‹ La Belgique et la HollandeChapitre 37 sur 73 · De Gand à Anven par St-Nicolas · texte numérisé non relu

De Gand à Anven par St-Nicolas

Chemin de fer, train express en 1 h. 20 min., train ordin., y compris le passage de l'Escaut à Anrers, IV2 o*» 21/4 b.; prix: 4, 3 et 2 fr. (le passage compris). Mauvaises voitures. En faisant le voyage en sens inverse, on prend ses billets à Anvers même, sur le quai, avant de s'embarquer .<«ur le bateau de passage. — Le cbemin par Malines (R. 12) demande uni> demi-heure de plus et coûte 51/21 ^ et 2^/4 tr.

Le chemin de fer de Gand à Anvers par St-Nlcolas est exploité par une compagnie d'actionnaires et traverse en ligne directe le pays de Waes, une des contrée» les plus populeuses de l'Europe et peut-être unique dans le royaume sous le rapport de sa culture agricole et de sa fertilité. Du temps des guerres civiles, qui ravageaient si souvent les Flandres au moyen-àge, ce pays n'était encore qu'une vaste bruyère : aujourd'hui il ne s'y trouve pas un pied de terrain dont l'agriculture n'ait su tirer parti. L'œil n'aperçoit que pâturages, vergers, champs découpés en carrés et bordés d'arbres et de haies vives, par-ci par-là de petites plantations forestières, le tout semé de fermes isolées et de riants villages. Les champs de labour y sont l'objet d'un soin aussi assidu et aussi sérieux que l'est ailleurs un jardin d'agrément ou un parterre de tulipes; le sol, qui, naturellement, n'est guère »utre chose que du sable, a été couvert, par des moyens artificiels, d'une excellente couche de terre végétale. Sous tous les rapports l'agriculture, telle qu'elle est pratiquée dans cette contrée, mérite l'attention des agronomes; elle fournit de précieux enseignements, que l'on puiserait difCicilement ailleurs en Europe.

A part ce mérite incontestable de l'aspect général, le trajet n'offre rien de particulier. Stations: Beirvelde^ Lokeren (Hôtel dta Quatre^Scema)t ville de 17,291 hab-; dans le voisinage sont de • grandes blanchisseries ; MUle-Pommes , Bt-Nioolafl (HÔtél de FUmdre)-, ville de 23,640 hab., centre commercial et industriel du pays de Waes, avec une place de marché très-spacieuse ; une des églises renferme d'intéressantes peintures murales, les sept douleurs de la Vierge, par les peintres anversois Ouffens et Swerts; Nieukerke^ Bevereriy riche village de 6926 hab., connu par sa fabrication de dentelles, qui constitue la principale occupation de ses habitants; Zwyndrechij Tîte-de-FUmdre (flam. Vlamsch-Hoofdjj tête de pont de la ville d'Anvers, sur la rive gauche de l'Escaut. Un bateau à vapeur y attend les voyageurs pour les conduire à l'autre rive (p. 92). Omnibus et vigilantes, v. p. 92. Napoléon I^^ trouvait la situation de la rive gauehe de l'Escaut plus avantageuse que celle d'Anvers et avait formé le projet de fonder une seconde ville en cet endroit.

Le percement des dignes que les Hollandais avaient opéré audessus de la Tête-de-Flandre pendant le siège d'Anvers (p. 110) en 1832, avait mis toute cette contrée sous l'eau jusqu'à une profondeur de 4 pieds; pendant trois ans, aucune voiture ne pouvait arriver jusqu'à la Tête-de-Flandre. Une douzaine de ra-

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nonnières hollandaises naTiguaient sur ces polders (on nomme ainsi les terrains dont le niveau est inférieur à celui du fleuve ou de la mer). Par l'effet de la mar^e, le sol, imprégné d'eaa salée et par là rendu impropre à toute culture, s'était tellement recouvert de sable mouvant, qu'en certains endroits on se croyait transporté sur les bords de la mer. Là où Teau s'était partiellement écoulée, elle laissait après elle une bourbe dont l'agriculture ne pouvait rien tirer non plus. Ainsi la guerre avait converti en un désert une vaste étendue de champs des plus productifs. Cet état de choses a changé depuis; mais aussi la reconstruction des difrues a-t-elle coûté plus de 2 millions de francs.

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