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De Gand à Conrtrai et Tournai

(Audenarde, Menin, Yprei.)

Chemin de fer de Gand à Gourtrai H/2 h., de Courtrai à Tournai 1 h. Prix jusqu'à Courtrai 3 fr. 50, 2 fr. 70, 1 fr. 75-, de Courtrai à Tournai 2 fr. 50, 1 fr. 70, 1 fr. 15 c. De Tournai à Bruxelles, voy. p. 156. La voie traverse un pays plat; à dr. serpente la Lys. Le voyage offre peu d'intérêt jusqu'à Courtrai. Première stat,, La Pinte. Ici se détache un embranchement vers Audenarde (1 h. de chemin de fer), situé à 4 1.. S., sur TEscaut. Audenarde, flam. Oudtnaerdê (hôtels: Pomme cTor, Lion cTor) , est un chef- lieu d'arrondissement de 6237 hab., qui mérite d''être visité pour son magnifique hôtel-de-viVe, construit en 1529 et appartenant ainsi «u dernier âge de l''architecture gothique. Ce 1>atiment, récemment restauré, n''oflfre pas des dimensions très-grandes, mais il n"'en est que plus gracieux, et rappelle les plus belles parties les hdtels-de-Yille de Bruxelles et de Louvain. Le portail de la chambre du mseil, exécuté dans le style de la renaissance par Paul van der Schelden

COURTRAI. 18. Rouie. 151

en lôSOf est «n ehef-d^œuvre de sculpture en bois, et rappelle les célèbres portes du baptistère de Florence. L'église de ^' WaWurge est également un bel édifice. Âudenarde a vu naître dans ses murs Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas sous Philippe H; elle était la fille naturelle de Cbaries-Quint et de Marguerite van Geest. Cette ville est encore mémorable par la victoire remportée sur les Français , le 11 juillet 1706, par les alliés commandés par le duc de Harlborougb et le prince Eugène de Savoie.

Suivent les stations de Nazareth (village de 5435 hab.), Deynze^ petite ville avec une ancienne église (embranchement vers Thielt et Iseghem, voy. p. 150), Waereghem (commune de 7U59 hab.), Macheleny HaerUbeke (grandes cultures de tabac), Courtrai. Une rue conduit directement de la station à la Grand' place; à dr. se trouve le beffroi, à g. ITiôtel de ville, en face, l'église de St-Martin, et à côté, l'église de Notre-Dame. Vigilante (superflue) 1 tt. la course.

Conrtrai, flam. Kortryk (hôtels: Damier; Lion d'or, tous les deux sur la Grand'Place, table d'hôte à 1 h.; Hôtel du Midi, en face de la station, ch. 1 fr., d^j. '75 c, table d'hôte à 1 h. 1 fr. 75 c. si l'on ne boit pas de vin, sans cela 1 fr. 50 c, dîner à chaque heure au même prix, bonne maison bourgeoise, en même temps Caf^; vis-à-vis: Hôtel du Nord; Hôtel des armes de France, Tue de Lille; Buffet-restaurant tarifé à la station), est une ville manufacturière traversée par la Lys et renfermant 23,228 hab.; elle est renommée par la toile, surtout par le beau linge de table qu'on y fabrique. La fabrication des dentelles y est aussi trèsimportante et occupe de 5 à 6000 ouvrières. Le lin de Courtrai est très-estimé et la vingtième partie de son territoire est affectée à la culture de cette plante. On voit aussi dans le voisinage de TMtes blanchlBBeries.

L'*hôtel- de- ville, reconstruit en 1526, avait entièrement perdu, grâce à la transformation de sa façade, son caractère pri- . mitif , mais on est occup<^ à le lui rendre. Il n'y manque plus que les statues. Cet édifice renferme deux belles ^cheminées, travaillées avec art, surtout celle qui se trouve dans la salle du conseil. Cette dernière a ^té exécutée dans le style flamboyant avant 1527. Le rang inférieur figure en bas-relief des événements relatifs aux premiers temps de l'histoire locale; le rang du milieu, des femmes à cheval tenant d'une main une bannière et de l'autre un poignard ; le rang supérieur, enfin, contient des figures symboliques, la patience, la tempérance, la chasteté, etc. Des consoles supportent les statuettes de Charles-Quint , & sa droite linfante Isabelle, à sa gauche la Justice. Les parois sont tapissées de grandes cartes de la ville et de sa rhàtellenie, peintes à l'huile en 1651. La cheminée de la salle du tribunal de police représente les porte-bannières de la chevalerie de Courtrai et les statues de l'archiduc Albert et de son épouse. Le rez-^e-chaussée sert de bourse (25 cent, au portier qui vous ouvre la salle du conseil).

