Tournai, flam. Doomik
HôtêU. Hôtel de rimpératrice-, 'Singe d'or (bon, prix modérés, ch. 1 fr. , déj. 1 fr. , s. Va fr.), tous deux en ville. HÔtel de Belle vue, à côté de la station, en même temps estaminet.
Tournai, (31,172 hab.) est la Tille la plus populeuse et la plus Importante du Hainaut. C'est une des plus anciennes cités du pays; plusieurs historiens la prennent pour la eivitcu Nerviorum de César ; d'autres en font même remonter l'origine bien au delà de répoque romaine. Tournai fut le siège des première chefs des Francs Saliens; Chilpéric y mourut, Clovis y naquit et y séjourna Jusqu'à l'époque où ses conquêtes le rendirent maître de la Gaule. Sous Louis XIV la ville changea complètement d'aspect et prit un caractère tout-à-fait moderne. Ce monarque y fit construire par Vauban de nouvelles fortifications, qui ont été agrandies après 1815. Lors du siège qu'elle eut à subir en 1581 de U part d'Alexandre de Parme, ce fut une femme qui en dirigea la défense, la princesse d'Ëspinoy, de la noble maison de Lalaing. Elle joignait à la prudence et au talent d'un chef d'armée un courage à toute épreuve. Blessée au bras, elle refusa de quitter les remparts et ne rendit la citadelle qu'après avoir vu succomber la plus grande partie de la garnison. Une statue en bronze, exécutée par M Dutrieux, lui a été érigée en septembre 1863 sur la Grand' place. La princesse est représentée dans une attitude guerrière, la hache d'armes à la main. Inscription du piédestal: A Christine de Lalaing^ princesse d'Epinoi. Siège de 1581. Sur le revers du piédestal: Inauguré en 1863 sous le rlgne de Léopold P^.
V Escaut coupe la ville en deux moitiés presque égales; celle de la rive gauche, toutefois, est beaucoup plus animée et plus importante. De beaux et larges quais contribuent pour beaucoup à cette physionomie riante qui distingue Tournai des autres villes belges. Le fleuve est toujours couvert de bateaux, pour la plupart chargés de houille provenant du bassin de Mons et en destination de Gand ou d'autres localités du pays.
La masse de maisons qui s'élève sur la rive gauche, est dominée par la cathédrale de "Votre-Dame , qui est sans contredit l'édifice roman (11® siècle) le plus splendide et le plus grandiose qui subsiste encore en Belgique; le transept est postérieur d'un siècle, le chœur en style ogival, de deux siècles. Les deux nefs latérales se composent de deux galeries voûtées superposées. Le portail occidental appartient au style gothique tertiaire. L'intérieur ayant été dégagé en 1852 de» mauvaises ajoutes qui s'y étaient accumulées depuis des siècles, il produit un effet surprenant de grandeur et de magnificence. Le temple est pauvre en tableaux: dans la 1^^ chapelle de la nef méridionale, un crucifiement de Jordaens; dans le transept, un tableau d'autel peint en 1650 par M. de Nhgre et représentant la Sainte Famille avec des anges: outre le mur S. du chœur, un tableau exécuté en 1833 par
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Oallait^ le Christ guérissant les aveugles (c'est le premier grand tableau que peignit cet artiste); contre un pilier du pourtour N. du chœur, en face du côt^ gauche du maître-autel, une compo* sition de Rubens pleine de hardiesse, la d^iyrance des âmes du purgatoire. La plupart des vitraux peints sont attribues à Steuèrbout. A g. du maître-autel est la châsse gothique de St-Eleuthère (premier évéque de Tournai, au 6® siècle), pièce d'orfèvrerie très-remarquable, figurant les douze apôtres et ex^cuttfe vers 1200. Via-à-vis, à dr. du maître -autel, une châsse analogue, du 8^ ou •9® sièole, renfermant les reliques de 8t-Pierre-ie-martyr. Le jnb^, à l'entrée du chœur, date de 1566; il est surmonte d'un groupe en bronze travailla par Lecreuxy St-Michel terrassant le diable. Les vitraux du chœur sont l'œuvre toute récente de Capronrùer. Une des fenêtres a été donnée par le duc de Brabant.
