haut de la tour. Jusqu'à la troisième galerie il y a 386 degrés à monter (hauteur 118 mètres). Le campanile, à la construction duquel on a travaillé de 1839 à 1854 (hauteur 36 m.) est surmonté d'un dragon en cuivre doré, servant de girouette (longueur 3 m.). .Ce dragon fut enlevé, lois des croisade-î (1204), à l'église St®-Sophie de Constantinople, par Baudouin IX , comte de Flandre, qui en fit don aux Gantois.' La vue dont on jouit du Befltoi s'étend sur une grande partie de la Flandre ; l'étranger fera bien de consulter le plan, pendant qu'il se trouve devant le beau panorama qui se déroule à ses pieds; Il ne s'en orientera que mieux en parcourant les rues de la ville. Lorsque un jour le duc d'Albe conseillait à son maître, l'empereur Charles-Oaint, de détruire l'orgueilleuse cité qui lui avait causé tant d'ennuis, le monarque conduisit le duc sur la plate-forme du beffroi, et lui dit, en lui montrant la ville: ,y()ofnbien faUaihit de peaux d'Espagne pour faire un Oant de cette grandeur?^ Le duc ne revint plus sur sa cruelle proposition.

Le clocher du beffroi fournit une excellente occasion de se familiariser avec le mécanisme d'un carillon. L'horloge enlève

116 RouU 13. GAND. HÔUIrde-ifUU,

un arrêt et fait tourner une roae et mouvoir un cylindre garni de chevilles, coinme celui d'un orgue de Barbarie. Ces chevilles, d'après un ordre prescrit par la mélodie, attaquent autant de fils de fer, qui soulèvent les battants^ des rloehes et les marteaux adaptas à leur côté extérieur. Sans le cylindre, on peut faire jouer au carillon tous les airs que l'on veut, au moyen de ressorts mus par un double clavier, l'un frappé par les mains, l'autre par les pieds. Il y a 44 cloches suspendues dans le befft'M; l'une d'elles a été trouée par un boulet, lancé en 1789 par les Autrichiens du haut de l'ancienne citadelle, dans l'intention d'empêcher les citoyen-; de sonner l'alarme. Le coup ne manqua pas sont but, mais bien son effet, car la cloche n'a rien perdu de son timbre. Une des cloches les plus lourdes, refondue dès 1659, portait l'inscription suivante: „Myn nnem is RoeUmd: als ick kUppe^ dan ia't brtmd ; al» iek luydej ia't vietorie in VUunderland" (mon nom est Roland; quand je tinte, c'est l'incendie; quand je sonne, c'est qu'il y a victoire dans le pays de Flandre).

Le bas de la tour sert de prison municipale, connue sous le nom de Mammelokker. Ce nom provient d'un bas-relief qui surmonte la porte d'entrée et qui représente une jeune femme allaitant un vieillard lié des pieds („charitê romaine**). Le portail et les figures accusent le 17^ siècle.

Le bâtiment contigu au beffiroi, construit en 1325, servit d'abord de halle aux drapiers. La société de St>Michel y a actuellement sa salle d'escrime.

L'*h6tel-de-ville (pi- 2), situé à côté, a deux façades d'âge et d'aspect tout à fait différentes. Celle du N. , commencée en 1200, achevée en 1487 dans le style gothique tertiaire ou flamboyant (p. 18) et re!>tauree en 1829, est peut-être, par la richesse de son ornementation, la plus remarquable de la Belgique; celle de l'E. a été reconstruite entre 1595 et 1628 dans le style italien de la renaissance. La dernière a trois rangs de colonnes supei^ posés ; le rez-de-chaussée est dorique , le premier étage ionique, et lé troisième corinthien. On monte par un imposant escalier à la salle du trône. C'est là que le congrès des Provinces^Unies, réuni en 1576 pour se concerter sur l'expulsion des Espagnols, signa le traité connu dans l'histoire sous le nom de Paeiftcation de Oand. A part (fette salle, l'intérieur de l'hôtel-de-ville n'offre rien de bien remarquable. On y trouve cependant quelques tableaux dignes d'attention; surtout celui de Van Brie y représentant le prince d'Orange intercédant auprès des factieux en faveur des catholiques opprimés, puis les portraits de l'impératrice Marie-Thérèse, de l'empereur Joseph H et d'autres princes de la maison d'Autriche.

Dans le voisinage, nous avons à signaler encore un troisième édiûce civil: le palus de TUnivenité (pi. 3) (l'entrée est par derrière, rue longue du Marais), construction fort remarquable,

St-Buvon, GAND. 13. Rouit. 117

moins pour sa façade, dont une rue trop «étroite détruit un peu Teifet architectural, que par la disposition dé l'intérieur. Au fond d'un magnifique vestibule, un escalier en marbre conduit à la salle des promotions. Elle forme une superbe rotonde entourée de gradins, derrière lesquels s*élève, sur un haut soubassement, une galerie de 18 colonnes corinthiennes. L'inscription de la frise qui surmonte la façade de l'édifice, porte: auspice Gulielmo I. acad. conditore posuit 8. P. Q. O. 1826. On est en train de décorer . le vestibule de peintures murales. — Le musée d'histoire naturelle est assez bien fourni (Ichtyausaure, Gorilla); le même étage renferme encore une collection de monnaies et de midailles, ainsi que quelques antiquités romaines. L'université de Gand (300 élèves), comme celle de Liège, est entretenue et administrée par l'Etat (p. 35 et 51). Une école spéciale du génie civil et une école des arts et manufactures y sont annexées.

•St-Bavon (flam. Sint-Baefs^ pi. 4), la cathédrale, est par son ornementation intérieure une des églises les plus splendides de la Belgique; son architecture extérieure, toutefois, est lourde et ne peut se comparer avec celle des églises allemandes du 13* siècle. La crypte a été fondée en 941, le chœur et les chapelles ont été reconstruites en 1228, et le tout ne fut achevé que vers le milieu du 16* siècle. L'édifice a subi de considérables dégradations pendant cette dernière époque par les pillages des iconoclastes. Les murs du chœur sont en partie revêtus de marbre noir, les balustres sont en marbre Wanc ou d'autre couleur; les portes des chapelles, en bronze. Autour de la nef, au-dessous des fenêtres, on voit les armoiries des chevaliers de l'ordre de la Toison d'or. C'est dans cette église que le roi Philippe II d'Espagne tint en 1559 le 23® et dernier chapitre de cet ordre.

Le" grand aut«l est surmonté de la statue de St-Bavon en ornât ducal, porté sur des nuages et levant les yeux vers le ciel, par Verbruggen. Les parois intérieures du chœur sont décorées de scènes bibliques, peintes en grisaille par Reyschoot. Les quatre grands candélabres en cuivre, ornés des armes d'Angleterre, proviennent probablement de l'église de St-Paul à Londres, par suite d'une vente faite sous le gouvernement de Cromwell. De chaque côté du chœur, autour du maître-autel, sont quatre m a u solées en marbre, érigés à la mémoire d'évéques de Gand et ornés de sculptures exécutées pendant les deux siècles derniers. Le plus beau est celui de l'évêque A. Triest par Jérôme Duquesnpy (t 1654); c'est le premier du côté gauche. La chaire de vérité est sculptée partie en chêne, partie en marbre, et représente l'arbre de vie, accompagné des figures allégoriques du Temps et de la Vérité.

Les 24 chapelles des nefs latérales et du chœur renferment un grand nombre de tableaux, que noua allons passer en revue en commençant par la première chapelle qui se présente quand

lis Rouu m.

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