En face de Thôtel-de-ville s'élève le beffroi (p. 115); u"

152 BouU W. yPRËS. De Oand

peu plus au N., la tour de Téglise de St-Martin (du 15^ siècle, avec un joli tabernacle en grès, haut de 7 mètres, sculpttf^ en 1385). Cette église brûla en 1862, par suite d'un coup de foudre. La chaire et le tabernacle mentionné ont cependant été épargnés. La nef est proTisolrement rétablie pour le culte. A côté se trouve Téglise de Notre-Dame, fondée en 1238 parlecomte Baudouin de Flandre (qui fut dans la suite empereur de- Constantinople) en l'honneur des saints cheveux de Jésus-Christ|. rapportés de la Terre-Sainte par son oncle, Philippe d'Alsace, et encore aujourd'hui l'objet de la dévotion des fidèles. La chapelle derrière le chœur renferme un des plus beaux tableaux de Van Dyck, une érection de la croix. Les autels à dr. et à g. sont ornés de bas-reliefs fort bien travaillés par Lecreux (18® siècle} et représentant St-Roch parmi les pestiférés et Marie-Madeleine entourée d'anges. On y remarque encore un beau tabernacle en marbre. En général, l'église a été décorée avec profusion d'ornements de marbre dans le courant du siècle dernier. La chapelle de Baudouin, adossée à l'église sur le côté droit, date de 1373.

Non loin du beffroi, rue de la Chaussée, se trouve le M u s é e, dépendant de V Académie de peinture de Courtrai. Ce Musée, toujours visible (25 cent, de pourb.), renferme quelques bons tableaux (en commençant à gauche): *7>e Keyaer, la bataille des éperons (v. ci-dessous); Verhoeddioven j marine; JBo66e, bestiaux; Van Dewinf cheval blanc ; Steinicke, paysage du Tirol ; *lJobbelaaret le peintre Memling peignant la chasse de St^-Ursule à l'hôpital de St-Jean à Bruges (comp. p. 133).

C'est sous les murs de Courtrai que fut livrée, le 11 juillet 1302, la célèbre bataille des Eperons, dans laquelle l'année flamande, composée principalement de tisserands gantois et brugeois et commandée par le duc Guillaume de Juliers et le comte Jean de Namur, détruisit presque entièrement l'armée française placée sous les ordres du comte d'Artois. Près de 1200 chevaliers et plusieurs milliers de fantassins furent trouvés morts sur le champ de bataille. On recueillit sur ce dernier 700 éperons d'or ayant appartenu à des chevaliers français ; ils furent suspendus comme trophées aux voûtes d'une église abbatiale démolie depuis. Une petite chapelle, construite en 1831 hors de la porte de Gand, désigne le centre du champ de bataille.

Embranchement pour Ypres et Poperinghe. Durée du parcours 13/4 h- Première station Kenin, flam. Àfeenen^ petite ville de 9622 hab., sur la lys. Les fortifications ont été récemment démantelées. Suivent

les stations de Wervicq^ ville de 6802 hab., grandes fabrioues de tabaey belle église du 14** siècle; Camines^ ci-devant ville fortifiée (3501 h.), patrie de rhistorien Philippe de Comines (t 1509). La rive droite de la Lys n''est déjà plus belge.

YpTM (TiU d'or; Chdtellenit), ancienne ville fortifiée, de 17,390 hab.,

'tuée sur YYperlée^ rivière canalisée, dans une contrée très-fertile, an-

nne capitale de la Flandre occidentale. Anciennement cette contrée

a Tournai, LILLE. W. Route. 153

avait la réputation d^être très-malsaine à cause des marais qui la couvraient, au point qu''on disait d'aune personne qui avait le teint pale, qu'elle ressemblait à la mort d^Ypres. Ces marais ont été desséchés et convertis en terrains de culture. Au 14® siècle, la ville comptait 200,000 bab. et 4000 métiers de tissage en activité.