Derrière le maître-autel, on remarque le monument collectif des tfvéques et chanoines de Tournai, avec 4 petits génies sculptés par Dftqtiesnoy. Le magasin renferme un très-beau crucifix en ivoire, du même artiste (ÔO c. au sacristain).
*8t-Qnentiii , près de la cathédrale, sur la Grand' place, est une gracieuse ^petite cathédrale'^ selon l'expression des Tournaisiens, modèle parfait de l'époque de la transition du style roman au style ogival. Les vitraux sont de BHhunt (1858).
8t-JaqueB présente également les caractères de l'époque de transition (12® siècle). La chaire, sculptée en bois, figure un énorme tronc de chêne tapissé de vigne, contre lequel s'adosse une grotte. La chapelle latérale de gauche renferme une copie du tableau de Rubens qui se trouve à la cathédrale.
Le beau be&oi, à côté de la cathédrale, date de l'an 1190. Il a été restauré en 1852.
En remontant de là à droite et après être passé devant la colonnade de la salle de concerta, on arrive au jardin de l'ancien eouvent de Si-Martin ^ séparé de la rue par un grillage. Les édifices du prieuré servent maintenant d'h6tel-de«ville ; le fronton porte les armes de la ville, une tour et trois lys surmontés du lion belge. La petite galerie de tableaux contient quelques toiles de valeur, notamment le saisissant tableau de QaUait (né à Touï> nai) qui représente les corps des comtes d'Ëgmont et de Homes.
Saint-Brice, église du 12® siècle, sur la rive droite de l'Escaut, renferme le tombeau de Childéric (f 480), roi des Francs. Lors de la découverte de son cercueil en 1655, on y trouva une quantité d'objets curieux, conservés maintenant à la bibliothèque impériale de Paris; entre autres plus de 300 petites figures en or ressemblant à des abeilles, dont on pense que les vêtements du roi étaient parsemés. Napoléon I®^ en orna son manteau de couronnement pour remplacer les lys, comme symbole de la dignité impériale. Tous ces objets étaient jadis la propriété de l'archiduc Léopold-Guillaume (f 1662), gouverneur des Pays-Bas. Après sa
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mort, l'empereur L^pold I®' en fit don à l'électeur de Mayence, le comte Jean-Philippe de Schœnborn, qui à son tour les donna en 1664 à Louis XIV.
Les principaux articles de l'industrie de Tournai sont 1a bonneterie et les tapis. Ces derniers s'écoulent généralement sur les marchés d'Europe sons le nom de tapis de Bruxelles. On prétend que l'art de tisser les tapis a été introduit en Europe par des Flamands qui avaient pris part aux croisades et l'avaient appris des Sarrasins. La principale fabrique de tapis de Tourna) est la manufacture royale; bien qu'elle ait beaucoup perdu de son ancienne importance, elle oecupe encore toujours près de 2400 ouvriers. De belles carpette<i de 3 aunes de longueur sur 2 de large se vendent environ 50 fr. Le filage et le tissage se fait par les ouvriers à domicile, ce qui fait que l'on ne voit à Tournât que fort peu de grands édifices de fabrique. Cette circonstance distingue avantageusement cette ville, aux ruef; larges et aux maisons proprement tenues, des autres localités manufacturières du pays;
Nous recommandons aux étrangers une petite excursion au Mont St-Anbert (p. 153), pour le vaste panorama que l'on y découvre. Bien qu'il n'ait que 100 mètres de hauteur, c'est la seule élévation que présentent les environ». On fait la route à pied en IVs heure, en voiture en moins d'une heure (8 è 4 fr.; un voiturin demeure à côté du beffroi.)