* De cette prospérité industrielle il n''est resté que le souvenir, perpétué par un imposant bâtiment ogival appelé la *HaUe^ le plus grandiose des édifices civils de la Belgique (p. 18). U a 133 mètres de longueur, sur 15 de largeur ï commencé en 1200, il ne fut achevé qu'en 1304. S'il n'a pas Koriginalité des halles de Bruges, il remporte par l'élégance et la noblesse de ses formes. La partie orientale est d'une époque plus récente. Au milieu de la façade s'élève le 6<2fV'oi, sans confaredit la plus ancienne partie de l'édifice, qui sert aujourd'hui d'hôtel-de-villo. En 1860 on a rétabli les sculpturea qui ornaient jadis sa façade, savoir 44 statues de 31 comtes de Flandre, depuis Baudouin-Bras-de-fer jusqu'à Charles- Quint, et de leurs épouses. Elles sont l'œuvre du sculpteur P. Piiyenbrœek de Bruxelles.

La ^Cathédrale de St-Jiàrtin^ édifice du style gothique le plus pur au dehors, dont le chœur fut commencé en 1221 (les autres parties sont beaucoup plus récentes, la tour est du 15® siècle), renferme un tableau à six compartiments, représentant la chute d'Adam et d'Eve, et que l'on a erronément attribué a Jean van Eyck; il porte le millésime de 1525 et est probablement l'œuvre de Pierre Pourbus ou d'un artiste de la même école. Une pierre funéraire, placée dans le chœur et dépourvue de toute inscription, désigne la tombe de Corneille JaMiniui (f 1638), évdque d'Ypres et fondateur d'une secte catholique (les Jansénistes), qui compte encore 27 congrégations en Hollande. — Ypres fabrique beaucoup de dentelle.

Stat. de Poperinghe^ ville de 10,690 hab.

Passé Gourtral, la contrée que traverse le chemin de fer devient plus accidentée et présente à quelques endroits d'assez jolis points de vue. Après une demi-heure le convoi s'arrête à Mouscrouy commune de 7244 hab., dont on ne voit que les Hôtels et Estaminets qui avoisinent la station. Nous ne saurions recommander le huffèt-rettaurant tarifé de la stAtion, d'après l'expérience que nous y avons faite; peut-être l'estaminet qui se trouve en face satisfera-t-ll mieux les voyageurs, qui doivent subir ici un retard d'à peu près une heure, Mouscron étant la station-frontière et par conséquent le siège de la douane belge. Le départ pour Tournai n'a lieu qu'après la visite faite sur les convois arrivés de France.

De Mouscron à Lille, parcours 35 min. Lille, flam. Ry»»el (Hôtel de r Europe, de Béitevue^ du Commerce) , chef-lieu du département français du Nord et de l'ancienne Flandre firançaise, ville fortifiée et manufacturière de 80,000 hab. L'hôtel- de-ville, construit en 1430, autrefois le palais des ducs de Bourgogne, renferme une petite galerie de tableaux. La nouvelle enceinte, en construction, agrandira la ville du double.

De Lille à Calais, parcours en 3V2 h. OftUis (Hôtel Dfuin^ Quiflae, Meurice) ne renferme rien de très-intéressant. Bateaux à vapeur pour Douvres, deux départs par jour^ trajet en ll/^ à 2 heures. Comp. le guide à LondreSy par Bœdeker.

Après Mouscron, entre les stations de Néehin et de Templeuve^ on quitte le territoire flamand pour entrer dans la province de Hainaut. La langue française prédomine. A gauche (à IVgl- N. de Tournai) on aperçoit le mont St^Aubert (appelé aussi Sf*-2Vmfté, d'après une petite église bâtie au sommet), lien renommé pour son point de vue (hauteur 100 mètres). Après avoir franchi VE8eaut aux abords de Tournai y le convoi s'arrête sur le beau quai construit par Louis XIV.

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